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UAl'TEUH Di; SOMMET OR L'ÉDIFU'.t:
au-dessus du
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mètres 44 »
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mètres
Après la remise par l'État des terrains qui avaient été occupés par TExposition de 1878 au Trocadéro, la Ville de Paris fit exécuter sur cet emplacement une promenade publique en 1879-1880; la dépense nécessitée par ces travaux, comprenant la création d'un parc de 20 hectares, a été de 601. (KK) francs.
La place du Trocadéro (1), occupant un cercle de 125 mètres de rayon, est établie au-dessus d'anciennes carrières (2), dont les vides souterrains ont rendu les fondations du palais très coûteuses. La dénomination actuelle de cette place, où se trouve une station du chemin de fer métropolitain (3), a été donnée, par arrêté du l*''" février 1877, en mémoire de la prise du fort du Trocadéro sur les Espagnols le 31 août 1823; elle s'était appelée d'abord « place du Roi-de-Rome ».
Pendant la durée de l'Exposition universelle de 1900, le parc du Trocadéro a été occupé par l'exposition coloniale, où l'on a vu beaucoup de constructions originales, mais établies très légèrement et, par conséquent, éphémères. Il est néanmoins question d'y conserver le bouddha de la pagode cambodgienne, renfermant des moulages très curieux de la civilisation Khmer. Le bassin central de la place a été occupé par le pavillon de Madagascar. Ce bassin était précédemment orné d'un jet d'eau, qui jouait rarement, parce que son fonctionnement consommait une quantité d'eau énorme. L'aquarium du Trojcadéro est dirigé par M. Juillard.
On a élevé, au long de l'avenue Henri-Martin et auprès du cimetière de Passy, plusieurs maisons de rapport, dont la construction, dirigée par M. l'architecte Vaudremer, a exigé l'établissement de divers grands murs
11) Voir «aux annexes (pp. 433 et 430) les règlements spéciaux applicables à la place du Trocadéro, ainsi que l'article de M. Léopold Mar, intitule : « Au Trocadéro, 3i août i8-^0».
{;!'. La superficie sous-minée s'élève à environ 2.'»oo mètres carrés ; h l'angle de l'avenue MalakofT, la distance du sol au ciel de la carrière est de ir)n>,rx), et la hauteur de la galerie d'exploitation est de i">,8o.
Mon article sur « Les Carrières et le Sous-Sol du XVI* arrondissement », renfermant un plan de la partie centrale des fondations du Trocadéro, est reproduit aux annexes 'p. 3i5\
(3; Pour le métropolitain de Paris, voir pp. 78 el ss. el ,220,
XVl' ARRONDISSEMENT
de soutènement. Parmi ces maisons, celle qui est le plus rapprochée du cimetière doit être mentionnée comme ayaat une Jacado originale : elle est en brique, avec bow-windows et pans de bois apparents; elle est surmontée de six fenêtres à pignons en bois, faisant saillie sur ta toiture.
Au n° 43 de l'aveaue Henri-Marlin se trouve un bel Ii6tel faisant l'angle de la rue C-ortambert. On peut citer, en outre, l'hûtel gothique situé à l'angle de l'avenue Henri-Marlin et de la rue (ïreuze.
L'aménagement du bois de Itoulogne et des autres promenades de Pari») fil reconnaître la nécessil»', pour le service municipal, de disposer d'un éla-
Lc clialet de Lamarlinc.
(Colkction de M. Chandcbois.)
blissement horticole, devant fournir par mulliplication toutes les plantes destinées aux garnitures du bois de Boulogne, des jardins publics et des .squares de Paris; ces plantes ont besoin d'être conservées à l'abri pendant l'hiver. Il fui donc décidé, en iaS4, d'installer une pépinière, dite le Fleuriste de la Ville, dans les terrains du clos Georges, délaclié du bois Je Boulogne et remis à la Ville en même temps que ce bois, r/est dans ce but que le Fleurisie de la Muetle fut installé près du n" 10!) de l'avenue Henri-Martin. Alphand présenta, en 18.'J8, un projet montant ci ^ItO.OOO francs pour travaux complémentaires de premier établissement (serres, orangerie, bureaux, etc.) etàlt/.IHKI francs pour dépenses annuelles; ce projet, qui (ut réalisé vers 18(>3, procura de notables agrandissements au Fleuriste, dont la superficie fut portée à i. i(Kl mètres carrés. En mai i8Ha, l'exposition des azalées fut visitée par plus de seize mille personnes. Le Fleuriste de la Muette et ses serres ont élé transportés en 1808 au Parc des Princes, sur le territoire de
SQUARE LAMARTINE iSj
Boulogne, près de la porte d'Auteuil, et on a établi, sur l'emplacement du Fleuriste, plusieurs rues qui seront mentionnées ci-après.
Le décret du 27 août 1859 avait autorisé la Ville de Paris à concéder viagèrement, à titre gratuit et honoriflque, à M. et à Mme de Lamartine, ainsi qu'à leur nièce, Mlle Valentine, chanoinesse de Cessiat (i), pour leur habitation personnelle, un chalet avec un beau jardin, situé dans les dépendances du bois de Boulogne, et occupant Tespace compris entre les numéros actuels 107 et 113 de Tavenue Henri-Martin. L'entrée était au n" 135 de Tavenue de l'Empereur (vers le n** 143 de l'ancienne avenue du Trocadéro et le n** 111 de l'avenue Henri-Martin), près du parc du château de la Muette. La chanoinesse de Cessiat céda à la Ville, en août 1879, le droit de jouissance qu'elle possédait en vertu de ce décret, moyennant le paiement d'une rente viagère annuelle de 12.000 francs. Il résulte d'un procès-verbal d'adjudication dressé le 21 octobre 1879 par M'' Delapalme, notaire, que la propriété connue sous le nom de villa Lamartine (2) a été vendue par la Ville à M. Beaure pour 478.000 francs ; on y a bâti trois somptueux hôtels.
L'acte de décès de Marie-Louis-Alphonse de Lamartine , signé par le vicomte de la Guéronnière et par le baron de Chamboran, porte qu'il est mort à l'âge de soixante-dix-huit ans, le 28 février 1869, au n*» 135 de l'avenue de l'Empereur (aujourd'hui avenue Henri-Martin).
Presque vis-à-vis de l'emplacement du chalet où l'illustre poète a passé les dix dernières années de sa vie, se trouve le square Lamartine^ où sa statue en bronze a été érigée (3) ; elle fut inaugurée le 7 juillet 1886. Ce square, qui a 40 mètres de largeur sur 105 de longueur, a été établi en 1863. L'arrêté du 8 juillet 1881 lui avait attribué le nom de « place Victor-Hugo » ; celui du 8 juillet 1886 lui a donné sa dénomination actuelle en l'honneur de Lamartine (1790-1869).
Mme Flobert, vice-présidente de la 2'* section de la Société historique d'Auteuil et de Passy, a proposé, le 12 mai 1899, la suppression des ifs qui donnaient au square Lamartine un aspect un peu funèbre et leur remplacement par des parterres de fleurs. Cette demande a été transmise à la municipalité par le secrétaire général de la Société historique d'Auteuil et de Passy et favorablement accueillie ; on a remplacé les massifs d'ifs par des parterres de fleurs, en ne laissant subsister qu'un if à chaque extrémité de ces parterres.
C'est au centre du square Lamartine que se trouve l'oriflce du puits ariésien (4), masqué par des massifs d'arbustes. Ce puits a été creusé de 1855 à
(i) Mlle de Cessiat, qu'on appelait aussi Mlle Valenline de Lamartine, était (llle d'une sceur du poète; elle renonça au mariage pourôlre Tappui et la consolation de la vieillesse de Lamartine, qui la fit nommer chanoinesse d'un chapitre noble de Bavière. Son corps repose dans le caveau de famille de Saint-Point,
{2: Voir p. 116 à 118 du II» volume du BuUetin l'article intitulé: « Le Chalet de Lamartine à Passy » et un extrait de Tétude consacrée à Mlle Valentine de Lamartine par Mme Emile Ollivier, dans les numéros du Correspondant des 25 novembre et 20 décembre 1895.
3) Voir aux annexes (p. 437) les vers prononcés par M. Clovis Hugues à l'inauguration de la £»tatue de Lamartine.
(4; Voir aux annexes (p. 438) l'article de M. Léopold Mar, intitulé : « Le Puits artésien de Paf^sy ». On trouvera aussi aux annexes (p. 395) des indications sur ce puits, dans mon article sur « le Service des eaux à Passy », ainsi que dans l'extrait des mémoires du baron Haussmann communiqué par M. Emile Potin (p. 406).
AVENUE MARCEAU iSg
1861 ; ses eaux concourent à l'alimentation des rivières et lacs du bois de Boulogne.
Le côté impair de V avenue Marceau, nommée précédemment « avenue Joséphine », appartient au XVI*' et le côté pair au VIII* arrondissement. Le territoire de Tancienne commune de Passy comprenait le côté pair au delà de la rue de Presbourg, jusqu'à la place de l'Étoile. Le percement de cette avenue, autorisé par le décret du 13 août 1854 pour la section comprise entre la place de TÉtoile et la rue de Presbourg, et par le décret du 6 mars 1858, pour la partie comprise entre la rue de Presbourg et la place de l'Aima, fut immédiatement commencé, mais n'était pas encore terminé en 1864 (1).
Le décret du ±1 janvier 1864 approuva le traité conclu entre la Ville de Paris et la Société Thome et C**, par lequel cette Société s'engageait à exécuter : 1** l'ouverture de l'avenue n** 1 (Aima) ; 2** l'achèvement de l'avenue Joséphine (Marceau) entre la rue de Chaillot et le carrefour de l'avenue de l'Empereur (Trocadéro); 3** l'amorce de cette dernière avenue, depuis son point de départ au quai Debilly jusqu'au pan coupé sur le passage de la pompe à feu.
Sur l'emplacement de l'Institution Sainte-Périne-de-Chaillot, qui a été transférée à Auteuil (2), on a percé, en 1865, une partie de l'avenue Joséphine (Marceau) et de la rue Bassano, ainsi que les rues Christophe-Colomb, Euler et Magellan. En outre, l'expropriation des terrains occupés par cette Institution a permis d'élargir la rue de Chaillot.
La construction de l'avenue Marceau'a supprimé : 1" une partie de la rue Bizet;2'* l'impasse des Blanchisseuses; 3" une partie de la ruelle Sainte- Geneviève (me Keppler) ; 4** une partie de la rue Newton (3).
Le nom d'avenue Joséphine avait été donné à celte voie, par décret du 2 mars 1867, en l'honneur de l'impératrice Joséphine. Sa dénomination actuelle lui a été attribuée, par décret du 16 août 1879, en l'honneur de Fran çois-Séverin des Graviers Marceau (1769-1796), fils d'un procureur au bailliage de Chartres. Élu, en 1791, commandant du second bataillon des volontaires d'Eure et Loir, il était général à vingt-quatre ans, commanda l'aile droite de l'ai raée française à Heurus, reçut en 1796 le commandementde la premièredivision de l'armée de Sarabre-et-Meuse et fut tué, à Al tenkirchen, à vingt-six ans et demi . La ville de Chartres lui a élevé, en 1851, une statue en bronze, qui est de Préault ; le musée de cette ville possède le beau tableau de Bouchot : Les Funérailles de Marceau,
La rue des Balailles, qui est remplacée par l'avenue d'Iéna, existait depuis fort longtemps à Chaillot; Henri IV et Gabrielle d'Estrées y demeurèrent en 1393, avant l'entrée du roi à Paris. William Pitt, premier comte de Chatam, et Mme d'Épinay y ont logé. Le comte Treilhard, ministre sous le premier Empire, y a séjourné sous le Directoire ; le comte Regnaud de Saint-Jean-
fi) Le niveUement de l'avenue Marceau a été fixé par arrêté du 12 décembre 1860 pour la partie comprise entre la place de TEloile et la rue de Chaillot, par arrêté du 29 juin i865 pour la partie comprise entre la rue de Chaillot et la place de TAlma.
.2) Voir page 216 les indications données sur l'institution de Sainte Périnc.
;3/ La longueur sous-minée de l'avenue Marceau, entre la rue Pierre-Charron et la rue de Chaillot, est de 65 mètres; devant le n"* 33, la distance du sol au ciel de la carrière est de i2™,65; la hauteur de la galerie d'exploitation est de i">,8o. La consolidation a été opérée au moyen de piliers maçonnés et de remblais bourrés,
l40 HISTOIRE Di: XVr ARRONDISSEMENT
d'Angély, vers 1812-1815; Honoré de Balzac, vers 1832-1835 (sur remplacement du n" 12 de l'avenue d'Iéna), (ancien 13 de la rue des Betailles); Jules Sandeau, avant 1844.
