RENÉ DE LA TRÉMOUILLE DE BRÈCHE
Le siège épiscopal de Goutances vaqua jusqu'au 18" ou 20* du mois de novembre 1525. Le 13"* jour du même mois el an, les vicaires généraux, sede vacante^ conférèrent la cure de Quettreville^ à Jean Bonnet à eux présenté par le procureur de Jean de Longiac^ abbé commendataire de Saint-Lo. Il est évident que, ce jour-là, il n'y avait pas encore d'évêque qui eût pris possession.
Voici le titre du 1" registre des expéditions faites pendant son épiscopat, qui commence le 22" jour du même mois et an, novembre 1525, par lequel il est manifeste qu'il avait pris possession depuis le dit jour 13" novembre : « Sequitur registrum secretariatus « reverendissimi in Christo patris ac Domini Renati (( de Brèche de la Trimouille, episcopi nuper recepti a perprocuratorem, inceptum22Mienovembris 1525, (( sub venerabili Guillelmo Quetil pœnitentiario, vica- (( rio in spiritualibusettemporalibusejusdemreveren- « dissimi patris domini Renati ».
Ce prélat était de la très noble famille de la Trémouille, mais d'une branche bâtarde. Il était fils de
1 Les deux mss. disent le 23, mais il résulte, de ce qui précède et de ce qui suit, que cette date ne peut être que le 13.
* Arr. de Goutances.
3 Jean de Longiac ne figure pas dans la liste des abbés de Saint-Lo donnée par le Gatlia christiana, XI, 936-940.
54 HISTOIBE ECCLÉSIASTIQUE
Jean de la Trémouille, seigneur de Brèche en Anjou, et ce Jean était fils bâtard de Louis, le premier du nom, et de Jeanne de La Rue. Il fut légitimé par lettres du roi Charles VIII, données à Melun au mois de janvier 1495, et pour le distinguer fut dit de la Brèche, à cause de cette terre que son père lui avait donnée, quoiqu'il ait toujours porté de la Trémouille plein, qui est d'or au chevron de gueules, à 3 alérions d'azur.
Quoi qu'il en soit, il fut religieux profès de l'ordre de Saint-Benoît; il fut ensuite abbé de FIavigny\ de Saint-Etienne et de Saint-Bénigne-de-Dijon, et encore de Fontenay^ et de la Bussière^ qui sont toutes deux de l'ordre de Giteaux. Voici les paroles de feu M. Le Prévost : « Renatus de Brèche, monachus professus « ordinis sancti Benedicti, abbas S. Benigni et S. « Stephani Divionensis, Flaviniaci, Buxeriae et Fonta- « neti. »
Nous avons peu de choses à dire de lui, parce qu'il fut notre évêque peu de temps. Il ne vint qu'une seule fois en son diocèse, qui fut le dimanche 6° octobre 1527, auquel jour nous trouvons qu'il prit possession en personne, prêta le serment accoutumé entre les mains de Charles de Saint-Germain\ chantre et chef du chapitre, et entra pour la première fois en la cathédrale. C'est de notre registre que j'apprends ceci ; en
* Ch.-l. de canton de l'arr. de Seiiuir (Côte-d'Or). sur l'Ozerain, auprès d'Alèse-Sainte-Reine. Ancienne abbaye de Bénédictins.
" Dép. de la Côte-d'Or, arr. de Semur-en-Auxois. 3 Dép. de la Côte-d'Or, arr. de Beaune.
* Mort vers 1536 Gallia christiana, X[, 910.
voici les termes : « Registrum secretariatus reveren- (( dissimi in Christo patris ac domini Renati de Brèche (( de la Trimouille, miseratione divina Gonstantiensis « episcopi, incipiens die qua fuerit ingressus' in sua (( insigni cathedrali ecclesia Gonstantiensi, videlicet « die Dominica sexta mensis octobris, anni 1527. »
Nous avons quelques collations de bénéfices qu'il donna, mais en fort petit nombre. Nous avons aussi deux ordinations, la première aux quatre-temps du mois de décembre 1527, qui suivit son entrée, et l'autre le 7' du mois de mars suivant ; mais il nous quitta bientôt après, pour ne revenir jamais. L'ordination qui fut faite le 6^ juin suivant 1528, les autres qui suivirent, sont dites avoir été faites par l'évêque de Gastorie du consentement du vicaire général de René de Brèche de la Trémouille « a suis notorie civitate et diœcesi absentis. »
Il mourut sur la fin du mois de novembre de Tannée 1529 en l'abbaye de Flavigny dont, comme nous venons de dire, il était abbé, et y fut inhumé. Glaude Robert, MM. de Sainte-Marthe et M. Le Prévost marquent sa mort le 20" de novembre 1530. Ils se trompent d'un an entier. Nos registres en font foi. Voici le titre de celui de qui nous l'apprenons : « Registrum (( secretariatus Gonstantiensis, sede episcopali vacante (( per decessum quondam reverendissimi patris Domini (( Renati de Brèche de la Trimouille, miseratione divina, (( dum viveret, episcopi Gonstantiensis, incipiens die
* Fecerit ingressum (M).
« décima decembris 1529. » Les grands vicaires, pendant cette vacance, furent Charles Herbert, Michel Allegrin, scolastique, et Guillaume Quetil, et les secrétaires, Jean Cadier, Robert Fréchier et Mathurin Perreau, tous chanoines.
Nous ne trouvons presque rien digne d'être remarqué en notre diocèse pendant l'épiscopat de notre René de Brèche. Seulement, le 12* avril 1527, Charles Boucher \ abbé de Montebourg, présenta au secrétariat les provisions qu'il avait reçues de cour de Rome, fit le serment de fidélité ordinaire et fut reçu.
Le 9° de septembre 1528, commission fut adressée aux sieurs officiai et promoteur de faire la visite des abbayes de Saint-Lo, de Saint-Sever et de Saint-Fromond% et en même temps on donna semblable commission à Jean Auvray et François Pottier, pour faire la visite de tous les autres lieux ecclésiastiques du territoire de Coutances, à la réserve des abbayes.
Le 8° mai 1528 % Pierre Pinchon, que nous verrons bientôt évêque m partibus et notre suffragant, fut élu abbé de Hambie, après la mort de Richard l'Hermite, et son élection, confirmée parle grand vicaire en 1528. Et cette même année, le 10^ de septembre, commission fut donnée à Jean Guisle, doyen de la chrétienté et chapelain de Saint-Louis, de visiter tous les lieux
* Le Gallia ch7'istiana, XI, 939, l'appelle Carolus Boucher d'Orsay.
3 Gallia christiana, XI, 933 : « Petrus Pinson, alias Pinchon, regularium ultimus, electus 28 Maii 1528, confirmatur a vicario generali episcopi Conslantiensis, inde episcopus Porphvriensis, permutavit cum cantore Constantiensi an. 1548. »
du diocèse de Coutances que Tévêque aurait pu visiter.
Enfin le 1" décembre, Tarchidiaconé de Coutances ayant vaqué par la mort de Jean de Cerisay, il fut donné à Robert Larcher, clerc, que nos registres qualifient de discret jeune homme.