II
360 HISTOIRE ECGLËSUSTIQUE
« rAscension, et de ce lieu élevé, il donna aussi la (( bénédiction au peuple qui étoit dans le grand Par- « vis;... de là il se transporta dans la Chambre qui est <( dans le Chapitre, pour bénir une foule de gens qui (( étoit dans la Cour d'Âlbane^ », laquelle bénédiction s'étendait aussi aux personnes qu'on ne voyait et qui étaient bien éloignées de l'église. A cette bénédiction, il y eut plusieurs personnes tuées et étouffées dans le grand parvis et autour de la fontaine, où l'on ne pouvait tenir pied à cause des glaces. Ce désordre causa des pleurs et des soupirs différents au milieu de cette joie commune. Il fut ordonné par messieurs du chapitre qu'on ferait un service général pour toutes les personnes qui avaient expiré dans la foule. On chanta les vigiles des trépassés le même jour, et le lendemain la messe fut célébrée par le même évèque de Coutances, dans la nef, avec du luminaire qu'on avait fait faire pour ce sujet aux dépens de la fabrique.
Au reste, notre évèque en faisant la charge d'autrui ne négligeait les siennes. Il avait assez de grandeur, de génie, de capacité et de vigilance pour satisfaire à tout ; aussi le trouvons-nous presque toujours partout^ à Rouen, à Coutances, à Saint-Lo, à la Motte, à Paris. Ainsi, en l'année 1498, il était certainement à Paris au temps que l'on pourra remarquer par la lecture du contrat de l'acquisition qu'il fit de la baronnie de la Hougue, avec la terre et la seigneurie d'Anneville-en-Saire •, à lui vendue par Jeanne de France^
« Tome m, pages 143 et 144.
* Arr. de Valogoes.
veuve de Tamiral de Bourbon, et par lui acquise pour enrichir son église. Nous avons jugé à propos d'en insérer ici les actes, tant pour renouveler la mémoire des grandes obligations qu'on lui a, que pour donner moyen aux curieux d'y faire telles remarques et réflexions qu'ils voudront ; les voici :
« A tous ceux, etc., Jacques d'Estouteville, etc., c( garde de la prévôté de Paris. Fut présente haute et « puissante dame Jeanne de France, etc., laquelle con- « sidérant les grandes charges qu'elle a portées et c< soutenues pour messeigneurs ses enfants, tant pour « les mariages des mesdemoiselles ses filles que pour « l'entretenement de Charles de Bourbon^ son fils, « aussi les grands et somptueux frais et deniers « qu'elle a employés en l'acquisition d'anciennes <{ terres et seigneuries et accroissement des biens « d'elle et de mondit seigneur son fils, tellement c( qu'elle s'est obligée en des grandes sommes de « deniers, et aucuns de ses héritages naguère a vendu Cl et transporté pour en acquérir d'autres meilleurs , « afin de faire la condition meilleure de mondit sei- « gneur son fils après le décès d'icelle dame , les- (( quels héritages ainsi vendus elle entendait et a désirait faire retrait au nom et au profit de sondit « fils , lequel retrait ne pouvait et ne peut être fait, a parceque sondit fils, ni elle, n'ont pour le présent (( les deniers d'icelui qu'il convenait et qu'il convient c( promptement fournir , parceque le temps dudit « retrait était bref et à autrement n'en pouyaient et « ne peuvent fournir, pour auquel dommage éviter
a serait ladite dame tournée vers le R. P. en Dieo ir Messire Geoffroi Herbert, évèque de Coutances, « conseiller ordinaire du roi notre sire, lui remon^ (c trant les choses dessusdites et que transportant H aucunes des terres et seigneuries et baronnies desdits enfants, assises au baillage de Cotentin, en Normandie, serait moindre dommage et leur fius grand profit fait, en lui requérant qu'en )a faveur d'elle et de sondit fils, [il veuille] leur aider et sub* venir auxdites affaires, à quoi le R. P. en Dieu se serait consenti par les moyens ci-après déclarés, et pour ce madite dame Jeanne de France , en* son propre et privé nom, soi faisant fort pour sondit fils, reconnut et confessa comme en droit jugement, par devant nous, avoir vendu, cédé et délaissé, et transporté, tant pour elle que pour ses hoirs et ayant cause, et en outre pour mondit seigneur son fils, afin de perpétuel héritage, audit R. P. en Dieu monseigneur Geoffroi Herbert, évèque de Coutances, acheteur et acquéreur pour lui et ses héritiers et ayant cause, c'est à savoir les terres, seigneuries et baronnies de la Hougue- Saint -Vaast nommées Courcy et Anneville-en-Saire, audit baillage de Gotentin, ensemble tous les droits, raisons, justices, noms, actions et droitures à elles appartenant, tant en hommes, hommages, cens, qu'autrement, sans faire sur ce aucunes réservations et retenues, ensemble la rente de treize livres tournois que ledit chevalier acquit de feu Guyon du Quesne, en son vivant écuyer, s' de Rideauville, et aussi les
