RUE LA FONTAINE I
de viabilité ; ces derniers travaux, autorisés par arrêté préfectoral du 9 février 1895, oat entratoé une dépense de 33.100 francs. La mise en état de viabilité de la rue Wilhem, entre le quai d'Auteuil et l'avenue de Versailles, a été achevée en septembre 1898.
La dénomination de la rue Narcisse-Diaz, qui remplace, comme cela vient d'être exposé dans l'alitiéa précédent, une partie de l'ancienne rue\Viihem,lui a été donnée par le décret du 8 janvier 1895, en mémoire de Narcisse- Virgile Diaz de la Pena (1809-1876), né à Bordeaux, qui fut décoré en 1851, et envoya, à TExposition universelle de 1855^ des tableaux très remarqués.
La rue La Fontaine peut être divisée, au point de vue de son histoire, en deux sections distinctes, savoir : la partie comprise entre la rue de Boulainvilliers et la rue Gros, qui se nommait autrefois rue de la Tuilerie, et la partie qui s'étend de la rue Gros à la rue d'Auteuil et qui faisait autrefois partie du chemin, puis de la rue de la Fontaine.
Ce chemin figure sur le plan de Roussel, et était aussi dénommé, en 1731, « chemin conduisant à Passy ». Il doit son nom de « chemin de la Fontaine » à une source, dont les eaux coulaient autrefois dans toute la longueur de cette voie publique. En 1766, le prévôt d'Auteuil ordonna aux propriétaires riverains de creuser à leurs frais un fossé de 3 pieds de largeur et 3 pieds de profondeur pour recueillir les eaux de la source, qui, en se répandant sur le chemin, le rendaient impraticable. En 1800, ce chemin n'était bâti qu'aux abords de la Grande-Rue ; le surplus constituait une voie publique qui n'avait qu'une faible largeur, n'était pas bordée de maisons, longeait le parc de Boufflers et se dirigeait yers la Seine en aboutissant à l'avenue de Versailles. 11 est mentionné, dans un arrêté préfectoral du 8 mars 1825, sous le nom de rue des Deux-Fontaines et a fait ensuite partie de la route départementale n"" 29.
L'ordonnance royale du 12 mai 1830 a fixé à 10 mètres la moindre largeur de la rue de la Fontaine ; une délibération municipale du 10 décembre de la même année constate que les propriétaires riverains avaient pris l'engagement de céder gratuitement les terrains nécessaires pour réaliser cette largeur de 10 mètres entre la rue des Perchamps et la prairie d'Auteuil ; cette cession n'avait d'ailleurs été consentie que sous la condition que l'administration ferait combler le fossé creusé en 1766, que le déversement des eaux ménagères rendait infect. L'arrêté du 16 avril 1857 a fixé une moindre largeur de 12 mètres, applicable à la partie comprise entre la rue de Boulainvilliers et la rue Gros. On a élargi successivement la rue de la Fontaine par voie d'alignements, et le conseil municipal d'Auteuil y a fait exécuter de nombreux travaux d'assainissement, de pavage et autres améliorations.
Un concours a été ouvert, à partir du 1'" janvier 1898, par la Ville de Paris, entre architectes et propriétaires des maisons élevées pendant l'année. Le casiel Déranger^ construction fort originale qui a été élevée au n** 16 de la rue La Fontaine par M. l'architecte Hector Guimard, a été primé par le conseil municipal au concours de façades de 1898.
Le décret du 2 octobre i865 a donné le nom de rue La Fontaine : 1® à la rue de la Tuilerie; 2^ à la partie de la rue de la Fontaine faisant suite à la précédente ; en vertu du même décret, la partie de l'ancienne rue de la Fontaine comprise entre l'avenue de Versailles et la rue de la Tuilerie a été nommée rue Gros.
iflu histoire: du xvi' arrondissement
La dénomination de « rue La Fontaine » a été ainsi substituée à celle de « rue de la Fontaine », en mémoire de l'illustre fabuliste Jean de La Fontaine {1G21-1603), qui fut souvent, à Auteuil, le-commensal de Boileau et de qui Chamfnrt, qui, lui aussi, fréquentait beaucoup Auteuil, a dit : « Il offrit le singulier contraste d'un conteur trop libre et d'un excellent moraliste, reçut en partage l'esprit le plus fin qui (ut jamais et devint en tout le modèle de la simplicité ; il posséda le génie de l'observation, même de la satire, et passa pour un bonhomme. Dérobant sous l'air d'une négligence quelquefois réelle les artifices de la composition la plus savante, il fit ressembler l'art au naturel.
