‹ Histoire du XVIe arrondissement de Paris (volume 3)Chapitre 119 sur 218 · GABRIEL DELESSERT · texte numérisé non relu

GABRIEL DELESSERT

Delessert (Gabriel- Abraham-Marguerite), frère de Benjamin et de François, naquit à Paris, rue Coq-Heron, n° 3, le 47 mars 4786. Jusqu'à 4830, il fit partie de la maison de banaue Delessert etC'*, dont il fut un des agents les plus actifs.

En janvier 4814, il avait été nommé capitaineadjudant de la garde nationale de Paris, puis adjudant-commandant; ce fut en cette quahté qu'il se fit remarquer, le 30 mars de la même année, à la bataille de Paris, sous les ordres des maréchaux Moncey et Masséna et du général Durosnel. Sa belle conduite lui valut alors la croix de la Légion d'honneur. L'année suivante, il se distingua de nouveau d'une manière toute particulière au parc de Saint- Qoud et à l'Ile Sé^in. En 4830, après la révolution de juillet, il fut nommé colonel d'étatmajor, et en 4834 général de brigade de la garde nationale, grades qu'il avait bien mérités par ses antécédents. C'est avec raison que le général Jacqueminot a pu dire de lui qu'il était né militaire.

Maire de Passy, du 4«' août 1830 au 42 février 1834, puis préfet de l'Aude, Gabriel Delessert, après avoir vu Carcassonne pendant sept mois, abandonna cette préfecture, le 27 septembre, pour celle d'Eure-et-Loir, dont il se démit en 4836, au grand regret de ses administrés, qui ne pouvaient oublier la belle conduite qu'il avait tenue, lors de l'incendie de la cathédrale de Chartres des 4 et 5 juin 4836.

Le marquis Henri de la Rochejaquelein, témoin oculaire de cette catastrophe, en a donné une relation très détaillée (4) dont nous croyons devoir extraire le passage suivant : c Le feu, que Ton attribue à l'imprudence de deux ouvriers qui étaient employés à la réparation de la toiture, se déclara subitement avec une violence telle, que Ton put juger de suite des conséquences affreuses que I on avait à redouter ; il commença dans la charpente.

(i) Cette belle publication, qui avait eu pour but de venir en aide aux artistes oui ne pouvaient ocheter les pièces originales, paraissait par livraisons contenant chacune quatre reproductions.

(2) Nos Archives possèdent In belle et simple profession de foi que F.-M.-B. Delessert fit alors.

(3) Le portrait qui accompagne la notice sur Gabriel Delessert a été communiqué par M. Cb. Chandebois.

(4) Voir la Gazette de France du 7 juin i836.

i UjoDclion d'oD des bras de la croix formée par Us eÔlésdelsDef. Le tocsin sonne immédialement; il était sii heures et demie dn soir. A l'instant toDle la population fat sur pied. Od essajx de faire agir les pompes, mais la toiture ètanl en plomb, tous les efforts fnrent iantiles. Le feu se communiqua avec une telle rapidlIA, qu'il fallut renoncer i occuper la galerie eitérieure da haut de la nef. Dans cet instant critique, il se pissa

la foule qui contemplait cette scène de dévouement et de courage, les cris mille fois répétés V'Sautiesvmt! tauvez-vous! tout eosemble était d'un effet que rien ne peut rendre. * Ëofio. grdce aux ordres habilement donnés par le préfet et le général Fleui7. t'incendie pat être circonscrit ; la couTerlure en plomb, la charpente du grand combl« et des deux clochers, ainsi que les dochefi furent détruites, le reste fut sanié.

une dea scènes des plus honorables que l'on puisse citer i l'honneur d'nn administrateur. M. Gabriel Delessert, préfet d'Ilure-et-Loir, avait été un des premiers i s' exposer aui pins grands dangers; il donne l'ordre d'évacuer la galerje ; plusieurs personnes qui l'entourent veulent, par un 7èle louable, l'arracher avant elles à une mort inévitable ; mais il ne veut se retirer que le dernier ; alors on cherche i l'entraîner, il se débarrasse atec peine des personnes qui le tenaient embrassé ; enlin il est obligé de mettre, avec la plus vire énergie, la main sur la sarde de son épée, poar qu'on soit forcé de le Uisser le dernier i son poste. Cette noble lutte se passait sons des toits enflammés, le plomb coulant sur ceux qui en élaient acteurs. L'effroi de

ede l'intrépide dévouement dB

son premier magistrat, la ville de Chartres Kt frapper avec le métal des cloches fondues par l'incendie, une des plus belles médailles qu'on doive au talent de .H. Barre, le grand-père d'un de nos membres les plus généreux. Au recto, la cathédrale de Chartres avec ces mots : Incendie des 4 el 5 juin 1836. Ao verso : A Galiriel Detetiert, pré/et, la lille de Oiarlres reconnaissante (1 ).

