‹ Histoire du XVIe arrondissement de Paris (volume 3)Chapitre 31 sur 218 · PARC GUICHARD · texte numérisé non relu

PARC GUICHARD

SOUS le nom de cité Dupont, avec une largeur de 4 mètres, par M. Dupont, propriétaire des terrains.

La rue Marbeau, qui est voisine de la villa Dupont et aboutit également à la rue Pergolèse, a été ouverte, en 1854, par M. Dupont, sur des terrains ayant appartenu à M. Marbeau, trésorier général honoraire des Invalides et père du fondateur des crèches.

La villa du Redan, qui débouche sur l'avenue Malakof!, près des fortifications, est une voie privée, de G^jSO de largeur, fondée en 1854 par M. Cessard, propriétaire des terrains, qui, à l'occasion du mariage de l'impératrice, lui donna le nom de « villa Eugénie ». L'arrêté préfectoral du 1*"^ février 1877 lui a donné sa dénomination actuelle, en raison du voisinage du redan de la porte Maillot.

Le 6oa/et;ardi?mi7e-i4 Méfier doit son nom au membre de l'Académie française (1820-1889), auteur de tant de pièces de théâtre qui ont eu le plus grand succès. Comme il était très modeste, il disait : « Je suis né en 18i0 et, depuis, il ne m'est rien arrivé. » La partie de ce boulevard qui se trouve auprès du château de la Muette a été exécutée en 1854 et est restée fort longtemps à l'état d'amorce, n'ayant que 250 mètres de longueur. L'achèvement de ce boulevard a coïncidé avec celui de la ligne de chemin de fer qu'il suit parallèlement. On avait d'ailleurs réuni, en 1890, au boulevard Émile-Augier, le <* boulevard Flandrin prolongé », qui formait impasse sur une longueur de 50 mètres, à partir de l'avenue Henri-Martin, à gauche du chemin de fer. Ces deux tronçons ont été réunis grâce aux travaux (1) exécutés de décembre 1898 à juillet 1900; maintenant, le boulevard Émile-Augier constitue une voie continue, longeant le chemin de fer d'Auteuil depuis la chaussée de la Muette jusqu'à l'avenue Henri-Martin.

La rue Rude a été ouverte en 1854, lors du percement de l'avenue du Boisde-Boulogne, sur des terrains appartenant à la Ville et provenant de lancien promenoir ou pelouse de l'Étoile. On Ta d'abord appelée « rue Neuve ». Le décret du 2 mars' 1807 lui a donné sa dénomination actuelle en l'honneur du sculpteur François Rude (1784-1855), grand prix de Rome en 1808. 11 avait commencé par être poôlier-fumiste ; on lui doit le Jeune Pêcheur napolitain, la statue en bronze de Gode^froi Cavaignac au cimetière Montmartre et le fameux bas-relief de l'arc de l'Étoile, intitulé le Dépari, ou la Marseillaise conduisant les soldats français au combat. Un autographe de Rude porte : o Je crois cette fois avoir réussi, car il y a là dedans quelque chose qui me fait passer à moi-môme chaud et froid dans Tûme : nos guerriers courent à la défense de la patrie et non à la gloire. »

Le vice -amiral comte d'Estaing (2), né en 1729, avait rue de Passy un hôtel, qui était surtout remarquable par l'étendue et la beauté de son parc. Il slllustra par ses campagnes de 1778 et 1780, battit la flotte anglaise près Sainte- Lucie et prit la Grenade; il fut exécuté sous la Terreur, le 28 avril 1794.

Le parc de l'hôtel d'Estaing (3), qui^a été nommé ensuite parc Guichard,

[i) Ces travaux de voirie ont Hé dirigés par M. l'inspecteur général Boreux et par MM. les ingénieurs Babinet et Bret.

(>} Voir aux annexes (p. 4ao) l'article do M.Antoine Guillois, intitulé : « L'Amiral d'Estaing è Passy et à Sainte-Pélagie ».

(3} M. de Riancey a occupé le premier étage de l'hôtel d'Estaing, depuis i848 jusqu'à Aa démolition.

124 HISTOIRE nu XVI' ARRONDISSEMENT

avRii une superficie de ±t arpents et s'étendait depuis la rue Desbordes- Valmure jusqu'à la rue île Pcissy ; il possédiiit de lieaux mouvements de terrain et un délicieux pavillon Louis XV. (lette vasic propriété passa entre les mains de M. Uuicliard, ancien avocat à la Cour de cassation et aux conseils du roi, avocat de la liste civile sous la Hestauration et auteur de plusieurs ouvrages très estimés.

