‹ Histoire ecclésiastique du diocèse de Coutances (volume 2)Chapitre 18 sur 76 · XVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XVI INTRODUCTION

d'aliéner cette terre que son grand-père et son père avaient agrandie par des acquisitions successives, où lui-même était né et avait passé son enfance. Encore avait-il retenu la jouissance de cette maison et s'était-il réservé les meubles qui la garnissaient : il les vendit en novembre 1707. Enfin, le 8 décembre de la même année, il délaissa un autre débris de son patrimoine à l'un de ses parents René de Baudre pour le « payer et récompenser, disait-il, de plusieurs grands et importants services qu'il m'a rendus, et pour demeurer quitte envers luy de la somme de 50 livres que je luy debvais*... »

Nous n'avons d'ailleurs aucun renseignement bien précis sur sa vie privée. Quelques faits parvenus jusqu'à nous attestent qu'il pratiquait les vertus de son état ; ils nous le montrent en effet charitable envers les pauvres et attentif à rapprocher des frères divisés par des questions d'intérêt ^ Il eut, dit-on, quelques différends avec son évêque : il aimait, paraît-il, la chasse %

* M. Le Goi'geu, ouvrage cité, p. 30.

2 M, Matinée, ouvrage cité, p. 31-32. V. aussi le t. III de cette histoire, p. 343-344.

^ J'emprunte ce qui suit à la Notice biographique, etc., de M. Le Gorgeu, p. 27, note 2 : « Le savant et vénéré de Gerville a possédé, nous a-t-il été affirmé, un manuscrit autographe de Toustain, qui serait, en ce moment, aux mains d'un érudit. Or, sur la i ■"* page de ce manuscrit, il existe une petite notice de Toustain lui-même : c'est là qu'est la raison de ses dilférends avec l'évêque : la chasse. »

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et ce goût était, sans doute, un héritage qu'il tenait de ses nobles ancêtres. Ce grief, qui pourrait paraître aujourd'hui sérieux en raison de nos habitudes, était, de bonne foi, bien léger à cette époque si voisine du temps où des archevêques et des cardinaux dirigeaient eux-mêmes des opérations militaires. Toujours est-il que si Toustain de Billy eut à subir quelques réprimandes de la part de son évêque,il ne lui en garda nullement rancune ; car il eût été difficile de parler de lui avec plus d'effusion et d'abondance de cœur dans le chapitre qu'il lui consacre à la fin de son œuvre, tout en déclarant hautement qu'il ne serait pas d'humeur à faire un panégyrique, et en prononçant cette fière parole : Je suis né libre^^ pour bien faire sentir qu'il n'entend pas se plier à une molle complaisance.

Toustain de Billy était curé du Mesnil-Opac depuis trente-trois ans, quand il se sentit atteint vers le milieu de février 1709, de l'affection qui le mit au tombeau le 17 avril suivant. Le 9 de ce mois, la maladie l'obligeait à consentir à ce que le mariage d'un certain François Levallois, écuyer, fût célébré par un autre prêtre, vu son empêchement ^

Dans son testament, daté du 4 avril 1709, où il se déclarait assez infirme depuis six semaines, après avoir

1 T. III de cette histoire, p. 333.

2 M. Le Gorgeu, ouvrage cité, p. 36.

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