‹ Histoire du XVIe arrondissement de Paris (volume 3)Chapitre 144 sur 218 · DANS LE XVI® ARRONDISSEMENT EN · texte numérisé non relu

DANS LE XVI® ARRONDISSEMENT EN

La première distribution d'eau exécutée à Paris était basée sur le fonctionnement d'une usine à vapeur dont l'histoire peut intéresser notre Société, car cette usine est située à Chaillot, sur le territoire de l'ancienne commune de Passy.

Pompe à feu de Chaillot, — Les frères Périer constituèrent, avec l'approbation du Bureau de la Ville et l 'autorisation du Parlement (7 février i 7 77 ) , une compagnie d'actionnaires, en vue de distribuer l'eau de Seine dans plusieurs quartiers de Paris; cette compagnie se chargeait d'établir à ses frais tous les ouvrages et de les faire fonctionner pendant quinze ans ; le privilège lui était accordé sous la condition que, dans un délai de trois ans, eUe distribuerait aux Parisiens un volume de 150 pouces d'eau, soit 2.879 mètres cubes, ou environ i/490^ de la consommation actuelle de Paris (\),

L'usine fut établie en i'78i; cette date se trouve encore inscrite au-dessus de la porte d'entrée du bâtiment dans lequel étaient placées les machines destinées à élever les eaux de la Seine. Pour une usine élévatoire,il doit y avoir au moins deux machines, afin d'éviter toute interruption de service, en cas de nettoyage ou de réparation. On installa, en effet, deux pompes ; Tune s'appelait la Constantine, du nom de M. Constantin Périer ; l'autre s'appelait l'Augustine, du nom de son frère Auguste. Ces machines étaient du système de Newcomen, importé d'Angleterre en France par les frères Périer. Le premier essai des pompes à feu de Chaillot fat fait en présence du lieutenant de police, et les eaux furent conduites, pour la première fois, le 17 juillet 1782, à une fontaine publique, établie à la porte Saint-Honoré.

Ces machines à vapeur excitèrent beaucoup la curiosité des habitants, parce que leur emploi en France était tout récent. Aussi Mercier, auteur du Tableau de Varis, s*écrie-t-il : « Voici donc une innovation yoîi porte un caractère de grandeur et d'utilité nationale ; quel immense service va rendre aux habitants de la capitale la prompte distribution de l'eau (S) ! »

(i) La consommation moyenne d'eau par jour a été, à Paris, de iib.ooo mèlres cubes en i86i, 3&7.000 en 1880, 445.000 en iSgo, 550.000 en i8q5 et 645.000 en igno.

(2) Voir le Tableau de Paris, par Mercier, 3» volume, p. 83.

On s^étonnait cependant de ce que Teaa était puisée dans la Seine, au-dessous de Paris (i) et à une assez grande distance du centre de la TÎUe. Les uns prétendaient que remplacement de Chaillot avait été choisi parce qu*il était sur le chemin

a ne suiTait le roi pour aller à Versailles. D'autres éclaraient au^on avait voulu favoriser le faubourg Saint- Honoré, comme étant le plus en état de souscrire des abonnements dVau en faveur de la Compagnie, qui avait dépensé plus de deux millions pour l'établissement des machines à feu. Il est probable «{u'on avait voulu profiter d'un emplacement qui se trouvait disponible au bord de la Seine et qui présentait l'avantage d'être peu éloigné de la colline sur laquelle il fallait monter l'eau, afin d'être au-dessus des principaux quartiers de Paris. Les résenoirs aans lesquels la pompe à feu de Chaillot montait Fean de la Seine à cette époque étaient situés sur l'emplacement occupé aujourd'hui par la place des Etats-Unis. Ces r^ervoirs, dont la hauteur aunlessns du niveau de l'étiage de la Seine variait entre 31 et 34 mètres et ^ui ont alimenté d'eau la plus grande partie de Paris jusqu'en 1857, étaient au nombre de quatre (î) ; le premier recevait l'eau montée par les pompes ; elle séjournait dans le second réservoir, pour y déposer les matières en suspension, afin d'être clarifiée ; le troisième servait à la distribution et le quatrième en cas de réparation. L'action de la pesanteur suffisait pour laire circuler l'eau dans les tuyaux depuis ces réservoirs jusau'aux maisons des abonnes et aux fontaines

Bubliques, qui étaient placées à la porte Saintlonoré, à la Chaussée-d'Antin, à la porte Saint- Denis et à la rue du Temple. Le prix de l'abonnement était de 50 livres par an, pour un muid (soit 274 litres) par U heures (3).

