JACQUES CARBONNEL
Ce seigneur fut nommé immédiatement après pour être notre évêque et il était d'autant plus considérable qu'il était de ce diocèse d'une famille très noble, très distinguée et ancienne. Sans parler ici d'autres choses, je sais qu'il y a plus de cinq cents ans que la seigneurie de Canisy est en cette maison. Il était fils de Hervé de Garbonnel, marquis de Canisy, seigneur de Cambernon, Tresgots, Marcambie, Orval, gouverneur d'Avranches , lieutenant des bailliages royaux de Caen, Cotentin et Alençon, et d'Anne de Matignon, et ainsi petit-fils du maréchal de Matignon. On le destina à l'église; il fut même licencié en Sorbonne ; mais l'épée eut pour lui plus de charmes que la crosse. Il se contenta d'une pension de 2.000 livres sur l'évèché, qui lui furent exactement payées jusqu'en l'an 1636, auquel an il mourut en Piémont des blessures reçues en l'assaut de Valence.
Il commandait d'abord un régiment de mille hommes français. M. le duc de Savoie le créa maréchal de camp général de son armée. J'en ai vu l'acte en original et en ai pris copie ; en voici quelques termes : « Charge, dit le duc, qui étant la principale d'une « armée, ne se doit commettre qu'à des cavaliers au- (( tant pleins de mérite, expérience, vertu, afFection « à bien servir qu'en avait le sieur marquis deCanisy ».