On avait établi, vers la fin du gouvernemeni du roi Louis-Pbilipe, les plans des rues à percer dans le parc (ïuichard, pour vendre avantageusement les

terrains; mais M. Ouicbard tenait à ce que, de son vivant, sa propriété, qu'il babitait, fût conservée. 11 mourut à lilgu de quatre-vingt-cinq ans. et son iils céda, en 185i, le parc fiuicbard k une compagnie qui était représenlée par M. (luibert, propriétaire, demeurant rue de la Tour, n" (13, alors membre du conseil municipal de Passy; il fit percer ù travers le parc Ouicbard, indépendamment de la place Possoz, six rues de 10 mètres de largeur, savoir : la rue Guichard. la rue SaiQt-lli|ipolyte (aujourd'hui Cortambert), la rue Sainte-Claire (rue Faustin-llélie), la rue Saint-Georges (rue Uelaroche), la rue Saint-Pierre (rue Nicolo) et la rue Notre-Dame (rue Desbordes-Valmore). La réception de ces nouvelles voies, d'abord ajournée par suite d'un vote du 17 février 18oti, fut prononcée par une délibération du conseil municipal de Passy

PLACE POSSOZ 125

en date du 5 décembre 1858. Il résulte de cette délibération, pour laquelle M. Guibert s était abstenu de voter, que les rues du parc Guichard avaient été dès 1854 assainies par des égouts, qu'elles étaient nivelées avec les rues adjacentes, garnies de caniveaux pavés, trottoirs et appareils d'éclairage. En conséquence, ces rues, établies par la Société civile formée entre MM. Guichard, Guibert et Lesar, ont été remises à la commune de Passy, pour être entretenues par elle, et classées comme voies publiques.

La « rue Sainte-Claire » avait été ainsi nommée parce que Mme Ohnet, dont le mari était l'architecte de la compagnie du parc Guichard, portait le prénom de Claire. Le décret du 3 décembre 1885 a donné à cette rue le nom du jurisconsulte Fausiin Ilëlie (1701)-188i), qui a habité la rue Singer de 185Î) à 1879, et ensuite l'hôtel n° 18 de la rue Desbordes-Valmore jusqu'à sa mort, survenue en 1884. Faustin Hélie a été président de la Cour de cassation; sa théorie du Code pénal et son traité d'Instruction criminelle font autorité.

La rue Delaroche (nommée précédemment « rue Saint-(ieorges », en raison du prénom d'un des cointéressés de M. Guibert) a reçu son nom, le 21 août 1864, en l'honneur du peintre Hippolyte, dit Paul Delaroche (1797-1856), membre de l'Institut, qui a décoré l'hémicycle du palais des Beaux Arts.

La rue Desbordes-Valmore (i), nommée précédemment rue Notre Dame, parce que l'église de Passy a été consacrée sous le vocable de Notre-Dame-de- (irâce, a été ouverte, comme les rues précédentes, en 1851, sur les terrains de Tancien parc Guichard. Elle a reçu son nom actuel, par décret du 24 août 1864, en l'honneur de Marceline Desbordes, dame Valmore (1786-1859), qui a publié des romances, contes en vers; élégies et autres poésies, A celles qui pleurent, la Veillée, etc. — Il résulte de conventions acceptées par les propriétaires qu'une servitude non allias lollendi limite, sauf pour les maisons d'angle, la hauteur des constructions sur le côté droit de la rue Desbordes-Valmore, entre les rues de la Tour et Nicolo, ce qui conservera aux numéros pairs de cette section leur caractère d'élégants petits hùtels.

hà place Possoz, qui a 45 mètres sur 35, doit son nom à Jean-Frédéric Possoz (1797-1875), qui a été maire de Passy sous la monarchie de Juillet (2), ainsi que pendant les premières années de l'empire jusqu'à l'annexion. 11 résulte d'une lettre de M. Guibert, administrateur de la Société des terrains de l'ancien parc Guichard, que cette Société avait résolu de donner à cette place le nom du maire Possoz, sans l'en prévenir. M. Possoz, dernier maire de Passy, s'y était fixé en 1827; il fut maire de 183i à 1848 et membre du conseil général de la Seine pendant le même temps; réintégré comme conseiller général en 1849 et comme maire de Passy en 1852, il fut,- jusqu'en 1870, le doyen du conseil général de la Seine.

On voit, sur deux côtés de la place Possoz (d'une part, entre les rues Cortambert et Delaroche; d'autre part, entre les rues Faustin-Hélie et Guichard), des parties non bâties qui constituent des amorces de la voie projetée pour relier directement la place du Trocadéro à la rue Mozart et à la chaussée de la Muette ; cette voie, projetée dès le second Empire, n'a pas été exécutée.

1/ La voie sous-minéc a été consolidée en i&'iG, sur 50 mètres de longueur; devant le n» 6, la distance du sol au ciel de la carrière est de 8™,3o et la hauteur de la fçalerie 4'exploitaUon est de 3",5o.