Les travaux de canalisation nécessaires pour la création et l'alimentation de ces quatre fontaines occasionnèrent des dépenses excédant les prévisions ; le nombre des actions émises à i .200 livres, qui était primitivement de i .300, fut porté en 1786 à 6.100. Les opérations de la Compagnie furent critiquées par le comte de Mirabeau, père du grand orateur, dans un premier mémoire (4) publié en 1785. La Compagnie attribua ces attaques à l'agiotage des spéculateurs à la baisse; elle avait pour avocat le célèbre Beaumarchais, qui, dans une réponse intitulée «les mirabelles», déclara que le comte de Mirabeau ne connaissait nullement le sujet qu'il traitait. Un second mémoire du comte de Mirabeau impressionna sans doute l'opinion publique; les actions baissèrent rapide-

(i] Il aurait été, en efTet, préférable d'établir l'usine en amont de Paris, afin d'avoir des eaux moins impures, puisqu'il s'agissait alors de procurer Teau potable. Dans les derniers temps, les eaux refoulées par la pompe à feu de Chaillot ne servaient que pour la voie publique.

(a) Ils avaient chacun do toises de longueur, lo de largeur et 9 pieds de hauteur. La capacité des quatre réservoirs était d'environ i3.ooomètres cubes.

(3) Actuellement l'eau de source est vendue aux abonnés à raison de o fr. 35 par mètre cube : une consommation de 274 litres par jour à ce taux correspondrait à une dépense annuelle de 35 francs. ,

(4) M. Ém. Potin possède ce document, avec la réponse, dans ses archives personnelles.

ment ; d'ailleurs, Fapproi^he de la Révolution inquiétait les capitalistes. Un seul banquier (1) réunit entre ses mains la presque totalité des actions et les vendit à la Ville de Paris, suivant ,un traité passé le 4 avril i788, iprès approbation de l'assemblée générale des actionnaires et dn Conseil d'Eut.

L'entreprise des frères Périer,qui avait bien réussi au point de vue technique, puisque la Constantine et 1 Augustine ont continué à fonctionner pendant plus de soixante-dix ans, n'est restée que pendant très peu de temps entre les mains de ses promoteurs et ne leur a procuré que des mécomptes.

Le décret du 7 septembre 4807 remit les pompes à feu de Chaillot et les autres établissements hydrauliques de Paris au service des ponts et chaussées, qui en est actuellement chargé {2).

Le 8 août 4852, la pompe à feu Augustine fut remplacée par la machine Iéna,et le \*' juin 1853 la machine Aima fut substituée à la Constantine. Ces deux nouvelles machines, plus puissantes que les précédentes, étaient du svstème Comouailles et avaient été construites dans 1 usine de MM .Schneider, an Creusot. En 1866, les anciennes chaudières à bouilleurs furent remplacées par des générateurs tubulaires du système Farcot. Ces divers perfectionnements ont permis de sextupler le débit des pompes (3). C'est la pose des générateurs Farcot qui a nécessité la construction de deux bâtiments en briques, de chaque cdté de l'édifice carré qui avait suffi jusque-là pour contenir les machines.

La pompe à feu de Chaillot ne sera bientôt plus

'à 1 état de souvenir. Elle est en effet remplacée

Sar de nouvelles machines installées à 1 usine 'Anteuil, sise entre le quai et l'avenue de Versailles, un peu en aval du pont Mirabeau.

Grand réservoir de Passy. — Le premier grand réservoir construit à Paris pour la distribution des eaux est celui de Passy ; les bassins dans les(fuels étaient emmagasinées auparavant les eaux élevées par la pompe à feu de Chaillot ont donné leur nom au quartier des Bassins ((pi a repris récemment le nom de quartier de Chaillot), ainsi <iu'à la rue des Bassins. Jusqu'en 1898 le réservoir de Passj comprenait deux bassins supérieurs où le niveau de l'eau se trouve à l'altitude de 75*^,83, deux bassins inférieurs et un

(1) Recherches sur les eaux publiques de Paris, ouvrage in-4* publié & Paris, en 181a, par Girard, qui a été ingénieur du service hydraulique de Paris, au commencement du xix' siècle.

(a) M. Girard a dirigé le service des eaux de Paris sous le premier Empire et sous la Restauration ; SCS successeurs ont été : MM. Mary, de i83aà 1848; Darcy. de i848 à i85o; Dupuit, de 1800 à i856 ; Belgrand. de i856 à 1878 ; Couche, de 1878 a 188,5*, Ëechmann et Humblot. de i885 à 1888; Humblot seul de 1888 a 1898: Bechmann, chef du service des eaux et de l'assainissement, depuis i8jM.

