‹ Histoire du XVIe arrondissement de ParisChapitre 61 sur 128 · LES QUATRE GOUVERNEURS · texte numérisé non relu

LES QUATRE GOUVERNEURS

DU r.HATEAf ROVAI. UE LA MIETTE

l>oin de nous la prétention de refaire ici l'histoire de ce château ; nous voulons siniplemeot présenter un résumé de celle des quatre gouverneurs qui le régirent de 1746 à 1787. Nous disons 1716, car c'est à cette date que la duchesse de Berry, ou plutiH le Régent, son père, acheta povr elle, dit Saint-Simon dans ses mémoires, ui\e petite maison à l'entrée du bois de Boulogne nui était jolie, avec tout le i)ois devant et un beau et grand jardin derrière, qui apfHirte' nait à la charge de capitaine des cha$$es du hois de Boulogne et des plaines des environs. Catelan quand il était en possession de cette charge, avait fort bien atcomnwdé cette maison, dite la Muette, et en 1705 Fami vendue à Fleuriau d'Armenanville, qui venait

HISTOIRE DU XVt* AHBONDISSEM ENT

Ittlie, le i3 DOTembra 1734, des bleamres qu'il mil rtfoM 1 1* bauille de Gaastalli. en comiMtUnl brtremeDt contre les Autrichiens. — Sa oofflioatioD de chevalier de l'Ordre da Siint-Esprit Tenait de lui être eoTo^èe en récooipease de s» belle conduite, et nul doute qu'il ne fat rapidement arrivé au commaademeDt en cbef des armées, nul plus que lui n'en ajant été reconnu digne. — Le marquu de Pezé aviii obieoii beaucoup de la munificence rojale ponr l'élise de Pusy. qui. en reconnaissance, lui ^t faire no service solennel le 5 janvier 1735.

A la mort du mirqais de Peu, ce fut son beau-frère, Henri-Camille, marquis de Bèringhen, de QiAteauneuf et d'L'tellcs comte àa Plessis- Bertrand, etc., (|ui olilinl le (jonremement de !a Muette, de Madrid et du boia de Boulogne. On a dit : Heuretiz les peuples qui n'ont pas d'histoire! S'il en était ainsi des hommes, le marquis de Béringhen serait un favorisé ; aussi a-t-on quelijue peine i trouver sur lui des renseignements que l'on voudrait plus iniéressanls. Dans ses Mimoires, d'Argenson le traite desol et dedépensi^, tandis qu'au bas d'un assez joli portrait de loi, gravé en i 75!) par Moitié d'après la l'orte, on lit ces vers :

yj-lé HuJL-l, nnii Kéni^n-ui el MiiU; Iticiifiiisaiil Kvi'i: cbuii. simplv avi-c di^-iiik',

i;î!"torruiïuîù"vu'lOiJiouranu-il<-,.»iisdt-llï.

Hais quelle valeur ont les quatrains flatteurs mil au lias des portraits des grands ? L'image le représente assez bel homme, d'une corpulence moyenne ; mais l'expression du visage, des plus ordinaires, semble un peu contirmer la premicre partie dujugemeni de d'Argenson. Faute demieui, rattrapons-nous donc par quelques détails de famille. Depuis Louis XIK. le titre de premier écuyer du roi s'était transmis chiii les de Béringhen, H noire nouveau gouverneur le possédait depuis la fi» de 17i3, année de la mort de son père ei de non frero aine. 1-e ^ février 1731, il avait été promu chevalier de l'Ordre du Saiot-Ksprit. Au Moix de mar* 1743, c'est-à-dire neuf ans après Km inttallalion i la Muette, il se dérida enlin à prendre f'rmme, en la personne d'Angélique Sophie d'Ilaulnforl, veuve de M. de Lauiiéres, baron do Théminen'it de IjrJaillac. Mariage de raison pfohablemrtit. Il.-i;. do Béringhen eut un fnTC, «tAipie du l'uy. et doux siiurs successivement «MfraMi ilo Kuniiniwliers, au diocèse de MeauA. Sm MUi\ k fan* était eitué rue Saint -Niiaise. à la iilarjidu I Jrrousel.Son père.qui avait été membre duMinveil de H ngenre. directeur des l'onU et Cbaus- »A«H et mimlire honoraire do l'Académie des insrniili'ini, (|nitid uniiileur d'eslampca et d'œuvres d'art, en uviiit fait uu véritable musée ; mais, à m mnrl, "••> ndliwtiiidN avaient été dispersée3-(l )- 1^ r.hllraii d'Annuitivilliers, près de Tournan H^Kih-. -I *lirHi'). fut nussi la propriété du père ttdii liU llf. Mio* doule grands amateurs de vo-

