‹ Histoire ecclésiastique de BretagneChapitre 73 sur 84 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

4. Ce que nous appelons Bretagne n'a pas toujours porté ce nom. Ou l'appeloit autrefois Ar^Mor-Bich. Ces termes sont pris dans la langue cdtiqoe, que ks Bretons parlotent dams les premiers temps, ils s%nifient province ou rajraume maritime (i). (Tëtoh une dénomination générique que Ton donna à toutes les c6tes occidentales de ce vaste parys que nous con* noissons sous le nom de Gaules.

Ceux qui peuplèrent ces contrées furent désignés par cette raison sous le nom général d'Ârmoriques (a) , c'est-à*dire y d'habitans des côtes de la mer. Nous ne les appellerons point autrement par la suite.

5. L'Armorique renfermoit plusieurs peuples dans son sein. LesRedo^ nés , les Namnetes , les Diablintesy les CuriosoUtes ^ les Veneîi et les Osismii occupoient notre Bretagne. Il s'agit de reeonuoitre le lieu où chacun de ces peuples étoit placé.

6. La ville principale des Redones (3) s'appek>it Candate. C'est un terme celtique , qui ne se rend pas , à propremeM parler^ par celvî de confluent, comme Ta pensé le savant M. de Valois , mais par celui de pointe. Ce que les Gaulois exprimoient par conk , étoit le cuneus des Latins ; et il désignoit un angle de terre formé par Tunion de deux rivières.

La position de Condate , à Fendroit où la Vilaine reçoit la petite rivière de Vlsle (4)9 fait connottre l'origine de sou nom. Ce&làarxïoX Condate qu'on a £aiit ce que nous nommons aujourd'hui Condé , eône (5). Nous remarquerons aussi en même temps que de conk sont dérivés les noms de Ccnquet et de Concarneau , deux petits ports de mer , dont le premier est

(ty les fttymologies que boqs rapportons r<«r, et de d<m^ excellent. On sait que les

dam cet OQTTage sont tirées desdic^ionindres Gaolois s'ezerçoient beaacoap à la course,

celtiques de Bom Pelletier et de M. Ballet. Elle leur fat d^abord d'une grande utilité pour

(3) Noos croyons^ arec M. Cordemoj et donner la chasse aux bètes et se sauver de

d'autres bons auteurs , qu'il est pins exact de leurs dents neurtrières. Elle fit ensuite partie

dire ArmcriqHet qa^ÀrmorieaiKs , avec les detf • du métier de la guerre,

nlers faîstoriens de Bretagne et M. Tabbé des (4) Le nom d'hU vient d'û , rivière , et de

Fontaines. Nous ne formons en ain que les Uonlaff, pelU; et qaÏYevtiûm petite rivière.

noms laUnsqui se terminent en anus. Les (5]Le terme Condate rient de oonA^jpotnle;

noms en iau , dm nombre desquels est Àrmo^ de da , rwière , et de le , habitaivon ; ce qui se

ricve , se changent en <f nr. rend par hàbita(i<m où deux rivières farmeni

(3) Les Jledofiei tirent lewr Mm de ffd| «01»- un m^for Uur union.

4 HISTOIR£ ECCLESIASTIQUE.

sur la pointe la plus occidentale du diocèse de Léon , vis-à-vis l'île d'Ouessant ; et le second , sur une petite pointe , à peu près à rextrémité de Cornouailles.

7. Le territoire des Redones étoit borné vers l'orient par les Diahlintes , comme nous aurons occasion de le voir.

8.9. Selon l'Itinéraire d'Antonin, les confins àes Redones étoient fixés au septentrion sur une route qui , partant de Condaie , conduit à Alcama (i), qui se trouve dans le pays des i7/i^/Zj (a), proche le rivage du Côtentin. Il n'est pas hors de propos de faire observer ici en passant que ce che-r min , par où l'on se rendoit directement à Alauna^ traversoit le terrain qui forme de nos jours les grèves du Mont Saint-Michel. Ce qui n'auroit pu se faire , si la mer les eût couvertes comme elle le fait actuellement. Si cette route eût passé ^^xlngena (Avranches), capitale des Abrincalui(Z)j l'Itinéraire en auroit fait mention.

10. Les limites de la cité des Redones^ qui sont établies sur la route d'^launa, par l'Itinéraire , portent le nom de Fines. La difficulté est de déterminer quel est le lieu où Fines doit être placé. •

1 1 . Le profond M. d'An ville , qui nous sert de guide en cette i^atière , assure que ce Fines doit se trouver dans la paroisse d'Huisnes y qui est située vis-à-vis le Mont Saint-Michel , à une lieue de Pontorson (4).