« terres de la Hougue que ledit chevalier acqait de plu- H sieurs personnes, et toutes autres choses quelconcyoes (I qui à ladite dame et son fils compétent et appara tiennent èsdites baronnies, terres et seigneuries, « tant en fond qu'en rentes; cette vente et transport <c ainsi faits moyennant et parmi le prix et somme de a cinq mille livres tournois, monnaie du roi à présent a courante, que ledit R. P. en Dieu a payées, baillées « et délivrées à madite dame Jeanne de France, deux « mille deux cent quatre-vingt-six écus d'or du coin « du roi au soleil et quatre cent quatre*vingt-neuf (( écus et demi audit coin du roi à la couronne, qui « ont été comptés, nombres et posés à icelle dame, en «( la présence desdits notaires, dont elle se tient et « tient à bien contente et payée, et agrée, et en quitta (t et quitte à toujours ledit R. P* en Dieu, acheteur;... « est obligé en outre ledit acquéreur d*en faire foi et c< hommage à ladite dame Jeanne de France pour (( raison de sa chfttellenie et seigneurie de Yalognes, « dont elle a affirmé ladite baronnie être tenue et <( mouvante, nuement et sans moyen, ensemble les <i droits et services seigneuriaux, et ce en outre et par* « dessus ce, vingt-cinq livres de rente aliénées au (t baron de Briquebec, et quarante livres tournois « aliénées au seigneur de Clais avec pouvoir de les « i^etirer. Et pour ce que feu de bonne mémoire le roi « Louis, père de ladite dame, accorda audit feu cheva*- <i lier, son mari, plusieurs grandes dignités, franchises « et libertés es susdites baronnies et seigneuries de la « Hougue et Ânneville-en-Saire, tant en création de
364 HISTOIRE ECCtÉSUSTIQUE
« haute justice , que basses et moyennes foires , franchises f( et autres droitures et prééminences contenues auxa dites lettres qui sur ce en furent faites, ladite dame (( veut, entend et accorde que ledit R. P. en Dieu, ses « héritiers ou ayant cause en jouissent. De cela jura « et promit lui bailler lesdites lettres, si trouver les « peut, et quant à ce tenir, etc. Fait et passé en pré- « sence de messeigneurs Jean de Chabannes, comte il de Dammartin, seigneur du Pas, dudit Charles de « Bourbon, fils de ladite dame, messire Charles Das- « tin, chevalier et seigneur de Yilleray, messire « Pierre Michaut, seigneur de Queux et avocat au Parce lement, Robert d'Anneville, seigneur de Chiffrevast, « Michel Corbin, seigneur de Canville, vicomte de « Valognes, le lundi seize de juillet 1498. » Signé : le Lièvre et Riviers, et au dos desdites lettres était écrit : « Ces lettres furent lues et ouencées ^ au jour ce de dimanche, heure et issue de grand'messe de la ce paroisse de Saint-Yaast, le cinquième août 1498, c( et aussi lues et ouencées au jour de dimanche, c( heure et issue de la grand'messe de la paroisse de c( Saint-Yaast le cinquième août 1 498 , et aussi lues c( et ouencées à l'issue de la grand'messe d* Annece ville. » A quoi nous croyons qu'il est à propos d'ajouter l'acte par lequel ce prélat, en 1500, donna à son église une partie de ce même conquèt aux conditions qu'on pourra voir par la lecture du contrat, toutes lesquelles font voir l'affection très-par-
* Voir Dae»uage, audientia.
ticulière qu'il avait pour le service de Dieu et le soulagement du chapitre de Goutances : a À tous ceulx <( que ces présentes letres verront Nicolas le Maistre, « escuier, vicomte de Constances et garde des seaulx <( des obligations de ladite vicomte, salut. Savoir fai- (( sons que par devant Guillaume Ler et Guillaume « Jourdan, clercs tabellions jurés en ladite vicomte, <i fut présent monseigneur Geoffroi, evesque de Cous- « tances, lequel voulant accomplir le singulier désir et a affection qu'il avoit eu desjapieça de faire certaine . « fondation en son église dudit Constances pour l'en- « tretenement des petits enfans du cueur d'icelle, (( qui par ci devant avoient acoustumé estre nourris et « entretenus sur les deniers de la commune de ladite c( église, et pour que certains services fussent celec( brés pour le salut de son âme , ses père et mère a et autres parents, amis et bienfaiteurs, confessa (c avoir donné, quitté, cédé, délaissé et transporté, afin « de perpétuel héritage, au chapitre de ladite église, la a terre et seigneurie d'Anneville en Saere, située et a assise en la Y^ de Yallongnes, bailliage de Costentin, <i tenue du Roy à cause dudit Yallongnes à gaige « plege, court et usaige, avec toutes les appartenances, a appendences et deppendences, dignités et droictures M seigneuriales, tant en demaigne, hommes, hom- « maiges, cens*, rentes, revenus en deniers, grains, « pouUailes, œufs, moulins, rivières, boys, garennes, « patronnaiges d'église, qu'aucunes autres choses ge- « neralement, sans rien retenir, laquelle terre et sei- « gneurie, avec la baronnie de la Hogue ledit evesque
366 HISTOIRE BCCLÉSUSHQIB
« avoit japieça acquise de haute et puissante dame <i Jehanne 'de France, comtesse de fioussillon, dame « ide ValioBgBies ^et d'Usson , baronne de Mirebeau, « veuve de feu monseigneiu* Loys de Bourbon, en son « vivant admirai de France, pour elle establissant et .<( iaisant forte pour monseigneur Gharies de Sourbon, « son ifils, ainsi qu'il peult apparoir par ies lettres de <i ladite acquisition faictes et passées devant Guy le a Liewe et lehsoi de Riviers, clercs notaires du Roy eQ .(( son Chasielet de Paris, le 1<6* jour de juillet 1498, « de laquelle iterxe .et seigneurie ledit evesque se de- « saisit et en saisit lesdits sieurs du Chapitre, voulant, i( consentant et accordant «qu'ils «'en missent en pos- .