... . le nabriei Delessert a Yocntion des eilinctions d'injvait toujours avant qu'ils fussent

La façon dont il avait admioistré la préfecture d'Eure-et-Loir fit songer à lui pour ]a place éminente et périlleuse de préfet de police, qu'il n'accepta qu'après bien ahonorables hésitations. Il l'occupa du 10 septembre i836 an S4 février 4848, et, grâce à lui, la capitale tranquillisée put jouir d'un long repos, c N'y a-t-il pas — disait Jacques Arago — un noble dévouement dans la vie de celui qui, pouvant se reposer heureux dans les loisirs de la vie domestique, aime mieux consacrer son infatigable intelligence à la répression des délits et des crimes qui attristent son pays? M. Gabriel Delessert a bien mérité de ses concitoyens, et de légitimes regrets le suivront dans sa retraite. »

< La population parisienne — a dit encore M. Ducoux, un de ses successeurs — conserve avec reconnaissance le souvenir de ce magistrat dont les vertus privées égalaient l'intelligence et le dévouement à la chose publique. M. Gabriel Delessert sut toujours atténuer les nécessités quelquefois terribles de sa charge, par l'esprit de tolérance et de bonté avec lequel il remplit ses devoirs (i) ».

N'y a-t-il pas lieu de rappeler ici, à ce propos,

Îiue deux fois pendant l'exercice de ses délicates onctions, il eut à recevoir comme prisonnier de Sassage à la prélecture de police le prince Louisfapoléon Bonaparte (Napoléon 111). i^ première fois, ce fut le 11 décembre 1836, à 2 heures du matin, après la malheureuse tentative de Strasbourg.

On conduisait le prince de Strasbourg à Lorient, oii il devait s'embarquer pour les Etats-Unis. « M. Gabriel Delessert l'attendait (2), et la réception, quoique froide, fut bienveillante, mais douloureuse ; il lui était pénible d'exercer ses sévères fonctions contre le neveu de l'Empereur, de revoir dans la condition extrême de prisonnier le fils d'une reine qui l'avait accueilli autrefois dans ses voyages avec une exquise et rare bienveillance, ce fils qu'il avait connu tout enfant et pour lequel il avait eu de si douces et de si gracieuses paroles, de si tendres et de si bons sentiments. Une collation avait été servie pour le prince dans la grande salle à manger de la préfecture, dans cette même salle oti, presque tous les matins, Mlle Cécile et M. Edouard Delessert, jeunes enfants du préfet, venaient s'ébattre et prendre avec Mlle de Montijo, leur amie, des leçons de gymnastique sous l'habile direction de M. Delestre, alors sous-officier des sapeurs-pompiers de Paris. Le prince ne voulut point accepter cette collation. Il ne prit que quelques biscuits et un verre de Champagne dans le salon rouge de la préfecture, où il attendit patiemment le moment de son départ, qui eut lieu deux heures après. »

M. Gabriel Delessert n'en était qu'à la première épreuve.

La seconde eut lieu après la fâcheuse échauffourée du prince à Boulogne-sur-Mer, le 6 août 1840. Conduit d'abord à la citadelle de Ham, il fut amené, dans la nuit du 12, à la Conciergerie

(i) Paris Gn'uh, 18C7, t. II. p. 1700.

{•à) m. Gabriel Lklesserl, par Tripirr le Franc ; Pans, Dentu, 1809. Un fort volume in-4, aui|uel nous allons enipruiiler hon nonihru de pansages. PasMim.

de Paris. Comme la première fois, H. Gabriel Delessert l'attendait, et après avoir reçu du prince des félicitations du maintien en exercice de l'ami de sa mère, du fonctionnaire bienveillant qai l'avait si délicatement reçu dans les mêmes conditions quatre ans auparavant, il le fit conduire dans le logement le plus salcbre et le plus convenable de la prison, où il resta jusqu'au 26 septembre suivant ; puis le prisonnier comparât devant la Chambre des Pairs, qui devait le renvoyer à Ham.