(CollecUon de H. t'.handebois.)
souvent même à l'instinct, et, cachant son génie par son génie même, il fut, dans le siècle des grands écrivains, sinon le premier, du moins le plus étonnant. »
Le décret du 30 novembre 1862, s'applîquant à tout un ensemble de travaux, avait déclaré d'utilité publique l'ouverture d'une rue E, d'une largeur de 20 mètres, formant la rectification du débouché de la rue de la Fontaine, du cAté de la rue Molière, aujourd'hui rue d'Auteuil ; ce travail, qui n'a été réalisé qu'en 1872, a donné à la rue La Fontaine une largeur de 20 mètres entre la rue Pierre-Guériu et la rue d'Auteuil. On a construit en 1873, moyennant une dépense de 39.000 francs, les trottoirs réglementaires en bitume dans la partie de la rue La Fontaine comprise entre la rue Pierre- Guérin et la rue Gros. En 1809, on a fait le pavage en bois entre la rue Poussin et la rue d'Auteuil, ainsi que l'installation de becs à incandescence.
L'ancienne rue de la Tuilerie, qui passait entre le parc du château de la Tuilerie cl son potager, avait d'abord lait partie de la rue Basse, aujourd'hui
LE CHATEAU DE LA TUILERIE l8l
rue Raynouard ; mais le décret du 2 octobre 1865 a réuni cette section à la rue La Fontaine, qui est devenue ainsi le prolongement, sur Auteuil, de la rue Raynouard ; actuellement, cette dernière rue se trouve, sous ce nom et dans toute son étendue, sur le territoire du quartier de Passy.
Le domaine de la Tuilerie remontait à une époque très reculée ; en effet, on voit figurer dans le compte des prévôts et baillis de France, en 1248, une recette de 50 sols provenant de la terre des Tuileries de Pacy (sic). En 1655, ce domaine était grevé d'un cens de 3 sols parisis envers Tabbaye de Sainte- Geneviève. Dans un document de 1719, on le désigne ainsi : « Maison et jardin entre Passy et Auteuil, appelé vulgairement les tuilleries de Passy, paroisse d'Auteuil. » Ce nom provenait, sans doute, de ce qu'une fabrique de tuiles était établie dans le voisinage.
Le château de la Tuilerie, rebâti, sous Louis XVI, par le marquis Latourdu Pin-Gouvemet, avait été nommé d'abord le château invisiblcy parce qu'étant entouré d'arbres épais, il n'était aperçu d'aucun côté, bien qu'il joutt lui-même d'une vue fort étendue. Il devint ensuite la résidence de la comtesse de Brienne, qui s'était intéressée à Napoléon lorsqu'il était élève à l'École militaire ; le général Bonaparte s'y reposa à son retour d'Egypte ; il fut la demeure de Talleyrand, sous le Consulat, du général du génie Michaud d'Arçon, collaborateur de Carnot, et, en 1840, de Thiers, qui était président du conseil des ministres. Comme il n'était pas toujours d'accord avec le roi Louis-Philippe, les journaux de l'époque avaient imaginé ce jeu de mots : u La Tuilerie dit oui, mais les Tuileries disent non. « Le château de la Tuilerie, qui avait son entrée principale sur la rue du même nom, fut ensuite habité par la tragédienne Rachel, par le docteur Véron, auteur des Mémoires d'un bourgeois de Paris (1), et par Mme la comtesse de Montijo, mère de l'impératrice Eugénie, qui y fit construire une salle de spectacle, transformée ensuite en chapelle. Une partie de ce domaine fut aliénée en 1850 ; le château et la partie conservée du parc, ayant une superficie d*environ 45.000 mètres carrés, ont été acquis en 1855 de M. le comte Migeon, moyennant 430.000 francs, par la communauté religieuse de l'Assomption, qui vint s'y établir, après avoir quitté le n° 75 de la rue de Chaillot, sur l'emplacement de laquelle devaient être exécutés divers travaux de voirie. Cest donc du domaine de la Tuilerie que provient le beau parc des dames de TAssomption (â).
Par acte daté du 15 prairial an XII, Mme de Vaudey, fille du général Michaud d'Arçon et propriétaire du château de la Tuilerie, céda gratuitement à la commune d'Auteuil 7 ares et 26 centiares pour élargir la sente de la Tuilerie, la prolonger jusqu'à la montagne de Boulainvilliers et convertir cette sente en chemin vicinal, pour faciliter les communications entre Auteuil et Passy. Un arrêté du 9 germinal an XII assigna à ce chemin une largeur de 8 mètres et 80 centimètres. Cette largeur fut portée à 10 mètres par l'ordonnance royale du 12 mai 1830. La commune d'Auteuil dut recourir à l'expropriation en 1838, pour acquérir les terrains nécessaires à l'achèvement de cette rue de la Tuilerie, dont la largeur a été portée à 12 mètres par l'arrêté
(i) Voir aux annexes (page 471) une note concernant la rue de la Tuilerie et, page 108 du second volume du Bullelin^ un article de Mme Chochod-Lavorgnc sur le général d'Arçon.