12 Voir aux annexes (pp. 421 et V^.3 ) les biographies de MM. Possoz et Dauvergne» mairef» de Passy.

126 HISTOIRE DU XVl" ARRONDISSEMENT

Le boulevard Flandrin, dans l'axe duquel passe le chemin de fer, s'est d'abord nommé « boulevard latéral au chemin de fer d'Auleuil « ; il se compose, en eflet, depuis la station de l'avenue Henri-Martin jusqu'à la rue Dufrénoy, de deux voies séparées l'une de l'autre par la voie ferrée ; la largeur entre les constructions et la clôture du chemin de fer est de 12 mètres. La partie comprise entre la rue de la Tour et la rue du Puits-Artésien (rue Dufrénoy) a été ouverte par la Ville de Paris, en 1856, sur des terrains désaffectés du bois de Boulogne. Le côté pair a été ensuite continué depuis la rue du Puits-Artésien jusqu'à la rue de Longchamp prolongée, sur un terrain appartenant à M, Théry, au moyen d'un échange fait entre ce propriétaire et la Ville, en 1857. Le prolongement entre la rue de Longchamp et la rue du Général-Appert (1) a été exécuté, par les propriétaires riverains, comme voie privée. Du côté de la porte Dauphine, le boulevard Flandrin avait été ouvert dès la création de la station du chemin de fer, dénommée station du Bois-de- Boulogne ; mais le boulevard est resté fort longtemps en lacune, aux abords de l'impasse Cothenet, ce qui réduisait également ces deux sections du côté pair du boulevard Flandrin à l'état d'impasses. 11 sera bientôt achevé, puisque le co])seil municipal de Paris a, par délibération du il avril 1900, autorisé le préfet de la Seine à acquérir, moyennant 100.000 francs, la partie de l'immeuble sis impasse Cothenet, n° 12 bis, d'une superficie de 486 mètres carrés, nécessaire pour compléter, sur ce point, l'ouverture du boulevard Flandrin.

Le nom actuel de ce boulevard lui a été donné par décret du 2 octobre 1865, en l'honneur d'Hippolyte Flandrin (1809-1864), peintre d'histoire, élève d*Ingres, grand prix de Rome en 1832. On lui doit la vaste frise de Saint- Vincent-de-Paul, les peintures murales du château du duc de Luynes, à Dampierre, et de l'église Saint-Germain-des-Prés. Un monument lui a été élevé dans cette église : « A Hippolyte Flandrin, ses amis, ses élèves, ses admirateurs ; — enlevé prématurément aux arts qu'il honorait par son caractère et son talent. »

Les glacières du bois de Boulogne sont établies sur le côté impair du boulevard Flandrin, près de l'angle de la rue Dufrénoy. Barthélémy Saint- Hilaire (1805-1895), philosophe et helléniste (2), traducteur d'Aristote et de VUiade, secrétaire général de la. présidence de M. Thiers, sénateur, que la Société historique d'Auleuil et de Passy s'honorait de compter parmi ses membres, habitait, au boulevard Flandrin, Thôtel portant le n" 14.

Un décret du 3 novembre 1856 autorisa la Ville de Paris à acquérir de MM. Théry et Duval la propriété d'une partie du chemin ouvert par eux sur leurs terrains pour établir une communication entre l'avenue d'Eylau (avenue Victor-Hugo) et le boulevard latéral au chemin de fer d'Auteuil. Cette acquisition fut faite en 1857, par contrat notarié des 10 et 20 mars; la nouvelle voie, ayant 12 mètres de largeur, fut nommée « rue du Puils-Arlésien »>, à cause du voisinage du puits artésien, foré de 1855 à 1863, au square Lamartine. Vers 1860, cette rue fut prolongée par la Ville jusqu'au boulevard Lannes.

(i) La partie du boulevard Flandrin située aux abords de la rue du Gémirai -Appert a été mise en état de viabilité en 1897. La longueur de la voie sous-minée estde i4 nièlres. Près l'avenue du bois de Boulogne, la distance du sol au ciel de la carrière est de ii"',rx>; la bauleur de la galerie d'exploitation est de 4 mètres.

['ïj Voir aux annexes une notice historique sur Barthélémy Saint-Ililaire, p. 4*4.

PONT DE LALMA I27

Le décret du 27 février 1867 a donné à la rue du Puîts-Artésîen sa dénomination actuelle de rue Dufrénoy, en l'honneur de Pierre-Armand Dufrénoy (1792-1857), inspecteur général des mines, qui a fait avec Élie de Beaumont, de 1823 à 1841, la carte géologique de la France. Le doublement des voies du chemin de fer a exigé la reconstruction du pont Dufrénoy, achevée de février à août 1900.

La rue des Bauches était autrefois un sentier qui traversait le lieu dit « les Bauches » ; il résulte des délibérations du conseil municipal de Passy, en date des 10 novembre 1845 et 11 décembre 1846, que ce sentier avait alors 2*,75 de largeur, que c'était une voie privée fournie par les propriétaires riverains dans rintérôt de l'exploitation de leurs terres qui, encore à cette époque, n*étaient pas bâties; le conseil municipal estimait que ce sentier n avait aucun caractère d'utilité communale. 11 a été successivement élargi, au moyen d'abandons de terrains consentis par les propriétaires riverains. L'arrêté du 16 février 1856 a fixé pour cette rue une largeur légale de 8 mètres.

