‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1029 sur 2407 · Othoii, empereur d Occldeiil · texte numérisé non relu

Othoii, empereur d Occldeiil

Le pape Jean XII, ne pouvant plus souffrir la tyrannie de Bérenger et d' Adalbert son fils , envoya en Allemagne deux légats , l'an neuf cent soixante : Jean , cardinal-diacre , et Azon, scriniaire, de l'église romaine, prier le roi Othon devenir les délivrer de leur oppression (1). Yalbert, archevêque de Milan, y vint incontinent après, se plaignant qu'ils avoient donné son église, c(»ntre toute sorte de droit, à Manassès, archevêque d'Arles. Valdon, évoque de Côme , le suivit , faisant une plainte pareille ; il y vint aussi des laïques , et il n'y eut presque aucun é\éque ni aucun comte en Italie qui n'envoyât à Othon des lettres ou des députés. 11 résolut donc de passer en Italie, et 011 rapporte un serment qu'il fit avant de parlir, où il promet au pape Jean de lui conserver la vie et les membres et sa dignité , de ne prendre à Rome aucune résolution qui regarde le papeou les Romains sanssa participation, et de lui rendre tout ce qu'il aura conquis des terres de saint Pierre (2). 11 assembla un parlement à \Vormes,en neuf cent .soixante-un, où il fit élire roi Othon , son fils du second lit , qui n'avoit encore que sept ans. De son premier mariage, il avoit eu deux fils, Luilolfe,qui mourut en neuf cent cinquantesept, et Guillaume, qu'Othon fit ordonner archevêque de Mayence en neuf cent soixantequatre, après la mort deFridéric. Ayant donc fait reconnoître roi le jeune Othon, il le laissa sous la conduite des archevêques de Cologne et de Mayence , son oncle et son frère, et entra en Italie, où il fut reçu sans résistance (3). Il passa l'hiver à Pavie , et envoya cependant à Rome Alton, abbé de Fulde, lui préparer les logis.

Le roi y marcha Tannée suivante, neuf cent soixante-deux , et y fut reçu avec un grand appareil , aux acclamations du clergé et du peuple. Le pape Jean le couronna empereur, avec l'onction sacrée, et lui fit serment sur le corps de saint Pierre, avec tous les citoyens et les grands, de ne jamais renoncer à son obéissance , et ne donner aucun secours à Bé-

renge

(1) Sup. Reg. Hcrm. etc. (3) Mer. Luitpr. VI, Hisl. c. 6. i)5f .

(3) Disl. 03, c. 33.

Scot. Chr. an.

T ni à Adalbert (t), Othon , de son côté, rendit à l'église romaine ce qui lui avoit été oté dans toute l'Italie , et fit au pape en particulier de grands présents d'or et de pierreries. Il confirma , par un acte authentique, les donations de Pépin et de Charlemagne, comprenant la ville de Rome, son duché et ses dépendances (2) ; plusieurs villes de Toscane , Texarcat de Ravenne, la Pentapole, plusieurs autres places de Lombardie, plusieurs de Campanie, le duché de Spolète et celui de Bénévent ; l'île de Corse , le patrimoine de Sicile , si Dieu le met entre nos mains, dit Fempereur ; car elle étoit au pouvoir des Sarrasins. Cette donation est copiée presque mot à mol de celle deLouisle débonnaire, mais Othon y ajoute, de son royaume de Lombardie, Riéli, Amiterne et cinq autres villes (3). A la fin, est la clause importante : sauf en tout notre puissance et celle de notre fils et de nos descendants. On règle ensuite l'élection du pape. Tout le clergé et la noblesse de Rome s'obligera par serment à la faire canoniquement , et le pape élu ne sera point sacré qu'il n'ait promis publiquement, en présence des commissaires de l'empereur, de conserver les droits de tous. Personne ne troublera la liberté de l'élection , sous peine d'exil. Enfin, il est dit qu'il y aura toujours des commissaires du pape et de l'empereur, qui lui rapporteront tous les ans comment les ducs et les juges rendent la justice. Ils porteront premièrement au pape les plaintes qu'ils recevront, et il choisira, ou d'y faire remédier aussitôt, ou de souffrir qu'il y soit remédié par les commissaires de l'empereur. Cette clause montre bien que l'empereur se réservoit toujours la souveraineté et la juridiction en dernier ressort sur Rome et sur tout le contenu en cette donation, et la suite de rhistoire le fera voir. En cet acte , l'empereur Othon parle tant en son nom que du roi son fils. Après sa souscription , sont celles de dix évêques , savoir : Adaldague , archevêque de Hambourg, et sept évêques d'Allemagne , puis trois de Lombardie , Al-

(1) Frod.Chr. Sup. Reg.

an. 902. Luilpr. vi, c. 6.

(i) Sup. I. LXHI, n. 18:

Uv. XUV, n. 5; 42.

(3) Liv. XLV, n. 20, t. 7 Conc. p. 1515, t. 9, p 6il ApudBar. an.9C2.

HISTOIRE DU CHRISTI/VNISME

ton, abbé de Fulde, et un autre abbé allemand : cinq comtes et quelques autres seigneurs. La date est du treizième de février l'an neuf cent soixante-deux , indiction cinquième, la vingtseptième année du régne d'Olhon. L'origmal, écrit en lettres d'or, est gardé à Rome au château Saint-Ange (1).

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