Après la révolution du 24 février 1848, Gabriel Delessert voulut partager l'exil de son roi, et alla le retrouver à Uaremont, où il reçnt de Louis- Philippe un accueil plein d'effusion, de reconnaissance et de bonté. Six mois après, sollicité par sa famille et ses amis de rentrer en France, voyant que le pouvoir républicain fonctionnait tranquillement et que sa vie n'avait rien k craindre de ce parti, il sollicita de Louis-Philippe la permission de s'éloigner de Claremont, quitta le sol hospitalier de l'Angleterre et vint se retirer dans sa charmante villa de Passy.

Trois ans après, un événement douloureux vint troubler la sérénité de sa nouvelle existence. Sa fille Cécile, linguiste habile et peintre amateur distingué, mariée depuis 1847 au vicomte Alexis de Valon, jeune homme aussi charmant que modeste, connu par des articles de revues et Quelques bons ouvrages, avait organisé le 20 août 1 851 nne partie de natation dans l'étang de sa belle propriété de Saint-Priest, près de Limoges. Nageurs et nageuses se jettent gaiement à l'eau et gagnent le large. Mme de Valon, se sentant fatiguée, appelle à son aide; son mari mfe vers elle, l'aborde, la soutient et cherche à la diriger vers le rivage,

3uand tout à coup il s'embarrasse les jambes dans e hautes herbes. Le comte de Nadaillac (Sigismond du Pouget), habitué de la maison, qui voit ce qui se passe, ramène vivement à terre Mme de Valon, puis s'élance au secours de son ami. Dévouement inutile ! il est trop tard, M. de Valon a disparu sous les eaux, il meurt victime de la plus cruelle fatalité. Le désespoir de sa femme et de M. Gabriel Delessert, qui assistaient à cette scène, est indescriptible.

Seize mois après, Mme de Valon, qui avait trouvé dans son sauveur nne âme aussi généreuse ^e sympathique, touchée des soins dévoués et siocères que M. de Nadaillac n'avait cessé de lui témoigner dans la cruelle épreuve qu'elle avait eue à subir, et, de plus, encouragée par son père et sa mère (1), unissait son sort à cet homme de bien.

En dépit de son âge, Gabriel Delessert — qui, du reste, n'avait guère connu la maladie — ne laissait pas s'écouler un seul jour sans faire une promenade à cheval, au bois de Boulogne on du Vésinct, ou ailleurs. Le 16 juillet 1856. étant dans la forêt de Saint-Germain, son cheval s'effraye

(1) Mlle Marie CharloUe de Labordc, née en iHoG, était fille de la comtesse de Labordo, ancienne dame d'honneur de l'impératrice Joséphine, v{ avait épousé M. Gabriel Delessert, le i" juin iB-.'/i. Elle mourut en mai i894- Mme de Nadaillac, sji lillo, née à Passy, ley octobre 1825. mourut également à Passy. le a6 mars 1887.

d*iine pierre placée sur le chemin, se cabre, tombe des quatre pieds k la fois, jette sous son corps le corps de son habile monteur et pose ses pieds sur sa nuque. M. Delessert a la colonne vertébrale presque brisée, on le ramène à demi mourant à Passy ; mais, gr&ce aux soins des docteurs Chenu et Lenoir, médecins de la famille, aidés du chirurgien Velpeaa, le blessé se rétablit promptement et continua à remonter à cheval tout comme auparavant.

Six jours seulement avant sa mort, Gabriel Delessert chassait avec quelques amis dans une partie de la forêt de Chantilly qu'il avait affermée. Il faisait froid. L*étang de la reine Blanche paraissait fortement glacé ; un chien poursuit une pièce de gibier sur la glace, qui se rompt ; Tanimal tombe à Feau et va se noyer. Un brave paysan voit le danger que court le pauvre animal, tente de le sauver ; mais la glace se brise également sous ses pieds, et il est lui-même sur le point de disparaître. Alors M. Gabriel Delessert, oubliant ses années, jette son habit à terre pour s'élancer an secours de cet homme ; on lui barre le passage, on le retient, en lui montrant qu'une personne plus rapprochée que lui du lieu de l'accident s'est précipitée an secours du paysan et du chien, qui sont tous les deux sains et saufs. C'est dans ce tragique incident que M. Gabriel Delessert, qui avait été saisi par le froid, prit le germe de la maladie dont il ne devait pas se relever.

Néanmoins, ayant appris le lendemain que l'Empereur et l'Impératrice devaient se rendre le jour suivant à un bal que donnait l'ambassadeur d'Angleterre, il résolut, quoique très souffrant, de s'y rendre, aûn d'y rencontrer l'Impératrice, qu'd connaissait depuis son enfance et à laauelle il avait voué une vive affection, afin surtout de pouvoir la féliciter, ainsi que l'Empereur, sur la manière miraculeuse dont tons deux venaient d'échapper à l'attentat criminel du U janvier (i).

