Greg. Tur. Hist. lib. 8. c. 25. Preuves jus- 6. c
tif. deTHist. deBret.,par D.MoriceJ. I. p. 3. (4) Le nom de Regalis est tiré de r«, très ,
(2) Greg. Tur. Hist. lib. 9. c. 18. et de gdl , bon : très^on pasUwr.
(3) Le nom é^Eonius vient d'emn , éams : (6) [An 588.]— Omission, a. V.
1^96 HI8TOm.S0Clig(iSTIQUC«
hofitilHës. Le roi envoie coivtre lui le 4tt€ Beppoleq (i) et le général Ebra^» Caire (a)» La division^ qui te mi^qntx'eux, fui lacmae de leur perte. ElMr%caire , qui craignoit que Thonneur de lu viotoîre ne fût attribué qu'à Bqppolen , si ses troupes se joignoiett^ wx ùmne$f et que , par cet avan^ tage I il ne lui enlev&t son gouverpeinent f traf erw ses. desseins da^s loulee les occasion^. Beppolen pén^ biem^ Jm in»eft4'i}>riM»i9«,^lmjpmdit la pareille. Pendant leur marebe ., ila se cbargèrent de blasphème ^ d'opprobres et de ii^alédielions } ce qu'il y eut de commun entr'eia , c'est que Tun et lamre se rendirent célèbres sur la route |tàr les incendies f les homicides , le dég&t et par des crimes énormes. Arrivés eo^ fin sur les bords de la Vilaine, qu ik passèrent sans obstacle , âsse resy^ dirent à celle d'Ow. Après avoir détruit les chaumière^ qui étoient sur ses rives , ils y jetèrent mu pont et la passèrent.
4a 1. 4^^- Cependant , la reine Frédegonde avoit envoyé secrètement le» SiiuLons de Bayeux au secours d^ Guerech. Gmime la chevelure et les ha-* billemens de cette nation étoient asaiez semblables à ceux des Armoriques, on ne pouvoit les reconnoltre. Ëbracaire , qui avoit conjuré la perte de Beppolen , se sépara de lui et se fit suivre de la meilleure partie de l'armée . Alors un prêtre aborda Beppolen qui îgnoroit où Guerech étcnt posté y il lui dit : « Si vous voulez me suivre , je vous conduirai jusqu'à » lui I et je vous montrerai le camp des Bretons, a Le général , trop crédule , marche avec ce qui lui reste de troupes ; il aperçoit bientôt l'ar« mée ennemie et croit voler à ht victoire. Guerech étmt placé dans un lieu de difficile ^ccès et environné de marais. Beppolen | à qui les difficultés ne coûtent rien , l'attaque pendant deux jours et lui tue un grand nombre de Bretons et de Saxons ; le troisième jour , la victoire couronne Guerech : la plupart des François sont passés au fil de l'épée ; Beppolen est blessé d'un coup de lance ; Guerech se jette sur lui et le met à mort ; le reste de l'armée , qui étoit renfermée entre de petits défilés et des marais, périt ou par le glaive , ou dans la fange.
4a3. Tandis que Guerech étoit aux prises avec Beppolen , Ebracaire s'avançoit vers la ville de Venues. L'évéque R^lb envoya son clergé au devant de lui : le général fut reçu croix levées et au chant des pseaumes . Au temps même qu'on publioit que le vainqueur , dans le dessein de se retirer dans les îles , y avoit envoyé ses trésors et ses effets les plus précieux , et que ses vaisseaux avoient été submergés , il se rendit à Ven-
(f)OuBobolcn^ doot il rientd'étre parlé. t.T. (9) [An 880.]— Omission. t. y.
f*>ur demander la paix à Ebraoajre:; il l'obtiot^ sur son nouveau seirment de ne rien faire de nréjudicîalidi^ aux intérêts du roi Contran. Cet tBngagefltient fut cimenté paY des otages et siiivi <ie grands présens.
