XLI. Conversion des Sclaves
Vers le même temps , c'est-à-dire l'an neuf cent cinquante, le roi Othon soumit Boleslas, duc de Bohême , après une guerre de quatorze ans (1); ce qui produisit la conversion de la plupart des Sclaves, qui promirent de payer tribut et de se faire chrétiens ; et on bâtit chez eux plusieurs nouvelles églises et plusieurs monastères d'hommes et de femmes. Le pays fut divisé en dix-huit cantons, qui embrassèrent tous la foi chrétienne , à la réserve de trois.
Hadumar, abbé de Fulde, étant allé à Rome en pèlerinage, le pape Agapit apprit de lui le différent qui étoit entre Hérold , archevêque de Saltzbourg, et Gérard, archevêque de Lorc ou Lauréac , dont chacun se prétendoit métropolitain de toute la Pannonie. Pour terminer cette querelle , le pape écrivit une lettre à Gérard {2) , où il déclare que son église de Lauréac a toujours été métropolitaine, et seulement pour les deux Pannonies, jusqu'aux incursions des Huns , qui ruinèrent cette ville , et obligèrent l'archevêque à transférer son siège ; que, depuis, Arnon fut établi premier archevc^ue de Saltzbourg , mais que la tranquillité étant rétablie dans le pays , l'un et l'autre doit garder sa dignité, en sorte que l'archevêque de Saltzbourg ait juridiction sur la Pannonie occidentale , et celui de Lorc sur l'orientale, avec le pays des Avares, des Moraves et des Sclaves convertis ou à convertir, sous peine , à l'archevêque de Saltzbourg , de perdre sa juridiction , s'il ne se soumet à ce jugement.
Cet abbé de Fulde-Hadumar étoit fort considéré du roi Othon , et , par son ordre , il retint en prison, dans son monastère, Frédéric, archevêque de Mayence , coupable de conjuration (3). On crut que ce fut par ressentiment que lui et quelques autres évêques émurent,
(1) To. 9, Conc p. 63i.
(1) Sup. Adam, lib. U, (2) Vitiq. lib. m, p. 35. c. 12. Ditmar. lib. 2, p. 18.
Cl) Regin. Conlln. 950.
Sigeb. 950. Adam. 11, c. 3.
Chr. Mess. ap. xMabill. Sajc.
(2) To. 6, Conc. p. 018.
(3) Mabill. Act. Saec. 5, p. 120. Vitiq. lib. II, p. U,
HISTOIRE DU CHRISTIANISME. r Ans de J.-C.osî, 953.
An de J.-C. 953. ]
en neuf cent quarante-six , une forte persécution œntre les moines, soutenant qu'il valoit mieux en avoir peu d'excellents , qu'un grand nombre de négligents. Ils attaquèrent d'abord les petits monastères , et vinrent ensuite aux grands. Plusieurs moines sentant leur propre faiblesse, quittèrent l'habit et leurs maisons; mais cette entreprise n'eut pas de suite.