‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1016 sur 2407 · LIVRE CINQUANTE-CINQUIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUANTE-CINQUIÈME

Richer, qui étoit alors évéque de Liège, le reçut favorablement ; et quelque temps après le roi Olhon l'appela pour servir à Tinstruclion de Brunon, son frère (1). Il fut regardé comme le premier des savants de cette cour, et Brunon crut lui avoir lant d'obligation de ses instructions, qu'après la mort de Farabert il lui procura rèvèché de Liège en neuf cent cinquante-trois, vers le môme temps qu'il fut luimême ordonné archevêque de Cologne {'2). Il crut que Rathier, par sa doctrine et son éloquence, seroit utile, non- seulement à l'église de Liège , mais encore à plusieurs autres des environs. Outre qu'en ces quartiers-là il y avoit des év€»ques qui , s'appuyant trop sur la puissance temporelle , scandalisoient le peuple par leurs divisions. Il sembloit donc que Rathier seroit inviolablement attaché au prince par un tel bienfait, et que d'ailleurs sa vie irréprochable fermeroit la bouche à la médisance. Mais Rathier n'avoit pas le talent de se faire aimer. Son peuple le prit en aversion, et ne cessa de le persécuter. Enfin , comme il célébroit magnitiquement la fête de Noël dans l'abbaye de Lobes , il s'éleva à Liège contre lui une conspiration si vioh'nte , que Brunon , bien qu'il eût toute l'autorité temporelle dans le pays, fut obligé de céder à la nécessité des affaires et d'oter Rathier de Liège, pour y mettre Baudri, issu de la noblesse du pays. C'étoit l'an six cent cinquante-neuf.

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