Au n^ iode cette avenue se trouve l'hùtel de style Louis XIV que le prince Roland Bonaparte a fait construire par M. Genty.
Le ministre du Royaume-Uni de Suède et de Norvège demeure au n° 58, et le ministre de Tempire du Japon, au n" 75 de l'avenue Marceau.
Le 12 novembre 1848, on a livré à la circulation une nouvelle barrière, dite des Batailles, pour relier directement Chaillot à Passy. Les omnibus circulant entre Passy et la place du Carrousel pouvaient économiser huit à dix minutes pour leur trajet en prenant la nouvelle route, qui suivait la rue des Batailles et, après avoir franchi le mur d'enceinte, aboutissait au carrefour de Passy.
Le décret du 6 mars 1858, qui a déclaré d'utilité publique l'ouverture de Y avenue dléna^ nommée d'abord « boulevard n^ 4 de Chaillot », avait assigné à cette avenue une largeur de 40 mètres; mais le plan d'alignements joint au décret n'indiquait qu'une largeur de 36 mètres, dimension qui a été efTectivement suivie en exécution (1).
Les travaux furent commencés dès 1858, et leur exécution exigea plusieurs années. Le décret du 2 mars 1864 donna à cette voie, quand elle n'était pas encore terminée, le nom d'avenue d'Iéna, en mémoire de la victoire remportée par l'armée française sur les Prussiens le 14 octobre 1806. Un décret du 24 septembre 1864 approuva le traité passé entre la Ville de Paris et la Société Thome et C" pour l'achèvement de l'avenue d'Iéna, dont le percement a coûté 13.466.281 francs ; la revente des terrains et des matériaux ayant procuré une recette de 993.610 francs, la dépense nette ressort à 12.472.671 francs.
L'avenue d'Iéna a remplacé Tancienne rue des Batailles entre le boulevard Delessert et la place d'Iéna ; elle a absorbé Vimpasse de la Croix-Boissière et une partie delà rue Newton. Le duc de Vivonne, frère de M. de Montespan, mourut en sa maison de Chaillot le 15 septembre 1688.
Bailly habitait pendant l'été une maison de campagne qu'il avait achetée vers 1758, quand il n'avait encore que vingt-deux ans. Le 15 juillet 1789, au lendemain de la prise de la Bastille, il avait été nommé maire de Paris et était rentré fort tard à sa maison de Chaillot. Le curé de Saint-Pierre, escorté de ses marguilliers, se rendit chez Bailly, qu'il connaissait depuis longtemps, pour le féliciter et pour lui annoncer qu'il venait d'être nommé marguillier d'honneur de la paroisse : « Je suis touché de votre démarche, lui répondit Bailly; mais je ne puis accepter ce titre, n'en ayant jamais rempli les fonctions effectives; d'ailleurs, la Constitution proscrit toutes ces places d'honneur, incompatibles avec l'égalité. »
Jules Grévy, ancien président de la République, habita son hôtel de l'avenue d'Iéna depuis le 2 décembre 1887 jusqu'à sa mort, survenue en 1891.
(i) Pour Taveniie d'Iéna, la longueur de la voie sous-minée est de 178 mètres entre la place des K!tats-Unis et la place d'Iéna et de 169 mètres entre cette dernière place et la rue de Magdebourg. Quelques fontis, dont un venu à jour en 1797. La consolidation a été opérée au moyen de piliers maçonnés et de remblais bourrés. Près la place des Etats- Unis, la distance du sol au ciel de la carrière est de i6«,5o; la hauteur de la galerie d'exploitation est de 4 mètres.
MUSÉE GUIM£T l4l
L^hôtel du ministre de la République de TËquateur esl au a^iide Tavenue dléna.
Lai place d'Iéna, qui a 70 mètres de largeur, comprend deux grandes faces rectilignes ; elle a été formée en même temps que Tavenue d'Iéna et en vertu du même décret du 6 mars 1858 ; elle est restée longtemps âans dénomination ; son nom lui a été donné par un décret du 10 décembre 1878. Le 3 juillet 1900 a eu lieu, sur la place d'Iéna, la cérémonie d'inauguration de la statue en bronze de Washington (1), offerte à la France par un comité de dames des Etats-Unis ; elle est Tœuvre de deux artistes américains : David Frencli et Edward Potter. Des candélabres ont été installés sur cette place en février 1900. Michel Perret (1813-1900) occupait Thôtel n*» 7 de la place d'Iéna (2). L'hôtel du ministre du royaume de Perse se trouve au n" 1 de cette place.
Le musée Guimet^ qui constitue un établissement unique en Europe au point de vue de l'histoire comparée des religions, particulièrement de celles de TAsie, occupe un espace compris entre la rue Boissière, l'avenue et la place d'Iéna. A la suite de ses voyages et missions scientifiques, M. Guimet 'A rassemblé à grands frais, dans ce musée, qui a d'abord été établi à Lyon, baaucoup d'antiquités et de curiosités hindoues, thibétaines, chinoises, japonaises, égyptiennes, alexandrines, grecques, romaines, gauloises, etc., d'objets de céramique japonaise et 13.000 volumes, tant imprimés que manuscrits. Cet établissement était connu, à Lyon, sous le nom de Musée Guimet dès 1879.
C'est en 1882 que M. Guimet prit la résolution de transférer son musée à Paris. Ce projet a été réalisé grâce à sa tenace persévérance, à ses libéralités, à son désintéressement, ainsi qu'au zèle et au dévouement infatigable de M. Xavier (^.harmes, alors directeur du secrétariat au ministère de l'Instruction publique. La première idée de M. Guimet avait été d'offrir son musée à la Ville de Paris; mais ses amis et M. Xavier Charmes lui représentèrent que, par son but même, ce musée devait plutôt relever du ministère de l'Instruction publique, d'autant plus que c'était ce ministère qui avait confié à M. (iuimet les missions scientifiques au cours desquelles il avait commencé à réunir, en Asie, les images de divinités, les livres et manuscrits religieux, les objets sacrés de l'Inde védique, de l'Inde brahmanique, du bouddhisme chinois et japonais, en ayant soin de s'en faire expliquer le sens par des indigènes.
Le 9 janvier 1883, M. Guimet offrit de céder à l'Etat, sous certaines conditions, toutes ses collections, vitrines, etc. M. René Goblet^ ministre de l'Instruction publique déposa, le 1^' juillet 1885, sur le bureau de la Chambre des députés, un projet de loi approuvant une convention aux termes de laquelle M. Guimet s'engageait à céder à l'État toutes ses collections et à faire construire à ses frais et risques, sur un terrain à céder par la Ville, un palais dont la dépense était évaluée à 1.590.000 francs, moyennant le paiement en trois annuités d une subvention de 780.000 francs, sous la condition qu'un crédit
'ij Sur le piédestal de cette f^latue équestre est gravée l'inscriplion suivante : u Offert p,ir les* femmes des Etats-Unis en souvenir de l'ami tic et de l'aide fraternelle prêtées por la France lors des guerres de l'Indépendance. »
;2) Voir h la p. 207 du III« volume un article nécrologique sur Michel Perret.
il^2 HISTOIRE DU XV!" ARRONDISSEMENT
annuel de 45.000 francs serait ouvert par THltat pour Tentrelien du musée, que M. Guimet en serait le directeur à vie et, qu'après lui, le directeur serait choisi par le ministre de Tlnstruction publique, sur une proposition des corps savants ressortissant à son ministère. Ces dispositions furent approuvées par une loi du 8 août 1885.
M. Guimet avait exprimé le désir que remplacement du palais fût choisi de manière à avoir les dégagements nécessaires sur une grande voie et à se trouver à proximité des musées modernes (Trocadéro, musée Galliéra, grandes collections des ponts et chaussées). On pouvait satisfaire à ces conditions en achetant un terrain d'environ 4.000 mètres carrés, k l'angle de l'avenue d'Iéna et de la rue Boissière ; mais les ventes faites auprès de cet emplacement en 1884 et 1885 faisaient ressortir un prix, par mètre carré, de 400 francs, impliquant une dépense de 1.600.000 francs, que la Ville trouvait trop élevée. Cette difficulté fut aplanie à la suite de négociations avec les propriétaires, MM. Grienenger et d'Erlanger, qui oflrirent de céder le terrain pour 1 million ; ce prix fut accepté, le 15 décembre 1885, par le conseil municipal de Paris.
Le palais a été construit sous la direction de M. 1 architecte Terrier, et les collections y ont été installées en 1888; M. Guimet est encore actuellement le directeur du musée, qui a pour conservateur M. de Milloué et pour conservateur adjoint M. Deshayes. Les ^\nnal€s et la Bévue de rhistoire des religions donnent un exposé très complet de toutes les religions orientales.
Lors de la construction du mur d'enceinte de Paris, sous Louis XVI, ce mur fut bordé à l'extérieur par de larges boulevards qu'on appelait « boulevards extérieurs ». La commune de Passy payait des participations pour l'entretien des boulevards extérieurs de Passy et de Longchamp, qui était fait par les soins de la Ville de Paris : ces deux boulevards ont été supprimés par suite de la construction de l'avenue Kléber.
L'utilisation de ces boulevards extérieurs était tout indiquée dans le programme des travaux d'embellissement de l'ouest du nouveau Paris. En effet, en prolongeant la ligne qui passait par la barrière Sainte-Marie (place du Trocadéro) et par la barrière du Roule, on obtient l'alignement droit qui forme l'axe des deux avenues actuelles Kléber et Wagram, s'étend sur plus de 2.800 mètres de longueur et croise perpendiculairement, sous l'arc de triomphe de l'Étoile, Taxe des magistrales avenues des Champs-Elysées et de la Grande-Armée.
L'ouverture de la partie de Yavemie Kléber comprise entre la place de l'Etoile et la rue Pauquet a été autorisée par le décret du 13 août 18.j4, qui a réglé tout ce qui concerne cette place et ses abords. Le surplus de l'avenue occupe l'emplacement de Tancien boulevard extérieur de Passy, entre la rue Pauquet et la rue de Longchamp et celui de l'ancien boulevard extérieur de Longchamp, entre la rue de Longchamp et la place du Trocadéro. L'ancien boulevard extérieur de Passi/y qui s'étendait de la barrière de Neuilly (place de l'Étoile) à la barrière de Longchamp, n'était pas en ligne droite dans toute son étendue : à 400 mètres environ de distance de l'Étoile, il sïnfléchissait suivant une courbe qui raccordait les deux alignements du boulevard. Cette courbe ne pouvait pas être maintenue dans le plan d'embellissement des abords de la place de l'Étoile ; on forma donc l'avenue Kléber en rectifiant
AVENUE KLÉBEB l43
rancien boulevard de Passy, suivant le tracé approuvé par le décret du 6 mars 1858. Elle fut complètement terminée en 1805 ; le décret du 2 mars 1804 la dénomma u avenue du Roi- de-Rome », parce qu'elle va de la place de rÉtoile à la place du Trocadéro et que c'est sur cette dernière place que le palais du roi de Rome avait été projeté sous le premier Empire. La dépense totale pour la construction de cette avenue s'est élevée à 10.935.22^ francs, et la revente de terrains et de matériaux a produit 1.318.732 francs ; la dépense nette a donc été de 9.010.490 francs.
Dans son parcours, cette avenue a supprimé : r la rue Guerlain; 2'' une partie du chemin de ronde de Longchamp, entre la rue de Longchamp et la place du Trocadéro ; S*" une partie du chemin de ronde de l'Étoile, entre les rues de Longchamp et du Belloy. Sur la partie supprimée du boulevard extérieur, on a construit la rue de Lapérouse et une partie de la rue Dumonl-d'Urville.
Le décret du 10 août 1879 a donné à cette voie le nom d'avenue Kléber (1), en Thonneurde Jean-Baptiste Kléber (1754 18(K)) qui, après avoir servi huit ans dans l'armée autrichienne comme ofQcier, fut élu, en 1790, chef d'un bataillon de volontaires de l'Alsace, sa patrie; il se distingua au siège de Mayence, servit ensuite un an en Vendée, acquit la réputation d*un général habile à l'armée de Sambre-et-Meuse, dans les campagnes de 1794 à 1790, fut mis ensuite en demi-solde et habita Chaillot en 1790 et 1797. Le général Bonaparte lui confia le commandement de l'armée d'Egypte, quand il revint en France. Il fut poignardé par un fanatique, Suleyman-el-Halebi, jeune homme de vingt-quatre ans, et inhumé, avec toute la pompe militaire, dans un des bastions d'Ibrahim-Bey. La ville de Strasbourg a élevé à Kléber une statue de bronze en 1840.
