TOME II. S
<r laume Le Sauvage, Robert Corbet et autres boursiers « actuellement résidents audit collège, tant théolott giens et artistes que grammairiens. Nous supplions a donc très-instamment nosdits exécuteurs de vouloir tt bien veiller avec soin à exécuter promptement et tt sans aucun délai ce notre testament et legs y con- « tenus, attendant la récompense qu'ils en recevront tt dans le ciel. Fait et dicté au château de Courcy dans n le diocèse de Séez, dans la chambre où nous demeutt rions durant notre maladie, en présence de messire a Amaury de Sainte-Marie, alors intendant de notre a maison, messire Jean Gréauline, prêtre, curé de a Courcy, appelés à ce sujet pour être témoins et jurés a comme ci-dessus. L'an 1509, le premier jour de « janvier, ce testament a été fait et passé devant moi «t Thibaud de Fromentières , prêtre , licencié aux lois , a chanoine et pénitencier de l'église de Coutances et « curé de Saint-Ebremond-de-Bonfossé, en présence a desdits témoins, l'an et le jour susdit, en témoin de %. quoi nous avons opposé notre seing manuel. Ainsi a signé : de Fromentières ^ »
Quoique je n'en aie pas vu l'acte, nous apprenons de feu M. Morel que ce même prélat fonda les vêpres du chapitre', et nous savons qu'il acheta les dîmes de la paroisse de Hébécrevon ' et les donna à son chapitre avec une somme considérable pour la fondatioa du pain du chapitre. L'acte de cette vente est daté du
* V. OaUia Chritiiana, IX, ns, initmnK.
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* Ait. de Saint-Lo.
pénultième d'avril 1509, et porte que « Geoffroi de « Magneville, écuyer^ procureur de demoiselle Cathefi rineduMesnil-Guillaumey sou épouse, conjoiotemeat « avec Jean de Magneville, écuyer, vend à R. P. en « Dieu monseigneiur Geoffroi, par la miséricorde^ de a Dieu évèque de Coulances, la dtme de Hébécrevon, a par le prix et somme de 2400 livres, payées par les a mains de vénérable et circonspecte personne, messira « Louis Herbert, archidiacre du Yal-de-Vire et chanoine « en l'église cathédrale Notre-^Dame^de-Coutauces et tt vicaire général dudit seigneur évèque, sans parler « du patronage, qui demeure auxdits vendeiu^s, dont IL sont témoins vénérables et discrètes personnes « messire Jean Poisson, chantre de ladite église de « Coutances, Jean le Marchand, doyen d'Âvranches et « chanoine de Coutances, Rouland de la Mare, chanoine « et pénitencier, Tresot, officiai et chanoine. »
Notre évèque mourut peu de temps après son testament. Ce fut en son château de Courcy qu'il était malade^ le 4' février 1510, selon notre manière de compter, et qu'on disait encore alors 1509. Son corps fut apporté à Coutances et inhumé dans le sanctuaire, du côté de l'Evangile, sous un très riche reliquaire qui y était alors, ainsi qu'il l'avait désiré. Il avait nommé son chapitre exécuteur de son testa-ment; le soin en fut donné à messire Louis Herbert^ son frère. Il s'en acquitta parfaitement bien, ainsi qu'il paraîtra par la seule lecture de l'obituaire de la Cathédrale, sans en apporter d'autres preuves. En voici les propres termes : a Octavo idua februarii.