Après que Guerech se fut retiré > RegaCs ^ au nom du clergé et du peuple, prêta le même serment. Il ajouta oe qui suit : « Nous n'avons ja- » mais manqué à la fidéUté que nous dévoiis aux Tois ^ nos seigneurs; » et inous ne Ik>us sonnués jamais élevés contre le Hen de leur service ; » mais nous sommes réduits sous la captivité des Bretons ^ qui ne nous » permettent pas de faire ce que nous voudrions. »
4^4- ^^5. Ëbracaire , contetit de la satisfaction apparente de Guerech, et ^loui par la magnificence de ses dons , reprend le chemin de la France. Arrivé sur les bords de Ih Yîlaioe , il la fit passer à ses meilleures troupes ; le reste , qui ne put les suivre , parce qiio la mer , qui venoit de remonter la rivière dans son flux, la grossissoit trop , fut obligé de s'arrêter. Guerech , qui avoit prévu cet événement , envoie Canao , son fUs, avec de bonnes troupes, et lui enjoint , coritre la foi de son serment , de faire main basse sur tout ce qu'il réncontreroit. L'ordre s'exécute à point nommé : ceux qui font résistance sont mis à mort ; les cavaliers , qui veulent passer la rivière à la nage , sont entraînés par la rapidité du courant et emportés jusqu'à la mer; les autres sont faits prisonniers (i). Ceux qui étoient passés d'abord , ne s'applaudirent pas long-temps : ils furent presque aussi malheureux que les autres. En trop petit
(1) n parait qne c'est à Riens qa^bracaire eo sur celte rivière an pont à pca de dbtanoe
passa la [Vilaine on] Vilene. La Table théo- de cette forteresse. l\ n'en reste plus aacane
dosieniie fait mention d'one voie romaine qui trace ; mais le bac^ qui lui a été subftitué ,
conduiioil depuis Nantes jusqu'à Dariorigum. porte encore le nom ôe^Poitagt dm potil. Bans
Pcriu NamnHum XXIX Dureliœ , XX Dwrlih un titre de l'abbaye de Redon , en date de Tan
nltc^i.Le passage de la Vilene est ce que Ton 903 , Durelia est appelée Reu$. Ce terme est
tron?e de plus remarquable entre Nantes et Do- pris de r» , rivière , et d'M , au-dessus , parce
riùrigum. Les Tingt-neuf lieues gauloises , qui que cette ville dominoil sur la Vilene. Diir«-
ibnt à peu près 33,000 toises, se terminent à; fia se nomme maintenant Rieux^ pour faire
Rieux. C'est en cet endroit que Durelia étolt connoltre que son emplacement est sur le bord
située; ce nom désigne un passage de rivière, de cette rivière. Ri, rivière; eu^rivihis.
Du, eau, rivière; rei, gué, passage. Ce Ihn Cette réduplication nous indique une forte
s'appeloit autrement Treig-hUr, de Ireix, rivière. C'est pour cela que Duretia s'appelle
passage^ et d'er, rivière. La grande voie ro- aussi Rivi. Ri , rivière; tcî, rivière, te nom
maine y est encore asseï bien conservée. La de VUene est le mémequeceux de Rieussei de
ville de Durelia étoit défendue par un cbAteau. Rivi. Wi , rivière ; len , rivière. Voyei ce que
Les ruines de cette forteresse font voir qu'elle nous avons dit, 1. 1. p. 109 , au renvoi (a) (*)•
étoit considérable. Sa destination primitive La terre de Rieux adonné le nom à Tune des
étoit probablement pour garder le passage de pins illustres maisons de l'Armorique.
la Vilene. Dans des temps fort reculés » il y a
n Voyei ci-dessus , Introduction > n» 105 , p. 49, note 1. a. V.
408 HmoméiMOubrAinQUx.
▼ille et.;fiigiMr èonilp Jblinre} à>l«ilr mtmiàlr w|iiaAtyfA4oatit .«Miqpiiés « 'détrukriiet^dépouQlfii pÉif iM^iàiigirrfiis. Qiidqiitt«iiiis de/ces .jfifiiiîtoniés -^iiètent'poKnàr\ieu^*^^^
d^SMdi>;e( veçm ofd^ dé né gliMparaltM à b oosr j WiUiacbairèn^oM
.86 présenter devant le.roi : Aaeeoodmiii ^ de ku-méme ^ àla jretr«ite(i).
