‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1054 sur 2407 · LIVRE CINQUANTE-SIXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUANTE-SIXIÈME

main , et regardant le roi d'un œil terrible , lui dit : Vous osez toucher la main qui immole le fils de la vierge avec votre main impure , après avoir enlevé à Dieu une vierge qui lui étoit destinée. Vous avez corrompu l'épouse du Créateur , et vous croyez apaiser par une civilité l'ami de l'époux. Je ne veux pas être ami d'un ennemi de Jésus-Christ.

Le roi, qui ne croyoil pas que Dunstan eut connoissance de son péché, fut frappé de ce reproche comme d'un coup de foudre. Il se jeta aux pieds du prélat, avouant son crime avec larmes, et lui demandant humblement pardon. Dunstan, étonné de sa soumission, le releva fondant en larmes comme lui. Il adoucit son visage, entretint familièrement le roi du salut de son âme , lui exagéra la grandeur de son péché; et l'ayant disposé à toute sorte de satisfaction , il lui imposa une pénitence de sept ans, pendant lesquels il ne porteroit point la couronne , il jeûneroit deux jours de la semaine, et feroit de très-grandes aumônes. De plus il lui ordonna de fonder un monastère de filles , pour rendre à Dieu plusieurs vierges au lieu d'une, de chasser des églises les clercs mal vivants, et mettre des moines à leur place; de faire des lois justes et agréables à Dieu , qui serolent observées par tout son royaume. Le roi accomplit exactement tout ce qui lui étoit prescrit; et la septième année sa pénitence étant finie , il assembla tous les seigneurs , les évêquos et les abbés de ses états , et, en leur présence et de tout le peuple , saint Dunstan lui remit la couronne sur la tête avec une allégresse publique. C'étoit Tan neuf cent soixante-f treize (1).

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