‹ Histoire du XVIe arrondissement de ParisChapitre 88 sur 128 · LE PUITS ARTÉSIEN DE PASSY · texte numérisé non relu

LE PUITS ARTÉSIEN DE PASSY

L'étranger qui passe au square I^martine, situé entre l'avenue Henri-Martin et l'avenue Victor- Hugo, à l'extrémité de la rue Spontini, est loin de se douter qu'au milieu de ce square se cache trop modestement, dans une touffe de verdure de forme octogonale, le fameux puits artésien de Passy dont le forage fut décidé lors de la transformation du bois de Boulogne. U était d'abord destiné à fournir des eaux pour l'arrosement des parties hautes de ce bois et à suppléer au service d'eau de Seine dans quelques arrondissements de la rive droite de Pans. 11 alimenta ensuite en grande partie le lac inférieur.

Mais n'anticipons pas, et résumons les articles très documentés qu'a publiés le Magasin pittoresque en 186â sur la création de ce puits, ren-

voyant aa prédeQx recueil lai-Bèaie les iMtnn avides de plus de détails techniques (i).

L*idée de transformer le bois de Boobpea jardin aoglais eondoisit à y créer des besctèi ruisseaux. Un ingénieur saxon, M. Kini éqi connu par des sondages qu'il avait exêcatcia Creusot, promit k cette occasion de faire jfSk dans la plaine de Pasy (2) nne fontaine artisim qui donnerait à elle seule douze fois plus im que le puits de Grenelle. Il oiTrit de faire \t mnl à forfait en une année, moyennant 350.000 k^ et le préfet de la Seine sic la le traité pnpri par M. Kind. Les travaux^ uirent oomnieiMiiili fin du mois de septembre 4855. On eut bicM construit une espèce d*édifice en plaocki(a«r notre dessin) qui pendant longtemps attin es milUers de visiteurs. La cheminée longue et Mê qoi s'élève à côté de la grande tour en bois, apf» tenait à la machine k vapeur de cette osifie tmporaire et était destinée à moavoir lesgiguiteifM outils de perforation. Si rien n*avait dértn|èli' opérations, on en fût venu à bout pendant h période que M. Kind avait fixée ; mais on reocoUri des obstacles imprévus.

Le 31 mars 1857, le forage était déjà panai à la profondeur de 5^8 mètres, l'arrivée de !« était imminente, on pouvait prévoir qu'elle jiiirait au bout de quinze on vingt jours, knp tout à coup le tube en tôle qui retenait les «fin fut écrasé à 30 mètres au-dessous du sol. Os*» suivit un retard de près de trois ans et im nfmentation du triple dans les dépenses. Teiiki calculs se trouvaient bouleversés par ce sivlie. M. Kind était dorénavant hors d*état de tm^ les conditions de son marché ; radoinistnlia municipale le résilia et prit k sa charge la cair nuation des travaux, qui furent mis es léfe. M. Kind resta, comme par le passé, chanéàli direction du sondage, mais il dut s*enteodre i«k la commission de surveillance, qui devcoak a quelque sorte responsable de la réussite de l'ifération.

Enfin, après bien des travaux, longs, péaUB et même dangereux, on arriva à une ftéssàm de 587 mètres et l'on trouva la nappe mfiÊn, qui jaillit à la surface du sol le 24 seplMÉRM à midi. Il a fallu six ans d'un tranuIosMiH.li volume d'eau quotidien atteignit, m nrwinr «1 de sonde, i 5.000 mètres cabes; il séieia jusqu'à 25.000 et ne redesceodit pas de 17.000 tant qu'on laissa couler Fean m du sol. U est actuellement — la ivee nelle ayant été réduite — d^enTÎroa iO. cubes par jour.

Jusqu'au jour où la nappe d\ de Passy, le puits artésien do 630 mèires cubes, ce qui était mais vingt-quatre heures après Q que 560 mètres, et, après avoir vement, il tomba à 460 et mèoie à 4iO

(i) Jouve et C», éditeur^, rue PaUtiBC. b'î • P»ris (ancienne maison Fume .

(2) A cette époque, tout le joli <purtir7 4" avoisine le ptuits faisait partie «Je ce <n'»* *t pelait alors à juste titre la pioime. c'est-»-^!» « ^rand espace plat vi sans constni<-ti««« >» procbées.

HISTOIRE DU XVi^ ARRONDISSEMENT

coulait alors avec la même vitesse que si le plan de déversement eût été élevé à 78 mètres au-dessus du niveau de la mer.

1^ tableau suivant des couches traversées donnera aux géologues de notre Société une idée exacte de la constitution du terrain de Passy.

Épaisseur

de chaque

couche

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