] . .4ag..rDanA le. wséÊ^itmàp^i le jeàné Caotaire toiite dangertfiurateDt
^m^isàeé Ffédegonde eratapnKr le ciel pardeapréséiis : elle vouai beaii^
. eqm)r4*argQnL à . k haailiqiiç dé Samt Martin } VeDJhnl parut aua8it)6t ae
vtrouv^ev nâeuxp iGetto «pineifsqui ^éoonia «étte fois Ut vois.de n cona^
.<)îeiioe.,> liidnda à. Gtteredkde rendre Ja. liberté h deux desFrançoiaiqufil
.rMeaoit. dam les fers.. Le prince anioriqaè.| en exécutant sea ordres; i6t
es^exeonnoltre queîe'élèit decoisbert avec elkqae Beppolenàvntt^^
du la: vie et que sbn armiée avioic été débitera)* • ^ *
. • .4^7. [>e pays nantdb fat àcoàvettycettevnniéeyditoineursbns dereo^
nemi : l-alarme et la consternation ne s^y prépandirent pas moins] celfe
maladie contagieilse , -qui avoil- fiut cinlavant tant de ravage» dans la
rGaule I enleva . nq gl«nd nombre de peiaonnè^ (3). L'aum6ne délivre .de ila
.mort } elle efface les péchéaei lait trotffer misériconfe ; le jeàne> qui
est accompagné de la conversion des mœurs , attire les r^ards favorables
de Dieu irrité ; la prière n'est pas moins puissante auprès de lui y et c'est
sur tout à elle qu'il a confié tous ses trésors. Les habitans du diocèse
de Nantes eurent recours à ces moyens pour désarmer la colère du
Tout-Puissant : ils s'humilièrent en sa présence ; le riche rompit le pain
à celui qui avoit faim^ et couvrit de vétemens ceux qui étoient nus. A
l'abstinence corporelle , on joignit la réformation du cœur. Le seigneur
se trouva au milieu des prières publiques. Des jours tranquilles et sereids
commencèrent à reluire (4)-
4a8. Le roi Contran , qui mourut le 28 mars Sgi , eut potu' succès^ seur Childebert, son neveu , qu'il avoit établi son légataire universel. Ce nouveau souverain fut mis en possession de Rennes et de Nantes , sans qu'on fit attention aux droits de Clotaire 11-
(i) Grcg. Turon . Hbt. Ub. 10. c. 9. (3) [An Mi.] — Omission, t. V.
(2) Ibidem , c. 11. W IWcbm, c. 30.
SIXIÈBCE SIÈCLE. 4^9
4^9* 43o. Ghildeberty qui aspiroit à la monarchie universelle de la France et qui étoit conduit par le ressentiment ^ réunit toutes ses forces pour accabler Frëdegonde. Cette reine , fertile en ressource ^ ne se crut pas vaincue. Pour faire diversion , Guerech , à son instigation , fait de nou«* velles courses dans les diocèses de Nantes et de Rennes (i). Childebert en- Voie une armée en Armorique pour le châtier. Le combat qu'elle livra à celle de Guerech fut très-sanglant de part et d'autre (a). Nous n'osons assurer que les François y aient été défaits ; mais ce qu'il y a de certain ^ c'est qu'ils ne s'opposèrent plus aux entreprises de Guerech. Rennes et Nantes rentrèrent sous la domination de leurs anciens maîtres.
43 1. Depuis litharede: qui assista au concile d'Orléans de l'an 5ii ^ il ne paroit aucun évéque de Quimper : on ne peut douter que saint Allor n'ait siégé dans cette, ville. Son nom nous indique qu'il fut un grand prélat (3); mais le détail de sa- vie nous est entièrement inconnu. Albert le Grand le place à Quimper , au milieu du cinquième siècle ; c'est une erreur ; Yeneran étoit alors à la tête de cette église. Il paroit que saint AHor est postérieur à Litharede. L'ancien Bréviaire de Léon marque sa fête au a6 d'octobre ; il est patron des paroisses de Ploubanelec , de Tre« meoc et de Treguennec (4)-
(i) [An 594.] Omission, a. V.