12. 1 3. Ce qui a déterminé ce savant à embrasser ce sentiment , c'est qu'il a cru que le nom d'Huisnes représente par corruption celui de Fines. Cette conjecture est vraisemblable, si on la considère en elle-même. Huisnes a pu s'appeler aussi Visnes. L'V consonne tient quelquefois lieu d'un F : la prononciation de l'V consonne et de l'F, a été autrefois la même chez les peuples du nord qui se sont établis dans la Neustrie ou NormauT

(i) Aujonrd'hai les Houtiers d'Alonne , qui fouillant dans les terres , on a trouvé les ves-

renferment deux paroisses contiguës, Notre- tiges d'un amphithéAtre et d'une enceinte de

Dame et Saint - Pierre , immédiatement au- murailles» plusieurs médailles romaines et

dessus de BarneyiHe , où il y a un port de ma- un grand nombre d*umes sépulchrales. L'ana-

rée. Alaune est sur la rivière de Sandre , dont logie qui se présente entre YaJUmm (Valognes)

elle tire son nom. Al , frit; aun, rivière : lien et TeneU^ fait croire que c^e^t la même ville

prèê (Ttine rivière. . que CrœiaUmwn, Ces Yeneli donnèrent par

[Sandre, autrement Soldrîa, tire son nom de la suite leur nom à Crociafontim , comme

êal^peliie^ etderi, rwtère.l— Add. del'err. a. V. les Redmei donnèrent le leur à dmdaU , les

(2) Les UneUiou Fen«li étoient placés dans VemU à Daricrigum, les NammUt à Conii-

le Côtentin. Leur capitale étoit Crociatonum, vicnum, et les Àhrincalui à Ingena.

Elle étoit située à peu près où est mainte- (3) Les Àhrineatui tirent leur nom d'oser

nant Valognes. Les restes d'antiquité qu'on a ou aberin , qui détin , et de ead ou eal^ cons-

découverts dans la paroisse d'Aleaume qui joint JhU : pétale qui aime la guerre,

Valognes , y font retrouver CrœiaUnmm. En (4) Notitia Galliar,

die. Mais si cette élymologie est rapprochée des titres que Ton Toit dans les archives de la paroisse d'Huisnes , et qui font connoitre l'origine du nom qu'elle porte > on ne voit plus rien qui la soutienne. Ce canton s'appeloit autrefois Hymn , ou Hymne (i) ; d'où , par la suite des temps , s'est forme le nom d'Huisnes.

Au sixième siècle de l'Eglise , des anachorètes ^ dont nous aurons occasion de parler , s'ëtoient retirés dans la forêt de Chesey ou Chosey , qu'on appeUe Siscy , pour servir Dieu loin du tumulte du monde et pratiquer les conseils évangéliques. Ils se rendoient quelquefois sur un terrain plus élevé , où ils avoient construit de leurs propres mains un petit oratoire pour y célébrer les louanges de leur Créateur : dans la vue de transmettre cet événement à la postérité, les chrétiens qui se formèrent en ce district bâtirent sur le lieu même une église à qui ils donnèrent le nom d'Huisnes.

' 14. I-a position de Fines conviendroit peut-être mieux à la ville de Fougères (a). Son emplacement étoit sur les frontières des Redones et des Diablintes. C'est aussi le parti qu'a pris le dernier historien de Bretagne , Demi Morice , dans la carte qu'il a fait dresser des anciens peuples de cette province. Mais cette détermination nousparott tout à fait aii)itraire ; aucun monument ne nous l'indique.

i5. Il existe près de Bazouges et de Combour , à sept ou huit lieues de Condate des Redones , une paroisse dépendante de ce diocèse , qui conserve encore actuellement le nom de Fins. C'est là ce que vouloit dire l'Itinéraire d'Antonin. Les confins des Redones s'y terminent, ainsi que ceux des Diabtintes. La route qui prenoit de Condate à Fins , conduisoit de là vers les Moutiers d'Alonne. Nous sommes surpris que l'on n'ait pas fait plutôt cette découverte (3).

(1) Dans un des registres de la paroisse de Fougères: (on signifie rtt;<fr«, etcon Joncd'Huisnes , on lit ce qoi soit : RegUlrum spùn- iUm, Rillé a pris son nom de Lançon ; ri veut taUorumy haptimonm , mafrimomonm et m- dire ruUseau , et ï« , lieu : lieu $ur un ruiêhumalionum per me faeiuim Jacdbutn Touchais, seau.

presbylerum, tnctarium parocMm JHti Petride (3) [A ce queFon a dit, tom. 1 , p. ietsuiv.,

ffymnii, anno 1521. sur le district des Redones , qui se terminoit à

(2) Fougères tire son nom de faou , hélres , la paroisse de Fins , et où se trouvoit une route dont par crase on a fermé fou , et de ger , n- qui , partant de Condate , conduisoit à Àlauna ; tikre. Cette ville, peu éloignée d'une forêt qui on peut ajouter avec M. le comte de Gaylus s'étendoit autrefois jusque sur son emplace- (Recueil d'antiquités, etc., t. 6), d'après ment, est sur les rivières de Coesnon et de les mémoires de M. le président deRobien, cet Lançon. Celle-ci a été ainsi appelée, parce illustre académicien qui a si bien mérité des qu'elle va se joindre au Coesnon au-dessous sciences et de sa patrie , qu'un ancien cbemin,

6 HISTOIU EOCLiSI ASTIQUA .

i6. Les cités armoriqués limitrophes de Fines étoient Noedunum et CorsiUum, dont nous parlerons bientôt ; aussi voyons-nous que ce sont là encore de nos jours , à peu de choses près ^ les frontières des diocèses de Rennes I Dol et Saint-Malo.