La reine d'Espagne Ysabelle II, grand'mère du roi Alphonse XIII, habite depuis 1808, quand elle est à Paris, l'hôtel monumental qui avait appartenu d'abord au comte Basilewski et qui est actuellement nommé le palais de Castille ; il est situé au n" 19 de l'avenue Kléber, à l'angle de la rue Pauquet. La reine Ysabelle a fait apposer, sur les deux principales grilles d'entrée, un Y sur fond d'azur, dans un écusson accolé à celui des armes de France, le tout dans un petit cartouche timbré d'une couronne royale.
L^ambassade des États-Unis d'Amérique se trouve au n" 18, la légation du Guatemala aux n"^ 55 et 57, celle de la République Argentine au n"" 87, et celle de la principauté rte Bulgarie au n* 94 de l'avenue Kléber. Le n" 92 de cette avenue est occupé par un hôtel de style Renaissance, avec tourelle à deux étages, en saillie sur la rue Saint- Didier, n»* 2, où se trouve l'entrée.
Cette avenue est desservie par quatre stations du métropolitain (Étoile, avenue Kléber, rue Boissière et place du Trocadéro). Les becs à incandescence installés sur la partie de l'avenue Kléber comprise entre la rue Galilée et la place du Trocadéro, ne datent que de 1900. Sur le trottoir, à la hauteur du n** 79, se trouve un kiosque en fer pour la descente dans les carrières de Passy ;
i' Les travaux de Tavcnue Kléber ont été exécutt^s, sous la direction d'Alphand, par M. Oarcel, ingénieur des ponts et chaussées, avec le concours de M. le conducteur Selheimer.
I-a voie sous-minée a été consolidée sur 3o4 mètres de longueur entre la place du Trocadéro et la rue Saint-Didier. La distance du sol au ciel de la carrière est de i5™,20, et la hauteur de la galerie d'exploitation de i*,7r>, au puits de service placé au n® io6.
l44 HISTOIRE DU XVI* ARRONDISSEMENT
on y accède par un escalier de quatre-vingt quatre marches, construit en 1786 dans les dépendances de Tancienne barrière de Longchamp.
Les deux faisceaux d'avenues, rayonnant les unes de la place de TÉtoile et les autres de la place du Trocadéro, ont coupé les quartiers de Chaillot et de Passy de manière à modifier notablement le relief assez tourmenté de ces deux quartiers. Pour les nouvelles avenues qui pouvaient être tracées en ligne droite et sans franchir des crêtes trop élevées (comme les avenues Kléber, Victor-Hugo, Henri-Martin), on a suivi le principe du point visuel, afin d'avoir de longues perspectives; c'est ainsi qu'on est arrivé à faire voir Tare de l'Étoile de l'avenue Henri-Martin. Mais le percement de l'avenue Kléber et de l'avenue Henri-Martin et l'abaissement de l'avenue Victor-Hugo isolaient, comme par des fossés, tout l'tlot qui se trouve compris entre ces trois avenues et qui est plus élevé que les grandes voies qui l'environnent. Pour remédier à cet inconvénient, M. l'ingénieur Darcel a étudié, dès 1801, pour le raccordement des rues avec les nouvelles avenues, un projet de nivellement général, qu'il importait d'exécuter promptement : car plus on aurait retardé l'exécution de ce travail et plus il serait devenu onéreux, en raison des constructions nouvelles à acquérir et par suite de l'élévation progressive du prix des terrains. On a admis une pente rapide (7 centimètres par mètre) pour la rue Lauriston, en vue d'en assurer la communication avec la rue circulaire et la place de l'Étoile. Il a fallu également admettre des pentes fortes pour raccorder la rue des Sablons et la rue Cortamberl avec l'avenue Henri-Martin. L'ouverture de l'avenue du Roi de-Rome (Kléber) avait exigé un déblai de 1"»,70 au débouché de la rue du Télégraphe (Sainl- Didier), et cette dilïérence de niveau avait été rachetée provisoirement par un escalier qui supprimait l'accès des voitures ; en 1863, le raccordement fut établi au moyen d'une pente de 4 centimètres et demi par mètre, sur environ 65 mètres de longueur, les constructions préexistantes s'opposant à l'établissement d'une pente uniforme, qui n'aurait été que de ^ centimètres par mètre. Comme la profondeur des déblais dépassait 9 mètres à Tintersection de la rue de Viiiejusi avec l'avenue Kléber, il a fallu admettre une pente de 7 centimètres et demi par mètre pour le raccordement de cette rue.
La rue Mignard (1) formait autrefois l'extrémité de la rue Spontini ; cette extrémité, voisine de la rue de la Tour, avait été ouverte en 1858, avec une largeur de 10 mètres, par la Ville de Paris; elle avait d'abord porté le nom de « rue Neuve-du-Puils-Artésien ». L'arrêté du 6 mai 1881 a donné le nom de rue Mignard à la partie comprise entre l'avenue du Trocadéro et la rue de la Tour. La rue de Siam ayant été ouverte en 1884, le décret du 25 février 1886 a complété la rue Mignard, en classant la partie comprise entre la rue de la Tour et la rue de Siam.
Pierre Mignard (1612-1695), auteur des fresques de la coupole du Val-de- (Irâce, a peint des tableaux d'histoire et plus de cent trente portraits, entre autres ceux de Mlle de la Vallière, de Mme de Montespan, de Mme de Sévigné, de La Bruyère, de Mme de Maintenon. Ses tableaux étaient si soignés qu'on a depuis nommé mignardise le défaut des ouvrages dans lesquels le
(i) î.«i rue Mignard renforme, devant le n» G, une ancienne» carrière; la distance du Bol au ciel de cette carrière est de 4 mètres, et la hauteur de la galerie d'exploitation est de 2™,6o; la voie sous-minée a été consolidée sur une longueur de 3o mètres.
RUE LAPÉROUSE l45
soin est poussé à l'excès et qui paraissent peu naturels. Après avoir fait neuf fois le portrait de Louis XIV, il avait Tlionneur de le voir encore poser devant lui, pour une dixième toile. Louis XIV lui dit : « Mignard, vous me trouvez vieilli. » — « Sire, répondit l'artiste, je vois quelques lauriers de plus sur le front de Votre Majesté », et, le jour même, il était nommé directeur de TAcadémie de peinture.
C4'est rue Mignard, n*» il, à Tangle de la rue de la Tour, qu'habitait le poète Eugène Manuel, inspecteur général de TUniversité. Pour honorer sa mémoire^ la Société historique d'Auteuil et de Passy, dont il avait été le président pendant huit ans, a fait apposer sur sa maison une plaque qui a été inaugurée le dimanche 27 octobre 19()l. De nombreux et beaux discours ont été prononcés, par ses amis et ses admirateurs, le 4 juin 1901, jour de ses obsèques, et le ±1 octobre 1901, jour où la plaque commémorative a été posée sur sa maison* sous la présidence de M. l'inspecteur général Adrien Dupuy, délégué par le ministre de Tlnstruclion publique et des Beaux-Arts, pour présider cette cérémonie. On pourra lire ces discours aux pages 42 à 52 du IV** volume du Bulletin^ avec le compte rendu des obsèques de M. Eugène Manuel, à qui sont dus le développement et la prospérité de la Société historique d'Auteuil et de Passy. Elle a demandé que son nom soit donné à une des rues du XVI* arrondissement (1).
L'impasse de Malakoff, qui a son entrée au n® 161 de l'avenue Malakofl, a une largeur de 5 mètres. Elle a été créée, en 1858, par la Compagnie du chemin de fer sur des terrains ayant appartenu à M. Cassard. Elle a reçu sa dénomination en 18IV4.
La rue Dumoni-iTUruille a été ouverte en 1800 sur l'emplacement de deux anciennes voies, créées à l'époque de l'établissement du mur d'enceinte de Paris sous Louis XVI (chemin de ronde de l'Étoile et une partie du boulevard de Passy). La largeur légale, qui avait été fixée à 11"\69 par arrêté du 17 août 1848, a été portée à 12 mètres lors de l'ouverture de l'avenue Kléber, l'alignement étant maintenu du côté des numéros pairs. Le décret du. 2 mars 1864 a donné à cette rue sa dénomination actuelle, en l'honneur du célèbre navigateur Jules-Sébaslien-César Dumonl-d'Urville (1790-1842), qui a publié ses voyages autour du monde et ses études sur la Polynésie ; il a découvert plusieurs terres dans l'océan glacial antarctique; il fut chargé en 1830 de conduire Charles X en Angleterre, fut nommé contre-amiral en 1841 et périt dans la catastrophe du 8 mai 1842 (chemin de fer de Versailles, rive gauche). Le général Boulanger, qui fut ministre de la Guerre, a habité le n** 11 bis de la rue Dumont-d'Urville en 1888-1889.
Rue Dumont-d'Urville n** 1 et rue de Belloy n* 2 on voit un hôtel du style Renaissance, qui a été construit en 1883 ; au second étage et faisant face à la place des États-Unis, s'avance une tourelle en encorbellement. A l'encoignure de la rue Dumont-d'Urville et de l'avenue d'Iéna se trouve un hôtel qui a élé construit en 1867 et où demeurait le maréchal Bazaine lorsqu'il fut arrêté.
La rue Lapérouse a été ouverte en 18(50, avec 12 mètres de largeur, par la Ville de Paris, sur l'emplacement d'une partie de l'ancien boulevard de Passy; elle n'existait antérieurement que du côté des numéros impairs, dont les
'I : Voir aux annexes (p. 499) le discours par M. Dupuy (le 27 octobre 1901). On trouvera également aux annexes (p. 440) celui que j'ai prononci^ aux ohst^'quos du regretté M.Manuel.
l46 HISTOIRE DU XVI' ARRONDISSEMENT
alignements ont été fixés par une ordonnance du bureau des finances du 16 janvier 1789. Sa dénomination lui a été donnée par le décret du 2 mars 1864, en l'honneur de Jean-François de Galaup de Lapérouse (1741-1788), enseigne en 1764, lieutenant de vaisseau en 177o, capitaine de vaisseau en 1780; il s'illustra en Amérique dans la guerre contre les Anglais, sous les ordres de l'amiral d'Estaing ; il partit de Brest en i785, avec la Boussole et r Astrolabe, pour un voyage de circumnavigation, découvrit au Kamtschatka le détroit qui porte son nom et arriva à Botany-Bay en 1788 ; on n'eut plus ensuite de ses nouvelles. En 1827, le capitaine anglais Dillon découvrit les débris de son navire et. Tannée suivante, Dumont-d*Urville trouva des indices certains de son dernier séjour à l'île de Vanikoro (Océanie), où il avait perdu la vie, et y fit élever un monument funéraire. Emile de Girardiu, publiciste, a habité le n*» 27 de la rue Lapérouse de 1877 à 1881, date de sa mort.
La rue Herran, qui longe le lycée Janson-de-Sailly et a 12 mètres de largeur, est une voie privée, ouverte en 1862 par M. Herran, qui a été successivement en Espagne, en Angleterre et en France, ministre des républiques américaines de Honduras, Salvador et Costa-Rica.
La rue du Général-Apperl est une voie privée ; elle fut ouverte en 1864, avec une largeur de 12 mètres, sur des terrains appartenant à M. l'ingénieur Philipps, qui, à l'époque où elle était encore à l'état d'impasse, la nomma « rue Appert »>, parce que la première maison y fut construite par le général Appert{1817-189l). Ce général servit longtemps en Afrique, futnommé général de brigade le 14 juillet 1870, commanda la place de Versailles en 1871 et une division d'infanterie, à Orléans, en 1875. 11 fut ensuite envoyé à Saint-Pétersbourg, où il était très apprécié par le tsar, ce qui lui permit de rendre de grands services à la France. C'est sur la demande des habitants que la dénomination de « rue Appert » a été remplacée, le 10 avril 1893, par celle de « rue du Général-Appert ». Le prolongement de cette rue a été ouvert d'août 1897 à avril 1898, entre les rues de la Faisanderie et Spontini ; tous les frais de cette ouverture (viabilité complète et éclairage) ont été payés par M. de Rothschild.