(2) Fredegaire , qui nous a transmis ce trait dlibtoire , ne dit point dans quel lieu les troupes de Childebert joignirent les Armoriques. Le Baud , appuyé sur la tradition du pays , dit que cette action se passa , en-^ tre Rennes et Vitré » dans le lien où est aujourd'hui le prieuré d'iliîoii. €e dernier nom est composé à.' al, auprès^ et d'ion ^ rivière. Ce prieuré est yoisin de la petite rivière de Kouermî, ainsi appelée de nouer, eau, et de ûfif ou poii<9 conflmiM! ce qui veut dire : ri^ vière quia un confluent. Elle va s'unir à la Vilaine. Il est très-Traisemblable que ce fut proche ce prieuré que se liyra le combat entre les François etles Armoriques. Sans parler de la tradition qui en fait foi , à laquelle on doit quelques égards , on Toit , aux environs d*Alion , un endroit qu'on nomme le eha$np de bataille II y en a un autre qui a retenu son premicVnom celtique. Il s'appelle VÀuau. Ce terme désigne un lieu fortifié. As, forte ; tav, colline : colline fortiflée. Une partie de la forêt de Rennes , qui s'étendoit jusqu'à cette forteresse , en a pris le nom de Che^
tr^ ; ehed , forêt ; f>r* ou hre , forteresse sut une colline. Ce qui veut dire : forêt de la forteresse qu'on a établie sur une colline. On remarque à Alion deux éminences ; c'est sur l'une de ces collines que cette forteresse fut bâtie. Les Armoriques ne pouToient être postés plus ayantagensement pour livrer bataille aux François. En cas de défaite » ils anroient (ait leur retraite en sûreté dans la forêt. Si la victoire se décidoit en leur fa*^ veur , ils pouvoient poursuivre Tennemi au milieu des landes. Dans les champs voisint d'Alion » on a trouvé de grandes tombes de pierre , de toutes couleurs , couvertes de ter^ re : elles étoient remplies d'ossemens. Iff. d'Argentré^ l'historien de Bretagne, en fit on^ vrir dans le seizième siècle^ et y remarqua encore des restes de corps humains. Il semble que le prieuré d'Alion doit son existence à cette bataille. Dans ce siècle on avoit soin de faire des fondations pour le repos des morts : ceux des A rmoriques qui a voien tsacriflé leur vie pour la patrie, méritoient cette reconnoissance«
{Z) Al, grand, hr, chef: grand pasteur.
(4) Lobineau , Vies des Saints de Bret.
4ïV> HISTOtRS EOCzisr ASTIQUE.
4'3i. Gurval, que saint Malo avuît désigné pour le remplacer ^ ëtoit , comme lui ^ du pays de Galles. Dès son enfance , il se consacra au service de Dieu ; son mérite le fit placer dans la suite à la tête d'un monastère , qui ëtoit situé dans Tile de Plecit (i) , proche un rocher voisin de la côte et environné de la mer. Il avoit , dit-on , sous sa conduite , cent quatrevingt-huit religieux , qui , tous unis par la charité k plus ardente , servoîent Dieu plutôt en anges qu'en hommes.
433. La perfection , vers laquelle toutes ses actions se dirigeoient , lui inspira l'amour de la solitude. Après avoir passé dans la Cornouaille insulaire j où il ne resta pas long-temps ^ il se fixa dans le Devonshire , qui en est limitrophe. Ses mains , accoutumées au travail , lui élevèrent une simple cabane ; là ^ il ne pensa qu'à se sanctifier dans l'obscurité ; mais la vertu y qui se cache , n'en est que plus belle ; et , si l'on peut deviner son secret, elle n'en est que plus recherchée : c'est ce qui arriva à Gurval. On vint auprès de lui chercher des leçons de la vraie sagesse ; en peu de temps son hermitage devint un monastère.