17. La seule chose qui pourroit embarrasser , en plaçant Fines de la manière que nous le faisons , c*est que la distance XXIX dans rilinëraire entre Condate et Fines ^ ne convient pas au local que nous désignons. Mais celte objection se résoudra facilement , si Ton considère comme certain €|UeleS nombres de ritineraire sont souvent fautifs et qu'ils ont besoin de correction*

18. Les Redones étoient voisins dies N'amnetes et des Feneti. Situés au milieu des terres , ils s'étendoient du nord-nord-est à Test.

Le territoire des Redones ainsi fixé fournit une preuve que Sanson , cet habile géographe^ s*est trompé , lorsqu'il a cru que , du diocèse de Ren* nés 9 dn en avoit fait deux autres y ceux d'AIet et de Dol. Aussi* Adrien de Valois y également versé dans l'antiquité j a^'t^l regardé ce prétendu dé* membrement comme destitué de vrai9eiid>lflnce (i)^

19. Oapeut remarquer en même temps que led Redones ne s'étendoient pas exactement jusqu'à la mer : entr'eux el elle se Ctouvoient le^Diablintes et les Curiosoliles, Lorsque César a rangé les Bédanes parmi ceux qui étoient contigusà l'océan , sa propbshioci ni'en est pas moins vraie. Cet illustre historien ne vouloit pas pader d'une contiguïté phyirâque. Coo^Heit nV t-il pas placé d'autres peuples près de la mer , quoiqu'ih en fussent plus éloignés que les Redones PTélû sont en particuKer les Turxmi (a).

20. a I . César , Strabon ^ Pline et Ptolémée parlent des PfàmneîeS. Suivant ce dernier auteur, Condiificnùm étoHlbur capitale. Ce nom y qui renferme celui de Condate (3), étoit propre à cette vilky à cause de sa situation à l'endroit où la Loire reçoit la rivière d'Erdre ou Ardre (4).

Nous croyons , avec M. de Valois (5), que le Mannatias de la Notice de

^i ptsse Mftdi dé Rêmâsy , se MMrqtié en- (1) Notitia Galliar .

coreàprésentdansleslandes dansunelo^ « Comment, lib. 7.

gneur d'cnturoa deux lieven , et qa*H se rend , ^

cMttme plnslettfs autres , au l>ourg de t\m. (3) L*origine du nom de ùm^lenim est hi

sf est wié paroisse dtl diocèse dé Rtott«- ^Mtd» que eelté de CciwêkU ; il rient' de eoMft ,

ne»^ Toislae do C^nontC db mlssean laîli^ f^nt»-; 4é ai,, Hvièré, et' def i^k, ÎMUtt-

«édk Ca canlon lire soa noiH de aa positiott*. fUni.

»ê , mê-âêiiui; ma, la; si , i^ttrs : ITm w- (^j ^^ ternie Àràrè ou Eràre vient d'iuwH,

' éêêêUi iê la tiHèrt. Le terme Mîneê est pifs ou er , rimère ,. et de drewi . #«Uir motivoî»:

é^wàa , ftlllt, 01 ^Bê. ra>«rt.]-AcHîllon de j^g^^ ^sl extrêmement boaeuse. DetkipvliMeiiaïaipIlMtiMièlalIflAaaoti ^^ ^, ^.^. ^ ,,. tome arTv. (5) ï^^***»* <i*^^*'-

lifTRODUCTIOir. 7

r£iiipire^ qu.*eUe met dang rArmoriqué , est le même que Namnetas; et que Martnatias dok élre côtfrigé par Netmnetas,

a a. Le cours de la Loke (Z/g^^r) servoît de limites à rarrondissement é^Namnetes. C'est dans tcaite la force des termes que Strabon a avance que cette rivière coule entre les Pictones et les Namnetes (i). Aussi le jJays de Rails /qui est à la gauche de la Loire , ëtoit-il autrefois de la dépendance Aei& Pictcm. Il fût cobséquemment d*abord du diocèse de Poitiers et dé l'Aquitaine seconde. Grégoire de Tours Tassure positivement (a). Les lettres de Louis le Débonnaire de V^n Sîg , font foi que Téglîse de Saint* Viàu en Raits faisoit partie du Poitou.

a3. Lepaysd^ Raits avoir pris sa dénomination d'une ancienne ville qu'on appeloit Ratiate (3). Elle étoit si considérable qu'elle joûissoit de la dignité de ciwlas , et qu'Adelphtvs , évéque de Poitiers y prend , dans sa souscription au premier concile d'Orléans tenu Tan 5ii ^ le nom d'évéque de celle ville.

a4- Sous nos rois de la première race , on frappoit à Ratiate des monnoies àleur coin. Le Blanc donne le dessin d'une de ces* monnoiessur laquelle on voit la têle d'un jeune prince ceinte d'un double rang de perles y avec Je; nom de Ratiette. Au revers parott une croix et le nom du monétaire: Teodiricomonetario.

