HUBERT ROBERT, PEINTRE
iCollcrIinn di' M Ein. l'ol
La mairie d'Auleuil, qui fui d'abord établie sur la place d'Aguesseau l^ujourd'hui place d'Auteuilj, avait été Irausférée, en IHil, dans la partie de
II) D'aprË? l'original, |icinl pnr InRrcïi.
ÉCOLE NORMALE d'aUTEUIL 187
la rue Boileau comprise entre le hameau Boileau et la rue Molitor (1); la maison utilisée pour cette destination était voisine de celle qui avait été habitée par Hubert Robert (2). Elle fut achetée par la commune d^Auteuil, en 1843, pour y installer la mairie, moyennant un prix principal de 36.000 francs (3).
Les parents d'Alfred de Musset, M. et Mme de Musset-Pathay, ont habité pendant quelques années,avec leurs trois enfants, une maison située rue Boileau et à peu de distance de la rue de Musset, entre un vaste jardin et une cour close par une grille ; le poète s'y trouvait en 1828, à l'âge de dix-huit ans, après avoir obtenu le prix de philosophie au concours général, et c*est dans les bois (4) d'Auteuil qu'il a fait ses premiers vers.
Uimpasse Boileau, dont la formation remonte au commencement du XIX® siècle et dont rentrée se trouve au n** 98 de la rue Boileau, a été ainsi dénommée par arrêté préfectoral du 1'*'" février 1877.; on l'appelait précédemment u impasse des Pauvres » ; sa moindre largeur est fixée à 5*", 50.
A Tangle du boulevard Exelmans, n* 25, et de la rue Boileau, se trouvait la maison du célèbre statuaire Carpeaux (5) ; elle a été démolie en 1898.
Au n^ 78 de la rue Boileau se trouvait la villa Bamboul, située entre cette rue et le boulevard Exelmans ; elle avait été formée en 1863, sous le nom de villa Saint-Allais ; le nom de fantaisie de « Bamboul » lui avait été donné par MmePlanteau, devenue propriétaire, en 1877, de cette voie privée, qui a été ensuite dénommée « villa Exelmans » et est actuellement remplacée par la rue Blanchon (rue Boileau, 76, et boulevard Exelmans, 35) ; ce nom est celui d'un directeur d'établissement médical, situé dans cette rue.
Au n* 34 de la rue Boileau, M. l'architecte H. Guimard a construit, en 1891, un hôtel orné de motifs en terre cuite et de faïences émaillées à riches dessins polychromes.
Les écoles normales du département de la Seine sont établies à Auteuil et à Batignolles ; celle d'Auteuil, qui forme les instituteurs primaires, occupe un espace compris entre la rue Boileau, la rue Molitor et la rue Chardon-Lagache ; elle est contiguë à l'école Jean Baptiste-Say et elle a son école annexe rue Boileau n^ 23. Ainsi que cela a été dit ci-dessus, page 172, les deux écoles étaient
(i) Voir larticle de M. Gabillot sur la maison d'Hubert Robert h Auteuil (p. 8o du n« volume du BuUelin),
(2) Voir aux annexes (p. 47^) l'article de M. Antoine Guillois, rendant compte de l'ouvrage de M. Gabillot : Hubert Hobert el son temps.
(3) Les travaux d'appropriation de la nouvelle mairie d'Auteuil furent adjugés le 3 octobre 1843 ; l'hôtel où elle avait été installée fut payé en plusieurs termes, dont le dernier a été soldé par la commune en juillet 1847.
Les mairies d'Auteuil et de Passy ont été supprimées par suite de l'annexion et remplacées par la mairie du XVI* arrondissement, qui est en façade sur l'avenue Henri-Martin et sur la rue de la Pompe. Le projet de cette nouvelle mairie, dressé par M. l'architecte Godbeuf et montant à 2.346.762 francs, a été approuvé le 28 décembre 1866. Elle a été construite : i» sur un terrain de 3.490 mètres carrés, acquis de M. de Las Cases, moyennant 261.783 francs, suivant acte passé par M<> Delapalme, notaire ; 2<> sur un terrain de 48 mètres carrés, cédé par M. Cail, aux termes d'un acte d'échange passé par M® Ancy, notaire ; 3* sur des terrains provenant des expropriations faites, suivant jugement du 22 mai 1860, pour le percement de l'avenue. Les travaux ont été commencés en 1867, interrompus par la guerre et repris en 1875; ils ont coûté 2.340.000 francs.