(3) M. Girard, directeur du service des eaux, déclare qu'on était arrivé, en 1807, à porter le débit de chacune des deux pompes de Chaillot à 217 pouces d'eau par a4 heures, soit à 4*i65 mètres cubes, chiffre beaucoup plus élevé que celui qu'avaient pu atteindre les frères Périer ; or, chacune des deux nouvelles pompes peut élever 34.000 mètres cubes d'eau par a4 heures.

qu

HISTOIRE DU XYl* ARRONDISSEMENT

bassin de résenre. L'eaa de Seine non filtrée élefée par les machines de Chaillot s^emmagasinait dans ces derniers ainsi que dans nn des bassins supérieurs ; l'autre, Toùté et ^recouvert de terre, est réserré à l*ean de source. En 1898 on y a ajouté un nourean bassin pour Tean de rivière, an niveau des bassins supérieurs, et sis parallèlement à la rue Copernic derrière les maisons en bordure de cette rue (i).

Les eaux de Seine ne servent plus aujourd'hui pour les besoins domestiques, auxquels il est pourvu actuellement au moyen d*eaux de sources; maïs pendant la première moitié du xix* siècle, tontes les eaux potables distribuées dans la ville de Paris consistaient en eau de rivière filtrée. Cette eau filtrée dans les fontaines publiques, dites fontaines marchandes, était approvisionnée dans des tonneaux à bras par les porteurs d*eau; à qui mille litres étaient vendus à raison de 90 centimes à 1 franc; ils la montaient à domicile au prix de 10 centimes par voie de 20 litres, ce qui faisait ressortir le prix du mètre cube à 5 francs, soit environ quinze fois plus que ce qu'on paie aujourd'hui. Je me souviens d'avoir vu, dans ma jeunesse, les porteurs d'eau monter la voie d'eau dans les cuisines, où ils versaient dans une fontaine filtrante (^), ou dans tout autre récipient, le contenu de deux seaux de métal, tenus en équilibre aux deux bouts d'une barre de bois cintrée reposant sur leur épaule.

C'est sur le territoire du XYI° arrondissement que furent établies les pompes à feu de Chaillot et les réservoirs des frères Périer, berceau de la première distribution publique, puis les grands réservoirs de Passy ; cependant ces ouvrages n'étaient destinés qu'au service de l'ancien Paris. Les habitants de Passy et d'Auteuil s'alimentaient autrefois nr des puits creusés dans leurs propriétés (3), usqu'au niveau de la nappe aquifere retenue par 'argile, ou de la nappe d'infiltration de la Seine.

Sources (TÀuteuu, — On désignait sous ce nom un ouvrage qui était situé rue de la Cure et ob étaient réunis, dans un regard, trois filets d'eau sulfureuse et ferrugineuse, provenant des drainages opérés dans le coteau. De ce regard partait une conduite en plomb de 0'",04i, qui aboutissait dans un réservoir situé à l'angle de la rue d'Auteuil et de la me Donizetti. L'eau amenée dans le réservoir (4) pouvait être puisée

(1) Les grands réservoirs de Passy, qui ont été conHlniils sous la direction de M. ringénieur en chef BelKrand, ont été établis de manière à

f>ouvoir renfermer 37.100 mètres cubes d'eau, a contenance étant de 5-700 mètres cnbes pour le bassin supérieur de Bel-Air, 10.000 pour le bassin inférieur de Bel- Air, 6.aoo pour le bassin supérieur de Villejust (eau de source) ii.«)uo pour le bassin inférieur de Villeju^st et 3.900

Cour le bassin de réserve. La capacité du nouveau assin est de 2X.000 mètre».

(a) Le tarif actuel est, par mètre cube, de 35 centimes pour l'eau de source et d'environ 16 centimes pour l'eau de rivière (non filtrée).

(3) La profondeur de ces puits variait entre i3 et 10 mètres sur Auteuil, entre ai et ay mètres sur Passy.

(4) La capacité de ce réservoir n'était ciiic de i".r)6; d'après un jeaupeagc datant de i8G(j, le débit du tuyau alimentaire était d'environ i^6 mètres cubes par 24 honrcs ; il est probable que le débit était plus élevé au commencement du siècle.

à une fontaine installée sur le terre-plein de la place de l'ancien marché et munie d^une pompe à volant.

Les ouvrsji^es avaient été exécutés par le sieur Faber, à qui la commune d'Auteuil avait concédé, le 19 ventAse an IV, le trop-plein de la source d'Auteuil, sous la condition d établir divers travaux de canalisation et d'aménagement et de construire à ses frais la fontaine sur l'emplaoemeot de l'autel de la Patrie et de l'arbre de la Liberté. La concession avait été définitivement confirmée par un arrêté municipal du 45 germinal an VI, constatant que le sieur Faber avait rempli ses euffagements. La commune d'Auteuil n'avait droit qu aux deux tiers de l'eau, on tiers étant réservé à la villa Montmorency ; le partage d'eau s'opérait dans la citerne placée au pied de la fontaine.