a5. 11 n'est pas facile de fiiLer d'une manière certaine le lieu qu'occupoit Ratiate. Cette ville fut dévastée par les Normands et réduite en solitude , selon la Cbrodique de Nantes. Il parok cependant que sa position étoit celle de Saint-Pferre et de Sainte-Opportune de Raits, dont il est parlé dans un titre de Marmôutier du neuvième siècle. Il y a voit encore alors un cbàteau tout auprès.'

a6. l« pays de Raits ne fut incorporé au Nantois que par la cession qu'en fit Charles le Chauve à Erispoé , fils de Nôminôé.

ay. a8. Herbauge (4) , qui étoit ufae portion du pays de Raits, étoit également séparé du territoire des Namnetes, Grégoire de Tours dit expressément que ce district étoit du Poitou (5). Il avoit pour chef-lieu une ville nommée HerbadiHa ou fferbedffa (6) y qui , si l'on en croit différentes lé-

(1) Les PieUmes sont encore appelés Ptc(avt, (3) Raliatt t^re son étymologie de rascia ,

Pietri. Le nom de Pieimes estxomiMiséde aquatique^ et 9e le\ habilaHon.

ptcc, dard y javelot; de teo, gros, et d*on, (i) Herbauge vient dVr, eau, et de baug,

hommes : hommes qui se servent de grosjave- habitation,

lois. Les tenues Pietavi et PUtvi sîgniGent la (5) De Glor. Martyr, lib. 1. c. 90.

néme chose : vys , hommes. (6) Le nom d'Herbadilla est formé dVr ,

(9) flA. de Glér.Coafess. c. M. cati; de bad , nacelle , et d'il contrée : pays

8 HISTOIBE SCCUSSI ASTIQUE.'

gendes , fut abimëe en 58o , en punition des crimes de ses habitans. C'est là que l*on voit le lac de Grand-Lieu , doot la drconfërence est d'environ dix lieues. Ses eaux sont noirâtres et bourbeuses. Elles sont entretenues par la chute de trois petites rivières^ savoir , la Logne ^la Boulogne et le Logon.

Dom Mabillon rapporte (i) , d'après le témoignage des habitans de la paroisse de Grand-Lieu , que , même de son temps , on tiroit encore de ce lac des restes d'anciens édifices , du bois de charpente , et différentes espèces d'ustensiles. Ce qui suppose la réalité delà submersion de cette ville. On dit que^ du temps de saint Amand , évéque de Mastricht j qui avoit pris naissance à Herbauge y on voyoit encore quelques toits des maisons.

On lit dans la vie de S. Philbert, que le monastère de Deas , maintenant Saint-Philbert de Grand-Lieu , étoit situé in tellure Herbidilica.

Le pays d'Herbauge étoit anciennement un comté. Rainaud^ qui en étoit possesseur en 843 > fu^ tué cette même année par Lambert , comte de Nantes (2).

ag. Le territoire de Condiificnum s'étendoit du côté de Condate des Reclones au-delà de ses bornes actuelles. Il s'avançoit jusqu'à la petite rivière de Sèvre , qui se rend dans la Vilaine. Ce qu'on appelle aujour* d'hui la paroisse de Messac , actuellement d4|>endante de Rennes ^ ressortissoit de Condiificnum. En effet, la Chronique deSaînt-Brieuc porte positive*ment que Messac faisoit encore^ au neuvième siècle ^ partie du territoire de Nantes (3). On y voit aussi que Gislard, installé par Nominoé sur le siège de Nantes , à la place d'Actard , et qui s'étoit maintenu , après la mort de ce roi , dans une partie de ce diocèse , étendoit sa juridiction depuis l'Erdre jusqu'à la Vilaine et la Sevré. Sench^ terme celtique , d'où a pu dériver le nom de Sevré , se rend par changement : ce qui exprimeroit très-bien que les deux rives de cette rivière ne dép^idoient pas du même peuple.

3o. Le plus ancien historien qui ait parlé des Diahlinies , est Jules-César, Pline Second les nomme Diobtindi. Outre ces deux noms , on leur connoit encore ceux de Ùiablitœ , DiauUtçe , Diablinti , Diablintes , Diaplintes , Deablites et Deabliti (4).

3i . Comme César place les Diablintes entre les Morini , qui occupoieilt

oik il y a du eaux qui pùrtenî des nacilUt, (3) D. Horice, P. jnsUfic. de THist. de

(1) AcU SS. Ord. S. Benéd. 1. 1. Bret. 1. 1.

(2) Chronic. Adem. t. 2. Biblioth. Labb. (4) Les DUAUnUt ont pris leor nom de dia ,

ce

IKTEODUCTIOir. 9

ce qmç nous appefiçms Içs ^oc/^ç^ de Boulpgpe, de Sj^int'^mer et d'I« pre, et les Menapii situés sur le Rhin, on se per$uaderoit; aisément qu^il faudro^t les chercher c^ les J^lges. Ce seroit néanmoins les Soigner beaucoup du lieu qu*ilf \x^p^ys^\. f^Une les range dans la Lyonnoise, )i la suite des Cariosuelites y et ^vaqt les JRedones, C*est là aussi leup venta- Ifh po)sji^|q^.