(4) Voir (p. 474) 1 article de M. Emile Potin intitulé « Cn Ami d'Alfred de Musset » et (p. 476) la communication faite par M. Antoine Guillois sur le même sujet. Voir également l'article de M. de Bussy intitulé : Im Muse au bois d Auteuil^ page 172 du IIP volume du Bulletin.
(5) Voir (p. 476) l'article de M. Emile Potin intitulé : Auteuil qui s'en va. Cet article est reproduit aux annexes.
l88 HISTOIRE DU XVI'' ARRONDISSEMENT
d'abord réunies, ou plutôt juxtaposées dans les mêmes locaux et ont été inaugurées par Jules Simon, ministre de l'Instruction publique, le 28 octobre 187â, en présence de Léon Say, préfet de la Seine, et de M. Gréard, directeur de l'enseignement primaire. L'entrée des deux écoles était alors rue d'Auteuil, Il bis, ou rue du Buis, 5. Elles occupaient une partie de l'ancienne propriété qui servit de résidence, au xviii® siècle, à plusieurs opulents fermiers généraux, fut possédée par Ternaux, le célèbre manufacturier qui introduisit en France la fabrication des châles cachemires, et fut ensuite occupée par l'ancienne institution Notre-Dame-d'Auteuil, fondée en 1852 par l'abbé Lévéque. Au i*" octobre 1876, l'école Jean-Baptiste-Say obtint son autonomie administrative, mais en gardant d'abord en commun avec l'école normale plusieurs bâtiments, notamment le gymnase. C'est le 8 octobre 1882 qu'on a ouvert la nouvelle école normale d'Auteuil, avec entrée rue Molitor; 10: la construction des nouveaux bâtiments a été dirigée par M. l'architecte Salleron.
De l'ancien parc Ternaux, jadis fort vaste, puisqu'il s'étendait jusqu'à la vieille rue Jouvenet, il ne reste plus qu'un lambeau, avec un beau cèdre, contigu aux constructions nouvelles de l'école normale, dont il forme le jardin botanique.
La rue des Perchamps^ établissant une communication entre la grande rue (aujourd'hui rue d'Auteuil) et la rue La Fontaine, existe à l'état de chemin sur les plus anciens plans d'Auteuil. Le nom que porte cette rue est celui du lieu dit ou territoire dont elle fait partie; ce nom s*est écrit successivement de diverses façons : les Parchants, les Perchants -à- la -Croix en 1492, le Grand-Perchant, la place du Grand-Perchamp en 1773. Sur un plan du xvii'' siècle, on voit: « Petit-Perchamp ou vidange de la ville », ce qui paraît indiquer que ce chemin était utilisé à cette époque pour la vidange des déchets, déblais et immondices. Les philologues ne se sont pas encore mis d'accord sur l'étymologie de ce nom de Perchamp : on a supposé qu'il signifiait champ d'un bleu vert, ou champ de l'égalité (1), en raison du voisinage de l'ancien cimetière attenant à l'église, ou champs égaux (2j, provenant de coupes successives faites par les habitants dans les bois qui s'étendaient autrefois sur l'espace compris entre la rue La Fontaine et la rue Théophile- Gautier. En 1818, année où fut ordonné le numérotage de toutes les maisons d'Auteuil, on a dépensé 1.050 francs pour réparer le pavage de la rue des Percharaps. Une délibération du conseil municipal d'Auteuil en date du 14 décembre 1825 a approuvé un plan d'alignements, comportant l'élargissement delà rue à 6 mètres ; cette largeur a été, en effet, approuvée par arrêté préfectoral du 4 février 1820, mais elle a été portée à 8 mètres, par arrêté du 27 septembre 1837. Le tracé sinueux de la rue des Perchamps a été remplacé, auprès delà rue d'Auteuil, par un tronçon en ligne droite, avec une largeur de 12 mètres en prolongement de la direction générale de la rue des Perchamps; ce travail, commencé en 1884, définitivement autorisé par le décret du 19 juillet 1890 et terminé en 1892, a coûté 28.270 francs. On a poursuivi l'amélioration de cette partie de la rue des Perchamps, en octobre 1893, en reconstruisant à l'alignement, à son débouché sur la rue d'Auteuil, une
(i) Voir aux annexes {p. 287) rarllcle, déjà cité, de M. Antoine (iiiilloiP, sur la vieille église d'Auteuil.