L'avenue Montespan, qui va de l'avenue Victor-Hugo à la rue de la Pompe, a été formée, en 1856, par Arsène Houssaye ; c'est une voie privée de 7",50 de largeur, fermée pendant la nuit à ses deux extrémités par des grilles. Le nom de cette avenue rappelle celui de Françoise-Athénaïs de Rochechouart, qui épousa, en 1663, Henri-Louis de Pardaillan, marquis de Montespan. Arsène Houssaye, à qui sa galerie de portraits du xvni« siècle a valu la décoration, en 1846, a été administrateur de la Comédie-Française de 1849 à 1856. 11 a publié beaucoup d'ouvrages, dont plusieurs se ressentent de sa prédilection pour répoque de Louis XIV et de Louis XV, pour ses arts, ses mœurs et sa littérature, et rappellent, avec beaucoup d'esprit, d'ailleurs, les grâces raffinées de ce temps.

La rue Bénouville^ qui s'est d'abord appelée « rue Chabrol », a été ouverte en 1856, avec une largeur de 10 mètres, sur des terrains appartenant à M. Chabrol, architecte du Palais-Royal, mort en 1875, et à M. Marbeau, fondateur et président jusqu'à sa mort de la Société des crèches (1). Les alignements de cette rue ont été fixés par arrêté du 16 décembre 1856. Elle a reçu sa dénomination actuelle, par décret du 10 février 1875, en l'honneur du peintre François Léon Bénouville (1823-1859), qui obtint le grand prix à l'École des Beaux- Arts, sur ce sujet : Jésus dans le Prétoire^ et exposa, en 1853, une grande toile : Saint François-d* Assise mourant;^ qui a été achetée par le musée du Luxembourg. Rue de Bénouville se trouve, depuis 23 ans, un cirque où M. Molier, UD maître en dressage et en haute école, donne tous les ans, sur invitations, une représentation d'amateurs du grand monde.

Sur la rive droite, la moitié du pont de l'Aima appartient, du côté d'amont, au VIII«, et l'autre moitié, du côté d'aval, au XV1« arrondissement. Le décret du 6 décembre 1854 a décidé, en mémoire de la victoire remportée le 20 septembre de la même année (2) par l'armée d'Orient, en Grimée, la construction

(i) M. Marbeau avait acheté^ en i844f son immeuble, qui tenait d'un côté à la rue de la Faisanderie (i63«»,56), de l'autre à la rue du Petit-Parc, actuellement Spontini (i52 mètres) à gauche, à remplacement de la rue Chabrol, actuellement Bénouville (io4",6o), et, à droite, à l'emplacement de la rue de Longchamp prolongée.

(2) LAlma est un fleuve de Crimée qui se jette dans la mer Noire, entre Sébastopol el Eupatoria ; la victoire fut remportée, près de ce fleUve, par le maréchal de Saint- Arnaud et lord Raglan, à la tête des armées française el anglaise, sur une armée russe, commandée par le prince MentschikofTé

12^ HISTOIRE DU XVI' ARRO^Dl.SSEHE^T

avRit une superficie de -ii arpents et s'étendHit depuis la rue Desbordes- Valniore jusqu'à la rue de Passy; il possédait de beaux mouvements de terrain et un délicieux pavillon Louis XV. ('ette vasie propriété passa entre tes mains de M. (iuicliard, ancien avocat à !a Cour de cassation et aux conseils du roi, avocat de la liste civile sous la ItestauratioQ et auteur de plusieurs ouvrages tn'^s estimés.

On avait établi, vers la lin du gouvernemeni du roi Louis-Pbilipe, les plans des rues à percer dans le parc Guichard, pour vendre avantageusement les

terrains; mais M, Ciuicliard tenait à ce que, de son vivant, sa propriété, qu'il habitait, fût conservée. Il mourut à l'iigc de quatre-vingt-cinq ans, et son fils céda, en IHT,\, le parc (luichard à une compagnie qui était représentée par M. (Juibert, propriétaire, demeurant rue de la Tour, n° ti3, alors membre du conseil municipal de l'assy; il lit percer à travers le parc Guichard, indépendamment de lu place Possoz, six rues de 10 mètres de largeur, savoir ; la rue Guichard, la rue Saint-lii|ipolyte (aujourd'hui (^ortanibert), la rue Sainte-Claire (rue Faustiu-1 lêlie), la rue Saint-Georges (rue Delaroche), la rue Saint-Pierre (rue INicoIo) et la rue Notre-lJame (rue Desbordes-Valmore), La réception de ces nouvelles voies, d'abord ajournée par suite d'un vote du 17 février I8âti, lut prononcée par une délibération du conseil municipal de Passy

PLACE DE LALMA I29

leur exceptionnelle des eaux pendant Thiver de 185 i à 1855 fit obstacle à rachèvement du pont de l'Aima dans le délai fixé. La circulation y fut établie provisoirement le 15 août 1855 ; mais des mouvements survenus au décintrement retardèrent Touverture définitive du pont jusqu'au 2 avril 1856, jour où il livra passage au cortège impérial, qui se rendait au Champ de Mars pour la remise des drapeaux aux régiments revenus de la campagne de Crimée. Toutefois, le pont de TAlma ne lut entièrement achevé qu'en 1857.