«isession |>our eux .et Jours successeurs. .. Et fut ce <( faict au moien de ce que maistre Jehan PoessoB, tcciohantre dudit Constances, Jehan Bureau, archi- ;« diacre, Thibaud de Fromentieres , pénitencier, i« Robert de Grainville , Iresorier , Loys Herbert , Ai vicaire dudit evesque, Thomas Cornet, docteur en :t« iheôlogîe , Hugues de Blarru, Jehan le Marchand , <( grand doyen d'Avrenches, 'Estienne de la Mare, Nice cole de la Cour, Galobie le Pelé, officiai, Guillaume iU Faoucq , Richard le Long , Jean Tierget ejt Jean « Cadier, :toifô chanoines de ladite église, pour eux et M pour les autres chanoines d'icelle, desquels conside- •(( faut .la charge qu'ils avaient sur la commune de u ladite église de la nourriture, gouvernement et en- « tretenement des enfans de cueur, et ledit don fait « par ledit evesque, estre à l'augmentation de ladite « église, ont voulu, consenti et accordé, veulent, con-
DU DIOCÈSE DE COUTANCRS. 3t>7
« sentent et accordent que, pour le temps à venir, le « maistre des enfans 4e cueur qui sera par iceulx du « ckapitre commys ponible et deponible, de par «eux, « si le cas le requiert, an bien, profit et titiUté et ser- « vice de ladite église et desdits enfans de cuenr^ du « 'Conseiïtement4uâit evesque, ses successecffs ou vi- <i caires, et dont ledit -evesque et ses successeurs « auront connaissance, et non ^aulretnent, et auquel ils « bailleront la charge de nourrir et gouverner lesdits m enfàfis, [ait ^et] reçoive les distributianfi -eirtières et '« comme l'un lesdits chanoines, in9tallé aux hautes €< chaires ainsi que les autres, s'asseyant aru dernier « lieu de chanoine, et ce Bans qu'au moyen desdites « 'distributions de chanoine, icelui maistre puisse* dire a estre perpétuel, ni que ce soit bénéfice, mais de- %L meurera pénible et deponible, comme dit est, «ans a qu'au moyen de oe il puisse user de franchise , ^(( prééminence, dignités et libertés, tant en nomina- « lion de bénéfices, voix en chapitre, qu'autre chose «de prééminence appartenant auxdits chanoines, a combien qu'il sera sujet au ^service de ladite église « et desdits enfans, mis en table 'comme les autres « chanoines sous le nom de maistre des enfans de « oueur, lequel maistre sera tenu nourrir, gouverner <c de boire et manger, coucher, lever et 'instruire bien a et dûment iceux enfants de cueur et leur apprendre « et instruire et enseigner en la science de gram- « maire, et en cas qu'il ne le saurait licitement faire, « leur quérir, à ses despens, un maistre expert et suf- « fisant pour ce faire, ainsi que par lesdits du chapitre
368 HISTOIRE EGGLÉSUSTIQUE
« sera avisé, et estre icelui maistre des enfants de « cueur ainsi que sont les yicaires du grand autel et « autres. Seront tenus lesdits maistres et petits enfants « de cueur chacun jour, après tout le service dit, et a l'antienne de Nostre Dame chantée , aller devant le n sépulcre dudit evesque qu'il a intention estre faict a en ladite église, sous le reliquaire situé et assis au « costé senestre du grand autel de ladite église et illec- (( ques dire une antienne des Reliques et l'oraison pro- <( priciaire qui sera dite par ledit maistre des enfants de <( cueur, et après lesdits enfants de cueur [diront]/)^ « Profundis^ et ledit maistre les oraisons ci après de- « clarées avec Pat^ noster et Ave Maria, pour et en « l'intention dudit évèque, pour le salut de son âme. « Et d'abondant seront tenus et s'obligent lesdits a chanoines susnommés pour eux et ledit chapitre, « comme dit est , et mesme les prestres et petits clercs « du petit collège d'icelle église, dire et célébrer (( quatre obits solennels, avec les processions accous^ « tumees à chacun obit, aux quatre temps de Tan, « après le trespas dudit seigneur evesque, pour le salut « de son ame, s'il n'estoit feste qui le dust empescher, « auquel cas se feront le plus prochain jour capable... (( au lieu desdits obits, quatre messes auxdits quatre (i temps de l'an, la première du Saint Esprit, la se- « conde de Nostre Dame, la troisiesme des Reliques et la « quatriesme de tous les trespassés, auxquels obits et (( messes respectivement sera distribué à chacun d'eux « la somme de quinze livres prœ manibus^ c'est à sa- (( voir les deux parties au grand collège et la tierce
« part au petit, et avec ce seront tenus lesdits cha- « noines et petit collège dire et célébrer en ladite (( église par chacun an un obit pour Tame de feu montt seigneur Jean Herbert, en son vivant seigneur d'Os- « sonvilliers et gênerai de France, et la demoiselle sa « femme, quand decedee sera, père et mère d'icelui « seigneur evesque, dont les vespres seront dites le « V jour de janvier et la messe le jour subséquent, (( pour lequel obit il sera distribué la somme de neuf (i livres tournois, ainsi que dessus, pour entretenir « lesdits petits enfants de cueur de robes, vestures et (( autres habillemens d'iceux. Iceux sieurs du chaa pitre auront, prendront et distribueront ce qu'ont (( accoustumé prendre lesdits petits enfants du cueur u en ladite église, et parceque l'intention dudit eves- « que est principalement pour la décence de sadite « église et qu'elle demeure bien et honorablement « servie, faisant chacun ses cérémonies,... [deux cha- « pelles dont le patronage appartenoit à la terre et (( seigneurie d'Anneville en Saire seront affectées aux u enfants de cueur de ladite église yessans de l'aube <( avecques deux chapeles de ladite église dont le paît tronage appartient au chapitre^], c'est assavoir de « Saint Romphaire et de Sainte Anne, en la manière a qui en suit : le cas de vacance [s'] offrant, le cha- (( noine en quinzaine nommera audit chapitre le plus <i ancien enfant premier issu de l'aube, pourvu qu'il « ait servi en ladite aube six ans du moins, capable,