.3a. Cl vîlle principale jtp|BsZ?A^6&>/l^^s*appeloit Noedunum , «livant Ptol/emée. Lfi i^otice des prpvvQ^ci^ de ]^ G^ule en fait mention soiis le nom^ de ciyita^ f>iabliptufn:, . , i

33. Sansicm a qru ireprouter c^3» ville dan^ Nogent-lerRolrpu (i). Les' '4iderci^ npin çonmçiim ai» tHflbKfitçs et à d'autres peuples, ne faisoient/ selon lui, dans les pr^qp^teip^p^i qu'une même nation , qui fut parta-^ gée dans J[a siytp pc^ tfoi^ csité^ , «ycir : les Aulerci Cenomani^ les 4iderci Dùfifintçs et 1^ Aulerci Jl,kurmçei. Les Cenomqni eurent le Maine en partage, et le^ Eburovicesle caAIU>9. d'Evreux. Les»JUâïWr>i/ejr, ajoitte-t-41 ,' dw^t pvoir pour leur portion le pays entre Iç Maine ç t Evreux , à qui Ton donna le aom de Perdbe.

M. de Valois a conA^atiu ce^stéme avec succès. Il prétend enir'autres que ces trois peuples ont été distingués de tout temps, et par leur nom et par leur territoire : il croit qu'ils n'ont jamais rien eu de commun que le ^mom d' Aulerci; il sortirent qi^ sj l'on faisoit voisins les pos des autres tous ceux qui s'appejoient Aiçlerci ^ ï\ faqdroit rendre Umitriçhesde ces trois nations des peuples qui en étcÂent très-éloignés. ) 34* D'Ârgentré place Noedumm à Chàteauneut (2). 11 ne nous en dopne pas la raison. Nous allons tâcher de la découviir.. Dans uaadtexie i362 (3), CLàteaiiùeuf s'appeUe;vCStii^r^<m >io(^^ 'daiNoa.heX^TBQkNoay^ant an a fait Noue et DloCySe tnpiijivie:(dans:le bèlUqûeietle grec ,. et \;eutdiret eau , fontaine 'y ce qui convient assez à Chàteauneuf, qui est situé .dans um Meu aquatique et voisin de la mare, Sainti-Coulman. Lé inot Nqû , qui fait partie de Ja capitale des) âfo^/zzlM^isenoit tiré àeWoa. Mais^^ pûurren>*: dre certain le isùccès d*uhe palreîUèjélymologie ,Jâ vraisemblance né si:^. pas ; il fiiut qiip touf conwuro.aà l'assurer* L-originè du hourg> dei

particule augmentative , et de Idin , fort: embouchure^ et de li, hahUalion. Le surnom IHablintes, très-forlt, de Rptrou est pris de Rojrou I. ou ^e Çot^Qu

(i) NogeçUc-Kitrpù (Noti^mfibi) es^ lï.y comte du PércThe.

tué sur le penthâiît d'afte Wofiiagne, à? W 7^ HisimredeBretog^^^^ ' . ."

chute d'une petUevi^ièMiiuisedékJiar#(^ps '^ ' **^ ^.'^^^»«*'- - ^^

lHuigne. C'est ie sa position qii''iltir* «oA * W.f>- LdWéeau. Preuves justifie, de i'hist '

nom : il vient de naoM ou nott,pen(e; de ^en, de Bt^t. -» ^

lO HISTOnUZ EGGLléslASTIQUE.

Chàteauneuf né remonte pas à un grand nombre de siècles : on n'y a tcou^ Té aucun monument ancien.

35. C'est à M. l'abbé le Bœuf, ce judicieux et infatigable antiquaire, que nous sommes redevables de la découverte de l'emplacement véritable de Noedunwn. Des actes du moyen âge le font reconnottre dans le Maine , sous le nom de Diablintes, Dans le testament de Bertchran , éyéque du Mans, du sixième d^ calendes d'avril, c'est-à-dire^ du vingt-septième de mars , en k trente-deuxième année du règne de Clotaire II ^ qui répond à l'an 6i6 de notre ère vulgaire , on lit oppidum Diablintis. Ce nom , comme la plupart des autres, a dû souffrir de l'altération par la succession des siècles. Il s'en sera formé celui de Diablent y JtMblent et enfin Jw' blains. Aussi trouve-t-on Jubhnt dans un acte de l'évéque Hilddbert , qui , après avoir siégé au Mans, fut transféré à Tours, en laaS.

La Table de Peutinger ^ dressée sous l'empire de Théodose le Grand , trace une voie romaine qui conduisoit ^jirœgemis (Bayeux) à SuMi*^ nuni (le Mans), en passant par Nudionnum , ville capitale de peuple. Cette ville , Nudionnum , est visiblement la Noedunum , chef-lieu des Dia^ blintes , dont parle Ptolemée. En suivant It direction de la Table, et les distances itinéraires, la voie devoit passer par JuMains, et de là au Mans.