obiit Gauffridus episcopus Gonstantiensis. » Aux mêmes mois et article : « Gommemoratio Gauffridi Herbert « Gonstantiensis episcopi, continué prae manibus, cum « processione ad ejus sepulturam, fîatque feria quarta « aut sexta quatuor temporum post sacros cineres, <i pro qua distribuitur super communia ^summa quin- <c decim librarum. » A l'article 18' du mois de septembre : « Gommemoratio Gauffridi Herbert^ epis- « copi Gonstantiensis, continué prae manibus, et fiât « processio ad ejus sepulturam, et non moveatur a « feria quarta vel sexta quatuor temporum post exalte tationem Sanctae Grucis, nisi festum impediat. » Il y a la même chose au mois de mai : « Gommemoratio « Gauffridi Herbert, Gonstantiensis episcopi, continué « prœ manibus cum processione, et in mense martii, « et non moveatur a feria quarta ante Pentecostem, si « vacua fuerit. » Enfin, au 27* article du mois de décembre : « Gommemoratio Gauffridi, episcopi cons- « tantiensis, continué pras manibus, pro qua quinde- « cim libras super communia, et fiât processio prout a dictimi est in praecedenti, et non moveatur a quarta « vel sexta feria quatuor temporum. Il y a pour chacun de ces obits ou services la somme de 15 livres, ainsi qu'il est porté dans le compte de 1661 dont nous avons déjà parlé. Les parents de cet évêque, officiers et dignitaires en cette même église, suivirent son inclination et rimitérent en cette affection pour Thonneur de la maison de Dieu. Son frère, Louis Herbert, dont nous avons tant parlé, est encore fameux en cet obituaire ; voici ce que nous en trouvons en l'article 35 :
c< Fundatio pro lavatione pedum in cœna Domini per « reverendissiinum patrem et dominum episcopum « Abrincensem, pro anima reverendissimi in Christo « patris domini Gauffridi Herbert, dum viveret Consa tantiensis episcopus, videlicet qui dédit capitulo et (t parvo coliegio Gonstantiensis dictae ecclesiae in perce petuum, summam septem librarum et decem solido- « rum annuatim capiendam super communia dictœ (< Gonstantiensis ecclesiae, eo modo quo singulis annis, a in prsdicta die hebdomadae sanctœ in qua consue- « tum est lavare pedes dominis canonicis in capella (c beati Joannis EvangelistdB juxta capellam Beatœ « Marias de puteo, redeundo de dicta capella in choro et « eundo ante sepulturam praedicti domini Gauffridi (( episcopi, dicat psalmum De profundis cum tribus « coUectis, quarum prima erit : Deus qui inter aposto- « licos sacer dotes famulos tuos, Gauffridum^ episcopum « Constantiensem , et Ludovicum , Abrincensem episco- <i pum^ et secunda erit : Miserere^ quœsumus. Domine^ (c animabus benefactorum, et fertia erit Fidelium^ et hoc « fiât antequam inchoentur tenebrae, de qua summa sep- « tem libris et decem solidis, canonici percipient duas a partes et alii de parvo coUegiotertiampartem, demptis « septem solidis ordinatis pro horoscopiis, pro preepa- « randis omnibus, et duobus solidis et sex denariis « turonentibus pro canonico legente lectionem man- <( datum, et fiât distributio prae manibus in fine dicti « psalmi De profundis. » Au 4' article du mois d'avril, nous lisons : « Ludovicus Herbert, presby ter, archidia- (i conus Yallis Yiriae et canonicus Gonstantiensis, prae
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« manibus, et non moveatur nisi dominica foerit, et « fiât distributio duodecim tradictionum panis capîtuli, « 12 livres de pain galiicè, duodecim panperibus inter- R ressentibus. »
Au mois de novembre, article 13* : « Commemo- « ratio pro archiepiscopo Aquaesextiensi , et episcopis n Constantiens. et Âbrincens., fundatione magistri a Caroli Herbert, presbyteri, archidiaconi Vallis Yiriae « et canoûici Gonstantiensis , continué prœ mauîbus, rc et non moveatur a die duodecima novembris, nisi <t sit dominica, et fiât processio in ecclesia in fine « obitûs et missae cum Libéra et orationibus, Deu$ n qui nos patrem et Miserere quœsiimtis. Domine, et a Fidelium etc. » Au 18' article : a Missa duplex de « sanctissima Trinitate, ex magistri caroli Herbert « presbyteri fundatione, archidiaconi Vallis Viri», et a continué prae manibus. i> au {9* article : ^ Missa (( duplex de Beata Maria , ex fundatione ejusdem « Caroli Herbert etc. »
Au 6* article du mois de janvier : te Magister « Johannes Herbert, dominîcus temporalis d'Osson- « villiers, quondam generalis Francise, pater reverendi « in Christo patris GauiTridi, Constantiensisepiscopi.»
