‹ Histoire ecclésiastique A. M. D. GChapitre 26 sur 56 · I. — MORT DE BONIFACE VIII. — LES PAPES D'AVIGNON · texte numérisé non relu

I. — MORT DE BONIFACE VIII. — LES PAPES D'AVIGNON

D. Comment se termina le pontificat de Boniface VIII?

R. Boniface VIII avait reproché au roi de France, Philippe le Bel, de violer les lois de l'Église en levant des impôts exorbitants sur le clergé de son royaume. Ce monarque en conçut un vif ressentiment, et peu après il fit jeter en prison le légat du Saint- Siège. Non content de repousser les justes réclamations du Pape, il l'accusa de prétentions contraires aux droits de sa couronne, et les bulles pontificales furent indignement falsifiées pour égarer Popinion publique. On déclara Boniface VIII coupable d'hérésie, et ce fut un magistrat français, Guillaume de Nogaret, qui se chargea d'aller se saisir de sa personne. Accompagné de soldats mercenaires, il eu-

vahit soudain la ville d'Anagni, et pénétra sans résistance dans le palais où l'attendait le Souverain Pontife, assis sur son trône, revêtu des ornements pontificaux, la tiare sur la tête, et tenant d'une main la croix, de l'autre les clefs de saint Pierre. L'auguste vieillard fut accablé d'outrages, et un exilé romain alla même, dit-on, jusqu'à Je frapper au visage avec son gantelet de fer. Au bout de trois jours, les habitants de la ville chassèrent ses persécuteurs , et il put retourner à Rome, où il mourut bientôt, à l'âge de quatre-vingt-six ans (1303'. L'attentat d'Anagni devait avoir les suites les plus funestes pour l'Église.

D. Quelle fut la principale cause du schisme d'Occident?

R. Ce fut la translation du Saint-Siège à Avignon. Philippe le Rel usa de toute son influence pour l'élection d'un Pape français, Clément V, qui consentit à fixer sa résidence dans la ville d'Avignon (1309), et ses six premiers successeurs y suivirent son exemple. L'autorité pontificale y perdit de son prestige, parce que plusieurs souverains y virent un prétexte pour lui reprocher de ne plus s'exercer dans sa pleine indépendance sur le territoire et sous la protection d'un prince étranger. Le roi de France, jaloux de l'influence et des immenses richesses des Templiers, accusait leur ordre de crimes monstrueux. Un grand nombre de coupables firent des aveux accablants , et Clément V se décida à supprimer l'ordre dans le concile de Vienne, le quinzième œcuménique (1312). Cependant Rome et l'Italie eurent beaucoup à souffrir de l'absence des Papes; elles furent déchirées par des factions et des guerres civiles. Un simple aubergiste, Nicolas Rienzi, se fit proclamer tribun dans la capitale du monde chrétien. Il y établit une république, qu'il appela de bon Etat, mais qui amena

l'anarchie la plus complète , et le tribun fut massacré par le peuple. Enfin le pape Grégoire XI se rendit aux pressantes sollicitations des Romains, et retourna dans leur ville. Ainsi finit ce qu'on appela la Captivité de Babylone (1377).

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