(2) Voir, iv la page 152 du I*' volume du Bulletin^ l'article de M. Kmile Saint-Lanne finies Perchamps.
RUE RIBÉRA 189
maison qui continue à la diviser en deux branches, dont Tune fort étroite, très mal pavée et sans trottoirs. C'est un reste du xviii* siècle, époque à laquelle la rue des Perchamps était bordée de petites constructions, occupées par des vignerons et des blanchisseuses; on les a remplacées, sur la place des Perchamps et pour les numéros impairs de la partie comprise entre cette place et larue d*Auteuil, par de grandes maisons modernes de rapport. Le surplus de la rue des Perchamps, resté sinueux, est un des rares, mais peu propres, vestiges du vieil Auteuil.
La largeur de la place des Perchamps a été fixée à 12 mètres par l'arrêté préfectoral du 27 septembre 1837.
La rue Verderet^ qui n'a que 50 mètres de longueur, est fort ancienne ; elle s'est appelée successivement Mérodée, Merderée en 1736, Merderet, enfin, d^une manière plus convenable, rue Yerderet. Sa largeur avait été fixée à 8 mètres par arrêté du 27 septembre 1837 ; mais les maisons du côté gauche ont été démolies lors de la construction de la grande voie qui porte actuellement le nom de rue Chardon-Lagache ; les alignements du côté pair ont été fixés par le décret du 20 septembre 1896.
La sente dite des Tas-de-Cailloux a été remplacée en 1779 par une rue appelée ensuite rue de la Municipalité et dont remplacement est aujourd'hui occupé par la rue Chardon-Lagache ; la partie de cette dernière rue qui se trouve comprise entre la rue Claude-Lorrain et la rue Jouvenet existait à l'état de rue dès 1779. Des renseignements au sujet de Tancienne rue de la Municipalité sont donnés ci-après dans Thistorique de la rue Chardon- Lagache.
La rue du Buis est également fort ancienne ; elle occupe l'emplacement d'un ancien chemin qui existait dès 1755 au lieu dit « le Bouys » ; elle finissait originairement à la rue Yerderet ot a été prolongée jusqu'à la rue de la Municipalité, lors de la construction de cette dernière rue entre la rue Jouvenet et la place de l'Église.
La partie de la rue Ribéra qui est comprise entre la rue La Fontaine et la rue Dangeau se nommait, au xvni^ siècle, rue de la Croix, en raison d'une croix de pierre qui y avait été posée, fut brisée en 1793 et remplacée plus tard par une croix de bois. La largeur a été fixée à 8 mètres par arrêté du 28 janvier 1828 ; le prolongement entre la rue Dangeau et la rue Mozart a été autorisé par décret du 29 mai 1867. La mise en état de viabilité de la rue Ribéra a été terminée en 1882 et a coûté 17.100 francs; la dénomination actuelle de cette rue lui a été donnée par décret du il septembre 1869, en mémoire du peintre espagnol Joseph Ribéra (1588-1656), surnommé l'Espagnolet, qui vint tout jeune à Rome, y étudia d'abord à l'atelier du Caravage et se rendit ensuite à Parme auprès du Corrège ; son génie sombre et hautain se plaisait surtout à représenter les supplices des martyrs.
Trois maisons, d'un style original, ont été construites en 1894 par M. Tarchitecte J. Boussard, aux n°» 41, 42 et 45 de la rue Ribéra. C^elle qui porte le n^ 41 a quatre étages de loggias, supportées par des cariatides de femmes ou par des colonnes.
La route n° 10 de Paris à Rayonne par Versailles, Chartres et Bordeaux, était très fréquentée, dès le w\V siècle, par les carrosses circulant entre Paris et Versailles ; elle s'est nommée d'abord route de Versailles, puis sur notre territoire « chaussée d'Auteuil » ; un arrêté du 1"*^ février 1877 lui a
190 IltflTOIRE DU XyV" ARRONDISSEMENT
donné son nom actuel d'avenue de Versailles; elle est plantée d'arbres. Les fourches patibulaires d'Auleuil étaient autrefois situées sur la route de Versailles (i). Le service des ponts et chaussées y a exécuté, en 1846, radoucissement de la côte du Point-du-Jour. On a réuni à cette avenue une petite fraction de la route de la Reine (conduisant à Boulogne) qui avait été coupée par les fortifications. Le décret du 10 octobre 1883 a fixé la moindre largeur à 25", 60.