Ouand les eaux de la Vanne furent introduites dans les conduites du XVI® arrondissement, c'està-dire vers 1875, on alimenta par nn branchement de la canalisation publique la fontaine dont le débit diminuait de plus en plus, par suite du développement des constructions exécutées dans ce quartier. U population parut regretter les eaux de la source d'Auteuil auxquelles on attribuait des propriétés curatives (1).

Usine d'Auteuil. — C'est vers 18^ que la Société des eaux d'Auteuil et des oommones environnantes fit construire l'usine d'Autenil et les petits réservoirs cootigus au cimetière de F^ussy.

L'usine d'Auteuil, qui vient d'être transformée pour recevoir les nouvelles machines destinées à remplacer celles de Chaillot et qui ne fonctionnait plus déjà depuis quinze ans, comprenait, au moment du rachat opéré en 1857 par la Compagnie générale des eaux (MM. A. Durouret Cie), trois machines (2) et quatre pompes. Cette usine d'Auteuil puisait les eaux dans la Seine et les refoulait dans les petits bassins de Passy, placés à 48 mètres au-dessus du niveau du fleuve ; en outre, elle alimentait une cuve construite sur les terrains où a été ensuite établie la gare d'Auteuil et fournissait l'eau de Seine à la commune de Boulogne.

Les petits bassins de Passy étaient divisés en trois compartiments dont un était muni d'un filtre à sable ; l'eau ainsi filtrée n'était vendue

au'aux porteurs d'eau ; la vente d'eau était située ans les dépendances du réservoir.

Le filtre a été supprimé en 1876, après l'introduction des eaux de la Vanne dans les conduites du XV^ arrondissement. Les petits bassins de Passy ont reçu depuis l'eau de Seine, montée par

(1) Il ne reste plus de cette source qu'un écoulement intermittent, qui se produit a un [>etit oriflce placé dans le socle du lampadaire situé dans la villa Montmorency, en face de la grille d'entrée de la rue Poussin. Le jet, froid, dé- ^age une assez forte odeur d'œufs et colore en jaune la vasque de fonte. De temps à autre, uuelq^ues fervents y viennent puiser. En réalité, d'après l'analyse, l'eau serait plutôt inefficace, lourde et indigeste. Elle avait disparu momentanément, à la suite de travaux de tranchées exécutées dans la villa. (N. d. 1. R-)

(2) Ces machines à vapeur étaient verticales et à balancier ; leur marche était onéreuse ; car elles consommaient, par heure et par cheval, en eau montée, 3i',i5 de charbon, tandis que les niarhifics modernes ne consomment guère plus d'un kilogramme.

Annexes

la pompe à fea de Chaillot; ils ne sont plus en service aojoard*hui et sont destinés à disparaître prochainement.

Séparation du service public et du sertnce privé, — La distribution d*oaa a été complètement modifiée à Paris par suite de Fadoption du système de la séparation des services public et privé, qui a été admise en principe, dès 1854, par le conseil municipal, mais n*a pu être appliquée au XVI" arrondissement qu'en 1875. Le système consiste à desservir les maisons au moyen d*eaux de source et à n'employer les eaux de ri-

réservoirs d'où partent les conduites de distribution soient assez élevés pour que les étages supérieurs des maisons puissent être alimentés.

La dérivation des eaux de la Dhuis, qui ont été introduites pour la première fois dans le réservoir de Ménilmontant en 1865, et celle des eaux de la Vanne, qui sont arrivées en 1874 dans le réservoir de Montsouris,' constituent les premiers travaux exécutés au xix" siècle pour Tadduction des eaux de source à Paris. Une conduite maltresse de 0™,60 de diamètre, passant sur le pont de TÂlma, amène les eaux de la Vanne aux grands

PoDuIation de Paris •

/ Service public

Nombre de mètres cubes \ ^^^^^^ j^^

consommés par Jour #

V Total

/ Service oublie

Nombre de litres d'eau V g j j ^

consommés par jom* < ' *^ ^

et par haoitant f

\ Total

vière que pour les besoins de la voie publi(|ue et de rindustrie. Le service public et le service privé ont chacun des canalisations parfaitement mstinctes et séparées.