Il rentra chez lui vers minuit, à Passy, et, quoique bien enveloppé, il eut froid en route. C'en était fait de lui ; le lendemain matin une fluxion de poitrine se déclarait et fit en peu de temps d'effrayants progrès.

L'Impératrice avait envoyé prendre de ses nouvelles. Ayant appris qu'on désespérait de le sauver, elle monta brusquement dans une voiture de service et se rendit à Passy. Arrivée dans la chambre du vieillard mourant, les yeux pleins de larmes, elle se jette éperdue sur son lit et l'embrasse avec effusion. M. Gabriel Delessert la reconnaît, tend sa main défaillante vers Sa Majesté et lui dit : Soyez bMiel merci!... merci!,,.

Le lendemain matin, 3i janvier 4858, il expirait, âgé de soixante et onze ans, avant gardé jusqu'au dernier moment la sérénité de sa belle Ame, la dignité et la noblesse de son beau visage.

Suivant son désir, qui fut ponctuellement respecté, son convoi et son inhumation au cimetière de Passy se firent avec la plus grande simplicité. Sa femme et son fils reposent auprès de lui.

Gabriel Delessert avait été promu oflScier de la

Légion d'honneur en i832, commandeur en 1839 et grand oflicier en 1845. U était pair de France depuis le 24 mars 1844.

La propriété au'il habitait au n® 19 actuel de la rue Raynouard avait été construite sur l'emplacement de la demeure du doc de Lauzun, qui y avait donné quelquefois l'hospitalité à Saint-Simon, son beau-frère. A propos de cette demeure, Amédée Achard disait en 1867 (1) :

€ Là est une maison fameuse, où la plus aimable hospitalité a fait accueil à tous les hommes qui ont un nom dans la politioue et les lettres. M. Cousin, M. de Rémnsat, M. Mérimée, M. Tbiers, M. le prince de Broglie, M. Sainte-Beuve en savent le chemin. C'est une des gloires et des élégances de Passy que d'avoir conservé le salon, ouvert autrefois par M. Gabriel Delessert, qui fut le plus honnête homme de son temps. »

Nous ne pouvions finir cet article par un plus bel éloge.

DELESSERT (Alexandre-Henri-Édonard), fils du précédent, naquit à Paris le 15 décembre i 828. A vingt-deux ans, il accompagna le savant M. de Sauley dans son voyage à la mer Morte, et visita successivement la Palestine, la Syrie, la Turquie, la Grèce, la Sardai^e, l'Italie, l'Allemagne et l'Angleterre. Il publia k Paris en 1853 : Voyage aux Villes maudites. Un an après, il fit paraître Une Nuit dans la cité de Londres; en 1855, Six Semaines dans Vile de Sardaigne; en 1860, un livre fantaisiste intitulé le Chemin de Rome, s'il vous plait ? et, en 1862, Toujours tout droit, réponse au livre précédent. U avait été en 1851 un des fondateurs de VAlhéneum français, auquel il ne cessa de collaborer jusqu'à sa fusion avec la Reloue contemporaine en 1856 (2).

Comme son cousin Benjamin Delessert II, il s'intéressa vivement aux débuts de la photographie, et fut le premier l'auteur de pièces de dimensions considérables. Au mois de septembre 1860, il exposa les épreuves d'un cheval de pandeur naturelle et de personnages de même dimension, qu'il avait obtenues à l'aide d'un appareil de son invention qu'il fit breveter sous le nom de Porte^ lumière Edouard Delessert et Bianctû.

Enfin Edouard Delessert s'occupa longtemps d'affaires financières, devint vice-président du conseil d'administration de la Compagnie des chemins de fer de l'Ouest et administrateur de la Banque de I Indo-Chine. Il était, en plus, membre du Jockey-Club et du cercle de l'Union artistiaue. En 1855, il avait été nommé chevalier de la Légion d'honneur; il fut promu officier quelques années après.

11 mourut à Paris le 28 mars 1898 et fut inhumé au cimetière de Passy.

Il avait prouvé tout l'intérêt qu'il portait à nos travaux, en se faisant inscrire un des premiers sur la liste de nos sociétaires. Depuis, deux autres

(0 On se rappelle que lo îaoir dft ce joiir-là, Orsini cl ses trois complici'S loricèronl, nir Le Pelellcr, trois bomlws sur la voitiiri; de rKmperciir et de rinipcratrico, qui sr rendaient à l'Opéra.

(n Par'm-Gmde, 1H67. l.îî, pp. i23h. lafll.

