XXXVI. Concile dlngelheim
Ce pape envoya au roi Othon, pour légat, Mann, évêque de Polymarlhe ou Bomarzes en Toscane, afin d'assembler un concile général ; et il y appela par ses lettres quelques évêques de Gaule et de Germanie. Le concile se tint à Ingelheim dans l'église de Saint-Rémy le septième de juin neuf cent quarante-huit , indiction sixième . en présence des deux rois Othon et Louis (2). Le légat Marie y présidoit, et il y avoit trente-deux évêques lui compris, savoir : cinq archevêques, Vicfred de Cologne, Fridéric de Mayence, Robert de Trêves, Artaud de Reims, Adaldague de Hambourg ; et vingt-six évêques, dont les plus connus sont saint Udalric d'Augsbourg et Adalbéron de Metz ; la plupart étoient d'au-delà du Rhin. Il y avoit bon nombre d'abbés, de chanoines et de moines. Le légat lut la lettre de sa commission, où le pape lui donnoit toute son autorité, à laquelle les rois, les évêques et tous les assistants déclarèrent qu'ils étoient prêts d'obéir.
Ensuite le roi Louis se leva d'auprès du roi Othon, et, de son consentement, proposa sa plainte au concile contre Hugues, comte de Paris, disant : J'ai été appelé d'Angleterre par les députés de Hugues et des autres seigneurs de France pour prendre possession du royaume qui m'étoit échu par la mort de mon père. J'ai été reconnu et sacré roi par les suffrages et les acclamations de tous les seigneurs et de toute la noblesse de France. Hugues toutefois m'a chassé , m'a pris frauduleusement , et m'a retenu prisonnier un an entier ; et je n'ai pu obtenir ma liberté, qu'en lui laissant la ville de Laon, qui restoit seule à la reine Gerberge, pour y tenir sa cour avec mes serviteurs. Si on prétend que j'aye commis quelque crime qui méritât un tel traitement , je suis prêt à m'en purger au jugement du concile, et suivant l'ordre du roi Othon , ou par le combat singulier.
Après que le roi Louis eut fait sa plainte l'archevêque Artaud se leva et fit lire la sienne en forme de lettre , adressée au légat Marin et à tout le concile. Il y déduit toul au long ce qui s'étoit passé touchant l'archevêché de Reims depuis la mort d'Hervé et l'ordination de Seulfe (.3); l'intrusion de Hugues, son ordination, son expulsion, la persécution qu'Artaud avoit souflér te jusqu'à être réduit à vivre vagabc>nd et se cacher dans les bois, parce qu'il ne vouloit pas renoncer à son siège et rendre son pallium. Enfin il rapportoit ce qui s'étoit fait aux deux conciles de Verdun et
(1) Frod. c. U ; lo. 9, Conc. p. 622.
(1) Libell. Art. p. 631. c. 35.
Papebr. Conat. Frod. Chr. (3) P. 627. Sup. liv. liv, (3) To. 9, p. 623. Frod. c. 57, p. 631.