X INTRODUCTION
« Est-il vrai, à ce propos, dit-il, que René Toustain n'ait pas su contenir dans de justes limites le sentiment de sa noble extraction, et convient-il de chercher à surprendre la vanité du gentilhomme sous quelques expressions échappées à la plume de l'écrivain ou consacrées par l'usage? Il dit du P. Eudes, à l'égard duquel il ne se montre pas dégagé de toute prévention, qu'il était d'une naissance assez médiocre. On a pris la peine de l'excuser sur ce qu'il était de son temps et ne pouvait prévoir le bouleversement social opéré par la Révolution de 1789. L'atténuation ne serait guère moins compromettante que le grief. Heureusement, l'une et l'autre sont de peu de valeur. Toustain se sert de la même expression en parlant du bienheureux Thomas Hélye, de Biville, dont il exalte les vertus avec autant de zèle que s'il s'était proposé d'établir que la grandeur morale ne dépend en rien de l'illustration de la naissance. On lit dans la vie de saint Romphaire : « Il était de parents nobles, mais « il les ennoblit encore davantage par la grandeur de « sa piété et de ses mérites ; » et plus loin : « Ce ne « fut pas l'antiquité de la noblesse de ses pères, ni les « recommandations mendiées des princes qui lui « ouvrirent la voie de l'épiscopat; mais la vertu qui, « l'ayant toujours accompagné, réleva enfin sur ce « dernier degré d'honneur. » Donc, si Toustain a été