H se compose de trois arches elliptiques ; celles de rive ont 38'",50 et celle du milieu 45 mètres d'ouverture. La longueur est de 153 mètres et la largeur de ^ mètres : la chaussée est de 14 mètres et les deux trottoirs font 4 mètres chacun. La dépense du pont proprement dit, qui a été partagée par moitié entre l'État et la Ville de Paris, s'est élevée à 1.(^20.000 francs.

Les quatre statues qui décorent les avant-becs et arrière-becs du pont sont en pierre dure de Chérences et ont coûté 110.(X)0 francs. (Chacune d'elles représente un militaire des corps de l'armée de ligne ayant pris part à la campagne de Crimée. Les statues des avant becs (un zouave et un soldat de l'infanterie de ligue) sont dues à Diéboldt ; les deux autres (un artilleur et un chasseur à pied) sont d'Arnaud.

Le décret du 6 mars 1858 a déclaré d'utilité publique Touverture des voies suivantes :

i^ Un boulevard de 40 mètres de largeur, devant partir du quai Debilly, dans Taxe du pont de l'Aima, pour aboutir à l'avenue des Champs-Elysées (ce boulevard est l'avenue de l'Aima) ;

i" Un boulevard de 40 mètres de largeur, devant commencer audit quai, presque en face ledit pont, et devant aboutir à la place de TÉtoile (c'est l'avenue Marceau) ;

3** Un boulevard de 40 mètres de largeur, partant du même point et se dirigeant sur la barrière Sainte-Marie (c'est l'avenue du Trocadéro) ;

4** Un boulevard de 40 mètres de largeur, partant de la place de l'Étoile, pour aboutir au quinconce placé vis à-vis du pont d'Iéna (c'est l'avenue d'Iéna);

3** Et des amorces des voies secondaires, traversant ces boulevards ou y aboutissant, ces amorces devant être ouvertes sur toute l'étendue des propriétés situées à l'intersection des voies principales et des voies secondaires.

Le même décret a autorisé l'ouverture, dans la commune de Passy, d'un boulevard de 40 mètres de largeur, devant prolonger le boulevard ci-dessus décrit sous le n" 3 jusqu'à la porte de la Muette (c'est l'avenue Henri-Martin), et d'un boulevard formant rectification de celui de Passy et se prolongeant jusqu'à la rencontre du boulevard de Longchamp (c'est l'avenue Kléber).

L'ouverture de l'avenue de l'Aima a coûté 14.489.484 francs, d'où il faut déduire 1.103.504 francs de recettes provenant de revente de terrains et vente de matériaux, ce qui fait ressortir une dépense nette de 11.385.780 francs. Je ne donnerai pas d'autres indications sur l'avenue de l'Aima, parce qu'elle se trouve entièrement sur le V1II« arrondissement ; mais la place de lAlma appartient en partie au XV1«. Elle a été déclarée d'utilité publique par le décret précité du 14 mars 1858, comme coaséquence des alignements indiqués sur les plans joints à ce décret ; elle a été terminée en 1801, c'est-à-dire avant rachèvement de l'avenue de l'Aima ; cependant, les plaques indiquant le nom

l3o HiSTOtnE DU XVI'^ ARRONDISSEMENt

de cette place n'ont été posées qu'en 1871 ; elle dessert des courants multiples de circulation.

Les avenues du Trocadéro et Henri-Marlin, qui sont séparées par la place du Trocadéro, n'en formaient autrefois qu*une seule, dénommée « avenue de l'Empereur •>; elles ont été exécutées (l) de 1862 à 1868, sous la direction d'Alphand ; les travaux ont été terminés d'abord entre la porte de la Muette et la place du Trocadéro, ensuite entre cette place et le quai Debilly.

Le décret du 6 mars 1858 n'avait pas tardé à être exécuté sur le territoire de Passy (avenue Henri-Martin); mais six ans après la promulgation de ce décret, les travaux considérables qu'exigeait l'ouverture du boulevard entre la place du Trocadéro et le quai Debilly étaient encore peu avancés. Le décret du 2 mars 1854 donna au nouveau boulevard le nom d' « avenue de l'Empereur », et deux décrets des 17 février et 24 septembre 1864 approuvèrent les traités passés entre la Ville de Paris et la Société Thome et C®. La dépense totale pour les opérations de voirie auxquelles s'appliquait ce traité, et parmt lesquelles figurait l'achèvement de l'avenue du Trocadéro, s'est élevée à 19.810.149 francs ; mais la revente des terrains et matériaux avait produit, au 1"' janvier 1870, une recette de 2.647.572 francs, et il restait encore à cette époque des terrains à aliéner.

lîln 1866, les déblais de l'avenue du Trocadéro, à qui ce nom a été donné par un arrêté préfectoral du l''' février 1877, que le décret du 10 novembre suivant a confirmé, étaient poussés avec la plus grande activité; on ne les interrompait même pas pendant la nuit : c'était le moment qu'on choisissait, par mesure de précaution, pour faire jouer la mine. Aux abords du quai Debillv, il a fallu exécuter un remblai dont la hauteur maxima estde 11 mètres. Dans cette partie du tracé, qui domine la Manutention des vivres militaires, construite sur remplacement de l'ancienne manufacture royale de tapis de la Savonnerie (2), il n'existe de maisons que sur le côté nord ; le côté le plus voisin de- la Seine n'(^st pas bàli et forme une terrasse laissant la vue s'étendre au dessus des immeubles situés au pied et n'ayant pas d'accès sur l'avenue ; il a donc fallu la maintenir par un grand mur de soutènement de 360 mètres de longueur, fondé sur un banc d'argile.

