‹ Histoire du XVIe arrondissement de Paris (volume 3)Chapitre 183 sur 218 · AUTEUIL AU XVIII« SIÈCLE · texte numérisé non relu

AUTEUIL AU XVIII« SIÈCLE

LE ROI LOUIS XT AU CHATEAU DU COO- — LE PEINTRE LA TOUR. — LES BOUFFLERS. — MADEMOISELLE AKTIER. — LES DEMOISELLES DE YERRItRES.

Si Ton vent se faire une idée de ce qu*était Auteuil vers 1750 et jusqu'à Tépoque de la Ré?otion, il faut se transporter en pensée vers les maisons de campaene qui s'étendent aujourd'hui entre Rueil, la Jon<mère et la Malmaison.

Autour de l'église et du presbytère, à l'ouest, Toici la propriété seigneuriale, celle des MM.de Sainte-GeoeyièTe, qui s'étend sur les bords de la . Seine jusqu'au Pomt-du-Jour, embrassant ainsi le parc actuel de Sainte-Périne ; dans l'intérieur du village, elle passe derrière le groupe des mai« sons oji se pressent les vignerons, les blanchis-* seurs et les rares commerçants, pour englober les iardins et les bâtiments de TËcole J.-B.-Say, de l'Ecole normale, une partie de la rue Molitor et la villa qui porte ce nom.

Au nord de l'église, c'est la maison de Longpré, assez fidèlement reproduite, comme superficie et comme dessin, par l'ancienne propriété Chardon-Lagache, aujourd'hui vendue et morcelée, mais dont la maison et l'entrée existent encore, i6, rue d' Auteuil.

La rue des Garennes, qui ne prendra le nom de Boileau que sous le premier Empire, est occupée dans toute sa partie gauche par le parc des Génovéfains ; à droite, à l'angle de la rue, c'est la maison de V Image Saint- Jean ; puis, les |(randes propriétés commencent; celle deGendron, immortalisée par Despréaux et que Binet de la Bretonnière, receveur général des domaines et bois de la généralité de Paris, va bientôt occuper à son tour; celles de Mme de Calabre, de l'avocat Lemaltre, de Baron.

Sur la rue d'Auteuil, en allant vers le bois de Boulogne, à droite, c'est la place de la Fontaine, dont l'eau est si salubre que quand le roi vient à la Muette il ne veut pas en boire d'autre ; puis, les arbres du parc de Bonfflers et la porte du bois.

Vis-à-vis de la fontaine d'Auteuil, au fond d'une cour d'honneur, un château qui rappelle dans les sculptures modernes de sa façade la carrière artistique de ses anciens possesseurs ; et, sur la rue, deux pavillons d'oti l'on dominait alors la campagne.

Cette magnifique propriété existe encore aujourd'hui ; elle porte, sur la Grande-Rue, les numéros 43, 45 et 47 ; les deux façades du bâtiment ont gardé tout leur cachet ; le parc, avec ses vases de marbre, ses colonnades, ses berceaux, ses statues d'Atalante et d'Hippomène et ses gi*oupes allégoriques, n'a pas changé (i). C'est le joyau de notre Auteuil contemporain, c'est le dernier

(i) Deux de ces statues sont de Couslou. — Danâ Un des groupes allégoriques, un amour lient d'une main le masque de la Comédie et dans l'aulre une banderolle sur laquelle on peut lire: Describo more» hominum.

vestige du xviii* siècle dans notre quartier. Cette perle a été et est encore aujourd'hui religieusement conservée et, avant de pousser plus loin ma communication, je suis heureux d'en saluer respectueusement ici les aimables propriétaires.

Mlle Antier d'abord, les demoiselles de Verrières ensuite, ont habité cette demeure, de 1740 environ à i767.

Les deux amies du maréchal de Saxe et de Colardeau ont pour voisin immédiat le peintre La Tour qui, à la mort d'Helvétius, cédera sa maison et son parc à celle qui fut vénérée sous le nom de Notre-Dame df Auteuil,

Enfin, le château du Coq sépare du bois de Boulogne la propriété du fameux pastelliste.

En comptant les quelques maisons isolées qui s'espaçaient du côté de la rue de la Fontaine (qui n'était alors qu'un sentier conduisant à Passy) et en regardant l'ancien château du chancelier d'Aligre, propriété vers 1750 du chanoine Rouillé, nous arrivons aux quatre-vingts feux qu' Auteuil âc|cuse dans le dénombrement de 1749.

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