• N« 349 da Carlulaire de Coutaaces dans le répertoire de H. de Gerville. Tome II. 24
idoine et suffisant à tenir ladite chapelle, lequel cha- « pitre présentera audit evesque pour en aroir et « obtenir collation, ainsi qu'est accoustumé faire aux (( autres chapelles auxquelles ledit chapitre a droit de « présenter. Et pour ce que lesdits enfants qui obtienc( droient lesdites chapelles dépendantes de ladite terre il ne seroient point gagnant les rétributions de ladite a église sans obtenir le denier de Matines, icelui R. P. Cl en Dieu a voulu et veut que deux des deniers de Mau tines, du nombre de quatre, outre les deniers des entt fants, de cinq ou six deniers, lesquels deux deniers ice- (( lui evesque vouloit donner, demeurent affectés auxdia tes deux chapelles dépendantes de ladite terre, et par ce « aurontrhablt d'église et distribution comme les autres (t chapelains*d'icelle, à telles charges et conditions que « ceux qui auront lesdites chapelles d'Anneville seront « tenus au service du cueur, et que s'ils s'abstiennent de :( ladite église pour un mois, sans le congé dudit chapitre, wt ils en seront privés sans autre connaissance de cause « ni forme de procès, et y pourront pourvoir lesdits « du chapitre tout ainsi que s'il y avoit vacation par « mort, cession, démission ou résignation ; lequel don <i et fondation iceux du chapitre prennent et accep- « tant à la charge, moyen et condition que dessus, tt parceque ledit seigneur evesque s'oblige garantir « vers tous et contre tous. Et ce fut faictet passé audit « lieu de Goutances, en la présence de vénérable per^ « sonne M" Louis Carnet, Jean Percepied et plusieurs « autres témoins, le samedi 3* octobre 1500.^ »
«Ibid.
Nous parlerons bientôt de ses grandes autres libéralités ; je crois que nous devons ici remarquer sa grande magnificence en ses bâtiments. Il ne fut pas plutôt chef de la justice de la province qu'il ne crut qu'il ne fût à propos de la loger ; c'est aussi à lui à qui on est redevable de cet excellent palais où elle s'est toujours rendue depuis. M. Morel parlant de sa charge de premier président dont le roi l'avait honoré : u De laquelle charge^ dit-il, il s'aquitta très-dignement « comme il fit en pareil de la Commission qui luy a fut donnée de faire bastir le superbe Palais où M cet Auguste S^nat rend la Justice, lequel en peu de (( temps il rendit en Testât qu'il est ; c'est-à-dire, pour (( le plus magnifique et le plus superbe qui soit en « France. » Page 21*. En parlant de la ville de Saint-Lo, nous avons remarqué les réédifications qu'il fit en son palais de cette ville avec les autres bâtiments qu'il y ajouta; nous remarquons ici qu'il fit la même chose en sa ville épiscopale. Depuis quarante ans, presque toutes les maisons des chanoines ont été rebâties à la moderne, ou, pour mieux dire, à l'idée de ceux qui en jouissent ; la plupart de ce qui reste d'ancien est l'ouvrage de notre Geoffroi Herbert. Aussi feu M. du Yaudôme nous a écrit qu'il a vu les armes de notre prélat, non seulement à toutes les maisons du chapitre, mais aussi à la maison du feu abbé de Franquetot, à une maison de M. de Tlsle, conseiller^ dans le cloître des Jacobins, aux unes simples et aux autres écartelées, à toutes les vitres du haut du rond-point der-* rière le chœur, et elles étaient aussi à une vitre de la
première chambre d'un cuisinier de Coutances, nommé Burnel, en la grande rue, contre les maisons du siège. C'était aussi autrefois la maison d'un chanoine qui réchangea et s'accommoda avec le cuisinier.
Pour occupé que parût notre évèque à toutes ces grandeurs, à son gouvernement, à son parlement et à ses bâtiments, il ne négligeait rien de son devoir à l'égard de son diocèse. Il ût une ordination générale en l'église de Saint-Lo le 26* mars 1502; il en fit une autre semblable en son église cathédrale le 6* avril 1504, une troisième au même lieu le IT avril 1506, une quatrième au même lieu le 3* mars 1508. Les autres étaient administrées par le susdit évèque de Porphyre.
Notre évèque étant à la Motte, le 16* mars 1500, il donna la prébende des vicaires à Jean Cadier . Le 1 5* mai suivant, étant à Rouen, il donna de plein droit la prébende de Trelly* à un nommé Jean Tropot ; le 3* juin, suivant étant à Rouen, il conféra à Jean Bessin la cure de Saint-Germain-de-Varreville', à la présentation de messire André d'Epiney, cardinal-archevêque de Lyon et de Bordeaux et abbé de Saint-Wandrille, de laquelle abbaye dépend cette cure. Il y a dans les registres plusieurs collations de bénéfices, par lesquelles nous apprenons qu'il était de retour en son château de la Motte au mois de juillet suivant 1500 : « Die septem- « bris 7% dominus contulit Carolo Herbert, illégitime
« Arr. de Cootances.