L'avenue Henri-Martin, qui s'est nommée d'abord « avenue de l'Empereur », puis, de 1877 à 1883, « avenue du Trocadéro », a reçu, par décret du 3 décembre 1885, sa dénomination actuelle en l'honneur d'Henri Martin (1810-1883), qui a été maire du XVP arrondissement et a publié VHistoire de France depuis les lemps les plus reculés jusque 178g, ouvrage couronné par l'Académie française. Cette avenue a été exécutée en déblai du côté de la place du Trocadéro et en remblai du C4)té du bois de Boulogne. La hauteur du mur de soutènement du cimetière de Passy montre que les déblais ont été consi-. dérables; leur hauteur a atteint 10 mètres. On les a utilisés pour remblayer

(1 Les travaux d'ouverture des avenues du Trocadéro, Henri-Martin, d'Iéda et Marceau ont été exécutés sous les ordres de M. l'ingénieur Darcel, avec le concours de MM. les conducteurs des ponts el chaussées Lalo, pour l'avenue Henri-Martin, et Selhcimer, pour les trois autres avenues.

Le sol sous-miné de l'avenue du Trocadéro a été consolidé, en 1887, sur 5570 mètres de longueur, entre les n"» a-.^ el 44 ; «^ l'angle de la rue de Magdebourg, la dislance dil sol au ciel de la carrière est de 8™ ,08, el la hauleur de la galerie d'exploitation esl de 3 mètres.

;t>)Voirci-dessusfpp.53 et8.3) pourlamanufacturede la Savonnerie etpourlaManutenlioni.

AVENUES DU TROCAD^IIO ET II EN RI- M ART IN l3l

les terraios de la Muette, situés entre le square Lamartine et le bois de Boulogne, qui appartenaient à la Ville de Paris; on les a vendus, avec la condition de bâtir dans un délai déterminé. La rue de tu Pompe a été traversée à niveau et on n'a établi sur l'avenue Henri-Martin que trois pentes, dont l'une

Portrait d'Henri Martin.

«Colkelion de M. Emile Polin.)

règne depuis la place du Trocadéro jusqu'à la rue de la Pompe, l'autre depuis la rue de la Pompe jusqu'au square Lamartine et la troisième entre ce square el la porte de la Muette.

La station de l'avenue Henri -Martin (t) (bilureation delalit;iie d',\uteuil el de celle des Invalides) et la mairie du XVf arrondissement(i) ont leur entrée sur l'avenue Henri-Martin, au long de laquelle une servitude non œdifuandi a été réservée de chaque côté, conformément aux conclusions prises au nom de

!i) Cette slntiun ae nommnil iiréc^dnninient ■■ slatiim de l'iivt^nuc du Ti-otadfro " ; ce nom ^tnit liicn jdstitl^, h l'époque où l'avenue du Trocadéro attendait jusqu'auprès de In porte de la Muette; mais, ensuite, l'avenue du Ti'oradéro a été dénommée, dans la partie voisine de la sLilion. nvcnue Henri-Martin, n'aillciint il ronvenait d'éviler une conrusion avec la elation du mélropuliljiin éinblii- ti la place du Troradéro, On n donc donné h In «talion du Trocndém, en iguo, 1c nom d'IIenri-Martin.

l/i.) Voir pa({e 187, note 3, le» indications données sur [a constrtiction el l'inauguration lie la mairie du XVl'arrondittsement.

l32 HISTOIRE DU XVl^ ARRONDISSEMENT

la Ville de Paris (1) devant le jury d'expropriation, dont la décision a été rendue le 14 juillet 1860 : aucune construction ne peut être élevée dans une zone de 10 mètres en arrière de Talignement des clôtures; cette zone devra toujours être cultivée en parterres d'agrément, de niveau avec lavenue; toutes les grilles de clôture sont du modèle réglementaire ; la façade principale des maisons est parallèle à Taxe de l'avenue ; elles doivent être habitées bourgeoisement et, en conséquence, aucun genre de commerce ou d'industrie ne peut y être exercé.

La largeur de l'avenue Henri-Martin est de iO mètres, savoir : deux trottoirs de 6 mètres chacun, deux voies carrossables ayant chacune 9 mètres et, dans la partie centrale, une allée cavalière de 10 mètres ; la distance entre les façades des maisons de cette avenue est de 60 mètres.

