LES MAIRES DE PASSY
M. DAUYERGNË
M. Dauvergne (François-Fortuné), fils d'un officier français an 81* de ligne, naquit à Parme (Italie), le 4 aodt 1803.
Elevé au collège de Bourges, il y fit de brillan-
tM étndes et obtint le mad prix d'honnear en
Doué d'une jnlelli(;enee tupérieure, passionné pour l'élude, il possédeit des canniissances lussi
' étendues que Tariàes. S'adonnant tour 1 toar lux sciences et à ta littérature, «imanl également les arts, il écrirait, sculptait et peignait avec la mtnie facilité.
' Vers 1836, il vendit son élude de notaire et
témoignent de la haute estime q» son déTon^ment, pendant le choltra de 1849, inspira i tons- A la suite de cette terrible épidémie, le ministre de l'Agriculture et du Commerce loi décerna une des deux médailles d'argent qui furent attribBécs i la commune de Pass;(l).
M. DiUTKgne donna u démisston de maire an mois de jnin ou de joillet 18S3, non sins' aToir couru queli]ues dangers en raison de set connc-
Portrait de K.-K. Dauvergne, i
vint se retirer i I>assy, ob il Int peo après nommé conseiller municipal, puis maire le 24 mai 1848, en remplacement do citoyen Tard, démissionnaire.
Dans son passage 1 l'administration de la mairie, il traversa des moments difficiles. Son attitude énergique, dorant les émeutes de juillet 1848, lui valut les félicitations unanimes de ses concitoyens.
Ud grand nombre de lettres émanant du cuié de Passy (M. I«calelli), ainsi qoe des noubles de Il commune, et demeurées entre les mains de la famille, attestent son mérite et son courage et
lions républicaines, et il rentra dans la vie pri-
li mourut le 13 août 1877. à l'Age de soiiante-
Jualorze ans. Ses restes reposent an dmetière de assy, dans une tombe de famille.
Je suis henreux, comme petit-tîls d'un des anciens maires de noire vieil et aimé village de Passy, de pouvoir, ici, rendre homaiage k la mémoire de relui qui m'a laissé, k moi et k tons ceux qui l'ont connu, le souvenir d'un homme de bien et l'exemple de solides vertus.
Henri Diuvei<«;iii.
M. POSSOZ
Noas empruntons à V Annuaire de Passy de 1858 (seale année parue) les quelques détails suivants donnés par M. Alf. LefeuTe sur M. Possoz, maire de Pas^y de 1834 au 14 mars 1848, et du 94 juin 1852 an premier janvier 1860, date de l*annexion.
€ 11 est des hommes dont la vie tombe dans le domaine pablic ; la probité et le mérite de M. Pôssoz, sa volonté droite et inflexible Tout déjà assez fait connaître |)onr qu*il ne nous soit pas permis, malgi^ le désir formellement exprimé par Possoz, de passer sous silence une vie si laborieusement remplie et vouée aux intérêts publics ; d'ailleurs, beaucoup d'autres avant nous ont déjà relaté la vie de M. Possoz dans des écrits plus étendus que nous le pouvons faire, et c'est même dans ces notes biographiques que nous puisons tous nos éléments. (Voir les Hommes du jow\ par Germain Sarrut et Saint-Edme. — La Galerie administrative, par Pascallet. — Les Fastes administratifs, par G. llaudard, et V Observateur des Tribunaux, t. XVllI.)
M. Jean-Frédéric Possoz, né à Paris en 1797, fut de bonne heure destiné à la carrière commerciale,
Su'il quitta en 1827, époque à laquelle il vint se xer à Passy. Il restait complètement étranger aux affaires publiques lorsque vint la Révolution de 1830, ((Ui le tira du calme de sa vie privée. Il fut successivement, par l'élection de ses concitoyens, nommé officier de la garde nationale, en 183Î adjoint au maire de Passy, et en 1834 membre du conseil général de la Seine par 578 suffrages sur 650 votants. En 1837 et 1846, il fut i^lu dans ces dernières fonctions à une immense majorité par l'arrondissement de Saint- Denis. Cette faveur imposait à M. Possoz des devoirs de dévouement auxquels il n*a jamais manqué.