> Ait. de Valognes.
« nato, de diocœsi Senonensi oriendo, confirmationem « et tODSuram, mediantibus litteris dimissoriis. » Mais au mois de septembre de cette même année, il était de retour à Rouen, ainsi qu'il nous paraît par l'approbation du titre patrimonial de Benoit Ogier, de la paroisse deMontsurvent*.
Le 28"" avril de l'an 1501, étant en son château de la Motte, après une information, il permit à Jean et Jacqueline d'Estouteville de se marier, quoique parents au deuxième degré, après les avoir dispensés de parenté, où plutôt avoir approuvé et reçu leur dispense, d'ailleurs obtenue. Le 26"* janvier suivant, il était à Rouen, où il créa deux vicaires généraux, Guillaume le Peley, officiai, et Guillaume le Long son garde-scel, sans néanmoins révoquer Louis Herbert. Le 23' de février suivant, il donna l'administration de l'hôpital de Saint-Lo à Pierre de la Haulle, religieux de l'ordre de saint AugustiUi et le 3' avril, aussi suivant, par la résignation de François Herbert, il confia à ce Charles Herbert, dont nous venons de parler, la prébende de Trelly et la cure de Saint-Germain-de- Tallevende', à lui résignée pour Louis Herbert. Au mois de juillet avant ce que nous venons de dire, messire Jean le Jolis fonda à la cathédrale la chapelle Saint- Eloi. Remarquons encore, qu'en la provision de la cure du Mesnil-Hue *, faite le 2' janvier, que l'on comptait encore 1502, au nommé David Pillois, noble homme
< Ait. de Coalances.
• Arr. de Vire.
s Arr. de Goutances.
Jean de Quesnelée est dit patron à cause de Marie Goujon, son épouse; qae le 24* juin, Saint-Laurent-de- Jersey fut conféré à Louis de Ghamptone à la présentation de noble homme Jean, lieutenant du roi d'Angleterre; qu'à la présentation du roi d'Anglerre, la cure de Saint-Hélier-de-Jersey fut conférée à André de la Hougue le 4* juillet 1502; que le 23* décembre dudit an 1502, Louis Herbert, abbé commandataire de Saint-Lo, donna la cure de Sainte-Gatherine de l'hôpital de cette ville ; que le 4* février, que l'on comptait encore 1502, messire Jean Gline, prêtre, fut conunis doyen de Jersey et Richard de Haguais, curé de Brévands*, son vice-gérant; que notre Guillaume, évoque de Porphyre était curé de Tourlaville, et qu'il s'en défit, le 10* août audit an, en faveur de Richard
le Louey, chanoine de Goutances ; que le 22* novembre 1503, c( facta fuit littera recipiendi Thomam « le Pinchon presbiterum in fratrem et formam reli- (( giosorum Domûs Dei Gonstantiensis » ; que le 20* juin 1504, fut approuvée et trouvée canonique l'élection de François-Jean Noël pour être abbé de Cherbourg; qu'il fallait être religieux Augustin pour posséder la cure d'Agneaux*, ainsi qu'il paraît par la collation qui en fut faite, le 30* juillet 1504, à François Hecquard, sur la résignation de François Riquier; que le 11* mars suivant, frère Pierre de Bordeaux fut pourvu de l'abbaye de Saint-Sever, sur la résignation de frère
* Arr. de Saint-Lo.
• Arr. de Saini-Lo.
Guillaume Vigeon; que le 27' juin 1505, sur laprésefi- (ation de ûoble homme Hugue Vaughaine, cheyalier et gouverneur de Jersey, la cure de Saint-Martin-le- Vieuxde-Jersey, fut conférée à Thomas Cablière; que nous lisons dans la Neustria pia^ en parlant du SS"* abbé de Saint-Evroul , appelé Félix de Brie : « Anno 1504, a mense Julio, Geoffredus Hébert, Episcopus Gonstan- (( tiensis et Prothopraeses Uticum venit : ut de sequestri a ordinaret, objurgium exortum inter Guidonem de (( Hebercuria, Abbatem electum, et Pœlicem de Brya^ '( Prothonotarium ; sancivitque illa 30 scuta aurea, a qude sibi data fuerunt, pro sua vacantia, esse n conferenda, pro testudine chori Ecclesiae incia pienda, qu» exinde anno sequenti , ferè compléta c( est » ; que le 14* octobre 1505 , fut admise Té* lection de frère Jacques Langlois pour être abbé de Saint-Sauveur, après la mort de Raoul Boniface, moine de Carpentras et puis évèque ; que Louis Heri)ert était encore prieur commanda taire de Saint-Corne'; que Jean de Camprond et Richard Basire, en qualité de tuteurs de Jean de Jolivet, seigneur de Montpinchon, présentèrent à cette curé, le 22* novembre, Léonard Malenfant, après la mort de Martin de Gambernon ; que lé 19* janvier suivant, la cure de Saint-Ouen-de-Jersey fut donnée à Jacques de Garteret, présenté par noble homme Hugue Yaughaine, gouverneur de cette lie; que le 24* avril 1506, le seigneur évêque étant à la Motte, conféra de plein droit la cure de Soûle à Jean
« Page 129.