Les fleuves et rivières sont contaminés par rapport des éffouts ; ils sont Tinstrument naturel de transport des déjections de toute nature et des résidus industriels ; dans les centres de population, Teau des puits peut être corrompue par des infiltrations de toutes sortes, et on sait que Teau peut servir de véhicule à beaucoup de germes pathogènes ou suspects et favoriser ainsi le développement de diverses maladies endémiques, telles aoe les affections inflammatoires du tube digestif : ysenterie, choléra, fièvre typhoïde, etc. Il y a donc un grand intérêt à affecter exclusivement Teau de source à Tusage des habitants et à n'employer l'eau de rivière que pour Tarrosage des voies publiques, des squares, des plantations, le lavage des chaussées, les réservoirs de chasse des égonts,les besoins industriels (1). Mais ce système est dispendieux parce qu'il augmente la longueur des canalisations et repose sur Tadduction des eaux de source. 11 convient, en outre, que les

(1) La moyenne annuelle du nombre de bactérieii contenues dans un centimètre cube d'eau est de ogo pour la Vanne (K>scrvoir de Mont-

de usine pour la Seine près de l'usine de Chaillot; il dépasse 18 millions pour Teau du collecteur d'Asnieres. La qualité de l'eau de source est donc très supérieure à celle de l'eau de rivière non filtrée, au point de vue hygiénique. Le filtrage améliore la qualité des eaux de rivière ; mais aucun filtre ne peut donner, d'une manière permanente, une enu comparable h l'eau de source convenablement choisie. — V. aussi Bulletin, t. II, p. -jX».

réservoirs de Passy (bassin supérieur de Villejust), ce qui a permis de distribuer, à partir de 1875, Teau potable dans les quartiers du XVI° arrondissement où le terrain ne se trouve pas à plus de 45 mètres au-dessus du niveau de la mer.

Mais pour desservir les quartiers plus élevés, c*est-à-aire la partie de Passy comprise au nord de la rue Raynouard et de la place duTrocadéro, entre la rue de Ranelagh et Tavenue du Bois-de- Boulogoe, il a fallu établir, sous le sol des boulevards extérieurs, une grande artère mettant le XVl*" arrondissement en communication avec le grand réservoir de Ménilmontant (1). Les quartiers élevés de Passy ont ainsi été desservis avec Teau de la Dhuis ou de la Vanne, de 1875 à 1893, c'est-à-dire antérieurement à Texécution de la dérivation de FAvre. D'ailleurs, on n*a pas maintenu ce système d'alimentation, qui laissait beaucoup à désirer à Passy, étant donnée la situation désavantageuse résultant* de ce que ce quartier se trouvait à Textrémité des conduites de distribution et surtout de ce que la pression dans les tuyaux de conduite était affaiblie par le développement énorme qui s'est produit dans ces dernières années pour la consommation en eau de source, comme l'indice le tableau ci-dessus :

On voit que l'accroissement de la consommation

(1) Si le réservoir de Ménilmontant, qui e^t

fdacé à l'altitude de 107 mètres, n'avait reçu que es eaux de l'aqueduc de la Dhu}rs, dont le déoit est de ao.ooo mètres cubes par jour, il n'aurait pas suffi à cette extension de service ; en conséquence, une usine de refoulement fut établie à l'extrémité de la rue Lafayette, ce qui permit de puiser chaque jour un cube d'eau considérable dans la canalisation mattresse de la Vanne et de l'élever dans le réservoir de Ménilmontant. Ce régime a pris fin en i8;^3, lors de l'arrivée des eaux de l'Avre.

l^OO HISTOIRE DU XVI* ARRONDISSEMEXT

d'Ma Mt cKon pins rapide que celui de b popn- L'MbèTemeiil, ea 1893, de la dériTeliM de

btioa. La ruson prindpale ta est qoe ju^'à la V.Ktn (prOTenant da dêparteBenI de l'Eiire) per-

Teone das eaai de source, od itait Migk de mil d'apporter ane amitioratioo tràHwiMedMii

mooUr l'eao i hrasdlimiM dau lo éU|es : le la diMnbalioa d*eaa da XVI* amoditteBCOt (1).

ioor où, parl'rfittdela preasioD dant les tnjraoi. Les nnx de l'A Tre sont enaiagastnéM à l'ilii-

rraa a pa s'eleier ;v;>qa~tai snbbH > sv«s. k ptirtfar dVia a •3.>MrD. et la << bM d(«ê<J>ia*ie*a et »atxt* t pr» d

diamèlre, en [ûle d'acier, les amène & U porte et i1im>>Dle les grands réservoirs dePassj, où U

d'Auteoil, par laquelle elles ealrent dans U capj- pression se tronve rédnile d'ennran 35 mètres,

tile, en se subdÎTUinten deux grandes branches, La seconde branche se dirige, par les bouleTanfa

4ont la première, ayant an diamètre de i^.lO. militaires, vers le réserrair de Monisonris.