434* Quoique le nom de Dieu fut béni dans sa communauté , et qu'il en procurât la gloire , la vie retirée ne faisoit pas moins l'objet de ses désirs. Pour en goûter de nouveau les délices , à l'exemple de la plupart des saints personnages de l'ile chrétienne , il passa dans l'Armorique (2) ; il y vécut dans les veilles , les jeûnes et les différens exercices de la contemplation. C'est dans pes circonstances que Dieu l'appela à la conduite du diocèse d'AIet.
435. Maître de ses passions par la vigilance et la coopération à la grâce, accoutumé depuis long-temps à ne vivre que pour Pieu , et à en ouvrir la route à ses disciples , il trouva un vaste champ à son zèle. Il porta ses ouailles dans son cœur ; tandis que ses vertus , ^mblables à un baume d'une agréable odeur dont le parfum se communique au loin , faisoient sur les âmes la plus vive impression , il instruisoit , reprenoit et corrigeoit.
436. Après avoir gouverné son diocèse pendant quelques années avec beaucoup de sainteté , il en abandonna le fardeau pour rentrer dans la vie privée.
437. II ^ fit remplacer par un ecclésiastique dont les talens et les qua-
(!) P^ctiestun terme composé de pUe^ qu'il fut éleTc à Tépiscopat dans son pays na-
ffolfe de mer , et d'il , petit. Ce qui yeut dire : tal , et qu^ii abdiqua , pour Tivre-en solitaire
ile formée par un bra$ de mer, sur le rocher dont nous avons parlé. C'est une
(2) Un moine de Gand^ qui a écrit la vie méprise de sa part. C*esten Armorique que
de ce saint , et qu*HenKhenius a publiée , dit ces deux faits se sont paàsés.
SIXIEME SliCLC. 491
lités étoieût iconnues } c'éloit l'un des archidiacres de son église cathédrale. Son département spirituel s'étendoit sur les cantons voisins de la rivière de Rance ; ce qui* lui avoit fait donner le nom de Coalfinith (i).
438. Le saint évéque alla , vers Textrémité de son diocèse , s'enfoncer dans le désert , pour n'y rencontrer que celui avec lequel il espéroit passer bientôt des jours éternels. On dit que saint Malo avoit bâti un monastère, dans ce lieu : c'est maintenant une paroisse ; elle est fertile en grains et en pâturages : on l'appelle Gwern , à cause de sa position sur la rivière d'Af (2). Plusieurs religieux avoient suivi saint Gurval dans sa retraite , pour profiter de ses exemples et de ses conseils.
439^ Le peuple , qui se rendoit chaque jour auprès de lui , troubla le commerce qu'il entretenoit avec Dieu ; il se cacha dans une foret voisine , avec quelqi»es-nns de ses prêtres ; il y trouva une grotte où il vécut quelques années dans une sainteté admirable. C'est là qu'il mourut séparé des hommes , et plus uni que jamais à Dieu , le 6 de juin , à la fin de ce siècle , ou au commencement du suivant (3). Pour perpétuer le souvenir
(l) Coalfinith a pris son nom de eo , chef; d'aï , principal ; de fin, bord , et d'i(fc , rivière •• chef principal dont la juridiction s'étend sur les rives d^une rivière. L'archidiaconné de cet ecclésiastique occapoit le terrain qui est entre la source de la Rance et son embouchure. C'est, à peu près, ce qu'on appelle de nos jours Tarchidiaconné de Dinan , qui se divise dans les doyennés de Pou- Let, de Pont - Douvre , de Becherel et de Plumaudan. Le doyenné de Pou-Let , autrement Plou-Alet , comprend Saint-Malo , Cancalle^ Châteauneuf , la Gouesnière , Paramé , Saint Benoit des Ondes , Saint Jouan des Guerets , Saint Meloir des Ondes ^ Saint Père; Saint Servan, Saint Suliac. Le doyenné de Pont - Douvre est ainsi appelé , parce qu*il est sur la rive droite de la Rance. Pen , ou pon, devant; dto, qu'on prononce dou » rivière. Ce qui signifie : Urre située devant une rivière. Ce doyenné est composé de Bourseul , Corseul , Crehen , Lan-sieu , Langro* lai, Plelan le Petite Plelin, Plessis Balissco^ Pleurtuit , Plorec , Ploobalai , Plouer , Quever, Saint Briac, Saint Enogat, Saint Lunaire , Saint Malo de Dinan , Saint Maudé ^ Tadain , Tregon , Trevilan , Tremerenc , Trigavou , Yildé , Guingalan. Le doyenné do Becherel , petite ville qui doit son nom