La Ville de Paiîs décida de ne pas aliéner les pelouses du lianelagh et de les aménager pour en faire une promenade publique. Par délibération du 6 décembre 1857, le conseil municipal de Passy accorda à la Ville de Paris une subvention de 1.000 francs, pour établissement de bancs sur ces pelouses. Elles sont actuellement desservies par les avenues Ingres, Prud/îon, du lianelagh et Raphaëlyàojxi les riverains sont astreints, dans l'intérêt de Tembellissement du quartier, à certaines servitudes (l), en vertu du cahier des charges régissant la vente aux enchères du 4 décembre 1858. Cette adjudication comprenait 44.756 mètres carrés, qui ont été vendus pour 1.351.000 francs. A répoque où elle a eu lieu, la situation des pelouses du Ranelagh laissait encore beaucoup à désirer ; elles étaient envahies par des haies et des brous- Bailles ; des chemins de piétons y étaient tracés dans tous les sens. Les ingénieurs de la Ville dressèrent, en 1859, un projet montant à 155.000 francs pour niveler le sol, le semer à nouveau, y tracer les chemins longeant le parc de la Muette et le chemin de fer d'Auteuil, terminer les nouvelles avenues
(i) Voir aux annexes (pafçe 440 les règlements spéciaux qui régissent les abot*ds du lianelagh (contrat de vente des terrains bordant les avenues Ingres, Prudhon et Raphaël}.
PELOUSES DU RANEI.ACn 1^7
et les raccorder avec le boulevard Sucliel et la chaussée de la Muette. Tous
si
ces terrains avaient été relraiicliés du bois de Itoulogne lors de rétablissement des fortifications de Paris et cédés alors à la Ville (I).
RaphaC). Prudhon et Ingres ont été ouvertes en 18G0, sous la direction les ordre» Uc M. l'ingénieur Uarcel et de M. le conducteur Seilhoinicr.
t48 HISTOIRE DU XVl" ARRONDISSEMENT
Dans ce joli coin de verdure se trouve le monument élevé à La Fontaine, grAce à une souscription qui avait été ouverte sous les auspices de M. Marraottan, maire du XV1« arrondissement; la moitié des fonds a été fournie par Passy et Auteuil. Le groupe est dû au statuaire Dumilâtre et a été fondu par M. M. Thiébaul; M. larchitecte Franlz Jourdain est l'auteurdu piédestal.
Dllertinn de M. Cm. l'alin )
M. SuUy Prudhomme, qui occupe, à l'Académie française, le fauteuil de La Fonlaine.aproDoncéun discours très applaudie l'inauguration du monument, qui a eu lieu le m juillet IKill . On peut le trouver aux archives de la Société. L'avenue Raphaël, précL'ddmraent c. boulevard du Banelagh ■>, doit son nom à l'illustre peintre italien Raphaël Sanzio (i483-lî>20) ; élève du Pérugin, ilcomposa, il dix-huit ans, leMariagedela Vierge, peignit ensuite à Florence /n Belle Jardinière, puis fut iippelé k Kome par Bramante, archilecte du pape
AVKNUE INGRES i^Q
Jules II, qui le chargea de peindre les salles du Vatican (fresques de VÉcole d'Athènes, de la Dispute des Docteurs, de la Bataille d'Ostie, de r Incendie de BorgO'Vecchio). Les ouvrages de Raphaël sont si connus qu'il paraît inutile de les énumérer ici.
Cuvillier-Fleury, ancien précepteur du duc d'Aumale, mourut en 1887 à rbùtel n** 4 de l'avenue Raphaël, qu'il habitait depuis plus de vingt ans (1).
L'avenue Raphaël renferme beaucoup de jolis hôtels et de coquettes villas s*épanouissant au milieu de la verdure. On peut citer : au n** 10, un hôtel gothique à pignon central, et, au n** 8, une villa qui est une des premières construites dans l'avenue Raphaël et dont la façade est formée de briques de différents tonss avec application de faïences émaillées de couleurs variées; en avant et à gauche, accolée à la façade principale, s'avance une véranda pentagonale surmontée d'une terrasse et, sur le côté, toujours à gauche du bâtiment principal, s'élève une tour octogonale également en briques et faïences polychromes (2), couronnée par une autre terrasse en saillie.
Vauenue Prudfion, qui constituait précédemment une partie de la chaussée de la Muette, a reçu sa dénomination actuelle par décret du 2 octobre 1865, en mémoire du peintre Prudhon (1760-1823), à qui on doit : le Crime poursuivi par la Justice et la Vengeance célestes, le Christ mourant sur la croix.
Le célèbre compositeur Gioacchino-Antonio Rossini, qui avait demeuré pendant quelque temps à la rue de la Pompe, habita, à partir de 1857, une villa qu'il avait fait construire sur un terrain qui lui avait été gracieusement concédé par la Ville de Paris, près de la porte de Passy, entre le chemin de fer d'Âuteuil et le boulevard Suchet (n"" 5 de Vauenue Ingres) ; il mourut dans cette villa, le 13 novembre 1868, à l'âge de soixante-seize ans.
Au n"" 4 de l'avenue Ingres, vis-à-vis de l'ancienne maison de Rossini, se trouve un hôtel qui a été construit par M. AUouard, et dont une reproduction a été donnée par M. César Daly, dans son ouvrage intitulé : De rarchitecture privée au xix* siècle.
On voit, au n** 1 de Y avenue Ingres, un hôtel de style Renaissance, présentant deux riches façades : l'une, sur l'avenue, est masquée par les arbres ; pour bien juger l'autre, qui domine la voie ferrée, il convient de la regarder du boulevard Beauséjour. Des mosaïques sur fond d'or sont incrustées dans les tympans des hauts pignons qui surmontent les fenêtres.
L'avenue Ingres, qui s'est nommée d'abord « boulevard Rossini », a reçu sa dénomination actuelle, par décret du 2i août 1864, en mémoire du peintre Jean-Auguste-Dominique Ingres (1780-1867), élève de David, grand prix de Rome en 1801. 11 peut être considéré comme un maître classique et comme le représentant du dessin correct et de la peinture sobre, toujours empreinte d'un idéalisme élevé. A l'Exposition universelle de 1855, un salon fut exclusivement réservé à ses œuvres. Il fut nommé sénateur en 1862 et ensuite directeur de la villa Médicis. Plusieurs hôtels de l'avenue Ingres avaient été endommagés par les obus en 1871.
(i) Cuvillier-Fleury, avant de devenir le principal rédacteur du Journal des Débals et un des grands électeurs de l'Académie française, avait été précepteur du duc d'Orlt'ans, flis aîné du roi Louis-Philippe.
(2) Diverses indications sur les hôtels et villas ont été extraites d'une communication faite par M. Léopold Mar à la Société historique d'Auteuil et de Passy, sur les belles façades du XVI* arrondissement.
|5o HISTOIRE DU XVI*
Les avenues Ingres. Prudhoa et Raphaël ont été munies du becs à incandesceoce en mai 190U.
L'ouverture de la partie de la rue de Freycinel comprise entre Tavenue de l'Empereur (Trocadéro) et la rue Morny (Pierre-Charron) a été déclarée
(l'utilité publique par le décret du 17 septembre It^tii, fixant à li mètres la largeur de cette rue; elle remplaçait le passage de la Pompe-àFeu, qui avait été lormé à la fin du xvm" siècle, était coudé, commençait au quai Debilly el finissait à la rue de Chaillot. Un autre décret du 24 du même mois sanctionna le traité passé entre la Ville et la Société Thome et C' pour l'exécution de la nouvelle voie.
RUE HAMELIN l5l
La déclaration d'utilité publique pour Touverture de la partie de la rue de Freycinet comprise entre la rue Pierre-Charron et Tavenue d'iéna a été prononcée parle décret du 2 mars 1867. La Ville a utilisé des terrains provenant des anciens réservoirs de Chaillot, pour l'ouverture de cette section, qui a également une largeur de 12 mètres et dont les travaux ont été exécutés par la Société Thome et C'*, suivant un traité passé le 2 juillet 1866 entre la Ville et cette Société. Vimpasse des Réservoirs s est trouvée confondue dans le tracé de cette seconde section.
Le décret du 2 mars 1867 a donné à la rue de Freycinet (1), dans tout son parcours, cette dénomination, en Thonneur du navigateur Louis-Claude De Saulcesde Freycinet (1779- 1842), qui a découvert des terres australes; il fut nommé capitaine de vaisseau en 1820 et entra à TAcadéraie des sciences en 1825. La légation du royaume de Serbie se trouve au n" 9 de la rue de Freycinet.
La rue de Bassano appartient au XVl» arrondissement entre l'avenue d'Iéna et l'avenue Marceau, au VIII», entre l'avenue Marceau et l'avenue des Champs- Elysées. Cette rue peut être considérée comme faisant suite à la rue de Lubeck, dont elle est séparée par la place d'Iéna. Le décret du 17 septembre 1864 avait autorisé le prolongement de la rue de Lubeck depuis la rue Boissière jusqu'à l'avenue des Champs-Elysées ; les travaux furent exécutés par la Société Thome et C, et le décret du 2 mars 1867 a donné à ce prolongement, entre la place d'Iéna et l'avenue des Champs-Elysées, le nom de rue de Bassano. Ce percement, pour lequel on a adopté la largeur de 13 mètres, a englobé (2) la ruelle des Jardins, qui existait en 1730 et allait de la rue Keppler à Vimpasse des Réservoirs, supprimée, comme il a été dit ci-dessus, par suite de la création de la rue de Freycinet (3). On remarque, au n° 48 de la rue de Bassano, un bel hôtel qu'habite l'illustre peintre Honnat, membre de •l'Institut et professeur à l'Ecole des Beaux-Arts.
Hugues-Bernard Maret, duc de Bassano (1763-1834), fut un des fondateurs du Club des Feuillanls; il a été ministre des relations extérieures en 1811, pair de France en 1831 et ministre de l'Intérieur en 1834.
La rue Hamelin (4), qui va de la rue de Lubeck à l'avenue Kléber, se trouve à la hauteur de l'ancienne barrière des Bassins, point où le mur d'enceinte décrivait un arc de cercle ayant pour efiet de faire abandonner au boulevard
(i) Sous le trottoir de la rue de Freycinet se trouve un escalier circulaire de i4'"t55 de profondeur (63 marches), construit en 1784, dans l'enceinte des réservoirs de la pompe à feu de Chaillot, pour desservir les réseaux de l'inspection générale des carrières. La longueur de la voie sous-minée, rue de Freycinet est de 99 mètres, outre la venue d*Iéna et la rue de Chaillot; il s'y est produit quelques fontis, dont 3 venus à jour en 1807 et 1812. La hauteur du sol au ciel de la carrière est de ii«»,07; la hauteur de la galerie d'exploitation est de 3™4^-
(2) Sur le VIII« arrondissement, le percement de la rue de Bassano a supprimé, entre la rue Vernet et Tavenue des Champs-Elysées, la rue du Château-des-Fleurs, qui avait été créée en vertu d'un arrêté du conseil du roi du 21 août 1777 et qui servait de limite orientale au promenoir de Chaillot.
(3) La longueur des voies sous-minées est de 42 mètres, devant les n*"*6, 8, 10 et 12 de la rue de Bassano ; une carrière isolée s'y étend sous les propriétés des n«« pairs seulement. Entre les rues Pauquet et Bizet, la distance du sol au ciel de la carrière est de i9™,95 : la hauteur de la galerie d'exploitation est de 6™,5o.
(4) La longueur de la voie sous-minée est de 4^ mètres sous la rue Hamelin, à l'origine de la rue de Lubeck. La consolidation a été faite par remblais bourrés sur 20 mètres de longueur. La distance du sol au ciel de la carrière est de i3"',70, et la hauteur de la galerie d'exploitation est de 4™/^-
lb2 HISTOIRE DU XVI^ ARRONDISSEMENT
de Passy (ancien boulevard extérieur) la direction de Tavenue Kléber et de lui faire suivre celle de la rue Dumont-d'Urville. Elle a été ouverte avec une largeur de 12 mètres, en vertu du décret du 17 septembre 1864; un autre décret, du 24 du même mois, a sanctionné le traité passé entre la Ville et la Société Thome et C*«, pour l'exécution du percement de cette rue, qui a reçu son nom, par décret du 2 mars 1867, en l'honneur de Tamiral Ferdinand- Alphonse Hamelin 11796-1864), neveu du contre-amiral Hamelin, mort en 1839. Il fut embarqué à onze ans sur la frégate la Vénus, commandée par son oncle ; il prit part, à quatorze ans, enqualité d'aspirant, à la bataille du Grand- Port, que Duperré livra à la flotte anglaise et qui nous rendit TIle-de-France; il fut nommé enseigne en 1812, lieutenant de vaisseau en 1821, capitaine de vaisseau en 1836, contre-amiral en 1842, vice-amiral en 1848. Pendant la guerre de Crimée, il commanda la flotte française dans la mer Noire ; il fut nommé amiral en 1854, ministre de la Marine en 1855 et grand chancelier de la Légion d'honneur en 1860.
