DÉMEMBREMENT DE LA PAROISSE D'AUTHUEIL
D'après les manuscrits on imprimés consultés à ce sujet, il a été déjà relevé ou Auteuil, Boulogne et Passy ne formaient, autrefois, qu'une seule et même paroisse.
Ce n'est qu'en 4299 que certains écrits, et notamment une lettre du religieux Pierre Barrier au seigneur de Poriis (Mémoire sur cette famille), relatent que Philippe IV, dit le Bel, eut l'idée de faire construire une église aux Muns, petit village de cinauante feux, situé dans la forêt de Rouvret. Mais, la mort survenant, le roi ne put voir son projet exécuté.
Quelques années après, l'abbesse de Montmartre, Jeanne de Repentie, ayant donné cinq arpents de terre nécessaires à la construction de ladite église, la première pierre fut posée en l'année 1349 par Philippe le Long, accompagné de Charles, son frère, et de son cousin Philippe de Valois.
La séparation juridi<}ue de la paroisse de Boulogne de celle d'Auteuil fut prononcée après la grand'messe du premier dimanche de juillet 4330, par Hugues de Besançon, alors évêque de Paris.
Puis vint plus tard une tentative de division en faveur de Passy.
Le seigneur Claude Chahu, qui y avait sa demeure, trouvant à juste titre, que les habitants de ce village avaient à souffrir, pour se rendre aux offices religieux, de la distance et de la difficulté des lieux, Ht de pressantes démarches auprès de Mgr Hardouin de Beaumontde Péréfixe, archevêque de Paris, membre de l'Académie française, en vue d'obtenir l'autorisation de taire construire et doter une chapelle à Passy, qui serait dépendante de celle d'Auteuil.
La bénédiction de cette fondation eut lieu le 26 mai 1667 par M. Loyseau, aumônier du roi, curé d'Auteuil.
Ci-dessous le dispositif du décret du 26 décembre 4 666 :
« Vu et étant apparu, par le rapport de notre Vicaire général (4), que beaucoup des habitants de Passy ne peuvent aller sans beaucoup d'incommodité en leur paroisse et assister à l'office divin, à cause de la distance et de la difficulté des lieux, avons érigé et érigeons par ces présentes une église succursale audit Passy, dépendante et aide de la paroisse d'Auteuil, et, à cet effet, nous avons permis et permettons d'achever la chapelle encommencée de bâtir, et sera ladite église succursale sous l'invocation de Notre-Dame-de-Gràoe, de laquelle la principale fête se fera chaque année, le jour de l'Annonciation de la Vierge, à la charge que le vicaire qui desservira ladite ^ise de Passy sera nommé par le curé d'Authiieil, destituable à volonté.
« Lequel vicaire résidera actuellement et personnellement audit lieu de Passy, sera par nous spécialement approuvé pour faire les fonctions curiales en ladite église, savoir : pour y baptiser.
(i) M. de la Brunelière.
marier et administrer les sacrements de pénitence, d*eacharistieetd'eitréme-onction. Que pour cet effet, il sera constmit des fonts baptismaux en ladite église et un tabernacle posé sur Tautel pour y faire reposer le saint Sacrement, et un cimetière béni pour y inhumer les cornsdes défunts du lien ; que ledit sieur Ghahu et les habitants dudit Passy seront tenus de fournir à ladite église succursale toutes choses quelconques nécessaires à la célébration du divin service et administration des sacrements pour cette fois seulement. Que ledit vicaire aura pour sa rétribution cent cin-
Suante livres données par les sieur et dame Chahu 'une part et cent cinquante d'autre part données par les habitants de Passy: faisant en tout la somme de trois cents livres par an, pour Tentretien dudit vicaire, comme il est porté et spécifié par lesdits contrats et qu'il sera pourvu de logement par lesdits habitants avec les meubles nécessaires à un ecclésiastique, moyennant quoi il sera obligé de dire quatre messes par semaine, y compris les fêtes et dimanches, pour les habitants dudit Passy ; et pour les trois jours restant de chaque semaine, il célébrera à sa dévotion ou quand bon lui semblera ; mais qu'il dira la messe haute les fêtes et dimanches, à l'heure du diocèse, savoir : à huit heures en été et à neuf heures en hiver.
< Qu'il percevra ses assistances des services, baptêmes, mariages et autres fonctions, suivant la taxe du diocèse et sera comptable audit curé desdits mariages, baptêmes, services d'enterrements, oblations, cire, pains bénits, ouverture des fosses, suivant l'usage d'Authiieil, et sera tenu de donner avis audit curé des baptêmes, mariages, etc. , qui se feront à ladite église de Passy, excepté en cas de nécessité; comme aussi de tenir 1 école pour les garçons audit lieu et de faire les cathéchismes suivant les ordonnances de notre diocèse. A la charge aussi que les habitants dndit lieu seraient obligés de faire leurs confessions et communions pascnales en la paroisse dudit Authiieil et (^u'il ne se fera le jour de Pftques ni eau bénite m pain bénit, et que l'on n'y dira point de messe paroissiale ni de vêpres, et ne s'y fera point de prédication audit |our, mais seulement se dira une messe basse le matin avant la grand'messe dudit Authiieil pour les infirmes et les vieillards et un salut au soir, que les antres cnriales néanmoins se pourront faire suivant l'exigence des cas : que Ton ne dira pas de grand' messe dans ré|[lise de Passy le jour de l'Assomotion de la sainte Vierse, patronne principale d'Authueil, ni le jour de la fête de la Dédicace de celle-ci, mais seulement une messe basse —
3 n'en considération des bienfaits et fondations udit seigneur de Chahu, le vicaire de l'église de Passy dira, à la fin de chaque messe, un Salue Regtna, pour lesdits sieur et dame Chahu, et un De profundis^ à perpétuité, pour le repos de leurs Ames. Et en reconnaissance de leur pitié et bienfaits, nous leur avons permis de faire poser un marbre dans ladite éfflise contenant la fondation faite par eux au profit de ladite pour servir de perpétuelle mémoire. »
La dame Christine de Heurles, veuve de Claude
Chahu, n'avait pas entière satisfaction ; elle voulait l'érection de Passy en paroisse complètement distincte de celle d'Authetîil, et, pour arriver à ce résultat, elle eut à lutter, respectueusement, contre le chapitre et le curé, qui voyait, par ce fait, diminuer les ressources de sa paroisse. A la suite d'une transaction passée devant Grégoire, notaire à Paris, le 13 avril 4673, et par laquelle elle dédommageait la cure d'Authueil, la dame Chahu obtint enfin la séparation tant désirée, qui fut prononcée par Mgr François de Harlay, sei-
foeur de Champvalon, archevêque de Paris, le 8 mai 1672:
« Nous avons érigé en paroisse régulière l'église succursale de Passy. »
Henri de Forges de Montagnac.