La construction de Tavenue de TEmpereur (avenues du Trocadéro et Henri- Martin) a entraîné la suppression d'une partie du passage de la Pompe-à-Feu,des rues Basse-Saint-liierre, Gasté, de Longcharap,de Lubeck,Greuze,SchefIer,de la totalité de la rue Virgile. L'extrémité de l'avenue d'Eylau (avenue Victor- Hugo) a été absorbée par l'avenue Henri-Martin depuis la rue de la Tour, d'un côté, et le boulevard Flandrin,derautre, jusqu'aux boulevards LannesetSuchet.

Il a fallu élargir le pont qui faisait passer le chemin de fer d'Auteuil sous l'avenue d'Eylau (avenue Victor-Hugo); cet élargissement a été exécuté en 1860 par la Compagnie du chemin de fer, à qui la Ville a remboursé la dépense de ce travail, montant à 21.000 francs.

Les travaux de viabilité de l'avenue Henri-Martin, aux abords de la station du chemin de fer, nécessités par l'établissement de la ligne de Gourcelles aux Invalides, ont été exécutés de juin 1898 à septembre 19(K). Les becs à incandescence ont été installés en mai 1900 sur l'avenue du Trocadéro, entre la place du Trocadéro et la place d'Iéna.

La pompe à feu (2; de Chaillot se trouve entre la place d'Iéna, le quai Debilly et l'origine de l'avenue du Trocadéro. Le service devant être transféré à Auteuil, la rue Viilehois-Mareuii sera établie sur une partie de l'emplacement des bêUiments de la pompe à feu de Chaillot, qui a été désaffectée par arrêté du 16 mai 1900; les travaux à faire pour la nouvelle usine élévatoire d'Auteuil (avenue de Versailles, 77) ont été adjugés le 26 mai 1900.

En l'an IX, on avait établi dans l'enceinte de la pompe à feu (n*** 6 et 7 du quai de Chaillot) des ateliers où étaient employés plus de quatre vingts ouvriers forgerons, fondeurs, etc., pour y fabriquer de l'artillerie de terre et de mer de tout calibre.

Le dépôt des phares et le laboratoire d'essais de l'École des ponts et chaussées occupent actuellement l'espace compris entre l'avenue du Trocadéro, l'avenue d'Iéna et la rue de Magdebourg; l'entrée principale est sur l'avenue du Trocadéro. Après avoir occupé, de 1834 à 18i8, un immeuble situé rue Nolre-Darae-des-C'hamps et loué par l'État, le dépôt des phares fut établi, en 1849, conjointement avec le laboratoire d'essais de l'École des ponts et

(i; Voir aux annexes (p. /l'iG' les règlements spéciaux applicables à l'avenue Henri- Mnrtin.

::» Voir aux annexes (p. ^iC) et s.) InrUdo de M. Lropold Mar, intitulé: « L'Ancienne Pompe A feu (le Chaillol »». — Mon article sur le service des eaux dans le XVI« arrondissement, qui «lonne aussi des indications sur l'histoire de la pompeà feu, est également reproduit aux annexes (p. 3<p >

PALAIS DU TROCADÉRO l33

chaussées, sur des terrains appartenant à l'Ktat et situés au coin du quai Debilly et de la rue de Magdebourg (1).

Lorsqu'à l'occasion de l'Exposition universelle de 1867, la Ville de Paris entreprit d'anaénager les pentes du Trocadéro. elle entra en pourparlers avec rÉtat, qui, suivant traité du 6 décembre 1866, consentit à abandonner les terrains du quai Debilly; il fut décidé que le dépôt des phares et le laboratoire de rÉcole des ponts et chaussées seraient installés dans le terrain triangulaire compris entre la rue de Magdebourg, l'avenue du Trocadéro et l'avenue d'Iéna. La portion de ce terrain joignant la rue de Magdebourg, et mesurant i.765 mètres carrés, fut affectée au dépôt des phares ; celle située près de l'angle de l'avenue d'Iéna et de l'avenue du Trocadéro fut affectée au laboratoire d'essais de l'École des ponts et chaussées. Pendant la construction des bâtiments actuels du dépôt des phares, de 1867 à 1869, ce dépôt fut installé provisoirement dans un immeuble, aujourd'hui disparu, qui était situé rue des Batailles, laquelle n'existe plus et a été remplacée par l'avenue d'Iéna. On voit que c'est depuis 1869 que le dépôt des phares est installé à son emplacement actuel.

La façade sur la rue de Magdebourg est surmontée d'une tour carrée, avec plate-forme permettant l'installation d'un feu qui, les jours de fête publique, projette des rayons lumineux jusqu'à Montmartre et au square des Buttes- Chaumont, d'une part, et de l'autre jusque sur les coteaux de Meudon et de Bellevue.

Un projet de loi a été déposé en 1901 par le ministre des Finances, en vue d'aliéner les terrains occupés par le laboratoire de l'École des ponts et chaussées, ainsi qu'une bande des terrains du dépôt des phares en bordure sur l'avenue d'Iéna; mais les bâtiments de ce dépôt en façade sur l'avenue du Trocadéro et sur la rue de Magdebourg ne seraient pas touchés.

