XXIX. Lois do roi Edgar
Nous avons plusieurs lois du roi Edgar touchant les matières ecclésiastiques, qui semblent être celles qu'il fit en cette occasion. Elles contiennent entre autres des canons ou réglas de conduite pour les pasteurs , au nombre de soixante-sept , où je remarque ce qui suit : 11 est ordonné de baptiser les enfans dans les trente-sept nuits après leur naissance ; d'abolir avec grand soin les restes d'idolâtrie , comme la nécromancie , les divinations, les enchantements , les honneurs divins rendus à des hommes ; défendu à tout prêtre de dire plusieurs messes par jour, sinon trois tout au plus ; défense à tous chrétiens de manger du sang ; ordonné aux prêtres de chanter des psaumes en distribuant aux pauvres les aumônes du peuple. Suivent les régies touchant la confession, tant pour les confesseurs que pour les pénitents ; un formulaire de confession générale et des canons pénitentiaux. Pour 1 homicide volontaire et pour l'adultère , on ordonne sept années de jeûne , trois ans au
(1) Roger, p, 4M.
pain et à l'eau, les quatre autres à la discrétion du confesseur , puis on ajoute : Après ces sept ans il doit encore pleurer son péché autant qu'il lui sera possible, puisqu'il est inconnu aux hommes de quelle valeur sa pénitence a été devant Dieu. Pour la volonté de tuer , sans exécution , trois années de pénitence, dont une au pain et à l'eau (1). On appelle profonde pénitence celle d'un laïque qui quitte les armes, va en pèlerinage au loin marchant nu-pieds , sans coucher deux fois en un même lieu, sans couper ses cheveux ni ses ongles , sans entrer dans un bain chaud ni dans un lit mollet , sans goûter de chair ni d'aucune boisson qui puisse enivrer , allant à tous les lieux de dévotion , sans entrer dans les églises : le tout accompagné de prières ferventes et de contrition.
On remarque aussi comment un malade pou voit racheter le jeûne qui lui étoit prescrit (2). Un jour de jeûne est estimé un denier: c'étoit apparemment de quoi nourrir un pauvre , selon la monnoie du temps. On peut aussi racheter un jour déjeune par deux cent vingt psaumes, ou soixante génuflexions et soixante paters. Une messe vaut douze jours de jeûne. Ainsi Ton oommençoil à commuer et à racheter la pénitence. Un homme puissant pouvoit se faire aider en sa pénitence , faisant jeûner pour lui autant d'hommes qu'il en falloit pour accomplir en trois jours les jeûnes de sept ans; maison lui prescrit d'ailleurs plusieurs œuvres pénibles et de grandes aumônes.