‹ Histoire du XVIe arrondissement de Paris (volume 3)Chapitre 166 sur 218 · L'ANCIENNE PMPE A FEU DE CHAILLOT · texte numérisé non relu

L'ANCIENNE PMPE A FEU DE CHAILLOT

Jusqu'à rinsUllalion de la pompe à feu de Chaillot, Paris fut bien pauvrement alimenté d'eaox de toutes sortes, et, sans vouloir remonter ao déluge, nous pouvons dire que longtemps les habitants de Lutèce ne se servirent que du liquide puisé directement à la Seine. An iv« siècle, l'empereur Julien fit venir à son palais d«s Thermes les eaux de la source de Rungis — qui se trouve au-dessus du village d'Areueil — à l'aide d'un aqueduc que lesNormands détruisirent au ix^siècle, et dont cependant on peut voir encore quelques restes.

y M la même époque, fut construit l'aqueduc (|ui, des hauteurs de Chaillot, amenait l'eau sur 1 emplacement actuel du Palais-Royal. Plus tard, les moines de Saint-Laurent et ceux de l'abbaye de Saint-Martin-des-Champs firent oonstmire i leurs frais, et pour leurs besoins personnels, des aqueducs amenant l'eau des sources de Belleville et desPrès-Saint-Gervais; mais Philippe-Auguste, roulant que ces eaux pussent servir aux besoins du peuple de Paris, en retira la propriété exclusive aux religieux. Henri IV, au moins aussi soucieux que Philippe-Auguste du bien-être de ses sujets, fit élever, sur le Pont-Neuf, la pompe de la Samaritaine, qui fut terminée en 1608. Quelques années après, Marie de Médicis confia à Jac- 3ues d^Aubry la reconstruction de laquedoc 'Arcueil, destiné & amener les eaux à son palais du Luxembourg et à alimenter le quartier voisin. £n 1670 furent installées les pompes du pont Notre-Dame, qui furent perfectionnées en 1757. Enfin, le 7 février 1777, les deux frères Périer, habiles mécaniciens, obtinrent du roi la permission de faire élever à leurs dépens des pompes à feu sur les bords de la Seine (1).

Ne nous plaignons pas trop, si l'eau ne circule pas encore en quantité suffisante à Paris; en 1777 il s'en fallait de beaucoup que l'on eût atteint même cette imperfection relative. Alors, les fontaines, en petit nombre, étaient maigrement et irré^lièrement alimentées ; la plus grande partie de l'eau n'arrivait dans les hauts quartiers de la ville que transportée en tonneaux sur des charrettes, ou à bras. Faute de mieux, les boulangers fabriquaient leur pain avec de l'eau de puits plus ou moins infectée par l'infiltration des fosses d'aisances et autres matières malsaines. Dans tous les quartiers, une horrible odeur vous prenait à la gorge, vous étouffait et vous suffoquait; les égouts, sans eau pour les nettoyer, accumulaient et retenaient des amas d'immondices.

Et cependant, il n'en était pas de même à Londres, qui devait depuis longtemps à onze machines à vapeur l'avantage de voir circuler en abondance l'eau de la Tamise dans tous ses quartiers.

Honteux de notre infériorité, que fait le savant

(i) Celle famille Périer n'a aucun rapport de parenté avec celle du ministre du môme nom, qui n'accentue pas Pe.

Jaeqots-CoDslaDliQPérôr, l'aini ittitai fHm? milieu II se reod à Londres, étudie le système anglais, fait l'acquisiliDD d'une machine de Watt et l'installa eu 1778 i Chaillot. prés de la barrière de la Cooféreoce, au d" i dn quai Debilly. Peu de temps après, ainsi qu'on le Terra plus loin, on en mil

delà SeiMel 11 c<ndtiire «ootle Utiment, dans an bastin en pierres de tatUe. Ce bassin ainsi qoe le canal était creasè i 1 mèlre an-desson du siTean des plus basses eani. Les deux pompes aspinutee et refoulintes, maes par

nne seconde, pour, au besoin, inpptéer la première (1).

Hais il fïllait des capitani considérables pour réaliser le rêïe des Péner. c'est-i-dire répandre l'eau i prorDsion dans tous les quartiers de Pari?. lU forment alors une Compagnie d'actionotiires qui doTait établir i ses frais une ou plusieurs machines i Tapeur, ï l'aide desquelles on éléTerait au moins 150 pouces d'eau. Ils ne demandaient que le wivilége exclusif de construire des machines pendant

Soinie ans et de les employer comme ils reutenraient. La Société formée, ou dépense prés do deui millions k l'acquisition des terrains, des mjtériaui, des ateliers et iosiruments nécessaires A l'installatioii des deux machines du premier établissement, ainsi qu'à l'achat et i l'importation des tuyaux et cylindres qu'on se Tit forcé de tirer d'Angfeterre.

Le plus doulDureui pour les eonstruc leurs, c'est qu'ils turent coniraints de traiter itoc l'ingénieur Hathew Bonlton, de Birmingham (l'associé du célèbre Watt), qui ^Tsit obtenu au moins d'avril 1776 le prÏTilége eiclusif d'élahlir des machines à Tapeur dans tonte la France, et il leur fallut acheter fort cher i cet Anglais le droit de faire construire eui-mémes des machines à Paris.

Enfin, toutes les difficultés premières aplanies, on construisit un bltimenl sohde sur le quai Debillj. nn canal de 3"', 38 de largeur fut pratiqué sous la route de Versailles pour recevoir l'eau du

BDsIogue, PrsDçalg I

cnient d'une insUllation re^ uii 11 reprochait aui

la vapeur qui s'échappail de chaudières coastruites sur de grands foumeaui. élevaient cette eau, et, par des conduites, la refoulaient dans des réser- Toirs construits non loin de Ik.sur t'emp lacement aciuel de la place des EtalsUnis, k 'il mètres

1 caractère de grandeu

au-dessus du lÙTeau moyen de la Seine. r«a réser- Toirs, an nombre de quatre, placés dans un terrain dos de mors, et disposés en amphithéâtre, avaient chacun 5S'",i7 de longueur. 19'". 50 de largeur et 3 mètres de profondeur. Il y en STait toujours un qui s'emplissait, un oii l'eau se clanliait en la laissipt déposer, un troisième qui faisait le service et un quatrième qui pouTiit être

n Collecllari de M. Emile Potin.

HISTOIRfi DU XVI* AHRONDIS$SEMENT

en réparation. A la aortie de chaque réaerfoir, entrer dans les réserroirs. Un tu^an de fonte de étaient placés des Ûttres an travers d^sque's l'eau 33 centimètres de diamètre partait de ces réser-

' ■. •• y i ■ • /- ^ ■ • •■ ^ ' v • .■■■■ri'./ ;; , -^-.'V.^

Page 1