PASSY ET CHAILLOT SOUTERRAINS
On sait qu'une assez grande partie du sol de Passv, et surtout du Trocadéro et de la partie de Chaillot qui l'avoisine au nord, a été minée, principalement aux xvu* et xviii® siècles, par des exploitations de calcaire grossier ou pierre à bâtir, qui ne furent interdites qu'en 4843 par un arrêté, renouvelé en 4860 pour la zone annexée à Paris. Une autre formation, parmi celles qui constituent le terrain tertiaire, avait aussi été l'objet des exploitations souterraines de notre région, Vargile plastique ou glaise, qui fut exploitée de temps immémorial k Passy. Piganiol de la Force, dans sa Description historique de la ville de Paris, rapporte que les carriers de Passy vendaient autrefois en grande quantité, € à des apothicaires célèbres de Paris, qui en faisaient une espèce de vitriol pour guérir les fièvres intermittentes, » les pyrites qu'on trouve dans la glaise. Quant à la qualité de cette glaise elle-même, dépouillée de ses fameux pyrites, ni maîtres tuiliers (4) ni sculpteurs ne nous ont laissé de renseignements précis sur elle.
(0 La principale tuilerie de Passy cHait ù peu près siliiée sur l'emplarement des numéros .'«o à DU de la rue de l'Assomplion, derrière le nouveau lycée de jeune» fliles : aussi le château qui l'a voisinait (actuellement couvent de l'Assomption) portait-il le nom de cbAlefiu de )a Tuilerie.
Le groupe de Passy-Chaillot (4), formé d'on grand nombre d'exploitations séparées, comprend environ 6.600 mètres de galeries d'inspection. Os galeries sont subdivisées en galeries principales, complètement consolidées, et en galeries secondaires, dans lesquelles on n'a exécuté que des travaux de faible importance. Les galeries principales da groupe de Pany-Chaillot ont 3.782 mètres de développement. Le palais du Trocadéro repose en partie sur une ancienne carrière de pierre à bâtir, exploitée au commencement du xviii* siècle. La consolidation de cette carrière a exigé des dépenses considérables oui ont dû s'élever certainement à plus de 300.000 francs. Sous chacun des points de la carrière correspondant aux points d'appui de l'édifice, on a éleré des maçonneries en moellons, hourdés de mortier de chaux hydraulique, de section Tariant suivant l'importance du point d'appui à consolider. En raison de la hauteur de l'exploitation, qui atteignait parfois 4 mètres, on a été conduit à donner à ces sections horizontales des dimensions considérables, dont la plus faible dé-
{tasse 3 mètres. Les quatre piliers qui supportent a tour de droite du palais ont un cube total de 800 mètres ! Par le fait du peu d'épaisseur du terrain de recouvrement, en certains endroits, on a été amené à asseoir les murs de fondation sur le sol même de la carrière. Les grosses conduites et le siphon de la cascade passent dans un grand tunnel, maçonné en briques et ciment, qui part de la façade du palais central et descend jusqu'au collecteur du pont de l'Aima, en traversant les remblais d'une ancienne carrière à ciel ouvert et l'emplacement des fouilles faites sous Napoléon I'', pour la construction du palais du roi de Rome. Ce tunnel communique avec les vides qui, après l'exécution des piliers de soutènement, n'ont pas été comblés. Deux escaliers, dont l'un est situé sous la salle des fêtes et l'antre dans le jardin, permettent l'accès des galeries. En raison de la déclivité du sol du Trocadéro, l'épaisseur des terrains de recouvrement est très variable. Elle est de 42 mètres environ près de l'avenue du Trocadéro, de 9 mètres sous la salle des Fêtes et de 6 mètres sous le jardin, près de l'escalier.
PUtNCIPAUX ESCÀUERS DÉTRUITS QUI CONDUISAIENT