« Arr. de Saint-Lo.
Liégard, après la mort de Jean Paulmier; que quoique le même seigneur évèque fût à Rouen le 17* juin, il était de retour à la Motte le 24' juillet suivant, auquel lieu il conféra la chapelle Saint-Pierre de la cathédrale, à Nicolas Rabot ; et enfin que le 22* octobre en suivant, fut accordée dispense à Jean Marquetel, curé de Remilly S de ne se faire prêtre qu'à cinq ans de là.
Nous apprenons au surplus que cette année, 1507, notre évêque remit la charge de premier président et lieutenant-général de la province, pour ne s'appliquer qu'au premier de ses devoirs, veiller son peuple, orner et enrichir son église et bien faire à tout le monde.
L'église de Coutances conserve encore et se pare aux grandes fêtes de cette belle tapisserie à fond d'or, d'argent et de soie, de haute lice, sur laquelle sont représentés les travaux d'Hercule, appropriés, par des vers français qui sont tissés au bas, à quelques-unes des vertus morales, terrassant le vice qui leur est opposé et qui est représenté par le monstre vaincu et abattu par Hercule. Les voici autant que M. du Vaudôme et moi l'avons pu déchiffrer.
Ce qu*Ântheus la force en terre prends Où Hercule plus ne le requier laschcr.
Est la raison qui Tappélit reprend.
Quand du monde ne se veut relascher.
Le vertueux voulant vaincre tascher L'en éloigne, tant que lui est loisible.
En ce faisant, il montre qu*il a cher Constantia qui le rend invincible.
{Est la Hgure du prophète Jsate aoec ces mots : Elongasti terminù$
tCTTŒ,
* Arr. de Saint-Lo.
Lion d'enfer, le plus grand adversaire Qu'ait jamais eu pauvre nature humaine»
Quérant les siens dévorer el défaire, De par le monde rugissant se promène.
Mais Hercule si asprcment le mène.
Que le pays tost en sera paisible.
Pour ses amis ne fut ni travail ni peine, Constance y a qui le rend invincible.
(£00 rugiens cireuit quarens quem âetoret, eut resiitUe fortes. Saint Pierre.)
Par Geryon, composé de trois chefs, Sur les mondains faisant mainte morsure, Désignés sont trois capitaux péchés.
Homicide et orgueil, avarice et Luxure A Hercule n*est rien mort, ne blessure, Pour résister à ce monstre terrible. Car la vertu en tout danger Tassure :
Constance y a qui le rend invincible.
(Accipite armaturam fidei ut possitis resistere, — Saint Paul.)
Fiers centaures venant par millions
De toutes parts pour nous faire la guerre.
Ci dénotent les grandes tentations
Dont les humains sont assaillis sur terre.
Vers Hercule viennent marchant grand erre,
Pour Toutrager s'il était possible;
Mais nonobstant qu'ils le retiennent en terre,
Constance y a qui le rend invincible.
(Job sur son fumier... Ccntinuit panem née esdit)
Ce monstre Hydra sept crimes nous assigne En sept grands chefs mal aisés à dompter.
Qui n'abolit la source et la racine ; Car pour un bas sept voyons remonter.
Mais Hercule, pour les mieux surmonter.
Mortifie ce dernier tant nuisible.
Plus n'y a chef qui l'ose confronter, Constance y a qui le rend invincible.
(Non dêrellnqueris radiem née germen, — Malachie.)
Contre Janon offrant grace et largesse, Les biens mondains, gloire et autorité.
Vient Hercule contemnant la richesse, Aimant Tertu plus que prospérité.
Voulant trop mieux quérir félicité.
Que s'asservir à chose si faillible»
Par trois raisons à cela excité : Constance y a qui le rend invincible.
{Mêlius est bomtn wmen gtiom divitim mdtœ. — Proverbes.)
Que CiCrberus aux trois testes qu*il porte Ni des enfers le furieux outrage, N'empesche point à Hercule la porte, Que ses amis ne tire de servage, Nous montre bien qu* humble et dévot suffrage Sont bien faisans et par tout admissibles Et d'abondant pour consommer l'ouvrage :
Constance y a qui le rend invincible.
(tfbrsus tttus erOf à infeme. Osée 43*.)
Volant partout par leur grand renommée, Les harpies, de royale noblesse.
D'attraits, beautés et doux regards ornées, N'épargnant sang, ne force, ne prouesse, Contre Hercule chacune d'eux s'adresse; Mais peu lui est leur bataille pénible.
Car quoi qu'il soit en grand fleur de jeunesse. Constance y a qui le rend invincible.
{Eorruerunt Constantiam ^us, — Judith 46*}.