En septembre 1897, le pavage en pierre de la rue Hamelin a été converti en pavage en bois (1).
La rue de Belloy a été ouverte à 12 mètres de largeur, en 1866, tant sur l'emplacement des anciens réservoirs de Chaillot que de divers immeubles acquis par la Ville (traité passé le 2 juillet 1866 avec la Société Thome et C^*). Le nivellement a été fixé par l'arrêté du 7 novembre 1866; mais le classement de cette rue comme voie publique n'a été prononcé que par le décret du 25 juin 1883, modifiant les alignements.
Le décret du 10 août 1868 a donné à cette rue sa dénomination en Thonneur de Jean-Baptiste de Belloy (1709-1808), qui remplaça l'illustre évoque Belzunce, à Marseille, en 1756, fut nommé archevêque de Paris en 1802 et cardinal en 1803.
La rue de Juigné^ longeant le terrain qui avait d'abord été réservé en vue de la construction d'une nouvelle église à Chaillot et qui forme aujourd'hui* la place des États-Unis, a été ouverte en 1866 par la Ville, sur l'emplacement tant des anciens réservoirs de Chaillot que de divers immeubles acquis conformément à un traité passé entre la Ville et la Société Thome et C'«. Le décret du 10 août 1868 avait donné à cette rue sa dénomination en l'honneur d'Antoine-Éléonore-Léon Leclerc de Juigné ;1728-1811), évoque de Châlons en 1764, archevêque de Paris en 1781, qui fut député aux États généraux, s'expatria et ne revint qu'en 1802 en France, où il passa ses dernières années dans la retraite. La rue de Juigné ne porte plus ce nom actuellement, parce qu'elle fait partie de la place des États-Unis, qui a été créée également en 1866 par la Ville, s'était d'abord appelée « place Galilée », avait reçu, par décret du 10 février 1875, le nom de « place de Bitche », en mémoire de l'héroïque défense de cette place pendant la guerre de 1870-1871, a été classée et alignée par le décret du 25 juin 1883, et a reçu sa dénomination actuelle, par décret du 16 août 1881, en l'honneur de la grande république américaine. La place des États-Unis, qui a 60 mètres sur 55, est ornée d'une statue de Washington et La Fayette et renferme un jardin anglais. En 1897, le pavage en pierres de la place des États-Unis a été converti en pavage en bois.
Le décret du 2 mars 1867 a donné le nom de Mozart à l'avenue devant être ouverte entre la chaussée de la Muette et la rue de la Fontaine. Le décret du
(i) En 1902, recelé municipale de garçons de la rue Hamelin avait 242 élèves.
RUE MOZART l53
29 mai suivaut a déclaré d'utilité publique l'ouverture de cette voie, en spécifiant qu'elle aurait 20 mètres de largeur ; qu'elle partirait du carrefour formé à Auteuil par la rencontre des rues Poussin, des Vignes (Pierre-Ouérin), de la Fontaine (La Fontaine) et de Magenta (Pierre-Guérin) ; enfin qu'elle aboutirait au point de jonction des rues de la Pompe et de Boulainvilliers, avec formalion d'un carrefour de dégagement à Tintersection de ces deux dernières rues avec la rue de Passy.
Le percement de cette rue Mozart a été immédiatement commencé; mais on n'a exécuté, sous le second Kmpire, que la partie comprise entre la rue Bois-le-Vent et la rue de l'Assomption (1). On a ouvert, en 1876 et 1877, la section qui s'étend de la rue de l'Assomption à la rue Ribéra, ainsi qu'une amorce près de la rue La Fontaine ; on a fait, en 1881 , la partie qui s'étend entre la rue Ribéra et la rue La Fontaine ; enfin on a mis en état de viabilité, de juin 1895 h février 1897, la section comprise entre la chaussée de la Muette et la rue Boîs-le-Vent.
On a donc mis près de trente ans à percer la rue Mozart (qui dessert Auteuil et Passy), ce qui tient à ce que les travaux ont été interrompus fréquemment, et Ton peut dire que les prévisions n'ont pas encore été complètement réalisées, car les ingénieurs de la Ville avaient projeté primitivement de prolonger la rue Mozart jusqu'à la place du Trocadéro, afin de relier directement cette place avec Auteuil. On n'a pas exécuté jusqu'ici ce prolongement, qui devait avoir 20 mètres de largeur, comme la rue Mozart ; plus on attendra, et plus la dépense s'accroîtra, en raison des constructions qui s'élèvent sur le tracé. On peut diviser ce prolongement en deux sections : la première aboutirait à la place Possoz, où l'emplacement de la voie projetée est indiqué par deux amorces; la seconde section couperait la rue Vital près de son intersection avec la rue Nicolo, la rue de la Tour entre la rue Bellini et la rue Louis-David, la rue SchefTer à son intersection avec la rue Bellini; elle traverserait la rue Pétrarque et, ce qui constitue une grave difficulté, le cimetière de Passy, pour rejoindre la place du Trocadéro, entre l'avenue Henri- Martin et la rue Franklin, au point où le mur du cimetière de Passy a été reconstruit, en lîKK), avec une forme à arcades, qui diffère de celle adoptée pour les autres parties de ce mur de soutènement.
La dépense totale faite de 1807 à 1897, pour l'ouverture de la rue Mozart, s'est élevée à ±47'2.655 francs ; la revente des terrains et des matériaux de démolition ayant procuré une recette d'environ 7oO.O(K) francs, le sacrifice de la Ville de Paris pour la création de cette voie peut être évalué à 1.700.000 francs-
Le compositeur Jean-Chrysostome-Wolfgaug-Amédée Mozart (1756-1791) fut présenté à l'empereur d'Allemagne François 1" à l'âge de six ans ; il composait déjà alors des pièces de clavecin et jouait à livre ouvert; il n'avait pas encore huit ans quand il touchait l'orgue à Versailles ; il fut présenté l'année suivante à la cour d'Angleterre. Il composait de mémoire, sans le secours du piano, et jetait rapidement ses idées sur le papier ; il est l'auteur de DonJuan, des Noces de Figaro, de la Flûte enchantée, d'une célèbre messe de requiem et de beaucoup de symphonies.
(i) Les travaux de la rue Mozarlonlclé dirifçés de i806i\ i8G8 par M. l'ingénieur Ernest Rousseau et M. le conducteur Maliieu; on 187G et 1878, par M. l'ingénieur Harlet ol M. le conducteur Lomprez; en 1881, par M. l'ingénieur CluKiuet et M. le conducteur Holy; en i8g6, par M. ringénieur Babinet et M. le conducteur Chevallier.
l54 HISTOIRE DU XVI* ARRONDISSEMENT
Le décret du 21 novembre 1901 a modifié les alignements à Tangle de la rue Mozart et de la chaussée de la Muette.
Vimpasse Mozart, qui a son entrée au n** 36 de la rue Mozart, à peu de distance de la rue du Ranelagh, n'a qu'une largeur de l"',^^ sur une longueur de 28 mètres et était précédemment nommée « impasse de la Chaise ». C'est le restant d'une ancienne sente, dite de la Chaise, qui avait été classée comme chemin public rural par arrélé du 5 octobre 1857 ; elle commençait à la rue de la Glacière (ensuite rue Davioud) et arrivait au lieu dit La Chaise (Beauséjour). Une grande partie de son étendue s'est trouvée supprimée par suite du percement de la rue Mozart. Le nom d'impasse Mozart a été substitué à celui d'impasse de la Chaise par l'arrêté du 3 septembre 1869.
Le décret du 2 mars 1867 a donné le nom de rue Largiiiière à la voie à ouvrir entre la rue Mozart et le boulevard Beauséjour ; un autre décret du 29 mai de la môme année a déclaré d'utilité publique l'ouverture de cette rue, qui a été immédiatement exécutée : 1° sur un emplacement appartenant à la Ville et précédemment occupé par le service municipal des promenades et plantations ; 2** sur des terrains appartenant à la Société Ileugel et G**.
Nicolas Largiiiière (1656-1746) fut d'abord attaché, en Angleterre, à la personne du roi Charles II ; la protection de Van der Meulen, peintre historiographe de Louis XIV, lui procura des commandes de portraits en France ; Charles Le Brun le prit en amitié. La vérité du coloris, la fraîcheur du ton et la légèreté de touche de Largiiiière le firent surnommer le Van Dyck français. Il entra, en 1686, à l'Académie de peinture, dont il devint ensuite chancelier. On lui doit un ex-voto qui décore l'église Saint-Étienne-du-Mont, le Repos, donné à Louis XIV par la Ville de Paris, en 1687, et le Mariage du duc de Bourgogne en 1697 ; il a fait 1.500 portraits.
Au n*" 4 de la rue Largiiiière, à l'angle de la chaussée de la Muette, se trouve l'habitation que s'était fait construire M. l'architecte Lheureux, mort récemment ; il a dirigé l'agrandissement de l'École de droit, avec nouvelle façade sur la rue Saint-Jacques. Si on entre dans cette maison, on voit du jardin une construction originale : trois corps de bâtiment reliés à gauche par une tour à deux étages, qui sert d'escalier et à laquelle s'adosse une rotonde. La description de cette habitation se trouve à la page 821 de Y Encyclopédie d'architecture, publiée par Mme veuve Morel et C''.
La villa Herran, qui a son entrée rue de la Pompe, au n* 85, a été formée en 1867 par M. Herran (1).
La villa de Longchamp a son entrée sur la rue de Longchamp, entre le n* 36 et le n" 38, près de l'avenue Kléber ; c'est une voie privée qui n'a que 2'',50 de largeur et qui constitue une rectification d*un ancien chemin de Chaillot, qui était dénommé « ruelle du Bouquet-des-Champs », était coudé et avait une largeur variant entre 1 mètre et 3"', 50. Cette rectification avait été dénommée rue Rigaud (2) par le décret du 27 février 1867. Les propriétaires lui ont donné, en 1887, le nom de villa de Longchamp.
(i) Voir p. itfi pour la rue Herran. La longueur de la voie >*ous-nunée est de 20 mètres à partir de la rue de la Pompe ; la distance du sol au ciel de la carrière est de 8™,55, et la hauteur de la galerie d'exploitation est de 5 mètres. Quelques fontis s'étaient manifestés; la villa Herran a été consolidée par les propriétaires de cette voie privée.
(2) Hyacinthc-F'rançois-Honoré Rigaud (iGTkj-ij^S) a été directeur de rAcadémie de peinture en 1735 ; le Louvre a de lui le Martyre de saint André, les portraits de Lebrun et de Mignard.
HUE FOUCAULT l55
La rue Niiot a été ouverte sur une propriété de la famille Nitot. Le terrain de 75.000 mètres carrés, clos de murs, compris entre la rue de Cbaillot et Tancien mur d'enceinte, avait été acheté en 1810 par M. Nitot, un des bijoutiers fournisseurs de Napoléon I*' (1) et était connu sous le nom de clos Nitot. Un banquet réformiste y fut donné en 1848. Le décret du 13 mars 1869 a autorisé le colonel Nitot, le comte Treilhard, conseiller d*État, le sénateur Boittelle et le baron d'Erlanger, alors propriétaires du clos Nitot, à ouvrir sur leurs terrains et suivant les alignements fixés par ledit décret, une rue de là mètres, destinée à faire communiquer la rue de Lubeck avec la place Galilée (place des États-Unis), à charge par eux d'abandonner gratuitement à la Ville de Paris le sol de la rue projetée et de se soumettre aux autres conditions énoncées dans leurs soumissions de fin 1866 et du 8 novembre 1868. L'arrêté du 20 juillet 1868 avait donné à cette nouvelle voie le nom de rue Nitot.
