W'-IM
fi.
fi.
es
•O es
ja
es
es
es
se dépouillait de toutes les matières étrangères dont elle pouvait être souillée. La nouvelle Compagnie des Eanx avait même prévu le cas où, par im|H)ssible, elle serait forcée de réparer les quatre réservoirs en même temps, en établissant un embranchement de tuyaux à robinets, permettant à la rigueur de donner Teau à Paris sans la faire
(i) Ce dessin d'architecte, de la collection de M. Km. Potin, reproduit, à vingt années de distance
de
environ, la maison précédente dont la construction datait de l'installation de la première pompe Cbaillot. Les deux vues ont leur intérêt et nous ont paru pouvoir s'encadrer dans cet article. Nous avons d(i retrancher une partie tachée sur Tori-
{^inal ; néanmoins il reste assez de fond pour aisser apercevoir Cbaillot vers iSuo.
imn, pUuit «DOS une partie de la ras da ¥m- général de police, H. Lenoir. el, rénstil tompUU-
bonrg-Saini-HaïKiré, soiTiit tonte li ligne des ment, ûoie mois tprès, gr3ce initayioide cod-
bonlcTards jiuqn'Â la Butille, se dirisaiteD pla- duite. on iiuDgarait nue fontsioe publique i la
sienrabrauchesquisuiTaient la directioudes ru«a porte Saial-Hooort, pui« de tembldtlesroataincs
Turent établies k Cbaillot. au houle. ï l'entra de .
la chaussée d'Anlin, à la porte Saint-Denii, ainsi
lisation s'étendait jusqu'aux extrémités du Tau- qu'à l'eitrémilé de la rue du Temple.
bourg Saint- Antoine. Rn même temps, les Trères Périer faisaient éla-
I.e premier essai de la pompe i feu de Cbaillot blir dans tous les quartiers où passaient les prin-
eat lieu le 8 août 1781 , en présence da lieulenaot cipales conduites, des robinets spéeiaut t ioeca-
die, dont le service était entièrement gratuit. Le premier robinet de ce genre fut installé me de Chaillot, près de Tégiise et des ateliers de construction des frères Périer,* qui se trouvaient placés dans un large terrain entre la pompe à feu et Tancien n^ 28 de la Grande-Rue de Chaillot. Seuls, les commandants de postes de gardes- pompes avaient les clefs de ces robinets spéciaux.
Lors de l'établissement de la pompe de Chaillot, bien des gens prétendirent que 1 eau soumise aux procédés importés d*Angleterre, c'est-à-dire introduite sous forme de vapeur dans les corps de pompes, avait perdu ses qualités, sentait le fer, le feu, etc. ; et il ne fallut rien moins qu'un rapport favorable de la Société royale de médecine, signé Vicçi d'Azyr, pour rassurer les Parisiens et les convaincre que rean de Seine, ainsi traitée, n'avait ni acidité, ni saveur ferrugineuse, rien en un mot de désagréable ou pouvant nuire à la santé. Le microbe n'était pas encore inventé.
Les frères Périer ne furent pas récompensés comme ils le méritaient, et voici ce que dit Dulaureà ce propos : < En 1785 et 1786, les actions € de la nouvelle Compagoie des Eaux devinrent « un objet de spéculation pour les agioteurs, et « le sujet d'une discussion très vive où se signa-
< lèrent, au premier rang, deux célèbres anta|;o- « nistes, Mirabeau et Beaumarchais (1). Cette vive « polémique provenait de l'impuissance pour la « Compagnie de remplir ses engagements envers « ses actionnaires. La plupart d'entre eux, par « une manœuvre d'agiotase, avaient fait passer c dans le trésor royal, en échange d'autres valeurs, c plus des quatre cinquièmes des actions, si bien
< qu'à la fin de 1788, le gouvernement se trouva c seul propriétaire des pompes à feu et des éta- « blissements qui en dépendaient. Aussi, depuis c cette époque,les pompes à feu furent-elles admi- € nistrées comme propriété publique. »
Avant d'abandonner la pompe de Chaillot, il est juste de oonsaiTer encore quelques lignes aux vaillants ingénieurs qui l'avaient fondée ainsi que celle du Gros-Caillou, et avaient ainsi rendu un immense service aux habitants de la capitale.
Les frères Périer ne se découragèrent pas ; en 1788, ils élevèrent des moulins à vapeur à l'Ile des Cygnes, pour remplacer les moulins à eau que la gelée empêchait de marcher. Sous la Convention, ils transformèrent leurs ateliers de Chaillot en arsenaux et fabriquèrent ainsi 1 .300 pièces de canon de tout calibre, ainsi qu'une infinité de pierriers, d'affûts et de caissons.
Tant de zèle fut bien mal récompensé ; payés d'abord en assignats, ils finirent par ne plus être paires du tout. C'était la ruioe presque complète ; mais, d'un courage et d'une persévérance à toute épreuve, ils se livrèrent à d'autres travaux, qui, grâce à des temps meilleurs, leur rapportèrent enfin gloire et profit. En 1811, le rapporteur des prix oécennaux disait, en parlant de l'usine de Chaillot: c Cet .établissement est lepremli/ et € presque le seul en France où l'on puisse faire
< exécuter toutes sortes de machines : on y fa-
< brique la majeure partie des pompes û vapeur
'i) La spéculation dura de lu fin de 17SA au 3i juillet 1788.
€ répandues dans le royaume, une grande qnan- € titè de pompes de toutes espèces, des balanciers, « des découpoirs, des cylindres à papier. Les « frères Périer fondent en fer et en cuivre toutes
€ sortes de pièces C'est à eux qu'on a ordi-
« nairement recours pour la construction de ma- < nèges, pour les assortiments de machines à € filer le coton... etc. » Jacques-Constantin Périer devint membre de l'Institut (section de mécanique à l'Académie des Sciences). Il ne jouit pas longtemps du repos qu'il s'était promis après cinquante ans de travaux incessants : il mourut, accablé d'infirmités, le 16 août 1818. Il était né à Paris le 2 novembre 1742.
Au résumé, parmi les immenses services de toutes sortes rendus par les frères Périer, leur plus beau titre à la reconnaissance publique fut encore l'installation de la pompe à feu de Chaillot, qui dota Paris d'une quantité d'eau relativement considérable. Au mois d'août 1805, M. Marguerite apporta une amélioration notable à la pompe à feu, en faisant construire dans l'intérieur de la grande cuve à ébullition des compartiments diminuant de plus d'un tiers la quantité de combustible. D'autres modifications suivirent, et enfin, en 1851, les dispositions de cette pompe ne répondant plus aux progrès de la science des machines, furent entièrement chants : l'établissement fut considérablement agrandi, notamment en 1866 et 1867, et de nouveaux réservoirs, remplaçant les anciens, furent construits dans la rue Lauriston, entre les rues Copernic et de Yillejust, avec entrée au n® 15 de cette dernière rue.
Notons en terminant qu'ils ne reçoivent plus guère l'eau de la pompe de Chaillot que coname complément à celles qu'y amènent les machines élevatoires d'Ivry,c'est-à-dire pendant les dialeurs de l'été. Inutile de dire que ces eaux de Seine, depuis les nombreuses adductions d'eau de source dont on a doté Paris, sont généralement destinées à l'arrosage et au nettoyage des rues et des maisons.
LtopoLO Mar.