XLII. Concile d'Augsbourg
Le même Fridéric, archevêque de Mayence, présida à un concile que le roi Othon flt tenir à Augsbourg l'an neuf cent cinquante-deux , seizième de son règne , indiction dixième , le septième jour d'août. Vingt-quatre évéques y assistèrent, tant de Germanie que de Lombardie, dont Othon venoit de se rendre maître. Dès l'année neuf cent quarante-cinq , le roi Hugues, abandonné des Italiens, avoit cédé le royaume à son flls Lothaire , et s'étoit retiré , avec ses trésors , en Provence , où il mourut (1). Quatre ans après , c'est-à-dire l'an neuf cent cinquante, Lothaire fut empoisonné, et Bérenger, son compétiteur, demeura maître de l'Italie; mais Adélaïde, veuve de Lothaire, appela le roi Othon, quiétoitaussi veuf, promettant de l'épouser. Il vint , il chassa Bérenger, et son ûls Adalbert épousa Adélaïde, et joignit à ses états la Lombardie vers la un de l'an neuf cent cinquante-un , et c'est ainsi que les Allemands commencèrent à régner en Italie.
A la télé du concile d'Augsbourg , on voit quatre archevêques : Fridéric de Mayence, Hérold de Juvave, ou Sallzbourg , Manassès de Milan , qui avoit tant d'évêchés , et Pierre de Ra venues. Entre les évéques, le plus illustre estsaintUdalric, de la ville mêmed' Augsbourg. Le roi fut prié d'assister au concile , et y fut reçu avec l'honneur convenable. L'archevêque de Mayence se leva de son siège , et proposa ce qui avoit été résolu , priant le roi de l'appuyer de son autorité , et il le promit avec un grand zèle. On fit en ce concile onze canons, portant premièrement défense à tous les clercs, depuis Tévêque jusqu'au sous-diacre , de se marier ou d'user de leurs femmes , sous peine de déposition, et à tous les clercs d'avoir chez eux des femmes sous-introduites ; autrement permis à l'évêque de faire fustiger et tondre la femme suspecte. Enfin ce concile veut que tous les clercs étant venus en âge de maturité soient contraints , même malgré eux , à garder la continence. Défense aux évéques et aux clercs d'avoir des chiens ou des oiseaux pour la chasse , ou de jouer aux jeux de hasard. Les moines ne se mêleront point d'affaires, et ne sortiront point du cloître sans congé de l'abbé ; et tous les monastères seront sous la conduite de l'évêque diocésain ; mais les évê-
(1) To. 9, Conc. p. 635. 13, etc. Chr. Cass. lib. i, Irod. Chr. Luitpr. V. c. c. 61.