Au n"^ 7 de l'avenue de Versailles se trouve l'atelier de l'Union d'assistance par le travail du XVI"" arrondissement de Paris, ouvert en juillet 1896; cette union donne chaque année de Touvrage à quelques milliers d'indigents des deux sexes qui, sans cette ressource, seraient réduits à la mendicité. Elle a été présidée d'abord par Léon Say, ancien ministre des finances, et après sa mort par M. Jean-Casimir Périer, ancien président de la République; elle l'est actuellement par M. Coulon, vice-président du Conseil d'État, membre de la Société historique d'Auteuil et de Passy.
Hippolyte-Guillaume*Suipice Chevallier, dit Gavarni (1801-1866), célèbre dessinateur, aquarelliste et lithographe, a habité l'avenue de Versailles à partir de 1845 et s'était fixé en 1865 à la villa (2) de la Réunion. Son buste en bronze, par Puech, sera prochainement érigé place Saint-Georges.
Entre l'avenue de Versailles et la Seine, à l'aval du pont Mirabeau, se trouve la pompe à feu d'Auteuil (3). La loi du 10 avril 1901 y a autorisé la translation des services de l'ancienne pompe à feu de Chaillot, chargés de remonter les eaux de la Seine au réservoir d'où elles repartent pour être distribuées dans le XV!"" arrondissement.
L'éclairage électrique a été installé à l'avenue de Versailles, suivant Tautorisalion donnée par l'arrêté préfectoral du 5 avril 1900.
L'école municipale de l'avenue de Versailles était fréquentée, au commencement du xx^ siècle, par deux cent trente-six jeunes filles.
L'œuvre de l'hospitalité du travail se trouve au n'' 52 de l'avenue de Versailles. Son but est de fournir aux personnes sans ouvrage un travail provisoire qui leur permet de vivre, sans avoir recours à l'aumône, en attendant le moment où elles pourront trouver un emploi. L'établissement ne les reçoit que pendant une période d'au plus 20 jours; on y prend note de leurs aptitudes et on s'efforce de les placer.
(1) Voir une note de M. Antoine Guiliois sur remplacement de la jusîice des G6novéfains à Auteuil; elle se trouve dans un article déjà cité du même auteur.
(a) Voir aux annexes (pp. fyjS et ss.) la note sur les demeures de Gavarni cl TarUcle de M. Em. Potin : Auteuil quiê*€n va^ auquel il a été déjà renvoyé.
(3) Voir mon article sur le service des eaux dans le XVI» arrondissement, ainsi que Tarlicle de M. L. Mar sur Tancienne pompe à feu de Chaillot; ces deux articles, déjà cités, sont reproduits aux annexes (pp. 3(/) et 4^0).
Histoire des rues établies à Auteuil depuis 1800
jusqu^à l'annexion.
Auteuil resta à peu pr6s stationnaire pendant la Révolution et fit peu de progrès sous le premier Empire ; mais, après les guerres, les rues déjà bordées de propriétés se peuplèrent peu à peu, les champs disparurent sur divers points, et plusieurs voies publiques à l'état de chemins se transformèrent en rues.
En Tan X, le chemin du Point-du-Jour à Billancourt fut élargi, débarrassé des eaux stagnantes et forma la rue de Billancourl, classée sous ce nom par arrêté préfectoral du 25 prairial an X. Les alignements de cette rue ont été fixés par les arrêtés du 13 février 1838 et du 16 juillet 1855, portant la largeur légale de 8 à 10 mètres. En 1848, la commune d'Auteuil a fait exécuter des remblais sur la rue de Billancourt, pour donner de Touvrage aux ouvriers nécessiteux (1). En raison de Taugmentation de la population aux abords de l'avenue de Versailles, les trottoirs de la rue de Billancourt furent mis en état de viabilité, suivant un arrêté du 17 août 1880, autorisant une dépense de 4^.200 francs.
A partir de 1808, le conseil municipal, à raison du développement des constructions, s'occupa très activement des mesures à prendre pour améliorer et assainir les voies publiques, ainsi que pour élargir ou régulariser, par voie d'alignement, celles où habitait la partie la plus dense de la population.