suit le bonlefard Suchet, l'avenue Victor-Hugo et La première branche de la dérÎTation de I'Atts ensuite les bnnlefards extérieurs, pour se jonc- alimente directement, en ean potable, les qaariiers tionDerprèsdiibouleTardMaEentaaTecUcDDduile les plus életès, c'esta-dire la partie de Passjr maîtresse de HéoilmontaDt ; de celte première comprise entre la rue do Kanelagb, la rue Raybranche se détache une conduite de 0'".60 de dia- nacard, la place et l'aTcoue du Trocadéro. Les mètre, qui est placée sous le sol de la rue Copernic grands rèserroirs de Passv ( Villejost ) euToient

Histoire du Xvi* ARRONDissEMENt

Teau de l'Avre dans le Quartier des Ternes et jusqa*à l'avenue du Bois-de-Boulogne. La partie de Passy qui se trouve dans le voisinage de la Seine, le quartier d'Auteuil et celui de Grenelle sont alimentés en eau potable par la Vanne.

Alimenlation actuelle en eaux de rivière. — Le service public est fait, dans le quartier de Grenelle, au moyen des eaux de TOorca, mais dans tout le XYJ* arrondissement, c'est 1 eau de Seine qu'on emploie pour ce service.

Il a été dit ci'dessus que les grands réservoirs de Passy recevaient Peau pompée en Seine pur Pusine de Qiaillot; ils recevront désormais la même eau de la nouvelle usine d*Auteuil par une conduite de refoulement unique de 0"\90 de diamètre qui suit Tavenue de Versailles, traverse le parc du Trocadéro et va rejoindre avenue dléna les deux anciennes conduites ascensionnelles de 0*^,60 de diamètre de Pusine de Chaillot.

Quand le plan d*eau dea réservoirs est peu élevé au-dessus du sol, ils ne peuvent pas desservir convenablement les parties situées aux abords immédiats de ces bassins : c'est pour ce motif que la partie haute de Passv (située entre la place du Trocadéro, la rue de Passy et la rue de la Pompe) est alimentée directement, en eaux de Seine, par la conduite maltresse venant du réservoir de ViUejuif, en attendant l'amélioration projetée, qui consistera daos un service spécial surélevé commandé par l'usine d'Auteuil.

Les grands réservoirs de Passy alimentent, en eau de Seine : 1<* la partie du XVl*' arrondissement située à l'est de l'axe des jardins du Trocadéro, de la place du même nom, de l'avenue Malakoff, de la place Victor-Hugo et d'une ligne tracée parallèlement à l'avenue Bugeaud ; 2* l'extrémité de Pavenue Victor- Hugo (dans le voisinage de la station Henri-Martin) et la partie située entre le chemin de fer de ceinture, près de cette station et des forliOcations (avenues Raphaël, Ingres et Prudhon).

Le surplus du XV1° arrondissement, comprenant tout le quartier d'Auteuil, est alimenté en eau de Seine, pour le service public, par les petits réservoirs de Passy.

La consommation d'eau de source est beaucoup plus forte en été que pendant la saison froide; il résulte de ce fait que, pendant la plus

Srande partie de l'année, dix mois environ sur onze, les abonnés n'absorbent pas toute la quantité d'eau de source fournie par les dérivations, et c'est à Passy que s'opère le déversement dans le service public du cube d'eau d'Avre qui n'est pas utilisé par le service privé et qu'il convient d'affecter en ce cas au service public, afin de diminuer le travail des machines et des pompes. Deux canalisations de 0,60 et de 0,92 reçoivent cette eau et la dirigent l'une sur le réservoir de ViUejuif, par le pont d'iéna, et l'autre vers le réservoir de Gharonne. Enfin, lorsque la consommation de l'eau de source se réduit dans de telles proportions que les différentes conduites maîtresses de distributions d'eau de rivière ne sufdsent plus à absorber l'excédent disponible, le service public, au lieu d'être fait par les bassins inférieurs des graads réservoirs de Passy, s'accomplit par Les bassins supérieurs, ce qui produit un supplé-

ment de pression d'environ 3™ ,50 et une augmentation de débit de près de 20.000 mètres cubes par 24 heures.