(9.). Voir ci-après, page 201, les indications données avi sujet de la rue de l'Assomption.
l82 HISTOIRE DU XVI® ARRONDISSEMENT
du IG avril 1857, et à 20 mètres (au moyen de nouveaux alignements du côté des numéros impairs) par le décret du 10 juillet 1882. Celte rue avait été munie de trottoirs exécutés de 1857 à 1859.
La partie de la rue La Fontaine qui formait autrefois la rue de la Tuilerie donne entrée au hameau La Fontaine, ainsi qu'au hameau Béranger, dont le chalet n^ 3, d'abord transformé, puis actuellement entièrement démoli, a été habité (1) par le célèbre comédien Bouilé (1800-1888), qui eut beaucoup de succès au théâtre du Gymnase.
Au n^ 40 de la rue La Fontaine se trouve Vorphelinat de Vabbé Roussel, fondé le 19 mars 1866 pour recueillir des enfants vagabonds, abandonnés ou maltraités et chercher à en faire d'honnêtes gens. Il comprend deux sections, dont la première est l'œuvre de la première communion, qui est destinée aux enfants de treize ans et au-dessus, n'ayant pas encore reçu l'instruction religieuse ; ils restent dans la maison pendant trois mois, pour y recevoir cette instruction. La seconde section est l'œuvre des apprentis et est composée d'orphelins auxquels on apprend différents métiers, tels que ceux de menuisier, de serrurier, de tailleur, de mouleur, de cordonnier, de relieur et surtout de typographe. Les frères de Saint-Vincent-de-Paul prirent possession de cette œuvre le l*'' mai 1895. M. l'abbé Fontaine succéda, en 1896, à M. l'abbé Roussel (qui est mort le 11 janvier 1897) dans la direction de cette maison ; il y a fait construire des bâtiments pour dortoirs et ateliers (2). Une école professionnelle y a été inaugurée le 2 mai 1898. Le nombre des pupilles s'élevait à 800, au commencement du xx" siècle. M. le sénateur Roussel, membre de l'Institut, est vice-président de l'œuvre.
On a vu ci-dessus que la rue Gros a fait partie, jusqu'en 1865, de la rue La Fontaine (section comprise entre la rue de Boulainvilliers et la rue de la Tuilerie). Un élargissement à 20 mètres, au droit d'immeubles appartenant à la Ville, a été prescrit par le décret du 10 juillet 1882 pour cette rue, dont la mise en état de viabilité n'a été terminée qu'en 1899, époque à laquelle la largeur réglementaire de 20 mètres a été réalisée entre le n» 10 et la rue La Fontaine. La dénomination actuelle de cette rue lui a été donnée parle décret précité du 2 octobre 1865, en mémoire du baron Antoine-Jean Gros (1771-1835), peintre d'histoire, qui fut présenté au général Bonaparte, dès son entrée à Milan, par Mme Joséphine Bonaparte, s'illustra par le tableau du général au pont d'Arcole et fit la campagne d'Italie avec le grade d'inspecteur aux revues. Il peignit, en 1804, les Pestiférés de Jaffa, puis Bonaparte aux Pyramides, le Lendemain d'Eylau, François I^^ et Charles-Quint visitant la basilique de Saint- Denis, 11 fut nommé membre de l'Institut en 181 ?> et professeur à l'École des Beaux-Arts en 1816. On lui doit la décoration de la coupole de Sainte-(ieneviève (Panthéon). Le prix de ce travail avait été fixé à riO.OlX) francs ; quand il fut terminé, Charles X dit à l'artiste : « Les rois doivent donner plus qu'on ne promçj: en leur nom, surtout quand ils ont à récompenser des hommes de votre mérite : voici 100.000 francs et le titre de baron. »
(i) Voir l'article de M. le cominandnnt Dubois sur la maison de HoulT6, page 23i du II" volume, ainsi que la page io6 du 111* volume du Bulletin,
i'i) M. l'abbé Beurlier, cur^^ d'Auleuil, docteur ès-leltres et membre de la Société des Antiquaires de France, a bien voulu me communiquer des indications sur divers établissements religieux de sa paroisse.