Le percement de la rue Le Nôtre, avec une largeur de IS mètres, est indiqué sur le plan annexé à la loi du 28 avril 1869, approuvant la convention passée entre l'État et la Ville de Paris pour la place du Roi-de-Rome (place du Trocadéro) et ses abords. Cette rue a une pente très rapide ; le décret du 10 novembre 1877 lui a donné sa dénomination en l'honneur d'André Le Nôtre, architecte et dessinateur de jardins (1613 1700), fils d un surintendant des Tuileries. Ayant succédé à son père, il fit planter la grande allée des Tuileries, dessina pour Fouquet le parc du château de Vaux, créa l'immense parc de Versailles et les jardins de Trianon, ceux de Chantilly, Saint-Cloud, Meudon et Sceaux, ainsi que la terrasse de Saint-Germain, les canaux du parc de Fontainebleau et la promenade d'Amiens. Louis XIV lui conféra le cordon de Saint-Michel et voulut lui donner des armoiries : « Des armoiries, répondit Le Nôtre, j'ai déjà les miennes : trois limaçons couronnés d'une feuille de chou. »
La rue Théry est une voie privée, ouverte en 1869, avec une largeur de 12 mètres, sur des terrains appartenant à M. Théry, fabricant de chocolat.
La rue Détrousse a été ouverte, comme voie privée, en 1869, avec une largeur de 12 mètres, par la Société Latessieur de Launay, dont un des principaux actionnaires était M. François-Hubert Debrousse (1817-1878), qui a construit plusieurs chemins de fer (ligne de Picardie et Flandres, Compagnie franco-algérienne). Le décret du 29 novembre 1901 a classé la rue Debrousse au nombre des voies publiques et en a fixé les alignements.
La rue Foucault a été ouverte, vers 1874, par la Ville de Paris, avec 12 mètres de largeur ; le nivellement y a été fixé par l'arrêté du 13 octobre 1874 et elle a été classée au nombre des voies publiques par le décret du 7 juillet 1884, qui en a fixé les alignements. Sa dénomination lui a été donnée par le décret du 10 novembre 1877, en mémoire de Jean-Bernard-Léon Foucault (1819-1868), physicien et membre de l'Académie des Sciences. La hauteur des maisons de la rue Foucault est limitée à 14™,30.
Foucault a fait, de 1850 à 1852, des expériences qui ont été fort remarquées et qui rendaient visible le mouvement de rotation de la terre. Si on fait osciller un pendule, il se déplace dans un même plan vertical ; il se meut donc dans un plan invariable, pendant que la terre tourne. Pour l'observateur
(i) Voir p. 442 rarticle de M. Emile Potin intitulé : « Une Rue de Chaillot ».
l56 HISTOIRE DU XVI* ARRONDISSEMENT
placé sur la terre, c*est le plan d'oscillation du pendule qui paraît se déplacer d'orient en occident, c'est-à-dire en sens inverse du mouvement de la terre. Comme le disait Foucault, dans son feuilleton scientifique du Journal des Débais, « le mouvement apparent du pendule révèle au spectateur le mouvement réel du globe qu'il habite». Le pendule de Foucault était constitué par un fil d'acier d'environ 70 mètres de longueur, fixé par un bout au sommet de la voûte intérieure de la coupole du Panthéon et portant, à l'autre extrémité, une boule de plomb d'environ 30 kilogrammes, traversée par une tige de cuivre et munie d'un style d'acier. En raison de sa grande longueur, le pendule mettait IG secondes à revenir au point d'où il était parti ; la terre continuant pendant ce temps à tourner, le pendule répondait à une autre division du cercle, de 8 mètres de circonférence, au-dessus duquel il oscillait, et chaque oscillation double du pendule correspondait à un déplacement d'environ 2 millimètres et demi. Pour manifester ce déplacement, on avait garni le pourtour du cercle d'une couronne de sable, posée sur le dallage du monument, à l'intérieur d'une balustrade circulaire qui en séparait le public ; une brèche était pratiquée dans cette couronne de sable par une pointe fixée à la boule du pendule. Les expériences du pendule de Foucault seront refaites au Panthéon en 1902, sous la direction de M. Camille Flammarion, secrétaire général de la Société astronomique de France, directeur de l'observatoire de Juvisy, auteur de la Pluralité des mondes habiles, et de M. Berçet, directeur du laboratoire de M. Lippmann à la Sorbonne. L'appareil sera installé sous la coupole par les soins de M. Nénot, architecte de la Sorbonne. Le fil d'acier, qui aura un diamètre de 72 centièmes de millimètre, sera retenu au repos par un fil de chanvre qu'on enflammera pour le rompre et mettre l'appareil en mouvement.
La villa de la Tour a été formée, à partir de 1874, par M. Souchier, propriétaire des terrains qui appartenaient depuis longtemps à sa famille ; il était maire de Chantilly à l'époque de son décès, survenu en 1891. Pendant la nuit, cette villa est fermée par des grilles ; elle appartient actuellement aux propriétaires des neuf maisons qui y ont été construites. Elle forme un coude et n'avait primitivement d'entrée que sur la rue de la Tour, au n*» 96 bis; mais M. Souchier lui a donné ensuite une seconde entrée sur la rue Eugène- Delacroix, en autorisant la construction de deux maisons en façade sur cette rue, sous la condition de laisser un passage libre d'une largeur de 4 mètres ; cette largeur est celle qui existe entre les clôtures des diverses maisons de la villa ; mais les actes de propriété interdisent d'élever des constructions sur les jardinets, de sorte que la distance minima entre les façades des maisons (excepté les deux qui donnent sur la rue Eugène-Delacroix) est de 9",67 sur la partie perpendiculaire à cette rue Eugène- Delacroix, et de 10 mètres sur la partie perpendiculaire à la rue de la Tour. 11 résulte des actes de propriété que la villa doit être habitée bourgeoisement ou par des personnes y établissant seulement leurs bureaux ; — que les murs sont mitoyens jusqu'à la hauteur des constructions pour les parties construites, et jusqu'à la hauteur d'hébergé pour les parties non construites ; — que les propriétaires ont à leur charge les gages du concierge de la villa, l'entretien du pavillon qui lui sert de logement, celui des grilles, de l'égout commun, des trottoirs et des pavages. Il était stipulé, en outre, qu'en cas de décès de M. Souchier, comme dans le cas où il ne serait plus propriétaire d'un seul terrain de la villa, l'adminls-
BOULEVARD DELESSERT ibj
tralion de ladite villa passerait entre les mains d*un syndicat des propriétaires. Cette éventualité s'étant réalisée, un acte constitutif de syndicat a été enregistré le l'*^ octobre 1895 ; les propriétaires syndiqués ont établi entre eux, par un acte que Tauteur a rédigé en 1899, des servitudes réciproques, ayant pour but de limiter les saillies permises sur les façades et, pour mieux assurer Taérage, d'adopter pour la hauteur des bâtiments des maxima un peu inférieurs à ceux qui résultent des règlements de voirie en vigueur à Paris.
La rue Fresnel a été ouverte en 187G par la Ville de Paris, avec une largeur de 12 mètres ; le décret du 10 novembre 1877 en a fixé les alignements et lui a donné le nom d*Augustin-Jean Fresnel (1788-1827), qui entra, à seize ans et demi, à TÉcole polytechnique et fut nommé ingénieur des ponts et chaussées. Il commença en 1816 ses études sur la lumière, qu'il n'a plus interrompues jusqu'à sa mort; il fut élu, à Tunanimité, membre de TAcadémie des Sciences en 1823. Il est Tinventeur des phares lenticulaires et a fondé ainsi, avec Topticien Soleil, une industrie nouvelle, demeurée depuis essentiellement française; ces appareils lenticulaires ont été successivement adoptés pour réclairage des côtes du monde entier.
Le coude et surtout les déclivités excessives de la rue Beethoven rendaient extrêmement difficiles les communications entre Passy et le quai de la Seine. Le conseil municipal de Passy émit, le 7 août 1842, un vœu en faveur de l'adoption du projet qui avait été présenté, le 13 mars de la même année, par M. le baron Benjamin Delessert, en vue de diminuer les pentes et de permettre un meilleur accès de la montagne de Passy. ('e projet fut modifié par les ingénieurs des ponts et chaussées et présenté par eux sous le titre de « rectification de la route départementale n** 2 de Paris à Saint-Cloud » ; on sait que cette route empruntait la rue Beethoven et la rue de Passy. Le projet ainsi modifié fut approuvé par une délibération, en date du 30 juin 1844, du conseil municipal de Passy, qui accorda, le 2 août 1845, une subvention de 40.000 francs, à laquelle M. le baron Benjamin Delessert (1) ajouta un don de 50.000 francs. Cette rectification fut autorisée par l'ordonnance royale du 4 juin 18-46 et exécutée, en 1847, sur des terrains qui avaient dépendu originairement du couvent des Bonshommes. Elle forma la rue Benjamin-Deiesseri, qui constituait un prolongement de la rue des Batailles (actuellement avenue dléna).
L*aménagement du parc du Trocadéro entraînait Touverture d'une large voie pour relier directement la rue de Passy au centre de Paris ; il suffisait pour cela de prolonger le débouché offert par l'avenue d'iéna. Un décret du 17 mai 1876 prescrivit donc l'ouverture d'un boulevard de 30 mètres de largeur, pour remplacer la rue Benjamin-Delessert et une partie de la rue Beethoven. Ce boulevard (2), qui supprimait la rue Benjamin-Delessert, en rélargissant et en la transformant, devait d'abord se nommer « boulevard Benjamin-Delessert » ; mais on décida ensuite qu'il porterait simplement le nom de « boulevard Delessert », afin de rappeler les services rendus non seulement par Benjamin Delessert, mais encore par (labriel Delessert et par
(0 Voir aux annexes (p. 343) la biographie de Delessert, par M. Léopold Mar.
(a) Voir dans la Revue bleue du 3o avril 1892, page 555, un article de M. Léo Claretie mentionnant les relations de Jean-Jacques Rousseau avec la famille de Lcsscrt (ancienne orthographe du nom des Delessert).
l58 HISTOIRE DU XVI* ARRONDISSEMENT
tous les autres membres de cette famille qui, originaire de Lyon, s'était fixée, dès le xviii" siècle, ^ Passy.
Les travaux du boulevard Deiessert (1), qui ont été terminés au commencement de 1877, ont donné lieu à une dépense de L691.479 francs.
La plantation du boulevard Uelessert a présenté des difficultés parti culières : du côté des numéros pairs, elle est faite dans un banc de roche calcaire et y a exigé l'ouverture d'une tranchée de 3 mètres de largeur sur 1 mètre de profondeur, destinée à être remplie de terre végétale; du côté des numéros impairs, les arbres ont été plantés dans le remblai du boulevard, mais également dans une fouille continue de 3 mètres de largeur, parce que les déblais, plus ou moins rocheux ou calcaires, qui formaient ce remblai, étaient peu favorables à la végétation (2). Le boulevard Deiessert a été muni, en 1901), de becs à incandescence.
Une avenue devant relier la place du Trocadéro à la porte Dauphine et porter le nom d' « avenue du Prince-Impérial » avait été projetée sous le second Empire (décret du ^9 mai 1866). C'est seulement en 1877 qu'une amorce de cette voie a été exécutée sur une longueur de 97 mètres à partir de la place du Trocadéro, et avec une largeur de 36 mètres. La partie comprise entre l'extrémité de cette amorce et le rond point de Longchamp a été construite en 1887 et 1888 avec une largeur (3) de 16 mètres et moyennant une dépense de 339.193 francs. L'arrêté du 9 déceinbre 1883 a donné à cette voie le nom d'avenue d'Eylau (qui avait été précédemment attribué à l'avenue Victor- Hugo), en mémoire de la victoire remportée le 7 février 1807 par la Grande Armée sur les Russes et les Prussiens, qui perdirent iO.OOO hommes, 18 drapeaux et 16 canons.
L'ambassade de Siara a quitté, en mai 1900, le n** i\ de la rue Pierre- Charron et a été transférée avenue d'Eylau, n" 14, dans un hôtel construit exprès pour elle.
U impasse des Prêtres est une voie privée, située avenue d'Eylau, 37.
La rue Chardin a été construite, en 1876, par la Ville de Paris, avec une largeur de 12 mètres. Elle a reçu ce nom, par arrêté du 10 novembre 1877, en l'honneur de Jean Baptiste-Siméon Chardin (1699-1779), membre de l'Académie de peinture à 28 ans, qui passe pour un modèle de grâce simple, d'observation naïve et de fine bonhomie; il est l'auteur du Benediciie, que possède le Louvre, et de divers tableaux représentant des scènes d'intérieur, curieuses pour l'histoire du costume de la classe moyenne au xviii'- siècle.