La rue Jouvenet occupe Templacemeat d'un chemin très ancien et sinueux; elle s'appelait précédemment rue de la Réunion et figure sous ce nom au cadastre de 1823 ; mais elle existait dès le commencement du xix* siècle, car l'arrêté du l®*" avril 1808, prescrivant l'ouverture d'une rue nouvelle, qui s'est appelée sous le premier Empire rue d'Iéna, porte qu'elle ira de la rue de la Municipalité à la rue de la Réunion (2). Dans sa séance du 5 août 1859, le conseil municipal proposa de lui donner le nom de M. Jehannot, ancien
(i) Sur la rue de Billancourt, la commune d'Auteuil a dépensé CAVj francs en i833 pour établissement de caniveaux, 7.160 francs en 1889 pour pavage de cette rue et de celle de la Demi-Lune, et 5.8o3 francs à la même époque pour travaux de nivellement et d'assainissement.
(2) Voir ci-après l'historique de la rue de Musset. Les alignements de la rue de la Réunion ont été fixés par l'arrêté préfectoral du i3 février i838.
maire; cette proposition n'a reçu aucune suite, et la dénomination actuelle de la rue Jouvenet lui a été donnée, par décret du ^i août 1864, en mémoire du peintre Jean Jouvenet (1644-1717), qui se fît connaître dès Tàge de dixneuf ans par un tableau appelé « la Guérison du Paralytique », autrefois à la basilique de Notre-Dame de Paris. 11 entra en 1675 à l'Académie de peinture, sur la présentation de Lebrun. On lui doit plusieurs tableaux qui ornent le musée du Louvre, ainsi que des peintures de la chapelle du château de Versailles. Devenu paralytique du côté droit, il s'exerça à peindre de la main gauche, et c'est de cette main gauche qu'il fit, pour le chœur de l'église de la Visitation, le tableau appelé Magnificat.
L'école municipale de la rue Jouvenet était fréquentée, au commencement du XX* siècle, par 274 jeunes filles.
L'impasse Jouvenet, qui débouche dans la rue Jouvenet à la hauteur de la rue Lancret et qui est aussi ancienne que ces deux rues, se nommait précédemment impasse de la Réunion et a reçu sa dénomination actuelle par arrêté du 27 mai 1881. Sa largeur a été fixée à 8 mètres par arrêté du 13 février 1838. Elle a à peine 30 mètres de longueur.
La rue Lancret, autrefois impasse ou passage des Miracles, est également fort ancienne (1) et a reçu sa dénominatic; i actuelle, par décret du 24 août 1864, en mémoire du peintre Nicolas. Lancret (1691-1743), qui fut condisciple et ami de Watteau dont il suivit les conseils et fut reçu en 1719 à TAcadémie de peinture, sous le titre de « peintre des fêtes galantes ». On connaît de lui au moins 80 tableaux, reproduits fréquemment par la gravure ; beaucoup d'originaux sont au Louvre, à Dresde et dans les palais du roi de Prusse ; on a pu voir ces derniers à l'Exposition universelle de 1900 (pavillon allemand).
La rue de Musset s'est appelée d'abord rue d'Iéna, puis rue Benoit. Un arrêté préfectoral du l®*" avril 1808 ordonna l'ouverture de la partie de cette rue comprise entre les voies qui portent actuellement les noms de rue Chardon-Lagache et de rue Jouvenet ; cette section a porté d'abord le nom de rue d'Iéna. Le docteur Lacroisade, qui avait succédé à M. Benoit comme maire d'Auteuil, demanda qu'il fût interdit de bâtir des maisons sur le tracé du prolongement de la rue d'Iéna, projeté vers la rue Boileau ; l'administration déclara, le 25 novembre 1814, qu'elle ne pouvait pas empêcher les propriétaires de bâtir, tant que ce prolongement n'aurait pas été régulièrement et définitivement autorisé. En 1816, après la mort de M. Benoit, qui fut maire d'Auteuil de 1793 à 1813, remplit ses fonctions avec beaucoup de zèle et fit exécuter divers travaux d'intérêt général, le nom de rue d'Iéna fut changé en celui de rue Benoit. La partie de la rue de Musset comprise entre les rues Chardon-Lagache et Jouvenet (ancienne rue d'Iéna) figure seule, sous le nom de rue Benoit, au plan cadastral de 1823. Le prolongement, entre la rue Jouvenet et la rue Boileau, qui avait été projeté avant la fin du premier Empire et fréquemment sollicité par la municipalité d'Auteuil, notamment par une délibération du 3 mai 1825, n'a été autorisé que par l'ordonnance royale du 23 décembre 1839, maintenant pour l'ensemble de la rue Benoit une largeur légale de 8 mètres. Ce n'est qu'en avril 1841 que M. Molin, alors maire d'Auteuil, a acheté les terrains nécessaires pour réaliser ce prolonge-
(1) Les alignements de la rue Lancret ont été fixés par arrôlô du 27 septembre 1887, et ceux de la rue Jouvenet par arrêté du i3 février i838.