Fonctionnement des grands réservoirs de Passy, — Les réservoirs de Paris sont disposés de manière à pouvoir être alimentés de diverses façons, suivant les circonstances ; sans cette précaution, le moindre accident sufHrait pour interrompre la distribution des eaux. Les divers compartiments des grands réservoirs de Passy peuvent recevoir :

l** L'eau de la dérivation de l'Avre, qui y aboutit directement par la canalisation de la rue Copernic ;

t* L'eau de la dérivation de la Vanne, qui y est amenée, au besoin, par la conduite du pont de l'Aima ;

3* L'eau de la dérivation de la Dhnis et Peau relevée de la dérivation de la Vanne, le réservoir de Villejust pouvant être mis en communication avec ces eaux par Ja canalisation de l'avenue Vietor-Hueo ;

4° L eau de Seine, pompée par l'usine d'Auteuil et qui est directement refoulée dans ces réservoirs ;

5® L'eau de Seine pompée à Ivry, par l'intermédiaire du résersoir de ViUejuif et de la canalisation du pont d'Iéna ;

6^ L'eau de Seine pompée à Bercy et refoulée d'abord dans la cuve de la place Saint-Pierre, à Montmartre ; cette dernière eau peut être amenée par la canalisation dite de Lariboisière, qui se détache à l'avenue Friedland de la conduite réunissant les grands réservoirs de Passy à ceux de Gharonne.

Un pareiUe variété d'alimentation procure une grande élasticité pour la distribution générale des eaux ; d'ailleurs les services en eau de source et en eau de Seine sont complètement séparés, sans communication possible de l'eau de Seine avec l'eau de source, mais avec faculté du déversement des eaux de source surabondantes dans les bassins alimentés en eau de Seine.

Quand le temps se met au froid, la consommation diminue, et on en profite pour réduire le volume d'eau à élever par les machines, en reculant les Umites d'influence des grands réservoirs de Passy jusqu'au pied du coteau de Gharonne, sur la rive droite, et jusqu'à l'avenue du Maine, sur la rive gauche.

Si, au contraire, la chaleur se manifeste avec une grande intensité, les services de lavage deviennent plus exigeants, en même temps que le produit des dérivations d'eau de source doit être entièrement consacré aux besoins domestiques ; U résulte de cette situation que Passy a besoin d'être soutenu, et on emploie, par ordre de priorité, les moyens suivants pour donner au service public un volume suffisant d'eau de rivière :

1^ Ouverture de la communication avec le réservoir de Villejuif.aUmenté par les i .700 chevauxvapeur de l'usine dlvry ;

2"^ Renforcement par la cuve de Montmartre, sur laquelle refoule l'usine de Bercy (600 chevaux) ;

3^* Mise en marche simultanée des machines de l'usine d'AuteuU (450 chevaux).

Si un accident se produit sur la canalisation maîtresse de TAvre, la Vanne et la Dhois accomplissent seules le service des eaux potables.

Si, au contraire, c'est la Vanne qui fait défaut, pour arriver à son secours, Passy fournit Teau nécessaire par la canalisation du pont de TAlma. Beaucoup d'autres cas peuvent se produire, notamment si des conduites viennent à se rompre. Le service est très complexe et demande beaucoup de soin, car Texécution de manœuvres intempestives présenterait de graves inconvénients ; si, d*ailleurs, l'ouverture d une communication entre réseaux différents apporte une amélioration dans le réseau le plus bas, elle cause dans l'autre une dépression qui ne doit pas être excessive. Le maniement de la distribution d'eau de Paris est donc des plus délicats, il exige une sûreté de louche que seule peut donner une longue expérience. PuiU artésien de Passy. — Le forage du puits artésien de Passy (i), qui se trouve dans le square Lamartine, près de l'avenue Henri-Martin, a été entrepris à la suite du succès constaté du puits artésien de Grenelle. Il a été confié, par un traité du 44 juillet 1855, au sondeur saxon Kind. La couche des sables aquifères fut atteinte, en 1861, à STG'^JO an-dessous du sol (soit à 523"',53 audessous du niveau de la mer (2), et à 12">,53 plus bas qu'à Grenelle).

Le débit ^uotiden du puits de Grenelle fut réduit d'un' tiers, dès 1861, par suite du fonctionnement du puits de Passy, dont le produit, par 24 heures, s'est élevé d'abord à 20.000 mètres cubes, a subi au début de nombreuses oscillations, s'est fixé longtemps à environ 8.000 mètres cubes et n'est plus que de 4.500 mètres cubes en 1897.

L'eau du puits artésien de Passy est tiède (environ 28 degrés ; il est difficile d'abaisser la température de grandes masses d'eau ; d'ailleurs, l'eau du puits n'est pas aérée, c'est-à-dire qu'elle est dépourvue d'ox^fgèue; elle ne renferme qu'une très faible proportion de carbonate de chaux et d'acide carbonique, ce qui lui donne un goût fade. Elle ne doit donc pas être employée comme eau potable; elle conviendrait plus aux usines qu'aux usages domestiques et serait susceptible d'être utilisée pour des bains ou des lavoirs, ainsi que pour des arrosages, ce qui faciliterait le lavage des ruisseaux quand le temps est assez froid pour faire craindre la gelée.