En 1811, Napoléon P' voulut établir au Trocadéro un palais (2) pour son héritier, le roi de Rome. Les plans furent dressés par les architectes Fontaine et Percier et les fouilles commencées; mais la chute de l'Empire fit abandonner l'entreprise, et cette région, qui avait été occupée autrefois parles dépendances du couvent des Bonshommes et du monastère royal de la Visitation, redevint un désert escarpé et servit, sur divers points, de réceptacle aux immondices de Paris. En 1825, le conseil municipal de Passy avait proposé d'améliorer la demi-lune existant en face de la barrière Sainte Marie (au point où se trouve actuellement la place du Trocadéro) en y créant une place de 50 mètres de rayon.

Le gouvernement de la Restauration avait décidé que l'emplacement du palais du roi de Rome serait affecté à la construction d'une caserne, dont la première pierre fut posée par le dauphin et la dauphine le 31 août 1826;

(i) La superflcic sous-minéc est de 4-7fX) mètres carrés sous le dépôl des phares et de 88o mètres carrés sous le dépi^t de l'Ecole des ponts et chaussées. A l'angle de l'avenue du Trocadéro et de la rue de Magdebourg, la distance du sol nu ciel de la carrière est de 8",8, et la hauteur de la galerie d'exploitation de i™,7o. A l'avenue d'Iéna, devant le dépôt, la distance du sol au ciel de la carrière est de 4*°/'24, el la hauteur de la galerie d'exploitation de i™,28.

î2: Voir aux annexes (p. 43o) l'article do M. Antoine Cluillois. inUtulé : « Le Palais du roi de Rome ». — Voir également l'extrait du discours de M. Lanier: « A travers le Trocadéro >»» pp. 217 à 222 du !«»• volume du Bulletin, Les archives de la Société possèdent des vues du palais projeté, ainsi que les portraits de Fontaine et de Percier.

l34 HISTOIRE DU XVl" ARRONDISSEMENT

troisième anniversaire de la prise, par le duc d'Angoulême, d'un fort de Cadix appelé Trocadéro, dont la reddition avait terminé heureusement la guerre d'Espagne. La caserne n'était pas encore bâtie en 1830; mais le nom de Trocadéro, qui avait été donné à ce coteau de Chaillot,à la suite du fait d'armes du 31 août 18^3, fut maintenu par les gouvernements suivants.

Pendant bien des années on ne vit sur cet emplacement que des ruines (1) (fondations du palais du roi de Rome et bâtiments inachevés d'une caserne). Mais comme ce plateau domine le Champ de Mars et a une très belle vue sur les coteaux de Meudon et de Sèvres, il importait de comprendre la mise en état de viabilité de cette partie de Chaillot et de Passy dans le plan d^amélioration des quartiers de l'ouest de Paris, et cet embellissement a été réalisé à l'occasion de l'Exposition universelle de 1867. Le projet primitif consistait à créer une vaste place, descendant en pente douce vers la Seine, et dont la partie culminante aurait été terminée par un demi-cercle sur lequel auraient débouché neuf avenues ou boulevards desservant Chaillot et Passy. Ce projet fut modifié en cours d'exécution et les pentes disposées de manière à constituer un vaste amphithéâtre où la population pourrait se grouper pourvoir les illuminations du Champ de Mars ; des pelouses entourées de parterres furent établies pour dégager la vue; la dépense s'éleva à 3.228.240 francs, dont environ 2 millions et demi pour les terrassements.

L'aspect a été complètement modifié en 1878 par la construction du palais du Trocadéro, à l'occasion de la troisième Exposition universelle de Paris. A cette époque, l'escalier monumental qui donnait accès à la place dut être supprimé et la place elle-même a reçu des modiPications importantes. En vue d'assurer le dégagement des abords de l'Exposition, un square fut établi, moyennant une dépense de 714.000 francs, auprès de la rue Franklin.

Le projet du palais du Trocadéro, dressé par MM. les architecles Davioud et Bourdais, fut approuvé le 15 juin 187G. La période effective des travaux de construction, exécutés sous la direction de ces deux architectes, n'a duré que pendant dix-huit mois, ce qui porte à une moyenne de plus de 500.000 francs la dépense mensuelle, soit à près de 20.(XX) francs la dépense de chaque journée de travail pour l'érection de ce monument : il a donc été exécuté avec une vitesse vraiment remarquable ; il fut inauguré le 1" mai 1878.

Les galeries du palais du Trocadéro sont surtout consacrées à l'art décoratif du passé. La salle des Fêtes, qui peut contenir cinq mille spectateurs, est fréquemment utilisée pour des concerts et des réunions; on y a célébré, en 1894, le centenaire de l'École polytechnique. Le tableau suivant montre que le palais du Trocadéro est, de tous les monuments de Paris (bâtiments de l'État ou églises paroissiales), celui dont le sommet au-dessus du niveau de la mer est le plus élevé.

(i) Ce quartier fut môme peu sur durant un cerUiin nombre d'années.

PLACE DU TROCAOÉRO

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