RUE PIERRE-GUÉRIN igS
ment ; une indemnité de 975 francs a été payée en 1842 pour ces terrains par la commune aux hoirs Reculé. Une somme de 19.100 francs a été dépensée} en 1889 pour achever la mise en état de viabilité de la rue de Musset, ancienne rue Benoit, qui a reçu sa dénomination actuelle, par décret <iu 24 août 1864, en mémoire du poète Louis-Charles-Alfred de Musset (1810-1857), élu académicien en 1852 (1).
L'école municipale de la rue de Musset était fréquentée, au commencement du XX® siècle, par 359 garçons.
La rue Pierre-Guérin (2) a remplacé la sente des Vignes, qui est devenue ensuite la rue des Vignes. Cette sente réunissait, de même que la rue des Perchamps, la grande rue à la rue de la Fontaine, en longeant à gauche les murs du parc de Boufflers et à droite les nombreuses vignes qui recouvraient alors le coteau montant vers Passy : jusqu'en 1870, on voyait encore des vestiges de ce vignoble, ou tout au moins de nombreuses tonnelles dans de petits jardins, séparés par des treillages, sur les terrains situés entre les emplacements occupés actuellement par la rue Chardon-Lagache et la rue du Docteur-Blanche; de nombreux sentiers bordés de haies serpentaient dans cette région.
La rue Pierre-Guérin se prolonge en impasse, sur une longueur de 90 mètres à partir de la rue de la Source ; le surplus de la longueur de cette rue peut être divisé, au point de vue historique, en deux sections distinctes, dont la première va de la place des Perchamps à la rue de la Source, et la seconde (qui constitue une sorte de prolongement de la rue Boileau) va de la rue d'Auteuil à la place des Perchamps.
La première section, qui remplace Tancienne sente des Vignes, est de beaucoup la plus ancienne ; il résulte d'un alignement, délivré en 1810, que cette sente n'avait alors qu'une largeur de 2 mètres ; un arrêté de 1822 a fixé la largeur légale de ladite sente à 12 pieds. La municipalité d'Auteuil voulait délivrer les alignements de manière à donner à cette voie une largeur de 8 mètres, ce qui motiva des contestations avec les propriétaires rive rains. Le préfet de la Seine fit observer que la conversion d'une sente en rue ne pouvait être légalement acquise que par l'approbation d'un plan général d'alignement. Il déclara que, par application de la loi du 28 février 1805, le classement de la sente en chemin vicinal ne permettrait pas de lui donner une largeur supérieure à 6 mètres ; enfin, que la largeur de 8 mètres, demandée par le conseil municipal d'Auteuil, ne pourrait être réalisée que si une ordonnance royale convertissait plus tard le chemin en rue. Conformément à une délibération prise le 23 août 1823 par le conseil municipal d'Auteuil, l'arrêté préfectoral du 8 mars 1825 classa et aligna le chemin vicinal, dit sentier des Vignes, avec une largeur de 6 mètres. L'arrêté du 27 septembre 1837 a donné au sentier des Vignes le nom de rue des Vignes, en lui assignant une largeur minimum de 8 mètres ; enfin, le nom de rue Magenta a été, comme on va le voir, donné à cette section, ainsi qu'à la seconde, pendant quelques années.
(i) Pour le. sôjoiir de Miissol U Aul<^uil, voir ce qui a ùlê dit ci-dessus, à la lin de l'historique de la rue Boileau, pafçe I87.