Cette riche tapisserie est un des présents de Geoffroi Herbert; il y en a de plus considérables. Ce fut lui qui fonda le pain du chapitre et qui donna un revenu considérable à ce même chapitre pour l'obliger plus sensiblement de s'acquitter du devoir de dire les vêpres. « Pro pauperibus in moribus, litteris ac bonis
a artibus instituendis, (dit Guillaume de la Mare chez « M. de Sainte-Marthe), et imbuendis, in venerahili « Harcuriano, apud Lutetiam, coUegio, quatuordecim a quas bursas vocant reeenter instituit, ac Theologoa mm jam institutas auxit, et opulentiores reddidit \ » Nous allons voir les preuyes de ce que nous disons par la lecture de son testament et par ce que nous apprendrons de Tobltuaire de la Cathédrale. Nous donnerons le testament en sa langue naturelle en notre recueil ; la voici en la nôtre :
« Au nom du Seigneur, amen. Geoflfroi, par la misé- « ricorde de Dieu évèque de Goutances, ou plutôt a humble ministre des fonctions épiscopales, à tous « ceux qui yerront ce notre testament ou disposition <t de dernière volonté, salut. Me représentant nuit et c( jour les suites de la mort, et méditant sans cesse « avec Saint Jérôme cette trompette dont parle le (( bienheureux S. Jean apôtre en son Apocalypse : « Levez-vous, morts, et venez pour être jugés , et fl sachant qu'il n'y a rien en cette vie de perdurable, <i ni qui- ne soit sujet au changement, rien de plus <i certain que la mort , ni de plus incertain que « l'heure de la mort, sans entendre que nous (I soyons certains de sa proximité, voulant rendre un n compte exact à Dieu notre Seigneur, pendant que (( nous sommes encore vivants, des biens qu'il nous a f< faits durant le pèlerinage de cette vie mortelle, nous « avons fait et ordonné ce présent testament de der-
• Gai/ia Christiana, Xf, 898.
380 HISTOIRE ECCLÉSUSTIQUE
nière volonté, étant sain de mémoire et d'esprit, ainsi que nous l'estimons, de la manière qui suit. Et premièrement, pour n'être pas ingrat des grands biens que nous avons reçus de Dieu, qui jusqu'à présent par son ineffable et immense pitié eX clémence nous a souffert et donné le temps de faire pénitence et nous convertir, et nous a promis de nous pardonner si nous pardonnons aux autres, et crainte que nous ne soyons trouvés semblables à ce fermier, duquel il fut rapporté, au maître commun qu'il ne voulait pas avoir pitié de son conserviteur, et jeté comme lui dans les ténèbres extérieures, nous pardonnons toutes et telles offenses qui nous ont été faites, ou de paroles, ou d'effet, ou de quelque manière que ce puisse être de la part de nos ennemis, et nous supplions instamment le seigneur notre Dieu qu'il lui plaise leur pardonner. Nous offrons à Dieu notre créateur et rédempteur tous les talents que nous avons gagnés, ou pour le moins qui nous ont été confiés, c'est à savoir notre âme qu'il a créée à son image, et qu'il a retirée de la captivité de Babylone au prix de ses souffrances et de sa mort, <« laquelle était même consacrée spécialement pour le « servir en cette vie, nous la lui recommandons pour « être éternellement à son service. Nous lui recom- (( mandons aussi très-particulièrement le troupeau dont « il nous avait commis la garde, lequel peut-être est « en mauvais état ou par notre négligence, ou par le c( mauvais exemple que nous lui avons donné. Nous « le supplions très-humblement soulager le poids de
(( nos péchés, et qu'ayant égard à la foi et fidélité de (( l'Eglise, son épouse, il lui plaise recevoir mon <c âme et la placer, quoique nous ne le méritions pas, a dans le sein d'Abraham, au nombre de ses fils « ecclésiastiques, avec les saints patrons de notre « église, de purifier par sa miséricorde infinie et (( conserver notre susdit troupeau, de manière qu'il « parvienne à une éternité bienheureuse. Nous soua haitons que notre corps soit reçu et inhumé de notre « mère et épouse l'église de Coutances dans le chœur, <( et notamment au côté senestre du grand Autel, sous « les reliques des saints qui sont placées en ce lieu, « comme nous en sommes autrefois demeurés d'accord « par écrit avec nos confrères. Si nous avons fait a quelque tort à qui que ce soit, ou si nous avons (( contracté quelques dettes, nous ordonnons qu'on a en fasse une ample réparation et toute sorte de a paiement et satisfaction sur tous nos biens , meu- « blés et immeubles; et c'est ce que nous voulons et « ordonnons qu*on exécute très-exactement. Et parce « que toutes personnes, mais particulièrement celles a de notre condition ne doivent point oublier les bons a services qu'on a reçus pendant un assez longtemps « entre ceux qui nous sont unis, outre leur service de « parenté, doivent moins être oubliés que les autres (( au point de notre mort , c'est pourquoi nous vou- « Ions que chacun d'eux de ceux qui nous ont « servi et les autres, reçoivent quelques portions des <c biens que Dieu nous a donnés, en la manière qui a ensuit.
382 UISTOUŒ ECCLÉSUSTIQUS
(c Premiàrement à mes serviteurs domestiques/ selon « Tordre que nous allons exprimer, eu récompense de « leurs services et afin qu'ils prient le Très*Haut pour « le salut de mon âme et la remission de mes péchés, « nous voulons que ce que nous leur léguons leur soit a distribué par les exécuteurs de notre testament a aussitôt après notre décès, lesquels exécuteurs a seront et nous établissons nos fidèles et très-chers <• confrères le chapitre de Coutances, à l'effet de quoi « nous obligeons tous nos biens, meubles et im- « meubles, et les mettons comme dès à présent entre ^ leurs mains , en la présence des témoins que <i nous avons appelés à ce sujet , et que nous (f avons fait jurer exprès de ne rien révéler de ce qui fi est contenu en ce présent testament ou disposition a dernière de volonté jusqu'après notre mort, et nous « de vive voix en bon et entier entendement, quoique a malade de corps, avons dicté et nommé le présent « ainsi qu'il suit.