Voici encore le précis d'autres contrats faits par Louis Herbert au fait du pain du Chapitre dont nous avons parlé : « Comme autrefois R. P. en Dieu mon- « seigneur Louis Herbert évêque d'Avranches, frère « et exécuteur du testament et dernière volonté, et (( héritier en partie de défunt de bonne mémoire « monseigneur GèofTroi Herbert, en son vivant évoque
« de Coutances, eut, au dit nom d'exécuteur, faite d certaines fondations en ladite église de Goutances (E du pain du chapitre, et pour ladite fondation baillé, a donné et aumône aux sieurs du chapitre de ladite c église certaines dîmes, Qefs nobles et rentes, ainsi ce qu'il est plus amplement contenu es lettres sur ce ce faites, passées par devant les tabellions en date du c[ 5"* octobre 1510, et depuis pour augmentation dudit (c pain se fut obligé, audit nom, envers lesdits sieurs ce du chapitre icelui père en Dieu évèque d'Avranches « en la somme de 1200 livres, ainsi qu'il est porté (( par les lettres passées devant les tabellions le 23' a juillet 1511, pour avoir le paiement de laquelle « somme de 1200 livres et mieux assurer la fondation (( d'icelui pain de chapitre, par contrat du 22* février (( 1512, ledit seigneur évèque d'Âvranches délaisse « afin d'héritage audit chapitre, 50 livres de rente, sur a le sieur de Tréauville par 100 livres, et le fief du (( Bourg, assis en la paroisse de Sainteny, par la « somme de 500 livres. »
Voici quelques autres époques de son épiscopat. L'église de Saint-Pierre-de-Coutances étant par les guerres et les temps tombée en décadence, il la fit réédifier en l'état qu'elle est, tant par ses soins que par ses libéralités. G*est ce que nous apprenons encore d'une pierre de cette église sur laquelle sont gravés ces termes : « An 1 494 , le jour SaintGeorges, futréédifiée a l'église, après la ruine et démolition d'icelle, moyence nant l'aide et singulière affection de R. P. en Dieu « monseigneur Geoffroi Herbert, évèque de Goutances. »
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Au commencement du pontificat de Geoffroi Herbert, les ecclésiastiques étaient encore opprimés par le logement des gens de guerre. Après la mort du roi Louis XI, Geoffroi notre évoque et son clergé en portèrent leurs plaintes à Charles, le 15' avril 1488, Tan 1*' de son règne, que nous voyons avoir été adressées à Jean du Mas, bailli de Gotentin et à Robert Josset, son lieutenant général. [Il] renouvela les ordonnances de ses prédécesseurs, libéra le clergé de cette vexation, et fît commandement aux gens de guerre de déloger incessamment.
En 1479, il y eut procès en la cour de Tofficial de Coutances entre le chancelier sigillifer, et receveur des déports du seigneur Geoffroi, évêque de cette ville, d'une part, demandeur, et noble homme Michel de la Haye -Hue, seigneur et patron de ladite paroisse de la Haye, d'autre part, défendeur, soutenant ladite église être exempte de déports contre les prétentions dudit demandeur. Par sentence du lundi après la Saint-Marc 26** avril , il fut jugé que ladite paroisse était exempte de déports, attendu qu'elle n'y avait jamais été assujettie. Cette sentence que j'ai extraite du cartulaire de cette noble et ancienne maison de la Haye contient entre autres choses ces termes remarquables du juge : « N'ayant que Dieu seul devant les a yeux, moyennant l'aide et le secours de J. G. dont a nous implorons les lumières, nobis pro tribunali « sedentibus, unice Deum prae oculis habentibus, « Chrijsto Jesu filio ejus opitulante , cujus auxilium et « gratiam imploremus, » tout un et exactement consi-
DU DIOCÈSE DE GOUTilNCES. 393
déré, nous avons trouvé que cette église ne doit point être sujette au déport, et d'effet nous Ten avons exemptée et exemptons à perpétuité etc. Tant il est vrai que cet évèque et les officiers préféraient la justice à leur profit.