(2) Les alignements ont été réglés par l'arrêté du 8 mars 1825, pour la partie comprise entre la place des Perchamps et la rue de la Source, à 10 mètres de largeur par l'arrêté du 3o juin iS-'iô pour la partie comprise entre la place des Perchamps et la rue de la Source; ces alignements ont été modifiés par le (lécrel du 15 juin iSH7>.
194 HISTOIRE DU XVl* ARRONDISSEMENT
L'ouverture de la secoade section, sous le nom de rue Neuve-Boileau, a été réalisée en 1856, à la suite de l'approbation donnée par délibération municipale en date du 1*'^ février de la même année, à un projet d'échange de terrains entre la commune d'Auteuil et M. Boudon, cédant 1.200 mètres carrés pour ouvrir cette nouvelle rue, avec une largeur de 10 mètres. En vertu d'une délibération prise le 8 juin 1859 par le conseil municipal d'Auteuil, le nom de rue de Magenta a été donné non seulement à la rue Neuve-Boileau, mais encore à une partie de la rue des Vignes (1), en souvenir de la victoire remportée le 4 mai 1859 par les Français sur Tarmée autrichienne. Le décret du il septembre 1869 a supprimé, à Auteuil, le nom de la rue des Vignes et celui de la rue de Magenta et a donné à cette voie sa dénomination actuelle, en mémoire du baron Pierre- Narcisse Guérin (1774 1833), peintre d'histoire, professeur à l'École des Beaux-Arts, qui fut nommé membre de l'Institut en 1815 et a été directeur de l'Académie de Rome de 1822 à 1829. — Des candélabres et becs à incandescence ont été installés, en décembre 1899, à la rue Pierre-Guérin.
Une ordonnance royale du 27 septembre 1825 a autorisé l'établissement du pont de Grenelle (2), qui est divisé en deux parties par l'Ile des Cygnes, séparant la gare de Grenelle du bras droit de la Seine, et qui donnait passage à la route départementale n** 10, reliant la rive gauche de la Seine (Montrouge, Vaugirard et Grenielle) à la rive droite (Auteuil, Passy et Neuilly). Les travées métalliques qui ont remplacé, en 1875, l'ancien pont en charpente, ont été exécutées dans les ateliers de la maison Cail. Le passage conduisant aux pontons des bateaux parisiens (station du pont de Grenelle) a été élargi en 1898. La Chaussée du ponl de Grenelle, voie qui conduit au pont et accède à Tavenue de Versailles, est bordée de maisons de rapport.
La partie gauche de la section de la rue de Boulainvilliers, qui se trouve comprise entre les abords du pont de Grenelle et le carrefour où aboutissent les rues La Fontaine, de l'Assomption et Raynouard, dépend d'Auteuil ; le surplus de cette rue appartient à Passy. Elle doit son nom au château seigneurial de Boulainvilliers. La section de la rue de Boulainvilliers qui, dans le voisinage du pont de Grenelle, forme limite entre Passy et Auteuil, s'appelait autrefois avenue de Boulainvilliers et était empruntée par la route départementale n° 10 de Montrouge à Neuilly.
On peut citer, parmi les voies datant du premier tiers du xix'^ siècle, les rues Désaugiers, de la Source, Jasmin, Téniers, Van-Loo et le quai d'Auteuil.
La rue Désaugiers (3) est une voie minuscule qui va de la rue d'Auteuil à la rue du Buis ; elle s'est appelée d'abord rue des Bons Enfants et a reçu sa dénomination actuelle par décret du 24 août 1864, en mémoire du chansonnier Marc Antoine Madeleine Augier, dit des Augiers (1773 1827), dont la verve souple et féconde s'exhalait en joyeuses et bouffonnes chansons, parmi lesquelles on peut citer Cadet Buteux^ Monsieur et Madame Denis, Il a com-
(1) Le 10 novembre i85(>, le conseil municipal d'Auteuil a autorisé rétablissement d'une chaussée empierrée avec caniveaux et bordures de trottoirs dans la rue des Vignes.
(2) Voir ma note intitulée : « la Seine entre le pont d'Iéna et le viaduc d'Auteuil »; elle est insérée aux annexes .p. 3fô).
(3) Les alignements ont été lîxés pour la rue Désaugiers comme pour les rues Verderet et du DuiS| dont elle est voisinci par l'arrêté du a; septembre i837«