à la haute montagne sur laquelle on Ta pla cée ( beeh , cime de montagne ; er , très ; el haute ) , dL, sous sa dépendance , Cardroc Combour , Dingé , Evran , la Baussaine la Chapelle Chaussée , Landujan , Langoet Lanrignaq , les Iffs , le Quiou , Longaulnai Lourmais , Plouâne , Quebriac , Saint Do mineuc , Saint Gondran , Saint.Leger , Saint Pern , Tinteniac , Treverien. Le doyenné de Plumaudan , paroisse ainsi nommée , parce qu'elle n^est pas éloignée de la Rance ( plu , peuple ; mos , courbure ; dan , rivière : peuple sur une courbure de rivière)^ contient dans son ressort , Broons, Brusvilly , Carlorguen , Gaulne , Ereac, Evignac, Guenroc, Guitté , la Chapelle du Lou , Langadias , Lanrelas , Lehon , Medereac , Megrit , Plumaugat , Saint Jouan de l'Isle , Saint Juvat , Saint Maden , Saint Sauveur de Dinan , Sevignac , Tredias , Trefifumel , Tremeur , Treveron.... Le second archidiaconné de l'église d'Alet est dît de Por-Hoet ^ on de la grande forêt fpor, ou moTy grande; hoet^ forêt J. Il est formé des doyennés de Montfort , de Beignon , de la Nouée el de Loheac.
(2) Le terme Gtoern vient de gwer ou potier , rivière « et de n, crase de nés, près : terrain voisin d'tme rivière.
(3) Alford croit que saint Gurval a vécu
49^ HISTOIEfi ECCLÉSlAJmqVE.
4u dernier lieu qu'il avoii habité et de son amour pour la solitude , il à eu le nom de Gurval (i). Son corps fut déposé dans le monastère de Gwem. 11 est devenu le patron de Féglise de cette communauté , qui a été changée en église paroissiale. Un prieuré , qui dépend de Vabbaye de I^on , au diocèse de Venues , porte le nom de Gudwal , le même que celui de Gurval. Sa fête est marquée dans l'ancien Calendrier de Saint Méen , au 7 de juin , sous la dénomination de Guidgual (2) Le diocèse de Saint- Malo , qui lui est si redevable, la célèbre le même jour (3).
dans le quatrième siècle. Uenschenioi fait Toir qnll n*a existé toat an plus que dans le sixième.
(I) Le nom de GurwU se tire de ^mr , homme s et de tal on ^ol, Mi , faréi : Jummi de te farit.
(S) L'ancien Brémire d'Orléans faisoit la fête de saint Gunral , avec des leçons propres , sous le nom de saint Gau. Ce qui reut dire également , l'homme de la forêt. Gau , foriL L'ancien Calendrier de l'égUse de Saint- If alo , que citent les Bollandistes » rappelle
Ofêdwai. Qmdwalut spifMfus MaeUmieneù.
Oud on lui» eweeUent; val aa (fùl, forêt: VexceUent hoame de la forêt. On ajoute quelquefois le g aux mots qui commencent par une TOjdle : ainsi l'on a dit ^udou «d. Le ^ et Vv se mettent indiffiranment Tun pour Tautre. Val ou gdl peuTent donc exprimer la même chose. Gunral s*est encore appelé fionai, de gou , forêt , et d'al grand : le grand homme de 'la forêt. Guidgual , de gvigd , forêt , et de ^fiial , heureux •* Vhomme heurenx de te forêt.
(3) Sinctil. Madoriense.
Nous renvoyons à U fin du Tolome toirant , les réflexions que nous ayions à faire sur le
sixième iiède. (U-après , septième siècle , no299 et soir. a. V. )