RUE BOILEAU l83
La rue Boileau (1), ancien chemin puis rue des Garennes, a son origine à la rue d'Auteuil, au point où se trouvait autrefois, devant une maison dénommée de l Image Notre-Dame^ la jonction de la Grande-Rue et de la rue Molière ( rues actuellement dénommées l'une et Tautre : rue d'Auteuil). Elle aboutit à lavenue de Versailles. Le tracé de cette rue n'a donc pas été modifié; au xvui® siècle, elle n'était bordée de maisons que sur le côté droit et aux abords de la Grande-Rue ; sur le côté gauche, c'est-à-dire le plus voisin de la Seine, elle servait de limite à la grande propriété des Génovéfains et, vers le Point-du-Jour, elle traversait des champs cultivés. Le plan fixant les alignements de la nie Boileau et lui assignant 8 mètres comme moindre largeur a été approuvé par arrêté du 27 septembre 1837. Des trottoirs, ayant coûté 8.942 francs, ont été construits en 1843 à la rue Boileau ; en outre, des caniveaux y avaient été établis, moyennant une dépense de 2.648 francs, pour faciliter l'écoulement des eaux ; cependant, la chaussée était si dégradée en 1855 que le maire d'Auteuil dut prendre un arrêté pour y interdire le passage des voitures non suspendues et attelées de plus d'un cheval ; une somme de 10.000 francs fut consacrée, en 1856, à l'amélioration de la rue Boileau, où les constructions se développaient dès cette époque aux abords de l'avenuede Versailles. De nouveaux trottoirs ont été établis en 1858; l'égout de la rue Boileau, qui date de 1859, a coûté 60.882 francs. D'autres trottoirs réglementaires ont été établis rue Boileau, en 1899, entre les rues d'Auteuil et Molitor; en 1900, entre la rue Molitor et les n**» 54-59. En avril 1899, la rue Boileau a été munie de candélabres avec becs à incandescence. Vers le milieu du xix* siècle, on a créé un ensemble de voies privées désigné sous le nom de hameau Boileau (2) et composé d'une vingtaine de petits hôtels entourés de jardins, pour la plupart habités par des bijoutiers de Paris, à Torigine.
La dénomination de rue des Garennes était due à ce qu'elle conduisait au lieu dit « les Garennes », dont le nom se trouve déjà mentionné dans des actes du xv" siècle (3). Un arrêté de la municipalité d'Auteuil, en date du 26 octobre 1792, porte : « Le nom de Boilot {sic) sera donné à la rue des Garennes, en mémoire du citoyen dont Thabitation était dans cette rue. » Cette dénomination, qui a été confirmée par le décret du 2i août 1864, rappelle le souvenir du séjour de plus de vingt ans que fit, pendant la belle saison, dans une maison située sur remplacement du n° 26 de cette rue (4), Boileau-Despréaux (1636-1711), auteur des Satires, de i'Arl poétique et du Lutrin. Il avait acheté, en 1685, douze ans après la mort de Molière, cette raai-
(i) L'aclc de décès de « Nicolas Boileau, escuyer, sieur Despréaux, l'un des quarante de l'Académie française », a été rédigé le i5 mars 1711, par M. de la Janire, curé de Saint- Jean-le-Rond, en présence de son ïrhe Jacques Boileau, chanoine de la Sainte-Chapelle, et de son petil-neveu par alliance, Gilbert de Voisin, président de la ileuxième Chambre des enquêtes du Parlement.
{2) Ce hameau comprend l'avenue Despréaux, dont l'entrée est au n" 38 de la rue Boileau et qui donne accès à Vavenue Molièrty ainsi qu'aux impasses Corneille, Racine et Voltaire.
(3) Voir les notes historiques de M. l'abbé Beurlier (p. 3ii du III* volume du Dallelin).