Jublains a perdu sa première splendeur. Cette ville n'est plus qu'un boui^ : il est compris maintenant dans le doyenné d'Ëvron , et se voit à deux lieues de Mayenne. On y a trouvé plusieurs mpnumens d'antiquité. On y aperçoit encore les débris d'un ancien édifice qu'on assure être du temps des Romains. L'enceinte de cette vOle, dont on remarque même de nos jours des Vestiges sensibles, étoit de forme carrée. Située sur un terrain uni , elle a été redevable du nom de dtuuun à l'élévation de ses Mmparts (i).

36. 37 . Les Diablintes avoient pour voisins les Suii ou Sagii , dont le nom se trouve dans la Notice des provinces de la Gaule; ceiix-ci habitoient ce qui forme aujourd'hui le diocèse de Sées. Les Diablintes joignoient aussi les Cenomani, dont le district s'étendoit à une petite partie de ce qui compose maintenant le Maine. Les j4/vii (2) leur étoient également limitro-

(1) Noeâunum a pris son nqpi de iipt > hasr temps des Romains » et ce fi'est qaesons ce rap-

>îii rempli d'eau , et de ikinwm , élévaUon. QQ port qa'qn les a appelés baba di Cisar. yftToitpratiquédesbdMdoDtilfesteeDcore j^) Les irrw tifoieat leur nom d'or , iur;

qaelques morceanx : Us deroient être anssian- ^ ^ ^ ^^^ ^ ^^ ^.^^ ^^,,^

ciens qne cette fille ; on a pu les embeUir da

iirrRODUCTioir. 1 1

phes. La position de ce peuple inconnu jusqu'au dernier siècle, a été découverte en 1757 , par le célèbre M. d'AnviUe. Vagoritum (i) , capitale de cette nation , se retrouve sous le nom de cité d'Erve ou d'Arve , qu'elle conserve de nos jours , sur le bord de la rivière d'Hervé , appelée jérva dans les anciens titres , et qui se rend dans la Sarte , près de Sablé. Va^ goritum dominoit effectivement sur cette rivière.

Ptolemée est le seul écrivain qui fasse mention des jirvii. Il les place dans la Lyonnoise à la suite des DiauUtœ ou Diabhntes.

38. Les Diablintes touchoient les AbrincaJtui cités par Pline, lesquels habitoient l'Âvranchin. De là ils revenoient jusqu'à Fins des Redones , dont nous ayons parlé ci-dessus. Us tenoient dans ce canton ce qui fait , à proprement parler, l'arrondissement de Dol^ et ils confinoient aux Curio^ soUtes. Le pagus aletensis , que l'on nomme à présent Cios^Pou^let , et autrefois Plourçdet , tenninoit le ressort des Diablintes.

39. lie teirain qpe les Di^liMes occupèrent au commencement , fut de peu d'étendue. Il ne contenoit d'abord que Jublains et ses environs. On donna à ce dislrict le nom celtique de Meyland, c'est-à-dire, de canton situé au milieu d'un état. C'est de là qu'est venue dans la suite la dénomination latine Meduaha , et celle que tout le monde connoit par le terme Mayenne j que conserve la ville de ce nom.

Les DiahïinÂes , dont le nombre s'accrèissoit peu à peu , se trouvèrent resserrés par les Cenomaai et les Ârvii, Us furent obligés d'avancer vers Toccident.

40. 4i • D'Erné , qui a pris son nom de la rivière qui l'arrose (2) , les Dia* blintes se répandirent entre la Normandie et le terrain qui fait partie du dL^ict de Fougères* Le Coesnon et l'Oisance , qui coulent dans la vallée voisine d'Antrain , firent appeler ainsi cette ville (3).

42. Le terrain de ce&deux rivières, en: continuant la route vers l'occident, porta le nom de Tra, qui veut djvé outre ^ et par la suite celui de Trans. Ce qu'on reconnc^t encore de nos jours dans la paroisse qui a retenu cette dénomination.

43. Bientôt les Diablintes passèrent dans le pays qu'on nomme Dol.

[\)Wa, rivitrt ; gor^ au-^nus ; i » contrée ; amn , rivière , en les faisant précéder de Tar- (OH, viile :viUe d'Une contrée qui domine sur ticle an; ce qui Ycut dire : rivières qui couune rivière. l^t le long (Ttin vaUon,

(2) Emé paroti tiré de naos , rivière. [ On peat encore faire venir le nom û'An-

(3) Le nom d'Antrain est composé de deux train ^ d'an, auprès, et de tren , rwfère.] — mots cdtiqaes^ traoun , 6cw, inférieur , et Addition de Verrata. a. Y.

1$ HISTOIRE COOtacSTAffriQUE.