La passerelle de Passy, ou « pont de Passy », se trouve dans le prolongement de l'axe du boulevard de Grenelle et franchit les deux bras de la Seine, séparés par l'île des Cygnes. Elle eut, tout d'abord, pour objet de remplacer, dans l'intérêt des piétons, le pont d'Iéna, affecté exclusivement à l'usage des personnes qui visitaient l'Exposition universelle de 1878 et elle a été conservée, après la clôture de celte Exposition, parce que l'expérience avait démontré qu'elle était fort utile pour la circulation du public (i). La faible altitude
(i) Ces travaux ont été dirigés par M. Tingt^nieur Barlct et M. le conducteur Lomprez (a) Les travaux ont été dirigés par M. Rousseau, alors ingénieur et depuis inspecteur général des ponts et chaussées.
(3) Les travaux ont été dirigés par M. Tingénieur Babinet et M. le conducteur Lepeltier.
(4) Mon article sur « la Seine entre le pont d'Iéna et le viadilc dVVuleuil », donnant des indications sur la passerelle de Passy, est reproduit aux annexes, p. 365.
MUSÉE GALLIÉRA iBg
des quais, aux abords de cet ouvrage, n'a pas permis de le rendre accessible aux voitures ; il ne constitue donc qu'un simple passage pour piétons, ayant 6"»,50 de largeur entre les garde-corps et une longueur totale de 249 mètres. Cette passerelle, à laquelle on accède par des escaliers de treize marches, a été livrée (1) à la circulation le li avril 1878 et a coûté 420.000 francs. Cet ouvrage sera remanié prochainement, en vue de livrer passage aux trains de la ligne circulaire du chemin de fer métropolitain de Paris, sur un pont monumental, pour la travée métallique duquel un concours a été ouvert entre les constructeurs, conformément à une délibération du conseil municipal en date du 26 janvier 1902.
La rue Galliéra et la rue de Brignole, ayant 12 mètres de largeur, ont été ouvertes, en 1878 et 1879, par Mme la duchesse de Galliéra et classées par le décret du 30 août 1879, portant que tous les frais de mise en état de viabilité seront acquittés par la dame Marie Brignole-Salle, duchesse de Galliéra, veuve de Raphaël de Ferrari, duc de (ialliéra, conformément aux clauses et conditions d'un acte notarié, reçu par M** Delapalme, notaire à Paris, le 31 octobre 1878. Suivant cet acte, la duchesse cédait gratuitement à la Ville partie d'un terrain de 17.t)00 mètres carrés, situé entre l'avenue du Trocadéro, la rue de Morny (actuellement Pierre-Cliarron) et la rue de Freycinet, pour l'ouverture de deux rues nouvelles (Brignole et Galliéra), l'établissement d'un square et la construction d'un musée public, à édifier aux frais de la duchesse, qui y placerait des statues, des tableaux et autres objets d'art qu'elle avait alors l'intention de léguer à la Ville.
Le musée Galliéra est compris entre les rues Pierre Charron (où se trouve l'entrée principale), Brignole, Galliéra et l'avenue du Trocadéro, qui donne accès au square dont le frais décor encadre si bien ce monument princier (2) ; la superficie du musée et du square est d'environ 9.800 mètres carrés. Le musée est devenu propriété municipale à la date du 1*"^ juillet 1894; l'ouverture a eu lieu en avril 1895.
De son vivant, la duchesse de Galliéra, qui a attaché son nom à tant d'œuvres artistiques ou charitables, avait formé le projet de léguer à la Ville de Paris sa galerie de tableaux. Mais au cours des travaux, la Ville ayant laïcisé ses écoles, cette décision fit revenir la duchesse sur sa détermination et, ne pouvant retirer la donation en tant que monument, elle conserva du moins la propriété de ses tableaux, dont la collection est restée dans son palais de Gênes. La Ville se trouvant, dès lors, dans l'obligation de garnir le musée, dut en changer la destination. Elle y fit placer des tapisseries anciennes qui proviennent de Beauvais, Aubusson, Lille, Bruxelles et Turin, et dont la valeur est estimée à 2 millions et demi. C'est au musée Galliéra que le président de la République Félix Faure inaugura l'exposition de portraits de femmes et de dentelles organisée par la crèche du XVl*' arrondissement. L'exposition des œuvres de Corot, faite à l'occasion de son centenaire, s'y tint également. On y a installé des statues achetées aux différents salons, des émaux, des grès, des porcelaines, etc.
(i) C<ît ouvrage a été dirigé par M. l'inspccleur général Huet et M. l'ingénieur Bartct; la partie métallique a été exécutée par la maison Caii.
(2) Voir à la page ^ du i'' volume du Bulletin un exlrait du journal C Éclair ^ du ii janvier 18981 sur le musée Galliéra. Divers détails rapportés ici sur ce musée sont extraits d*une description qui en a été donnée dans k Magasin piltoresquet
iiisToiiiE nv xvr
Par délibération du 30 novembre lOiiO, le conseil municipal de Paris a
décidé, sur la proposition de M. le consL'ilIcr Ouentin-Raucluirt, président de la commission du Musée, que •■ de^exposi lions périodiques d'art industriel
RUE BERLIOZ t()l
auront lieu au musée Galliéra; elles comprendront les travaux des meilleurs élèves des écoles professionnelles de la Ville de Paris et aussi les œuvres d'art produites dans les sections du meuble, du métal et autres, par les ouvriers de nos faubourgs ». 11 se fabrique, en effet, à Paris, notamment au faubourg Saint-Antoine et au Marais, des œuvres de premier ordre qu'il est utile de faire connaître. La transformation officielle du musée Galliéra en un musée d*art industriel moderne (1) a eu lieu le 22 juin 1901. Les premiers objets exposés comprenaient des bronzes, des étains, des céramiques, etc. On n'admet que les œuvres seules des ouvriers mômes, et non les produits mis en vente par les maisons de commerce. Le conseil municipal de Paris a voulu ainsi réhabiliter Tart industriel et démontrer la parfaite compatibilité du beau et de l'utile, de la valeur économique d'un objet et de son intérêt esthétique. Ou créera chaque année, au musée Galliéra, des expositions se rattachant cha cune à une branche plus particulière de l'art industriel : on y a fait en 1902 une exposition de reliures d'art modernes, qui a eu le plus grand succès.
Les recherches sont facilitées avec beaucoup de compétence et d'amabilité par M. Formentin, nommé conservateur du musée sur la demande expresse de M. Philippe Ferrari, fils de la duchesse de Galliéra. 11 était tout désigné pour ces délicates fonctions.
Le palais a été élevé sous la direction de M. Léon Ginain, de l'Institut, architecte de la Ville, qui s'est inspiré des styles italien, grec et arabe, ainsi que du palais de Gènes. Les constructions, commencées le 28 mai 1879, ont été terminées le 27 février 1894. La duchesse de Galliéra est décédée le 6 décembre 1888 ; elle n'a donc pas vu l'achèvement du monument, qui lui a coûté 6 millions 500.000 francs. Les fondations ont 20 mètres de profondeur. De la porte monumentale, qui donne accès à la rue Pierre-Charron, deux larges portiques soutenus par vingt-six colonnes forment une enceinte demicirculaire ; des balustrades à l'italienne couronnent la ligne de faite. La façade méridionale qui regarde la Seine est percée de trois larges fenêtres cintrées occupant tout l'édifice principal, dans lequel se trouve la galerie. En pénétrant par le square, on voit trois statues représentant l'architecture au centre, la sculpture à droite et la peinture à gauche ; ces trois statues, dues à MM. Chapu, Thomas et Cavelier, sont séparées par six colonnes corinthiennes. La porte en acajou qui sépare le vestibule de la grande salle centrale est sculptée d'une manière très remarquable et a coûté 9.000 francs.
La rue Berlioz est une voie privée, qui va de la rue Pergolèse à la cité du Redan, et se trouve à peu de distance de l'avenue Malakofï ; cette rue a été ouverte en 1879, avec une largeur de 10 mètres, par MM. Romain, Boulanger, Morel, Philippon et Durst-Wild, qui lui donnèrent le nom de Louis-Hector Berlioz (1803-1869), critique musical et compositeur, membre de l'Institut. Dans sa jeunesse, Berlioz avait abandonné la médecine pour s'adonner à la musique. Ce fut la cause d'une lutte avec sa famille, et il se vit obligé, pour se créer des ressources, de donner des leçons de flûte et de guitare, instruments auxquels il est resté constamment fidèle et dont il s'est uniquement servi en composant. Il est l'auteur de la Damnation de Faust, des Troyens et de beaucoup d'autres œuvres originales.
(i) Voir le BuUelin municipal officiel du 2G juin 1901.
I2 IIISTOinii: DU XVI" \RHONr»ISSF.MKNT
Les bâtiments de la Pelite-Muetle (i) ont éié séparés du château et du
(Colleclion (le «. Éni. Polin.)
grand parc par suite delà cunstruction du chemin deferd'Auleuil ; I' « avenue (1) Voir aux nniicxos (p. 4{») une nule sur lu ili-iiioliliiHi <lo In PctilcMuolIc.
RUE OCTAVE-FEUILLET l63
de la Petite Muette « était une voie privée, formée, lors de rétablissement de ce chemin de fer, pour desservir les propriétés résultant du morcellement de la Petite-Muette, et pour leur donner un débouché sur. la rue de la Pompe. Ce qui restait des bAtiments de la Petite-Muette fut démoli en 1891. La rue Gusiave-Nadaud, qui va de la rue de la Pompe au boulevard Émile-Augier, a absorbé la plus grande partie de Tancienne avenue de la Petite-Muette; le surplus a été annexé au boulevard Émile-Augier par Tarrôté préfectoral du i8 décembre 1894. Le décret du 8 janvier 1895 a donné à la nouvelle rue, conformément à la demande présentée par la Société historique d'Auteuil et de Passy, le nom du célèbre chansonnier Gustave Nadaud (1840-1893), qui habitait, dans le voisinage, le n*" 63 de la rue de Passy; Roubaix, sa ville natale, lui a élevé un monument (1). La rue Gustave-Nadaud est traversée soulerrainement par le chemin de fer de (llourcelles aux Invalides.
A droite du chemin de fer d'Aitleuil et parallèlement au boulevard Émile- Augier, on avait amorcé, auprès de l'avenue Henri-Martin, sur une longueur de 53 mètres, un boulevard, qui a été achevé de décembre 1898 à juillet 19()0, en môme temps qu'on élargissait la plate forme du chemin de fer, pour y porter le nombre des voies de deux à quatre. Cette voie a été dénommée, en 1893, boulevard Jides-Sandeaii, en l'honneur de Jules Sandeau (1811-1883), membre de l'Académie française, ('et auteur a donné au Théâtre-Français, en 1851, Mademoiselle de la Seiylière, et, en 185i, avec Emile Augier, le Gendre de Monsieur Poirier: plus tard, Jean de Thommeray,
C'est aussi de décembre 1898 à juillet 1904) qu'on a percé et mis en état de viabilité les rues deslinées à desservir le nouveau quartier devant être bâti sur l'emplacement de l'ancien Fleurisle de la Muette, savoir :
La rue Guy-de-Maupassanl, prolongeant la rue de Siam jusqu'au boulevard Éraile-Augier ; \arue Edmond Abouti prolongeant la rue Mignard, également jusqu'au boulevard Émile-Augier ; la rue Oclave-Feuillel (2), longeant le parc de la Muette depuis l'avenue Henri-Martin jusqu'au pont par-dessus le chemin de fer ; elle établit une communication avec le boulevard Émile-Augier; la rue Eugène-Labiche et la rue de Franqueville, qui vont de la rue Octave- Feuillet au boulevard Jules-Sandeau (3).
Les noms de ces dernières rues ont été donnés en l'honneur de M. le comte de Franqueville, propriétaire du château de la Muette; d'Edmond About (1828-1885), qui a été directeur du journal le AVA" Siècle jusqu'à sa mort, survenue peu de temps après son élection et avant sa réception à l'Académie française ; de l'auteur dramatique Eugène Labiche (1815-1888), à qui on doit tant de pièces spirituelles ; du célèbre romancier Octave Feuillet (1821-1890),
(i) Voir aux annoxos ;p. /,4^,) l'article sur le monument de Gustave Nadaud, ainsi que Tarlicle intitulé : « L'Œuvre de Nadaud «, par M. Emile Potin. Voir également la conférence de M. Léo (Maretie sur Gustave Nadaud, pp. 227 ù 234 du 1®' volume du Bulletin^ et les articles publiés le 29 avril 1898 dans le Petit Journal et, le lendemain, dans lEstafette.