Le vendredi 14* mars 1504, messire Nicole le Marchez, chanoine de Goutances, fonda en l'Eglise cathédrale, sous le bon plaisir de notre évèque, la procession de terre meutte ou de V aurore y qui se fait le matin du saint jour de Pâques en l'honneur de la résurrection de notre seigneur. Il donna pour cela au chapitre une maison et ménage qu'il avait dans la ville de Coutances. Cette procession et fondation est même marquée dans le nécrologe au jour et an susdits. En 1505, noble homme Nicolas le Maitre, seigneur de Grimouville et Maupertuis, vicomte de Coutances, désirant que son corps fût inhumé dans la chapelle de Notre-Dame-du-Puits en la cathédrale et voulant avoir en ladite cathédrale un obit solennel et perpétuel chacun an, avec une portion sur le lieu de sa sépulture, la vigile du jour de son obit, et que les petits enfants de l'aube au retour de la messe Notre-Dame de chacun jour, disent sur sa tombe un De profundis^ Pater noster. Inclina et Fidelium, donna, conmie le porte le contrat, une augmentation de rente. à prendre sur ses biens et héritages, savoir 9 livres pour lesdits obit et procession et 6 livres pour lesdits enfants de l'aube ; mais ne le pouvant accomplir à cause de son infirmité, il en chargea les^exécuteurs de son testament. La volonté du défunt^ mort le 22 décembre
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atidit an 1505, fat exécutée, mais de parole sealement et 5ans acte dressé à ce sujet jusqu'au premier jour de décembre de Tan 1507, que, devant Jean Morice, lieutenant général du bailli de Cotentin, comparaissant Jean Louvel, écuyer sieur de Maupertuis, vicomte de Coutances, oncle des enfants sous-âgés dudit défunt, messire Louis le Gascoing, écuyer, sieur des Veis, leur cousin, et noble dame Françoise de Coulombières, leur mère, veuve dudit défunt, tuteurs par autorité de justice desdits enfants, par le conseil et déli* bération de nobles personnes, Jean d'Angerville sieur de Tréauville , Jean de Coulombières, sieur de Bnicourt, Gilles Nicolas, sieur du Jardin, Nicolas de Cotentin, sieur du Val, Jean le Jolivet, sieur d'Audouville, Gabriel du Quesne, sieur de Courcy, Jean Goueslard, sieur de la Carbonnière, Charles Gautier, sieur de la Beuserie, Guillaume le Messire, sieur des Hiettes, Pierre Potier, sieur de Bouillon, Guillaume Louvel, sieur du Pont-Roger, Nicolas Escouiant, sieur de Muneville, Jean de Beausent, sieur de la Lande, il fut délibéré que les dits sous^gés et leurs tuteurs en leur nom paieraient et continueraient ladite rente , et messire Jean Poisson, chantre, Rouland de la Mare, trésorier, et Guillaume Quetil, chanoines^ acceptèrent le tout par le chapitre, et ledit obit fut marqué le 14' décembre. Nous avons copie de l'acte, qui fut passé ledit jour T' de décembre 1507 devant Guillaume Jourdan et Bouillon, tabellions.
Enfin nous remarquons qu'un des grands vicaires de notre évèque, Geof&roi, nommé Nicolas Denyse,
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originaiTé de la paroisse de Beuzeville et chanoîûe de la cathédrale, quitta ces dignités pour se faire cordelier, où il vécut depuis en grand et exact religieux et mourut enCn en odeur de sainteté : a {Maii] 27* ^ <( obiit F. N. Denyce Constantinus, ex Beuzevilla prope <r vadum oriundus, in divinis scripturis studiosus, et (c eruditus^ in philosopbia scholastica nulli secundus , « regularis observantiae restaurator celeberrimus. Hic « cum esset Gonstantiensis ecclesiae canonicus atque « venerabilis Gaufridi , ejusdem civitatis episcopi, vice cari'us generalis, omnia Christi amore contemnens « Yalloniam huic conventui accessit habitumque sanctae (c nostrae religionis, cunctis miranlibus, devolissime « suscépit sicque multo tempore simplicem inter sim- <( plices vitam agens, bac effloruit et doctrina. Fuit a. c< 1 . custos bujus inferioris Normanniae et guardianus « bujus conventus multis annis, binaque vice province cialatus bujus provinciae, una vero provinciae France ciae (?), ofiicio meritissime functus est. Tandem cum ce esset conventus Rbotomagensis guardianus, senio ce confectus, viam universae carnis ingressus est. Ad a ejus exequias passim videndi osculandique causa c tantam utriusque sexus catervam interfuisse, fertur, ce ut sese felicissimos dicerent qui corpus rosariis ce et linteolis tetigissent. Multa praeciararscripsit voce lumina quibus se et pressentibus utilem et posée teris memorabilem effecit, e quibus illa ferunce tur : ResoluAtr theologorum^ Gemna predicantium^ ce Opus super quator novissinwf cm spéculum morta^ a Itum HtuluSj de Dominicis sermones, item de festis.
« Claruit régnante Ludovico duodecimo, obiit anno 1509*. »
Ceci est extrait des mémoires du couvent des Cordeliers de Valognes.
< V. robitnaire des Cordeliers de Valo^es dans la copie des Mémoires de llangoQ du Houguet, faite par M. de Gerville.