Lfpr UQ^v.y a $ub^$të bien dés siècles J Dans jutie notibè dé la GaxAè 4]tt'A|»drë JDuehesQé a dëcaùVerW, là cité dés DïaèHnté^ ëit appelée Càrjf^s. Une autre notice et la Chronique de Robert ^ nfioiné d'Auierrè , là AOBimeni^Mz/à. Carifes se reti^ouYè endoré dans Càrfeuntcfh. Ces deut noms/ fpiji 6(mi les méméS dans l'idée qu'ils doivent offrir à l'écrit , sont tirés de deux mots celtiqiièf, haer ei feimteuHj qui veulent dire : ville çàily a d^é^ sources d^èau vweé Telle est airfourdliui la paroisse de Carfenten, qui étoit autrefois ùb faubourg de Dnl.

Quoîq^ue oe$ notices soiem postérieure^ k l'à^ëtonlain , et qu*on puisse les regarder cîoHime interpolées ; il est cértaifef (ftife ^euj^ qilî y ont idséré le nom de Co/v/kr^ é(oten« persuadés que le territoire de Dol âvoîlt fait du moins partie d^ ^lui des DiabliiUeâï C'est tout ée qu'ils dévoient avancer* ^s faits etia tradrtiôn aiiroient été cohfomies lés uns aux autres.

44- Le nom de DiaUlitày qucf porloieiit les DhblinlèSj est fort analo^ gue à celui de JOiaul^mot eehique qui se read fit* le terme Diable. Nous sommes garauts que > datis' lo treîziènte siècle , il y âVoît eilcôre aux environs de Dol Une fètmille c^i s' dippe\oil Diable ^ doïit quelqu'un avoit des pqssessions dans^ la paroisse de la Prestiayé. Ce fait est consigné dans un titre des arcbivea du chapitre de Doli k lioe Ueue de la ville , on voit une ferme nommée Diablere,

Les Pères Briet et hakhé prétendent qtîe la fisfaille de saint Guétas , en Bretagne , qui a bharigé son ancien noto de Diable en celui qu'elle a j[>orté depuis y avoit pris de la terre Diablere la dénomination de Diable. . Salacon^ évéque de Dol ^ q\ie Nominoé fit déposer au neuvième siècle , est qualifié dans plusieurs actes episœpus dialetenMs. On s^aperçoit fa-^ eil^ment que de DiaiiKke , on aura fait d'abord Diauietensis ^ et pBv abréviation Dialetensis^

Nous avons trouvé^ dans les noms de Condata et Condivicmun^ la râisOrf qui ft déterminé leurs fondateurs à les appeler ainsi. Ce qui nous enhardît à reebércher l'origine du nom que V(m a donné à la ville de Dol.

45. Dol se reiid en langue bretonne par Keu bas et fertile* C'est aussi l'étymologie que Cambden , cet habile historien anglois , prête à la ville de ce nom. Pour lui donner de la vraisemblance , il faut que le nom de Dol ait i\Â originairement accordé à cette vaste plaine sur laquelle U ville domine , et qUç de là elle ait emprunté sa dénomination. Une s'agîrti piuS que de savoit* si , du temps des ÙiabUntes , ori pouvoit reconnoitre dans ce terrain la fertilité qu'on lui attribue. Au quatrième siècle ^

l4 HISTOIRE ECCLisiASTIQUE.

Isidore , dont Cambden fait mention dans son excellente description des lies britanniques , tnelu^liud^ que Ton doit prendre pour j^let^ au nombre des dépendances de Noedunum.

50. Le nom ^Aletwn vient probablement des mots celtiques al , rocher ; de let^ proche , et d'on , rivière. Pour saisir la raison de cette ëtymologie , il faut savoir que le lieu où la ville d'Âlet fut placée , est un promontoire auprès duquel étoit le lit de la Rance.

5 1 . Les Romains ont donné quelquefois à Âlet le nom ^AUudj en sous* entendant le v£LOlsaxum. Le motif de cette dénomination vient de ce qu'à un quart de lieue d'Âlet , et en ligne à peu près parallèle , on voit au nord un rocher qui répond au premier. Aron (i), célèbre personnage dans le pays , s'y retira au sixième siècle.

Sa. Alet, voisin de l'océan, dut parottre aux Romains très-propre à faire l'un des boulevards de FArmorique ^ et à la défendre contre les incursions des pirates. Cependant , il fut inconnu pendant les trois premiers siècles de leur domination ; les garnisons qu'ils y établirent lui donnèrent de la célébrité , mais il ne parvint pas jusqu'au titre de cité. Il s'appela dans le canton même Gmc^Alet ou ff'ic-Alet (a).

53. En creusant les fondemens de quelques maisons que l'on copstruisit au dix-septième siècle , sur une partie des ruines d'Alet y on trouva des restes d'anciens bàtimens de brique rouge , et des pots de cuivre qui contenoient de vieilles pièces de monnoie d'or , d'argent , de cuivre et autres métaux , sur lesquelles on voyoit différentes figures en relief avec des inscriptions gothiques. Sur l'une de ces pièces étoit une tête d'empereur couronné , avec cette inscription en lettres latines : Adventui Au'gusti feUcissimo. Dans un terrain qui est au-dessus d'une fontaine du bourg de Saint-Servan , on découvrit des tombeaux de brique : les osse-

, mens , qui y étoient renfermés , étoient beaucoup plus grands que ceux des hommes de notre siècle : une grosse brique servoit d'appui à la tête.