{'?.) L'hôtel construit h la rue Octave-Feuillet par M. l'architecte Arnoud a été primé par la Ville au concours de façades de igcx). 11 est dit, dans le rapport du jury, que cet hôtel est très harmonieux dans l'ensemble de ses proportions, la silhouette de sa toiture et la forme de ses baies; que sa t^rande lucarne centrale, très puissante, cmironne bien tout le motif du milieu, (jui est légèrement en encorbellement; enfin, que l'ensemble forme une excellente façade d'hôtel particulier, d'un aspect noble et confortable.
(3) Ces travaux de voirie ont été exécutés sous la direction de M. l'inspecteur général Boreux et de MM. les ingénieurs Dabinet et Bret.
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membre de l'Académie française ; et, enfin, du romancier Henri-René-Albert- Guy de Maupassant (1850-1893).
On peut encore citer les rues suivantes comme ayant été percées pendant la seconde moitié du xix*' siècle à Passy:
La rue Crevaiix, ouverte entre l'avenue du Bois-de-Boulogne et l'avenue Bugeaud, et classée par le décret du 16 janvier 1882, portant que la dépense des travaux de viabilité, d'éclairage et de conduite d'eau pour cette voie sera supportée par la Société foncière lyonnaise, conformément à l'engagement souscrit en son nom le22 janvier 1881. La dénomination de cette rue lui été donnée par arrêté du28août 1882, en l'honneur du docteur Crevaux (1858-1881), explorateur massacré, sur un affluent du Paraguay, par les Indiens Tobas; le récit de ses quatre voyages a paru dans ie Tour du Monde, La municipalité de Buenos-Ayres a voté une allocation de i.OOO francs pour élever à Crevaux un monument dans le cimetière du Nord. La rue Guslave-Courhet, de 12 mètres de largeur, a été ainsi dénommée par décret du 3 décembre 1885, en Thonneur du peintre (justave Courbet (1819-1877), chef de l'École de peinture réaliste. Elle a été classée et alignée par le décret du 25 octobre 1887; elle a été ouverte en 1882 par la Compagnie foncière de France. La rue de r Amiral- Courhet, voie privée de 12 mètres de largeur, allant de l'avenue Victor-Hugo, n° 1(K), à la rue de la Pompe, n° 150; elle a été ainsi nommée en Thonneur du vice-amiral Ainédée-Anatole-Prosper Courbet (1827-1888), qui s'est illustré par ses campagnes en Extrême Orient. La rue Bugeaud est une voie privée, qui va de la rue de l'Amiral-Courbet à l'avenue Bugeaud. La rue Lëonce-JRei,naud, ouverte en 1884, a été classée et alignée, avec moindre largeur de 12 mètres, par le décret du 31 octobre 1893. Son nom lui a été attribué, par le décret du 3 décembre 1885, en l'honneur de Léonce Reynaud (1803-1886), inspecteur général des ponts et chaussées et professeur d'architecture, qui a construit un grand nombre de phares sur les côtes de France et dirigé pendant 32 ans le service des phares, dont le dépôt est placé dans le voisinage et a son entrée principale sur l'avenue du Trocadéro. La rue de Sfax, qui porte un nom tunisien, s'était appelée, pendant quelque temps, urue Vaudoyer »; elle a reçu sa dénomination actuelle par arrêté préfectoral du 27 février 1886 ; elle a été classée, alignée et nivelée par arrêté du 10 janvier 1891 ; elle a reçu le nom d'une ville de Tunisie, pi'ise par les troupes françaises le 16 décembre 1883.
La villa Sponlini, située rue Spontini, 37, est une voie privée qui a été ouverte en 1884. La rue du Bois de Boulogne, voie privée, a été ouverte, en 1888, par M. Gâteau; lorsque cette rue sera classée, son sol devra être cédé gratuitement à la Ville. Le square du Bois-de-Boulogne, voie privée, a été fondé par MM. Bechet, Delhomas et (]'% Courbée et Godard ; il a été ouvert, le 6 mars 1863; suivant le décret du 13 août 185i, il ne peut y être exercé aucun commerce ni aucune industrie, si ce n'est en vertu d'une autorisation du préfet de la Seine, qui en détermine les conditions, et ces autorisations sont toujours révocables. La villa Michon, voie privée, a été ouverte en 1890 par M. Michon; l'hôtel du ministre du royaume des Pays-Bas se trouve au n** 6 de la villa Michon (entrée par la rue Boissière, 29). La rue LéoDelibes a été construite en 1891 par la Société civile des terrains de l'avenue Kléber, qui a cédé gratuitement le sol de cette rue à la Ville. Elle a été classée comme voie publique par le décret du 10 juin 1893. Elle a été ainsi nommée en Thon-
RUE MÉRIMÉE l65
neur de Cléraent-Philibert-Léo Delibes (1831-1891), membre de l'InsUtut; ce compositeur a donné à l'Opéra divers ouvrages, notamment le ballet de Sylvia et celui de Coppélia. La rue de Sonlay s'appelait précédemment « rue Lefuel »; Tarrôté du 20 février 1886 lui a donné le nom d'une ville du Tonkin, prise par Jes troupes françaises le 10 décembre 1883. La rue Weber, précédemment « rue Niison », a reçu par décret du 11 mars 1886 sa dénomination actuelle en rhonncur du célèbre compositeur Charles-Marie-Weber (1786-1826), auteur du Freyschùlz eid'Obéron, La rue Yvon deVUlarceau porte le nom de TaKtronome (1813-1883). La rue de Siuniy construite en 1884 par une Compagnie d'assurances, a rer/u ce nom parce que Tambassade du royaume de Siam y était autrefois établie; elle a été bâtie sur remplacement d'un hôtel qui a appartenu au comte de Las Cases, auteur du Mémorial de Sainle-Helcne, et qui a été ensuite occupé, après Ja dernière guerre carliste, par Don Carlos, duc de Madrid, prétendant au trône d*Espagne.
La rue de Lola, qui commence rue de Longchamp, 137, et finit en impasse^ est une voie privée, ouverte en 1894 par MM. Dehaynin etOubbay. La maison construite au n** 8 de la rue de Lota, sous la direction de M. Tarchitecte Bouweuz van den Goyen, a été primée par la Ville de Paris au concours de façades de 1899.
La rueAlboni a été exécutée en 1893 et 1894, par la Ville de Paris, sur les terrains de M. Hottinguer; le sol a été cédé gratuitement. Elle offre de larges escaliers qui permettent de se rendre du carrefour de Passy au quai et ont été bordés de plantations d'arbustes en 1898. Les décrets des 8 mai et 10 août 1896 ont donné à cette rue sa dénomination en l'honneur de Marietta Alboni (1824-1894), devenue ensuite comtesse Pépoli, puis Mme Ritzer. Elle fut élève de Kossini ; sa voix de contralto a eu le plus grand succès à Paris et à Londres à partir de 1847. Elle a fait des legs importants à l'Assistiince publique. Une société a élevé, en 1899-19(X), sur les collines qui s'étendent de chaque côté de la rue Alboni, entre Passy et le quai, de grandes constructions entourées de jardins. D'abord affectées à l'établissement de vastes hôtels, à prix fixe par semaine, pendant la durée de l'Exposition universelle de 190(), elles sont actuellement converties en maisons de rapport. La rue Alboni, dont la largeur est de 15 mètres, a été munie, en 19()0, de becs à incandescence. On construit actuellement la ligne circulaire du métropolitain, partant de la place du Trocadéro, pour desservir des boulevards de la rive gauche; cette ligne sera en souterrain sous la rue Franklin et sous la partie supérieure de la rue Alboni ; elle sera ensuite à ciel ouvert pour franchir la Seine sur le pont de Passy; une station dénommée « Quai de Passy » sera établie vers le milieu des escaliers de la rue Alboni ; le préfet de la Seine a approuvé en 1902 le projet de ce pont qui comportera une partie centrale pour le métropolitain et deux parties latérales, dont une pour les piétons et l'autre pour les voitures.
Vavenue Julea-Janin, qui a ses accès sur la rue de la Pompe, est une voie privée de 7 mètres de largeur, ouverte vers 1884 (l) ; un décret du 8 janvier 1897 a classé le débouché de cette avenue sur la rue de la Pompe. L'avenue des Chalels est une voie privée de 6 mètres de largeur, établie entre la rue du Ranelagh et la rue de l'Assomption. La rue Mérimée est une voie privée,
(i^ Voir ci-dp}*surt le?^ indication^ (Ionm»Cf* sur le criliriuc Jllll»^* .lanin f 1804-1874).
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de 8 mèires de largeur, qui doit son nom à Prosper Mérimée ("1803-1870), membre de l'Académie française et auteur d'œuvres charmantes. Elle va du n® 61 de la rue des Belles-Feuilles au n°22 de la rue dePomereu, voie privée qui a été ouverte vers 1884, avec une largeur de 12 mètres, sur les terrains appartenant à M. de Pomereu. La rue de Pomereu, qui part du n"* 134 de la rue de Longchamp, s'est arrêtée longtemps à la rue Mérimée; de juin 1899 à janvier 1900, elle a été prolongée sur les terrains de M. Ménier, jusqu'à la rue des Belles-Feuilles. La raeLa/o, qui doit son nom au compositeur français Lalo (1830-1892), auteur de nombreuses symphonies et du délicat opéra-comique le Roi d Ys, est une voie privée de 12 mètres de largeur, qui va de la rue Pergolèse au boulevard Lannes. Elle a élé ouverte sur l'emplacement de la granplazade Toros, théâtre construit par M. l'architecte Botrel, où des représentations de combats de taureaux avaient été organisées pendant l'Exposition universelle de 1889. Le pont Lalo, construit en môme temps que le chemin de fer de Courcelles aux Invalides, a remplacé une passerelle en bois, qui ne servait qu'au passage des piétons.
Le nom de Claude Chahu, trésorier général des finances, seigneur de Passy et fondateur de l'église Notre-Dame-de-Grâce, a été donné par décret du 8 janvier 1895, sur la demande de la Société historique d'Auteuil et de Passy, à la rue qui va de la rue de Passy à la rue Gavarni. Elle avait été ouverte, comme voie privée, en 1891, par MM. Talamon et Guillemard ; elle a été classée au nombre des voies publiques par le décret du 20 décembre 1901.
De mars à juin 1900, on a ouvert sur les terrains de M. Meyer, entre la rue delà Touret larue Claude-Chahu, une voie nouvelle dont la largeur est de 12 mètres; elle a été classée au nombre des voies publiques par le décret du 20 décembre 1901 et sera probablement dénommée rue « Fraucisque-Sarcey ».
On a commencé en 1900 et terminée en 1901 les travaux de percement : 1° au compte de M. Fouquiau. d'une rue nouvelle de 12 mètres de largeur, entre la rue des Bauches et la rue du Ranelagh; 2"* au compte de M. Blanc, d'une voie de 14 mètres de largeur à établir entre cette rue nouvelle et la rue Davioud. G'est celle-ci qui recevra probablement le nom d'Eugène Manuel, le regretté président de la Société historique d'Auteuil et de Passy.
Comme rues percées ou admises en 1901, on peut citer : 1"* la rue de Villehois-Mareuil, qui est projetée sur l'emplacement de la pompe à feu de ('haillot, et qui doit son nom au vaillant colonel, mort en combattant pour les Boars; elle ira de l'avenue du Trocadéro au quai de Billy et aura 15 mètres de largeur; 2*» la voie nouvelle, ouverte sur les terrains de M. Georges Ville, entre l'avenue Victor Hugo et la rue de Villejust ; 3** la rue projetée par la Compagnie des chemins de fer de l'Ouest (1), entre la rue Gustave-Nadaud et la chaussée de la Muette, au-dessus du souterrain construit, entre les stations de l'avenue Henri-Martin et de Boulainvilliers, pour l'établissement du chemin de fer de Courcelles aux Invalides.
De nouvelles rues, dues à l'initiative privée, seront prochainement ouvertes.
(i) M. Caplnin, conseiller municipal,a demand»^ que le nom de Ponsard soit donné à celle nouvelle rue, parce qu'elle coupe le jardin de la maison où le poMc Ponnard est mort.