UÊCOLC JEAN-BAPTISTE-SAY
Notre aimable collègue, M. Lévèque, directeur de l'Ecole, a adressé au Secrétaire général un exemplaire de son rapport au Comité de patronage.
C'est un devoir pour la Société de donner l'hos-
Eitalité de son Butletin à cet important travail. l'Ecole Jean-Baptiste Say contribue au mouvement et à l'accroissement de la population d'Auteuil et du Point-du- Jour et à l'instruction de ses enfants.
L'Ecole occupe l'ancien château Ternaux, dont la cour d'honneur et le pavillon central disent encore le grand caractère. Ce château avait été transformé successivement en une teinturerie, rattachée à l'industrie des châles Ternaux, puis en une institution libre, connue sous le nom de pension Lévègue, enfin en l'institution Notre- Dame-d' Auteuil, qui. disparut après les événements de 4870.
Les bâtiments et les terrains furent achetés en f872, snr la proposition de M. Gréard, alors directeur de l'Enseignement primaire de la Seine, et par l'entremise de M. Margueriu, administrateur des écoles municipales supérieures. En 4873 fut fondée l'Ecole primaire supérieure d' Auteuil par le Conseil général ; elle faisait partie d'un plan d'ensemble qui comprenait une école normale d'instituteurs et une école primaire élémentaire. Bientôt envahie, tant elfe répondait aux besoins de la population, elle obtint son autonomie en 4875, fit retour à l'administration municipale et prit, le 40 juin 4876, le nom d'Ecole Jean-Baptiste-Sa^.
La propriété fut alors divisée en deux parties à peu près égales: Tune, aflectée à l'Ecole Say) l'autre, i l'Ecole normale et à son annexe, construites aux frais du département de la Seine.
Les directeurs de l'Ecole Jean-Baptiste-Say ont été: M. Harffuerin ; M. Contant, pmfesseur d'histoire au collège Chaptal, oh il est retourné en 4888 comme directeur. C'est M. Lévèque, ancien professeur et préfet des études à l'école Turgot, puis directeur de l'école Colbert, qui la dirige au* jourd'hui.
Pour loger les nombreux élèves qui s'inscrivaient à l'Ecole, il avait fallu construire des annexes un peu à la hâte. Un jour, on avait dû les étayer. Une reconstruction s'imposait. Elle fut décidée le 48 juillet et commencée le 48 décembre 4894.
La nouvelle Ecole, où le pavillon central, la cour d'honneur et les vieux arbres du pare ^ront seuls conservés, sera disposée pour recevoir 300 internes, 200 demi-pensionnaires, 400 externes surveillés, 400 externes boursiers. En raison de sa situation, c'est surtout à l'internat et au, demipensionnat qu'elle doit sa raison d'être. En l'année 4891-4892, elle avait 434 élèves sédenUircs et 242 externes.
Il a été fonde à l'école J.-B.-Say un certain nombre de bourses par la Ville de Paris, le département de la Semé et le général Myliûs; En outre, grâce à la fondation de deux bourses spéciales, de 4.500 francs chacune, sept élèves ont été, depuis le mois d'octobre 4889, envoyés en Allemagne et en Angleterre. Cet exemple a été imité, à leurs frais, par quarante-cinq familles d'élèves appartenant à Técole.
Nous n avons pas à faire ici l'éloge d'un enseî-'
gnement qui est donné par des hommes comme [. Audra, Proust, nos collègues, etc., sous l'habile direction de M. Lévèque. Disons seulement comment se divise et à quoi peut mener cet enseignement.
fi se répartit en sept années. Dans les trois premières, les programmes sont ceux des écoles communales, avec cette différence que, dès la pre*» mière année, les élèves ont été initiés à l'étude des langues vivantes. Cette période est close par l'obtention du certificat d'études primaires (de 8 à 42 ans).
L'enseignement primaire supérieur, qui vient ensuite, comprend trois années normales d'études. Dans les deux premières, consacrées aux notions générales, les aptitudes des élèves se révèlent, les professeurs les constatent. En troisième année commence la spécialisation des études,et les élèves
se parUgent entre la section indastrielle et la section commerciale.
Des sections de préparation anx Ecoles d'Arts et Métiers sont annexées an cours de renseignement primaire supérieur.
Ennn, la septième année, où le nifean élevé des létndes s'expliqne par la présence de boursiers ayant chaque année justifié de leurs aptitudes et de leurs progrès, est partagée en trois sections: industrielle, commerciale, préparatoire à TEcole •centrale des Arts et Manufactures.
En résnmé, FEcoIe J.-B.-Say, yéritable école préparatoire, forme des candidats an baccalauréat de renseignement secondaire moderne, à FEcole centrale, à FEcole de physique et de chimie, aux Ecoles des Arts et Métiers. LUe complète Tinstmction commerciale ou industrielle de ceux <|ui Yenlent entrer dans le commerce, dans Tindustrie, ou s'associer immédiatement aux travaux de leurs parents.
Dans ces dernières années, quelques élèves ont même été admis, grâce à un concours de circonstances spéciales, à TËcole polytechnique, à Saint- Cyr, à 1 Ecole navale. Mais, en principe, Fécole Say ne peut conduire les élèves qu*au baccalauréat; ils vont ensnite achever leurs études dans les colley municipaux, où sont organisés des cours spéciaux préparatoires & ces Ecoles.