Une conduite en fonte de 0">,50 de diamètrç prend actuellement les eaux du puits artésien de Passy et les envoie dans le bois de Boulogne, oti elles concourent à l'alimentation des lacs (3).

Fontaines. — Le XVI^ arrondissement possède : 21 fontaines à repoussoir, mises à la disposition des habitants dans les quartiers ou les maisons ne sont pas pourvues d'abonnements — 4 fontaines Wallace, à débit réduit, permettant

(i) Voir la note sur le pulls arlésim de Passy, due à M. Léopold Mar, pp. 2i3 à 2iô du II* volume du Bulletin de notre Société.

(2) Le puits de Passy, aui débouche au square Lamartine, est revêtu en nois, avec un diamùtre de o"* .80 jusqu'à la prorondeur de 55u mètres; au delà, il a un diamètre de o",7o et le tubage est en lOle de o'°,02 d'épaisseur.

(3) V. Bulletin, vol. 111, p. 3i.

aux passants de s'abreuver — 3 fontaines monumentales, dont la plus importante est la cascade du Trocadéro, qui débite à l'heure 1.273 mètres cubes, tandis que les beaux jets de la place de la Concorde n'exigent ensemble que 330 mètres cubes à l'heure. L'eau jaillissant de la gerbe du rondpoint du Trocadéro est amenée par une galerie spéciale à la cascade, d'où elle gagne des conduites qui la versent dans les canalisations d'eau d'Ourcq du Champ de Mars; elle y sert finalement à l'arrosage.

L'aquarium du Trocadéro, siège de l'établissement de pisciculture,consomme par jour 1.110 mètres cubes d'eau de source (1).

Améliorations projetées. — La population des dix premiers arrondissements de Paris était de 1.010.970 habitants en 1886 et de 1.0U8.170 en 1896; elle est donc restée stationnaire dans cette première zone depuis dix ans ; mais dans la seconde zone (du XI* au XX* arrondissement) elle a passé de 1.333.580 habitants en 1886 à 1.503.785 habitants en 1896, soit une augmentation de 170.000 âmes; d'ailleurs, le nombre d'habitants par hectare n'est que de 273 dans la seconde zone, tandis qu'il s'élève à 438 dans la première. Ces chiffres semblent indiquer que là population s'augmentera encore d^ins la seconde zone, qui forme la périphérie de Paris et a été annexée en 1860; en même temps il parait certain que la consommation d'eau continuera à croître plus rapidement que la population. Il faudra augmenter les quantités disponibles,tant en eau de source qu'en eau de rivière. La dérivation des sources du Loing et do Lunain, votée en 1897 et misé en service en 1900, est bien loin de suffire aux besoins nouveaux du service privé et dans un avenir peu éloigné de nouvelles amenées d'eau de source devront être entreprises.

Cependant Le XVl* arrondissement est aujourd'hui très convenablement desservi en ce qui concerne les eaux de source; mais le réseau des eaux de rivière a encore besoin d'y être amélioré et étendu.

L'importance du grand réservoir de Passy, déjà augmentée par la juxtaposition du nouveau bassin établi en lo98 sur un terrain acheté depuis longtemps pour cette destination, est appelée à s'accroître encore par suite de l'établissement projeté d'un service haut en eau de Seine surélevée.

Enfin la nouvelle usine d'Auteuil va renfermer — outre les deux machines qui remplacent celles de Chaillot — une machine spéciale, permettant d'élever 18.000 mètres cubes par 24 heures, pour le service du bois de Boulogne, dont les besoins s'accroissent progressivement : on évitera ainsi le long circuit que font les eaux de la Seine pour aller d'Ivry au réservoir de Villejuif, puis à celui de Passy et finalement au bois.

On trouvera des renseignements très détaillés

(i) D'après le récolcment arrêté le 3i décembre 1^)6 pour les conduites et les principaux appareils en service, le XV1« arrondissement possédait à cette date : 65i bouches de lavage, 1.147 bouches d'arrosaj?e, 44^ bouches d'incendie, vji réservoirs de chasse pour le lavage des égo\ils et. en nombres ronas. 38 kilomètres de conduites enterrées et i<S5 kilomètres de conduites sous galerie.

et fort intéressants sur la situation actuelle et sur les besoins futurs de la distribution des eaux à Paris, dans la brochure de M. Ernest Gay, conseiller municipal (Porte-Dauphine), notre collègue, et intitulée : Etude et programme pour le complément de V alimentation de Pans en eaux de source et de rivière jusqu*en i9S0, Cette bro* chure, dont Tauteur a gracieusement offert un exemplaire aux archives de notre Société, a été imprimée à la Bourse du commerce, 33, rue Jean- Jacques-Ronsseau (Ch. Bivort), en 4898.

AUCUSTE DONIOL.

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