‹ Histoire du XVIe arrondissement de Paris (volume 3)Chapitre 147 sur 218 · EXTRAIT DES MÉMOIRES · texte numérisé non relu

EXTRAIT DES MÉMOIRES

DO BARO.V HAUSSXANN

M. Alphand faisait le !26 décembre 1891, i l'Académie des Beaux-Arts, l'éloge du baron Haussmann,en des termes empreints de sincérité, de reconnaissance, dignes à la fois de l'un et de l'autre. U montrait les grandes choses dont M. Haussmann avait été l'initiateur, et ce que Paris lui devait de ses embellissements.

Il nous a paru intéressant de rechercher et de reproduire ici, extraits des Mémoires du baron Haussmann (1), les passages qui concernent notre arrondissement. Et, chemin faisant, nous trouverons le jugement que M. Haussmann avait porté sur M. Alphand.

Ce sera comme le complément des communications qui précèdent dans ce Bulletin même.

PIJ^N DE PARIS

« Je fis (2) graver le plan au 5/ 1 000*, en grandes feuilles, où toutes les indications nécessaires aux

(i) Vol. m, édition de 1893. — Nous rappelons que M. llauHsinann e»l mort le 11 janvier 1891, âgé de R'2 ans.

('2 C'est M. Haussmann lui-tnème qui écrit.

différents services de mon administration se voyaient distinctement.

< La juxtaposition et Tentoilage d^ezemplaires de ces nombreuses feuilles dans un cadre porté par des montants sur pieds à roulettes, et placé bien en vue au milieu de mon cabinetde travail, y constituait, derrière le fauteuil de mon bureau, un immense paravent od je pouvais, à toute minute, en me retournant, chercher un détail, contrôler certaines indications, et reconnaître les coirélations topographiques des arrondissements et quartiers de Paris entre eux. Bien souvent, je me suis livré, devant ce tableau fidèle, à des méditations fructueuses.

« Une réduction de notre nouveau plan au i 0/1 000® le rendit moins encombrant, quoique bien grand encore (2™, 50 de long sur ^"'.SO de haut).

€ L'édilion au 20/ i 000*" était seule pratique pour le public.

€ L'original, de dimensions supérieures même à celles de la première édition au 5/1000*, permettait au service du plan de donner l'alignement, sans coup férir, aux constructeurs de maisons on bordure des voies publiques, même de celles qui n'étaient pas encore ouvertes. Jamais aucune erreur ne vint révéler une inexactitude quelconque des remarquables travaux de mes géomètres et de leur chef éminent, M. Deschamps.

« Mais il ne pouvait me suffire d'avoir une planimétrie parfaite de Paris.Il me fallait, en outre, constater les ondulations du sol, au moyen d'un nivellement général, qui n'avait pas encore été fait. .. Je dus en faire exécuter le travail parallèlement à la triangulation de Paris, et nous prîmes pour point de repère un plan idéal passant à 50 mètres au-dessus du niveau normal des eaux du bassin d'arrivée du canal de l'Ourcq, niveau supérieur de 51 "^,49 & celui de la mer moyenne...»

TRAVAPX DE PARIS

« Un traité de 180 millions fut passé,le 18 mars 1858, entre l'Etat, représenté par M. Rouher et M. Magne, et la Ville de Paris. Les travaux de voirie devaient être exécutés en dix ans. L'Etat contribuait pour 60 millions dans la dépense totale nette. »

— L'article l**" énumérait en neuf paragraphes les travaux. Le 5*^ paragraphe nous intéresse spécialement.

< 1^ place de l'Etoile était hors de l'enceinte de Paris, au moment de la conclusion du traité, et j'avais dû faire classer l'avenue de llmpératricc, ouverte directement de cette place à la porte Dauphine du bois de Boulogne, sous le titre de route départementale, avec la largeur exceptionnelle voulue par le décret de 1854 et les dispositions spéciales dont la Ville de Paris, propriétaire du bois, couvrit les frais.

< Le plan primitif de l'Empereur ne prévoyait, en plus de cette voie et du boulevard Baujon (Haussmann), de l'autre côté de la place de l'Etoile, que l'ouverture d'une avenue nouvelle dans le prolongement de l'axe transversal de l'arc de triomphe. Traversant les terrains occupés par l'ancien hippodrome et les pelouses de 1 Etoile, elle aboutissait par le boulevard de Longcbamp au Trocadéro, c'est-à-dire à remplacement du palais, jadis projeté, du Roi de Rome.

« Cette voie, appelée par nous avenue du Roide-Rome (aujourdhui Kléber),... fut continuée... et vint aboutir... après l'annexion... près de la porte d'Asnières.

« La réunion de ces deux arenues, sous l'arc de triomphe, formait une ligne droite croisant d'équerre l'avenue des Champs-Elysées,continuée par l'avenue de Neuilly (de la Grande-Armée)...

« En dehors de ces indications, j'avais à tenir compte de l'existence de l'avenue de Saint-Cloud, autrefois de Charles-X, que nous appelâmes avenue d'Eylau, mais qui n'a pas conservé ce nom ; le gouvernement actuel... lui fait porter celui de Victor Hugo, qui l'habitait à sa mort.

« R n'était pas facile, avec de telles sujétions, de trouver un arrangement symétrique de la place.

« Je commençai par ouvrir l'avenue de l'Impératice, à moitié distance de l'avenue de la Grande- Armée et de l'avenue d'EyIau, de manière à ménager deux terrains à bâtir égaux, à sa droite et à sa gauche ; je fis un lot unique, à peu près double, du reste du quart de cercle compris entre les avenues de la Grande- Armée et du Roi-de-Rome.