lailles, car la principale particularité de ce domaine consistait et consiste encore en une caaudière située k l'exlrémité d'un étang de 1Î7 hectares, s'élevant de plus de 3 mètres ndessos do chiteau et dans laquelle les caninb «auvages, attirés par les privés, s'abattaient alun en telle quantité que la chasse s'en faisait deui fois par jour, malin et soir, du 1"' mars an IS août. Notre troisième goovernenr avait en oolrt un chlteau à Ivry- sur-Seine près Paris, qa'ila'iii orné des meilleurs tableaux de Lancret. f ~~

I 1770, après avoir régi la Muette trente-six ans, et fot l'Auxerrois.

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pendir fat inhuinè à Saint-Gemiin

Si Béringhen eut peu d'histoire, son si

en eut peut-être trop. Ce fut le fameux [mnce dt Soubise (Charles de Hohan-Hohan etdeVentadonr). Né le 16 juillet 1715, la protection deI.ouis \V, dont il était ra»ii' de cicur, et snrloot e^e de Mme de Pompadour, 1 laquelle, il se periaetUit d'offrir des bagues enrichies de diamants, l'avaient fait, plus que son mérite qui cependant était loin d'être nul. arriver aux plus hauts emplois. Duc et pair, avec le titre d'Altesse sèrénissime depuis 1753 {]), gouverneur de Flandre depuis 1718, et du Ilainaut depuis 1751, il^fut fait maréchal de France le 19 octobre 1758, puis ministre de la guerre. Ses qualités militaires laissaient cependant i désirer \ mauvais tacticien, le soldat n'avait pas conliance en lui, surtout depuis ses mésaventures au déliut de la guerre de Sept Ans. Le 13 octobre 1757, il était entré à tiothaavec 8.000 hoiames : le général prussien Seidlitz, ft la tète de 1.500 hommes seulement, le surprend au momm 0(1 il allait se mettre i une table splendidement servie, dans le chiteau princier ; Sou bise s'enf ail ù la hdte, laissant les Prussiens manger son souper. Le S novembre suivant, il essuyait l'ignominieuse défaite de Itosbach, son armée prenait lâchement la fuite, laissant 7.000 prisonniers entre les mains deTrédéricIl, qui, de plus, trouva dans les bagages de Soubise des valets de cham-

llL-rs. pour lu ilonnvr au camlu d'En. Il passa enr^uitu uu Uuc du l'cntliiËvrc. It i-H actueltemml la pnipriùtù du lioron Eilmoiiil ilv RothscUilil, qui la i-cMiiiili.atrH.iil triiiisfunno.

n, Il oLtlnl re ntn: ii I» suite du mi>riaa<^ d.- -^i lilk- ;ivrr le iirincu .lu Cnndè, ce .|ui rnllTiiit ;• la tùiiiillu rum(u.

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lIISTOmE DU XVI*^ ARRONDISSEMENT

N" 20. — Rochon (L'abbé), astronome et navigatear, membre de l*Académie des Sciences, puis de rinstitat,eut logement au château delà Muette, de 4774 à 1791 ou 1792.

N° 20. — Leroy (Jean-Baptiste), physicien, membre de l'Académie des Sciences, eut logement au château de la Muette vers la fin du règne de l^uis XVI, comme garde du Cabinet de physique du roi, qui était au n*^ 84 actuel de la rue de Passy.

No 20. — CoRVETTO (L.-E., comte), ministre d*Ëtat, eut la jouissance de la Muette de 1818 à 1822, date de sa mort.

No 20. — Érard (Sébastien), célèbre facteur d'instruments de musique, acheta le château de la Muette en 1820, et y mourut en 1831. Ce château n'a pas cessé, depuis, d'appartenir à sa famille.

N° 20. — Sponpini (G.-L.-P.),célôbre compositeur de musique et gendre de Sébastien-Rrard, habita souvent le château de la Muette sous la Restauration, et jusqu'à 1840. Sa veuve y mourut en 1878.

N. B. — Le château de la Muette avait aussi appartenu au roi Ctiarles I\, qui en fut le fondateur, à Marguerite, reine de Navarre, première femme de Henri IV (la reine Margot), qui lotirit au dauphin (Louis XIII), et enfin a Louis XV et à Louis XVI.

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