En 1832, à l'époque oQ le choléra sévissait avec le plus de rif^ueur, M. Possoz organisa à Passy un bureau médical destiné à procurer des soins aux malades ; il se dévoua à la tâche qu'il s'était imposée, tant que dura le fléau, avec un zèle et un sentiment d'humanité au-dessus de tout éloge. — Plus tard, désigné pour la médaille d'honneur, il refusa cette distinction et demanda qu*on substituât à son nom celui d'un médecin de Passy (M. Petit), qui avait contribué à cette bonne œuvre. La commission déféra à son vœu ; mais les habitants de Passy n'ont pas oublié cette dette de reconnaissance. Au mois d'avril 1834, il fut nommé maire en remplacement de M. Gabriel Delessert.
Parmi les améliorations importantes que la commune dut à M. Possoz, nous pouvons citer, entre autres, l'ouverture de la barrière Franklin par la rue des Bons-Hommes, sur l'emplacement de l'église des Minimes, et l'ouverture de la barrière des Batailles; l'acquisition d'une maison commune (place de Passy), faite an prix de 40.000
(i) L'autre fut décernée à M. Mâchez, pharmacien.
francs sur les deniers personnels de M. Possoz. Cette somme s'est trouvée plus tard remplie par une subvention de SO.OOO francs alloués à la commune par M. le préfet de la Seine, et par une contribution extraordinaire de 20.000 francs dopt s'imposa la commune de Passy. Quaut aux frais, qui s'élevèrent à 12.049 fr. 60, il furent couverts
Sar une souscription volontaire ouverte à la mairie. [. Possoz souscrivit pour 2.000 francs. On lui doit encore l'établissement de trottoirs dans la Grande-Rue, l'éclairage au gaz, l'embellissement de la barrière des Bons-Hommes, et la plantation d'une promenade sur un terrain dont la Ville de Paris ne dut la jouissance qu'aux pressantes sollicitations du conseil municipal de Passy.
M. Possoz n'a jamais cessé de provoquer, par ses demandes et ses écrits, la sollicitude de l'autorité compétente sur la négligence et l'incurie ue Ton mettait dans l'entretien et la surveillance es carrières des environs de Paris, et notamment de celles de Passy.
Après avoir analysé la vie publique de M. Possoz, nous devons citer un trait qui ne lui fait as moins. honneur. Après la faillite du sieur Calot, agent de change, une dame Labdent, âgée de soixante-quinze ans, compromise pour une somme considérable, avait eu recours aux conseils, soins et démarches de M. Possoz, qui réussit à la faire admettre au bilan de la faillite pour la somme entière.Cette dame, voulant témoigner tonte sa reconnaissance à M Possoz,lui offrit en viager tout ce qu'elle possédait. Il refusa et obtint que la somme de 140.000 francs, reliquat de la faillite Callot, fut léffuée au frère de Mme Labdent, M. A. VandDveTde, négociant à Amsterdam. Dans son procès avec M. le prince de Talleyrand, ce Nestor deia diplomatie, M. Possoz se fit remarquer par><la loyauté de sa conduite ; cette affaire a eu un tel retentissement qu'elle est aujourd'hui connue de tout le monde ; nous croyons inutile de répéter ces débats, qui n'étaient pas à l'honneur de la famille de M. de Talleyrand.
M. Possoz fut nommé chevalier de la légion d'honneur en mai 1838, puis oflicier. Le 14 mars 1848, M. Possoz fut dans la même journée, révo que de ses fonctions de maire par deux arrêtés signés l'un par Recurt, adjoint au maire de Paris, membre du gouvernement provisoire, et l'autre par M. Ledru-RoHîo, ministre de l'Intérieur. Il fut aussi révoqué, vers cette même époque, comme membre du conseil général. En 1849, sur la proposition de M. le préfet de la Seine, une décision ministérielle le réintégra dans ces dernières fonc^ tiens, et le 24 juin 1852, il fut réinstallé dans celles de maire de Passy, qu'il remplit jusqu'au 1er janvier 1860, date de l'annexion. M. Possoz mourut le 6 mai 1875 et fut inhumé au cimetière de Passy. Son nom fut donné à une de nos places, témoignage de reconnaissance qui lui était bien dû pour avoir administré cette commune pendant plus de vingt et un ans.
Noos ne pouvons oublier de mentionner, ici Valter ego de M. Possoz, M. Vital, nommé son premier adjoint en 1837, comme lui destitué en 1848 et rémstallé en 1852. C'est lui qui, antérieurement à la création du quartier Guichard, comprenant la nécessité, pour ta commujio, d'une
voie de communication de la placf^ de Passy à ce qu'on appelait alors la Plaine, créa entièrement sur ses terrains et de ses deniers personnels, la rue qui porte justement son nom, et qu'il offrit purement et simplement à la commune.