(iiOulre les ouvrages énoncés. Edouard Delessert putdiaenrort' une dizaine d opuHCult's sur dos sujets difTércnts.

HISTOIRE DU XVI* ARROiNDISSEMENT

membres de la famille noas ont honorés de lear adhésion : le très regretté baron Bartholdi et Mme Odier, dont nous souhaitons TÎYement voir le nom figurer bien longtemps encore sur la liste de nos acmérents.

Ici s*arréte notre monographie des Ûelessert, que nous avons longtemps hésité à écrire. Ce n'est guère par les membres de la famille, on le sait, qu'il eût été possible d'obtenir des renseignements plus nombreux, et surtout plus intimes : leur amour du silence pour tout ce qui les concernait, leur modestie, excessive peut-être, mais qu'on ne saurait blâmer, leur inspiraient l'horreur de tout ce qui aurait pu ressembler à de la réclame. Force a donc été pour nous d'avoir recours à tout ce qui a été écrit sur eux par des contemporains qui les avaient fréquentés, et à leur faire de nombreux emprunts. Aussi notre travail s'estil, en partie, simplement borné à réunir des documents épars, à les coUationner et à les mettre en ordre.

Ces documents, nous aurions hésité aies publier du vivant des frères Delessert, dans la crainte de blesser ce sentiment de modestie qui, chez eux, était une véritable passion ; mais aujourd'hui que, hélas ! ils ne sont plus, nous regardons comme un deroir de reconnaissance de les insérer dans nos Archives, pour perpétuer le souvenir de ces hommes de bien dont la vie peut servir de modèle à tous.

Ah ! s'il nous eût été donné de connaître tous les actes de bonté et de bienfaisance qu'ils répandirent chaque jour si discrètement sur Passy et ailleurs, pendant une grande partie de notre siècle, bien des pages ne suffiraient pas à les divulguer. C'est d'eux qu'on peut dire que leur main gauche ignorait le bien que prodiguait leur main droite, et nous ne saurions mieux finir qu'en rééditant ces mots bien connus :

Oh! les braves gens ! les braves cœurs !

Léopjld Mar.

OUVRAGÉS CONSJLTÉS :

biographie des hommes utiles {Socictc Monlhyon et Franklin), année i^ : Etienne Delessert, par Jorry de Mancy.

Eloge historique de Benjamin Delessert, académicien libre, par M. Flourcns, secrélaire perpétuel de l'Académie des Sciences (lu dans la Hcauce publique du 4 niars> iBôo).

Nolice sur la vie de Benjamin Delessert. par le comte d*Argout (lue à l'assemblée jçénéraie des Caisses d'épargne, le 8 mai i847); Paris, Pion frères,

i847, pièce in-?.

Notice sur Benjamin Delessert, par Alphonse de

Candolle.

Travaux et Bienfaits de M. le baron Benjamin Delessert, par le baron Ch. Dupin; Paris, F. Didot frères, iSfy], pièce in-32. ....

Eloge de Benjamin Delessert, par Paul-Anlolne Cap (de Paris), couronné par l'Académie de Lyon; Paris, Pion frères, i85o, in-8. „ . .

Notice chonoloaique sur M. le baron Benjamin Delessert, par Tisseron et C. V., Paris, imp. de Mme de Lacombe, i847' P»<'Ce in-8, extraite des Archives des hommes du jour, • Biographie Michaud, long article sur Benjamin Delessert.

Magasin pittoresque, articles sur Benjamin Deles» sert, années 1847, P* ^'y ^^^i P* ^t >^ p. 103.

Notice biographique sur la oie et les travaux politi-

?mes de M. François Delessert ; Paris, à t Administraion générale, i845, pièce in-8, extraite des Contemporains.

M. Gabriel Delessert, par Tripier le Franc ; Paris, Dentu, 1^, 1 fort volume grand in-S.

Edouard Delessert, par Henry Lauzac, extrait du 3* vol. de la Galerie historique et critique du XIX* siècle ; Paris, Bureau de ta Galerie, 1861, pièce

in-8.

Annales historiques nobiliaires et biographiques, par Tisseron. — Voir l'article sur les Delessert.

Notice sur la collection de tableaux de MM. Deles' sert ; Paris, i846, in-8.

Catalogue des tableaux de M. François Delessert ; Paris (s. d.), in-8 (contenant a36 numéros).

Galerie Delessert, par Ch. Blanc {Gazette des Beaux-Arts); Paris, Claye, 1869, S^- ^°^ ^^'^^ 8 eaux-fortes.

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