PLACE DE PASSY
Par délibération du 21 décembre 183i, le conseil municipal de Passy, considérant que le local loué par la Mairie était insuffisant et qu'il y avait lieu d'acquérir une maison commune (1), autorisa l'acquisition à M. et à Mme Créciat de leur propriété, grande rue de Passy, 67, pour y installer la mairie, avec toutes ses dépendances, et y créer une place publique.
M. et Mme Créciat se mirent d'accord avec le maire de Passy pour fixer à 55.000 francs le prix d*.achat des terrains (bâtiments et jardins), qui ont servi à établir la mairie et la place, mais sous la condition que la mutation de propriété serait faite à très bref délai. Gomme ils ne voulaient pas attendre, pour le paiement, Taccomplissement des formalités permettant à la commune de faire face à la dépense, M. Possoz, maire de Passy, leur versa de ses deniers 40.000 francs ; M. Anceaume, adjoint, et M. Goade, conseiller municipal, payèrent également de leurs deniers, mais sous la garantie personnelle de M. Possoz, le surplus, soit l.').O(M) francs, le 1'^'^ mars 183:*). En vertu d'une ordonnance royale du Tô du même mois, l'acquisition faite par M. Possoz et consorts fut réalisée, les i et 10 mai suivants, au nom de la commune de Passy, par contrat notarié. Les frais d'actes d'acquisition se sont élevés à 3.852 francs, et les frais d'appropriation de l'immeuble à 8.197 francs ; la dépense totale a été couverte de la manière suivante :
Part à la charge de la commune de Passy et acquittée par cette commune
au moyen d'une contribution extraordinaire ^20.000 fr.
Subvention accordée par l'administration du <lépartejnent de la Seine
sur les fonds d'octroi de banlieue "20.000 »
Produit de la revente à M. Morison d'une partie de l'innueuble 15.000 »
Souscription de divers particuliers, notamment : "i.oOO (r. fournis par la famille Delessert, 2.(K)0 fr. i>ar M. Possoz, i.OOO fr. par M. l'ulchiron, 100 fr. chacun par M. le comte Portails, M. le comte de Las Cases et M. Guichard de Mareil, etc 1:2.049 »
Total 67.049 fr.
L*examen du registre des délibérations municipales montre que le projet de pavage et de cailloutage de la nouvelle place publique a été approuvé le 8 août 1835, que les fonds nécessaires pour l'installation des services de mairie ont été votés le 8 novembre de la même année et que la mairie a été installée le 1" janvier 1836.
La nouvelle place ayant 34 mètres de largeur, prit d'abord le nom de « place d'Armes », et ensuite celui de « place de la Mairie », parce qu'elle bordait un des côtés de la mairie de Passy. En 18i8, on rappela « place Béranger », en souvenir du long séjour que l'illustre chansonnier avait fait à Passy ; mais peu de temps après, on lui rendit le nom de « place de la Mairie », qu'elle ne pouvait pas conserver quand il fut décidé que la mairie du XVP arrondissement serait établie à l'avenue Henri-Martin. Sa dénomination actuelle lui a été donnée par Tarrêté préfectoral du 26 février 1867.
La maison n** 2 de la place de Passy, où se trouve actuellement une suceur* sale du Crédit lyonnais, formait, en 1827, le café-restaurant du Midi, avec
(i) La mairie de Passy avait él<^ installée jusqu'alors dans des locaux loués par la commune, rue Franklin, n^ 3 ; cette maison appartenait au maire et ancien notaire^ M* Auge de Fleury*
3r> IIISTOlRt: DU \\V ARRONDISSEMENT
jardins et bosquets; le premier étage de cette maison était occupé, dès 1863, par le cercle de Passy, qui n'existe plus depuis longtemps.
Le 8 août 18^0, le conseil municipal de Passy accepta la proposition du sieur Bénit, demeurant rue de rKglise (Annonciation), n® 15, consistant à établir un marché sur un terrain dont il était propriétaire, rue Neuve-de-l'Église (Jean-Bologne). Un marché forain se tint ensuite périodiquement sur la place de Passy. Le premier acte concernant le marché couvert actuel consiste en une délibération municipale du 5 juillet 1853, demandant rétablissement d'un marché devant contenir 133 places et être établi auprès de la place de la Mairie. Les travaux de première construction du marché de Passy^ qui appartient à la ville et est régi par elle, furent achevés le 25 novembre 1835 ; mais ce marché fut ouvert dès le 4 avril 1854. En vue de Tagrandir, la commune de Passy acheta à Mme Delahoussaye, le 10 août 1857, un terrain en partie couvert de bAtiraents, pour 30.657 francs, y compris 4.637 francs de frais. Malgré cette extension, le marché était encore encaissé par des propriétés privées et avait besoin d'être aéré. En 1873, époque à laquelle les travaux de la nouvelle mairie de l'avenue Henri-Martin étaient poussés avec activitéjl fut décidé que les terrains sur lesquels s'élevaient les constructions affectées aux divers services municipaux de l'arrondissement seraient aliénés, mais sous la réserve que l'emplacement occupé par la justice de paix et par le bureau de bienfaisance ne serait pas compris dans cette aliénation, et qu'il serait utilisé, pour agrandir encore le marché; il a ainsi obtenu une façade sur la petite place qui le sépare de la rue Bois-le- Vent.
La rue Beethoven se nommait autrefois rue de la Montagne, nom parfaitement justifié par son excessive déclivité. Elle avait son origine à la route de Versailles ( (}uai de Passy), dans le voisinage de la Seine et auprès de la barrière des Bonshommes, qui était une des entrées de Paris; cette entrée s'est appelée aussi barri('re de la Conférence (1), puis barrière de Passy. Après avoir formé un coude très prononcé et longé le mur de clôture de Tancien couvent des Bonshommes, la rue de la Montagne aboutissait au carrefour de Passy où convergent les rues Raynouard, de Passy, de la Tour, Vineuse, Franklin et deux voies modernes (boulevard Delessert et rue Alboni). Ce carrefour s'est appelé autrefois la Croix Vineuse et le carrefour de la Montagne ; il constituait l'entrée de Passy et on y voyait avant la Révolution la potence seigneuriale, juillet dit, dans ses Chroniques de Passf/, qu'il y avait un second pilori, placé au bas de la rue de la Slontagne, à l'encoignure du quai.
La rue Beethoven a fait partie de la route départementale n** % de Paris à Saint Cloud; ellen'avaitque trois ou quatre maisons au milieu duxvin* siècle et elle ne forme plus aujourd'hui qu'une impasse, aboutissant d'un côté à la route (le Versailles ((luai Debilly et quai de Passy), et de Tautre à des escaliers, parce (fu'une section, comprenant tous les numéros pairs du n® 12 au n** 26, a été supprimée pour l'alignement du boulevard Delessert, dont rexécution a permis de faire communiquer la rue de Passy avec le centre de Paris par des pentes admissibles. La partie la plus élevée de la rue Beethoven a été démolie en 18U3, pour la construction du large escalier constituant la rue Alboni.
La raffinerie de sucre de MM. Delessert avait une entrée au n® 2 de la rue
1. La hairii're do l»assy ôlait un reculeincnl de la barrière de la Conférence, située l»n''cédenimcnl auprèsi de la pompe à feu de Chaillot.