CHAPITRE III
DE GUILLAUME LE BLANC ET JACQUES CARBONNEL, NOMMÉS A L'ÉVÊCHÉ, ET DE NICOLAS DE BOURG OING, ÊVÊQUE
Après la mort de M. de Briroy, un chanoine d'Agen, nommé Guillaume Le Blanc, fut nommé du roi notre évèque. Il fit connaître sa nomination au mois de janvier de Tan 1621, par les lettres qu'il en écrivit au chapitre, mais il n'en prit point possession et ne fut point sacré, étant mort au mois d'octobre suivant, et fut inhumé dans la nef de l'église cathédrale d'Agen.
Le Livre noir du chapitre le met au nombre de ses évoques en ces termes : « Guillaume Le Blanc nondum possessionem adeptus ». Claude Robert, parlant de lui, dit seulement: « Obiit 1621,mense octobri, nondum consecratus ». MM. de Sainte-Marthe disent la même chose et en mêmes termes. Ils ajoutent seulement : « et Aginni in cathedra li divi Stephani in média navi quiescit ».
Il y avait, vers la fin du siècle précédent, un évèque du même nom, Guillaume Le Blanc, vicaire général de la légation d'Avignon. Il est connu des savants par la traduction latine de Xiphilin, abréviateur de Diou
de Nicée, et par quelques autres ouvrages. Il mourut en 1588. Nous en trouvons encore un autre du même nom de Guillaume Le Blanc, évêque de Grasse. On dit que le premier était l'oncle et l'autre le cousin germain de notre Guillaume et qu'ils étaient tous originaires de Toulouse. Je n'oserais l'assurer. On dit encore que, lorsque notre Guillaume fut choisi pour être notre évêque, il était aumônier ordinaire du roi. Je n'en ai aucune preuve.
JACQUES CÀRBONNEL
Ce seigneur fut nommé immédiatement après pour être notre évêque et il était d'autant plus considérable qu'il était de ce diocèse d'une famille très noble, très distinguée et ancienne. Sans parler ici d'autres choses, je sais qu'il y a plus de cinq cents ans que la seigneurie de Ganisy est en cette maison. Il était fils de Hervé de Carbonnel, marquis de Canisy, seigneur de Gambernon, Tresgots, Marcambie, Orval, gouverneur d'Avranches, lieutenant des bailliages t royaux de Gaen, Gotentin et Alençon, et d'Anne de Matignon, et ainsi petit-fils du maréchal de Matignon. On le destina à l'église; il fut même licencié en Sorbonne; mais l'épée eut pour lui plus de charmes que la crosse. Il se contenta d'une pension de 2.000 livres sur l'évêché, qui lui furent exactement payées jusqu'en l'an 1636, auquel an il mourut en Piémont des blessures reçues en l'assaut de Valence.
Il commandait d'abord un régiment de mille hommes français. M. le duc de Savoie le créa maréchal de camp général de son armée. J'en ai vu l'acte en original et en ai pris copie ; en voici quelques termes : « Charge, dit le duc, qui étant la principale d'une « armée, ne se doit commettre qu'à des cavaliers au- « tant pleins de mérite, expérience, vertu, affection « à bien servir qu'en avait le sieur marquis deCanisy ».