‹ Histoire du XVIe arrondissement de Paris (volume 3)Chapitre 12 sur 218 · EGLISE NOTRE-DAME DE GRACE DE PASSY · texte numérisé non relu

EGLISE NOTRE-DAME DE GRACE DE PASSY

Bonshommes. Autrefois, Chaillot, Passy et Auteuil avaient beaucoup de vignes (1).

Béranger vint en 1841 demeurer chez son amie, M"** Béga, au n» 19 de la rue Vineuse; il y resta sept ou huit ans. Le regretté président de la Société historique d'Auteuil et de Passy, M. Eugène Manuel, a fait le récit d'une visite de Michelet au célèbre chansonnier, rue Vineuse (i).

Le maréchal de Mac-Mahon, le général F. Douay et leurs états-majors descendirent, le 2^ mai 1871, dans la maison n*" 49 de cette rue.

La rue de r Annonciation (3) va de la rue de Passy à la rue Raynouard et passe devant l'entrée principale de Téglise de Passy. Elle s'appela rue du Moulin, rue des Tierrées, puis rue de la Paroisse jusqu'à la Révolution, qui lui imposa, en 1793, le nom de « rue de la Raison ». Quand les églises furent rendues au culte, elle devint la « rue de l'Église », nom qu'elle conserva jusqu'au décret du 26 février 1867, qui lui a donné sa dénomination actuelle.

Le chansonnier vaudevilliste Brazier acheta en 18i5 la maison n° 4 et y mourut en 1835 ; cette maison a été habitée par l'éditeur Curmer vers 1856-1858.

Le duc d' Aumont, lieutenant général et célèbre amateur, eut sous Louis XV, à l'emplacement du n^" 9, une propriété s'étendant jusqu'au delà de la rue Singer actuelle ; il la céda au tomte de Valentinois, prince de Monaco. En 18i>l, le prince de Condé et son fils, le duc de Bourbon, vinrent habiter cet hôtel pendant quelque temps.

ISéglise Notre-Dame-de-Grâce de Passy a d'abord été une simple chapelle, bâtie par Claude Chahu, conseiller du roi en ses conseils, trésorier général des finances et seigneur de Passy; la construction de cette chapelle était fort avancée quand fut rendu le décret de Mgr Hardouin de Péréfixe, archevêque de Paris, en date du 28 décembre 1666, dont voici un court extrait :

« Nous étant apparu par le rapport de notre vicaire général que les habitants de Passy ne peuvent aller sans beaucoup d'incommodité à leur paroisse d'Authueîl, pour y recevoir les sacrements et assister à l'office divin, à cause de la distance et de la difficulté des lieux, avons érigé et érigeons par ces présentes une église succursale audit Passy, dépendante et aide de la paroisse d'Authueîl et, à cet effet, avons permis et permettons d'achever la chapelle encommencée de bâtir et sera la dite église succursale sous l'invocation de Notre-Dame de Grâce, de laquelle la principale fête se fera, chaque année, le jour de l'Annonciation de la Vierge. »

Six années après, le 16 mai 1672, grâce aux démarches persistantes de la

(i; Voir page i38 du H* volume du Bulletin^ Tariicle de M. Léopold Mar, inUtulé: « Comme quoi il en cuisait de voler le verjus à Passy, au xiv* siècle »>.

(2) Voir aux annexes (p. 497) l'article intitulé : « Michelet chez Béranger à Passy *. Béranger quittant Paris pour venir s'établir à Passy, qui était alors un lieu de villégiature, disait :

Puissé-je ici vieillir exempt d'orage, Et de l'oubli près de Huhir le poids.

Comme l'oiseau dormir dans le feuillage, Au bruit mourant des échos de ma voix.

(3; Sous le sol de la rue de TAnnonciation, les vides des anciennes carrières ont été consolidés sur une longueur de 22 mètres devant le n» 8, de 12 mètres devant le n« 30 et de 4* mètres devant les n°* 4 et 26 et entre les n'« 23 et 26. Devant le n* 3i» la distance du sol au ciel de la carrière est de 7 mètres, et la hauteur des galeries d'exploitation est de in»,rx).

veuve (1) de Claude Chahu, cette succursale était érigée en église paroissiale; cette concession contribua à Taugmentation de la population de Passy. En i673, la veuve de Claude Chahu fit l'acquisition d'une maison (2) pour rétablissement du presbytère.

On reconnut, avant la fin du gouvernement de la Restauration, la nécessité d'agrandir l'église de Passy. Le devis, dressé le 5 mars 1828 et montant à 47.000 francs, décrivait les travaux à faire de la manière suivante : « L'objet des travaux est l'agrandissement de l'église, la restauration des bâtiments actuels et la construction d'une sacristie. L'église actuelle sera prolongée en forme de croix, de manière que la partie ancienne sera destinée entièrement à former la nef principale et les deux nefs latérales ; la partie à construire contiendra le transept, le chœur, le sanctuaire et les deux chapelles à droite et à gauche du maître-autel, à l'extrémité des nefs latérales ; une de ces chapelles sera consacrée à la Vierge, l'autre à la communion. »

Des subventions furent accordées par le ministère de la Justice et des Cultes et des 'souscriptions particulières furent recueillies ; il n'en était pas moins très difficile d'arriver à réunir les fonds nécessaires. Le conseil municipal de Passy demandait, par délibération du 15 octobre 1830, que les 20.000 francs alloués parle conseil général pour l'agrandissement de Téglise fussent consacrés à la construction d'une mairie. 11 consentait, le 9 mai 1831, à payer les 68 francs de frais occasionnés par l'adjudication des travaux d'agrandissement de l'église; mais, à la date du 8 novembre 1835, il refusait de faire concourir la commune aux dépenses d'agrandissement de Téglise et se bornait à recommander au ministre des Cultes la demande de M. l'abbé Gary (Curé depuis la fin de 1830 jusqu'à novembre 1835J, qui offrait de subvenir à une partie de la dépense. Le conseil municipal de Passy montra ensuite des dispositions beaucoup plus favorables : il approuva le 9 mai 1845 un projet de M. l'architecte Debressenne (agrandissement et consolidation de l'église, etc.) montant à 70.000 francs, accepta la coopération de 10.000 francs offerte par la fabrique, vota 25.000 francs comme part contributive de la commune et demanda au préfet d'accorder 35.000 francs sur les fonds d'octroi de banlieue. Les travaux, exécutés de 1846 à 1849, sous la direction de M. Debressenne, doublèrent la longueur de l'église. La pose delà principale pierre du clocher eut lieu le 3 novembre 1846; le procès-verbal transcrit sur parchemin, avec le sceau de la mairie, et renfermant quelques pièces de monnaie à Teffigie du roi Louis-Philippe, fut déposé dans une boîte de plomb.

Le conseil municipal de Passy déclara, le 11 mars 1848, que les travaux supplémentaires de l'église devaient être reconnus dette communale. Par lettre en date du A octobre de la même année, le maire de Passy fit connaître au préfet de la Seine que les travaux d'agrandissement de l'église étaient terminés et lui proposa d'approuver le montant des dépenses, fixé à 82.530 francs; cette approbation fut accordée, sur l'avis du conseil des bâtiments civils.

De 1856 à 1859, M. Tarchilecte Debressenne fut chargé de diriger de nou-

(i) Voir aux annexes (p. 280) l'article de M. Léopold Mar intitulé : « Fondation de la paroisse de Passy » .

{2) Voir aux annexes (p. 362) l'article de M. Léopold Mar intitulé : u Pourquoi le prcdhytère de Notre-Dame-de-GrAce fut acquis à bon compte ».

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