a Nous laissons, donnons, et léguons à maitre Jean a Guillemot, prêtre, la somme de cinquante livres tour- H nois; à mattre Paschal de Rion \ aussi prêtre, ein- « quante livres tournois; à mattre Guillaume [Roze], « aussi cinquante livres; à Robert du Val; cinquante « livres; à Jean du Bois, cinquante livres; à Jean « Boulley dix livres; à Jean Robillard, cent sous tour- « nois ; autant à un nommé Ouen ; à demoiselle Jeanne a de Montvillers, cent livres; à la fille de demoiselle
* Le Gaiiia dit Denon.
a Jacqueline, vingt livres; à Michelle, fille d'Isabelle « le Tellière, cent sous; à Perrine de Longrais, cent « sous ; à Collette Lemmalière, cent sous ; à sa petite <( fille, vingt sous; à Jeanne la Benoise, fenune de » Josias Buisson, cent sous; à Louis Buisson, porcher, tt soixante sous; à Philippine Cosville, cent sous; à a Philippe Rouxelin muletier, dix sous; à Jean a Leveillé qui demeure à la Motte, six livres; à sa a petite fille Michelle, quarante sous; à un certain « homme nommé Yasselin , soixante sous ; à Roger a Belot ^ soixante sous.
(( Item, nous donnons et léguons à nos deux frères ft Jean et François, notre baronnie de Gourcy au diocèse (c de Séez pour un d'eux, laquelle baronnie avec ses « dépendances et appartenances, nous avons adietéedès (I nos premières années, et la terre et fief de Sainteny « dans notre diocèse de Coutances, et dépendante de la- « dite baronnie susdite, et celui auquel arrivera cette d dite terre et fief de Sainteny , il aura sur tous nos «biens meubles, deux mille écus de récompense « pour et à raison que ladite terre de Sainteny est « de moindre valeur en comparaison de la t^rre et « baronnie de Gourcy. Item, nous donnons et léguons à «Marie du [TJouchet, fille de noble dame Marie Doues- « sey, du diocèse de Rouen, trente livres de rente, la- « quelle rente est de la dot de sa mère, qui est main- «tenant en nos mains avec les arrérages desdites « trente livres, courant et dus. Item, nous donnons et
« fielet dans le Galim.
« léguons à la même dite Marie toutes les hypothèques « ou revenus hypothécaires dus et venant à raison des- « dites trente livres de rente sans préjudice des autres (( rentes et revenus de ladite Marie de [Tjouchet, acquis (( à son nom et au nôtre. Nous voulons en outre et « déclarons être de notre intention que celui de nos (c frères qui aura Sainteny, sera obligé de donner et « donnera effectivement la somme de dix mille livres « une fois payées à ladite Marie de [TJouchet, en faisant a et parachevant le mariage proposé entre elle et le a seigneur de Carnes, par messire Jean Le Gointe, son « frère, chanoine de Téglise cathédrale de Paris, du « fils dudit seigneur de Carnes, ou sinon de lui, du u moins avec quelque autre, dont et desquelles rentes (( et hypothèques nous n'entendons pas qu'elles soient (( moindres de vingt livres tournois. Item, nous donnons a et léguons à Grisine Gordière Théritage ou terre (c avec ses appartenances que nous avons acquises en « la paroisse de Soûle en notredit diocèse, lesdites « terres et biens ainsi qu'ils appartenaient à un a certain changeur nommé Jamar, se montant à la « somme de trente livres de rente. Item, nous donnons « et léguons à Gillette Ogier, fille de Thomas qui ce demeurait à la Motte, vingt livres avec les rentes « que nous doivent ledit Thomas Ogier, et ses aides (( Jean et Guillaume. Item, à Marie Ogier, fille de a ladite Gillette, cinquante livres qui seront réelle- « ment payées par les exécuteurs de notre testament, a à savoir le chapitre de Goutances, lorsqu'elle sera « en état d'être mariée. Item, nous donnons à perpé-
(( tuité en aumône au collège de Coutances en Tunirersité de Paris, appelé le collège de Harcourt, la « demi-terre et le fief noble, vulgairement nommé le (( bois de Préaux, situé en la paroisse de Saint-Jean- « des-Champs dans notre susdit diocèse avec toutes « ses dépendances et. appartenances, avec soixante « livres tournois de rente que nous avons acquises sur « les terres et fief de la Haye-Hedouvinière, de noble (( homme Jean du Mas, tant pour l'accomplissement (( de la fondation que nous avons faite récemment de a douze bourses de grammairiens, que afin que chacun « d'eux reçoive cinq sous parisis chaque semaine pour (( son vivre et ses autres nécessités et augmenter le « nombre et les bourses des artistes, créant de nouveau « deux bourses et deux boursiers dont chacun aura « chaque semaine autant que chacun des vingt-huit « boursiers fondés autrefois par révérend père en Dieu « monseigneur Robert de Harcourt, en son vivant « évêque de Coutances, et par le seigneur Raoul de « Harcourt, son frère, archidiacre du Cotentin, que « aussi pour l'augmentation des bourses des artistes « de quatre sous parisis à chacun par chaque semaine, « et encore pour l'augmentation des bourses des théo- « logiens, lesquels n'ayant eu jusqu'à présent que cinq « sous la semaine, en auront trois de plus, en sorte « que chaque semaine ils auront huit sous, aux charges tt néanmoins et conditions contenues en la charte ou « instrument qui en fut dressé le 7' jour d'octobre « 1509, entre nous Geofiroi évêque de Coutances, et « messire Jean Boivin, proviseur dudit collège, Guil-