‹ Histoire du XVIe arrondissement de Paris (volume 3)Chapitre 149 sur 218 · PROMENADES ET PLANTATIONS — L ART DES JARDINS · texte numérisé non relu

PROMENADES ET PLANTATIONS — L ART DES JARDINS

€ La création de promenades, parcs, jardins, squares, spécialement affectés à l'usage du public, est à peu près sans exemple avant la seconde moitié de ce siècle. L'empereur Napoléon III lui donna l'impulsion que tout le monde connaît. Antérieurement à son règne, on signale quelques rares exceptions, telles que la plantation des quinconces d'ormes à droite et à gauche des larges contre-allées bordant l'avenue des Champs- Elysées par le duc d'Antin, ministre de la maison dn roi Louis XV, qui livra ses massifs au libre

usage de la population parisienne. Il n'jr avait alors pour promenades que les jardins des Tuileries, du Palais-Royal et du Luxembourg, propriétés du domaine de la couronne ou faisant partie d'apanages princiers, et le jardin des Plantes, affecté normalement aux collections desv^étaux dn Muséum d'histoire naturelle. De savants écrivains se sont livrés à l'étude patiente des documents historiques et des œuvres artistiques que nous a laissés l'antiquité, comme aussi des traditions recueillies par eux de toutes parts. Au temps deSémiramis, les fameux jardins suspendus de Babylone consistaient en plantations d'arbres, d'arbustes et de tieurs sur des murs épais remplis de terre, sur des terrasses, entourant et déix)rant les pilais bûtis sur des points élevés. Aucune tradition n'a trait au moindre souvenir de jardins publies. Dans l'Egypte de Sésostris, dont le règne est antérieur de plusieurs siècles à celui de Sémiramis, le castes supérieures n*:ivaient d'autre souci que d'entourer leurs habitations de jardins clos oe massives murailles... avec sphinx, encore plas que de statues. J'aime beaucoup mieux ce qa*on rapporte des jardins de la Grèce : on y retrouTait le sentiment des beautés naturelles, dans le soin que paraissent avoir eu les architectes qui les dessinaient de tirer parti des mouvements du sol, du relief et des perspectives offertes par les paysages lumineux d'une contrée au ciel d'azur. Il est juste de dire que la Grèce n'avait pas la monotonie d*aspeet des plaines de la vallée du Nil ; mais même les jardins d'Académus et ceux des gymnases ne peuvent être assimilés à nos jardins publics. A Rome, l'art des jardins ne parait pas avoir été grandement développé jusqu'aux derniers temps de la République."»

— Les Romains ne songeaient guère, en effet, à donner à la plèbe des promenades publiques. Panem et circense% ont suffi, paratt-il. Si nous faisons un saut jusqu'au moyen Age, nous ne sommes pas plus avancés. Les rois s'occupent surtout de leurs jardins privés, où régnent les arbres fruitiers avec un labyrinthe au bout du rerger. Pas de jardins publics non plus sous la Renaissance; l'inévitable labyrinthe est encore de mode, mais domine les parterres coupés en carrés égaux, dessinés en arabesques. L'art des jardins renaît seulement avec Le Nôtre ; mais il faut arriver à Napoléon III — ceci est Tanalyse rapide de quelques pages des Mémoires — pour assister à la véritable création de jardins publics destinés à la population des villes.

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