(4^ Voir, pour le séjour de Boileau à Auteuil, Tarticle de M. Léopold Mar intitulé : Fragment et correspondance de Boileau se raltachant à la maison dWuleuil (pp 87 à 90 du IV» volume du Bulletin, l'article de Mme Chochod-Lavergne intitulé : Réception de Boileau: à V Académie française (p. 92 du IV" volume), les articles de M. Emile Saint-Lanne sur la maison de Boileau (p. 3o du I®"^ volume); et aux annexes : (p. 47O l'article de M. Antoine
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son au prix de 8.000 livres ; mais il y fit des embellissements et l'agrandit [tar des acquisitions de terrains. 11 aimait à y recevoir Racine, M. et Mme Dacier, Chapelle, La Bruyère, le père Bourdaloue, l'abbé Loyseau, curé d'Auteuil et aumônier de Louis XIV, ainsi que ses autres amis. 11 y reçut aussi des personnages, parmi lesquels on peut citer : d'.\guesseau, le duc de Bourbon, le prince de Conti, La moignon, de Pontchartrain. Pendant son séjour à Auteuil,
JBOIlLEAIl IDlBSFMIBATliX ,
Boileau était constamment entouré de son fidèle jardinier Antoine, à qui il a dédié son épltre XI ; il recevait souvent les enfants de Bacine, qu'il promenait au bois de Boulogne et dans les sentes d'Auteuil. C'est de sa maison de campagne qu'il a daté beaucoup de lettres, pendant treize ans. A partir de 17(KI, le mauvais état de sa santé l'obligea à espacer d'abord ses
Guillni)! sur Boilcnu A Aiilcuil (p. ijt) \es notes de M. E. Potin sur Biiilcau; l'artiHc ili^jà cit^ lie M. E. l'iilin intihilt : la Maison de Boileau appréciée par Voltaire (\i 4G7) ', l'nrtii'[e de M. Li>o|iuI<l Mar ttur le jnrdlnier ilc Boileau (p. {7:^! ; celui de M. Ruf^ne Manuel intitulé: Bossuel chez Boilrau (p. 473); l'aïUclc déjà cité, de M. Antoine Guillots sur la maison de Boileau (|). Iti^i ainsi que les paf(cs 78, K> et 170 du L'' volume du Bul'.elin el la page 66 du IV* volume.
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visites à Auteuil, et ensuite à ne presque plus venir à la campagne ; c est sans doute le motif qui le détermina à vendre sa maison d'Auteuil, en 1709, à son ami Leverrier, qui avait fait graver, en 1704, le portrait du poète par Drevet et avait fait mettre, au bas, les vers suivants :
Au joug de la rnison asscrvissant la rime, El môme en imitant, toujours original, J'ai su dans mes écrits, docte, enjoué, sublime, Rassembler en moi Perse, ttorace et Junéval.
Boileau (i) sentant qu'il y avait de la vanité dans ce quatrain, répondit à Leverrier :
Oui, Le Verrier, c'est là mon fldèle portrait.
Et le graveur en chaque trait A su très finement tracer sur mon visage De tout faux bel esprit l'ennemi redouté; Mais dans les vers pompeux qu'au bas de cet ouvrage Tu me fais prononcer avec tant de fierté.
D'un ami de la Vérité
Qui peut reconnaître l'image?
Louis XIV montrant des vers de sa composition à Boileau, lui demanda ce qu*il en pensait : « Sire, répondit-il, rien n'est impossible à Votre Majesté ; elle a voulu faire de mauvais vers et... elle a réussi. »
Boileau s'étant présenté au Trésor royal pour toucher sa pension, remit son ordonnance à un commis qui, y lisant ces mots : « La pension que nous avons accordée à Boileau, h cause de la satisfaction que ses ouvrages nous ont donnée, etc.. », lui demanda de quelle nature étaient ses ouvrages : « De maçonnerie, répondit le poète, je suis architecte. »
De toutes les épigrammes, celle que Boileau estimait le plus était oelle-ci :
t'.i-gist ma femme ; ah! «juelle est bien, Pour son repos et pour le mien.
Introduit dans la salle de l'Opéra, a Versailles, Boileau dit à l'officier qui assignait les places : « Monsieur, mettez-moi dans un endroit où je n'entende que la musique ».
Après Leverrier, la maison de Boileau à Auteuil fut habitée par Gendron, médecin du Régent, par la femme du chancelier d'Aguesseau, par Chamfort en 1779, et ultérieurement par ('aulaincourt, duc de Vicence.
Il y a quelques années, on pouvait voir encore, dans un jardin de la uiila Boileau (rue Molitor, 18), un superbe marronnier, contemporain de Boileau; il a été détruit par un coup de tonnerre; il ne reste plus de cette époque qu'un orme gigantesque qui se trouve dans la propriété portant le n® 20 de la rue Molitor.
L'école municipale de la rue Boileau était fréquentée, au commencement
(i) Ces détails sur Boileau sont extraits d'une communicntion faite par M. Léopold Mar h la Sociétt^ historique d'Auteuil et de Passy, et intitulée : « wl/îrtsroncornanl quehpies célébrités du XVI* arrondissement. »
HISTOIRE DU XVr
du XX' siècle, par deux cent quaire-vingl-six garçans. Elle a pour directeur M. Emile Langlois.