€ Je coupai de la même façon, mais dans un ordre inverse, le quart de cercle allant de cette dernière avenue à celle des Champs-Elysées, par les amorces des avenues d'Iéna et Joséphine (aujourd'hui Marceau)...

€ Je reproduisis cette disposition dans le quart de cercle allant de l'avenue des Champs-Elysées à l'avenue de Wag^ram...

€ Enfin, je décrivis, au delà de mes douze lots à bâtir, une rue circulaire nommée rue de Tilsitt d'un côté de la place, et rue de Presbourg de l'autre, destinée à donner des issues aux hôtels d'architecture symétrique, précédés sur leurs faces de parterres, enceints de grilles uniformes, dont je fis déclarer rétablissement obligatoire. Je dégageais ainsi la place des encombrements que la circulation des voitures pourrait y produire à certains Jours.

« Cette belle ordonnance, que je suis très fier d'avoir su trouver, et que je considère comme une des œuvres les mieux réussies de mon administration, apparaît, dans son ensemble, comme sur un plan, du haut de l'arc de triomphe, où montent beaucoup plus d'étrangers que de Parisiens...

« IsB o*^ paragraphe du traité du 18 mars 1858 s'appliquait à deux boulevards de 40 mètres de largeur, partant du pont de l'Aima (rive droite), savoir :

€ 1^ L'un, nommé depuis lors avenue de l'Aima, percé dans le prolongement direct du pont et allant du quai de Billy à l'avenue des Champs- Elysées ;

\ 2° L'autre, nommé avenue de l'Empereur (1)

(1) L'avenue de TEmpercur fut ouverte après l'annexion, de 1862 à 1806, d'abord entre la place du Roi-de-Rome à la Muette, puis^ de cette place à travers celle d'Eylau, jusqu'à la naissance du quai de Billy, devant le pont de l'Aima, sur une longueur lotalc de 1.400 mètres et une largeur de ^o. Elle ne cmlta guère moins de 2.35O.O0O francs, h cause des mouvements de terrains et des murs de soutènement. Elle se compose de deux trottoirs plantés de 6 mètres chacun, de deux voies carrossables de 9 mètres, d'une allée cavalière centrale de 10 mètres, bordée de deux rangées d'arbres.

(maintenant du Trocadéro)... monte diagonalement d*abord... jusqu'au débouché de l*aTenue Marceau ; puis, prenant en écharpe le coteau du Trocadéro, il croise Tayenoe d'Iéna, au point d'arrivée de la rue Pierre-Charron, et aboutit à Tancienne barrière Sainte-Marie, sur le boulevard de Passy, an centre de la place du Roi- de-Rome (actuellement du Trocadéro).

€ La seconde voie, prolongée (avenue Henri- Martin), après Tannexion, jusqu'à la Muette, on l'avenue Victor-Rugo vient se confondre avec elle, forme un des plus agréables accès du bois de Boulogne. »

— Plus tard, après l'annexion, intervint un troisième réseau. C'est celui-là qui acquitta pour 24 millions de dépenses de percements dans Chaillot et pour 30 millions de régularisation vers Passy,

€ Le troisième réseau comprenait les travaux suivants :

€ En bas de la butte du Trocadéro, la jonction de l'avenue d'Iéna et de la rue Pierre-Charron, d'un côté, avec l'avenue Delessert, continuation de la rue de Passy ; de l'autre, avec le quai.

€ En haut, sur la place, une nouvelle étoile de larges voies formées par la convergence :

€ D'une avenue centrale aboutissant au point de croisement des rues des Sablons, deLongchamp, des BeUes-Feuilles et Decamps, à laquelle on a donné le nom d'Eylau, que portait jadis l'avenue Victor-Hugo :

« Puis, à droite, de l'avenue Malakoff (autrefois de Saint-Denis), partant de la porte de Neuillv, de l'avenue du Roi-de-Home (Kléber) venant de la place de l'Etoile et de la première partie de l'avenue de l'Empereur (du Trociidéro) montant du quai Debilly.

€ Et, à gauche de l'avenue Henri-Martin, d'une autre grande voie à percer quand on aura pu déplacer le cimetière dePassv, voie qui se dirigera vers le Ranelagh,et enfin de la rue de Franklin, élargie.

< Non loin de là, je fis régulariser le rond-point de l'ancienne avenue d'Eylau (Victor- Hugo), qui forme également une étoile régulière au croisement de cette avenue avec l'avenue Malakoff et l'ancienne avenue Dauphine(Bugeaud), en face de laquelle se bifurquent les rues Boissière et Copernic. »

SERVICES d'ingénieurs

« C'est en 1869 que M. Alphand devint inspecteur général et que je réunis dans ses mains le service de la voie publi(^ueà celui des promenades et plantations, qu'il avait depuis 1850, et l'investis du titre de directeur.

€ M. Belgrand fut élevé au grade supérieur d'inspecteur général de ^^ classe et reçut le titre de directeur des eaux et des égouts. »

— M. Alphand avait sous ses ordres : 1° pour la voie publique, 2 ingénieurs en chef et 10 ingénieurs ordinaires ; 2® pour les promenades, 1 ingénieur en chef, les 10 ingénieurs ci-dessus et tous les agents des promenades, parcs, squares, etc,

A son service ressortissaient encore l'éclairage, les voitures, les stationnements, etc.

En passant, M. Haussmann, parlant d'une enquête faite par M. Belgrand et concernant: 1» Teau à discrétion dans 1 habitation ; 2* l'envoi immédiat des vidanges à ' Fégout, déclare qu'il n'a jamais admis que partiellement la seconde coo* clusion.

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