Lorsqu'en 1769 on bâtit une forteresse sur l'emplacement de l'ancien Alet , on y trouva encore plusieurs médailles de cuivre et quelques-unes d'argent : elles portoient toutes des légendes romaines.

54. 55. César parle des Curiosolites en plusieurs endroits de ses Commentaires (3) : il les met au nombre des cités armoriques. Pline change un peu

(1) Le terme Aron signifie rocher ^ on ap- verU di cuir, et de tolila, inventer. Ce peupela le saint du nom de sa demeure. pie, établi sur le bord de la mer , avoit été

(2) Gwic ou wU reut dire habitation. apparemment des premiers à construire ces (3; Les CuriosoUtet sont ainsi appelés , de sortes de bateaux , les seuls que l'on ait d'a-

ctorglj qu'on prononce corogl^ barque eou* bQrd employés.

iirrRODUCTiow. î5

leur nom , en les appelant Cariosuelites. Ptolemée ne les a pas connus. Depuis qu'on a découvert la position des Arvii, on ne peut plus confondre ceux-ci , comme Ta fait M. de Valois, avec les Curiosolites. Les jirviiàe Ptolemée ne sont point les Curiosolites de César. On n*a pas mieux réussi en ne faisant qu'un même peuple des Curiosolites et des Corisopiti.

56. Il étoit réservé à notre siècle de fixer avec certitude la position de la dlé des CitriosoUtes, On Ta trouvée à Corseul, bourg entre Dinan et I^amballe.

57. 58. Depuis 1738 ,■ on a trouvé dans ce lieu des médailles de presque tous les empereurs du Haut-Empire jusqu'à Posthume ; on en a recouvré aussi du Bas-Empire et même des Goths. On voit , dans le cabinet de M. de Robien , une petite idole de bronze , dont l'index de la main droite est appliqué sur la bouche : cet antique a été pris à Corseul (i).

(1) 1^^ Yil)e deç CoriosoUtes , anciens peuples de VArmorique , dont il est parlé en trois ou quatre endroits des Commentaires de César,.est aujourd'hui une yille presque inconnue ; car ce n'est que par pure conjecture , et en se copiant ayeuglément les uns les autres , que la plupart des commentateurs ont dit que c*étoit ComouaiUes ou Quimper. Le peu de conformité de ces noms avec celui de CwrUh sfMUt , dont Tun on Tautre doit yraisemblablement aToif été formé , et le peu de yestiges qui restent dans ces Tilles de la magnificence ou de Tantiquitéqui doit les avoir distinguées, sont des objections auxquelles il semble trèsdifficile de répondre.

Quelques académiciens qui connoissent le pays , s*étant persuadés que Tancienne yille des CuriotoUles pourroit bien être aujourâliui le yiUage de Corseul , près Dinan , où Ton remarque tous les indic^ d'une grande et ancienne yille , et dont le nom très-analogique retient encore toutes les lettres de celui de CurioioUUi^ If. le Pelletier de Sousy voulut bien , en 1709 , charger un ingéniemi^ de Saint- Malo , de se transporter sur les lieux , d*y examiner les ruines indiquées et d'en faire le rapport le plus circonstancié qu'il seroit possible. L'ingénieur s*y transporta , et l'Académie reçut bientôt le mémoire suivant.

IfÊMOIRf Sur lu veêdges d^anUqnUé que l'(m trouve

au viUage de Coreeuly en Breiagne^ à deux Ueues de Dinan, vers VauesL

a Ce village est certainement bâti sur les » ruines d'une ville considérable, comme il » paroit par la grande quantité de restes de p muraiUpi que l'on trouve dans les jardins et » daps les champs , à quatre ou cinq pieds de » profondeur dans la terre. Son église a sans » doute été b^tie des débris de quelque grand » édifice , car on voit en différens endroits des » tambours de colonnes de même grosseur que » ceux des piliers qui forment les ailes du i> chœur. Tels sont ceux que l'on voit à trois p cents pas de réglise, au milieu du grand che- » min de Dinan , auprès desquels est une base p de profil atticurge de trois pieds six pouces » de diamètre , avpc enyirQU un pied de fût p cannelé en spirale, liais ce qui est de plus p remarquable , est une grande pierre de cinq p pieds de long , large et épaisse de trois ^ que » Von a tirée d'un tombeau pour en faire un n pilier octogone , auquel on a laissé une face p plus large que celles qui lui répondent, pour » conserver une inscription l(|tine, t|dle qu'elle » est figurée daiv la copie suivante ;

SILICU.

M. GIDDE DO.

MO. AFFRIKA

EXnilA PIETATB

FaiUM SECUTA

l6 HISTOIRE £CCLisi ASTIQUE.

Un temple octogone de trente-un pieds de haut, orné de colonnes et décoré de statues , contribuoit à rembellissement de cette ville. Plusieurs routes sortoient de Corseul ; il en subsiste encore quelques-unes. La plus considérable a sa direction vers la ville de Vennes. De Corseul , cette voie

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