M"«^ DE LA VALLIÈRE
Les deux retraites de M'^^' de La Vallière au couvent de la Visitation de Chaillot ont été différemment racontées par M*"^ de Sévigné et plus tard par Saint-Simon. W^^ de La Fayette, beaucoup plus explicite, nous semble devoir être beaucoup mieux renseignée, et voici ce qu'elle dit : «Au mois de février 4674, après une brouille avec le roi, M"*' de La Vallière se croyant perdue, la tète lui tourna. Elle sortit le mâtin des Tuileries et s'en alla comme une insensée dans un petit couvent obscur qui était à Chaillot. Louis XIV, qui l'aimait passionnément, à la nouvelle de cette fuite, fut extrêmement troublé et fit si bien qu*il finit par savoir oh était La Vallière : il y alla à toute bride, lui quatrième ; il la trouva "dans le parloir du dehors de ce couvent, on n'avait pas voulu la recevoir au dedans. Elle était couchée à terre, éplorée et hors d'elle-même. Le roi demeura seul avec elle et, après une longue conversation.
(i) Voir \q Dictionnaire critique de Biographie el d Histoire, par A. Jal (article Beaaiuiis).
(2/ DrAle d'oriffinal que ce duc de Mazarin, qui, trouvant ses filles trop belles, et craignant qu'elles n'en tirassent vanité, eut un moment la velléilé de leur faire arracher des dents de devant pour les enlaidir.
Tobligea à revenir, et envova chercher an carrosse ponr la ramener. » Toat fat oablié, et la belle à scrupules, qu*on appelait aassi la pécheresse vertueuse^ reprit sa position habitaeïle à la coor. Mais en 1674 (elle avait alors trente ans) elle prit irrévocablement le parti de quitter la coor poar entrer en religion, et, dans les premiers jours d'avril, elle annonça sa résolution au roi, qui la vit partir d*an œil sec. I^ couvent de la Visitation de Chaillot la reçut pour la seconde fois; elle y resta jusau'an 20 avril, jour où, après s'être jetée aux pieds de la reine (1) et lui avoir demandé pardon de Tavoir offensée, elle courut se jeter dans le carrosse qui la conduisit aa couvent des Carmélites de la rue Saint-Jacques (2). Elle y prit Thabit sous le nom de sœur Louise de la Misâicorde, et y mourut en 17iO, après trentesix ans d'une vie exemplaire (3). Au moment de son entrée en religion. M™® de Sévigné avait fait d'elle ce curieux éloge : Celait une petite violette qui se cachait sous Vherhe et quiétait honteuse (Têlre maltresse, (Tétre mère, d'être duchesse ; jamais il n'y en aura sur ce moule- là.