‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1057 sur 2407 · XXXI. Saint Ethelvolde de Winchester · texte numérisé non relu

XXXI. Saint Ethelvolde de Winchester

Ethelvolde étoit né à Winchester de parents chrétiens et vertueux, du temps du roi Edouard le vieux (2). Il fut élevé à la cour du roi Edelstan , qui le donna à saint Elfège, évéque de Winchester ; et ce prélat quelques années après l'ordonna prêtre en même temps que saint Dunstan, et leur prédit à l'un et à l'autre qu'ils seroient évéques et de quels sièges. Saint Ethelvolde se retira à Glastembury sous la conduite de saint Dunstan, et reçut de lui l'habit monastique. Là il étudia la grammaire et ensuite l'Ecriture sainte elles pères, et pratiqua la règle avec une telle ferveur, que Fabbé Dunstan l'établit doyen.

Du temps du roi Edred, saint Ethelvolde voulut passer la mer , c'est-à-dire venir en France , pour se perfectionner dans la science des Ecritures et l'observance monastique : mais la reine Eduige, mère du roi, lui conseilla de ne pas laisser sortir de son royaume un homme d'un si grand mérite, et de lui donner pour le retenir un lieu nommé Abbendon , où il y avoit un petit monastère ancien, mais pauvre et négligé. Ethelvolde en fut donc établi abbé du consentement de Dunstan, vers l'an neuf cent quarante-quatre, et fit venir de Corbie en France des hommes parfaitement instruits de la discipline monastique (3). Ensuite il envoya le moine Osgar , qui l'avoit suivi de Glastembury , pour apprendre dans l'abbaye de Fleury-sur-Loire l'observance régulière, et l'apporter à Abbendon. Enfin le siège de Winchester étant venu à vaquer, le roi Edgar choisit pour le remplir l'abbé Ethelvolde, qui fut sacré par Tarchevéque Dunstan le premier dimanche de l'avent , vingt-huitième de novembre neuf cent soixante- trois.

[AndeJ.-C. «09.

(1) Yita S. Osual. n. 7. (2) VitaSœc. 5, SS. Be. baîc. 5. Acl. SS. Ben. p. p. 60,67.Sup. liv. lv, n.as. 730. (3) N ll,viden.

Il trouva une grande corruption dans les chanoines de la cathédrale, qui étoient glorieux , insolents et débauchés , en sorte que non-seulement ils prenoienl des femmes contre les lois de l'Eglise, mais ils les quiltoient pour en prendre d'autres, s'adonnant sans cesse au vm et à la bonne chère. Le saint évéque commença par eux à exécuter le décret du concile et l'ordre du roi; car, après les avoir avertis plusieurs fois de se corriger, voyant qu'ils proraettoient toujours sans effet, il fit venir des

AnsdeJ.-C.97l et972.] LIVRE CINQUANTE-SIXIEME.

pour la communion, ces paroles du second psaume : Servez le Seigneur en crainte, et ce qui suit : car c'éloitle samedi avant le premier dimanche de carême , où nous chantons encore cette communion. Les moines d' Abbendon la prirent pour un bon augure, principalement à cause de ces mots : Recevez la discipline, de peur que vous ne périssiez de la voie juste. Ils crurent que Dieu même les exhortoit à entrer. Le roi avoit envoyé avec l'évêque un de ses officiers, qui ordonna aux chanoines de choisir l'un des deux, ou de quitter la place aux moines , ou de prendre l'habit monastique. Cette proposition les efl'raya , et refusant avec horreur de se faire moines, ils se retirèrent aussitôt. Mais, trois revinrent et embrassèrent la vie régulière. Il n'y avoit alors en Angleterre de régularité parfaite qu'aux deux monastères^ de Glastembury et d'Abbendon.

Le monastère de la cathédrale de Winchester s'augmenta considérablement de ceux que le bon exemple des moines y attiroit. Ce que les clercs qui en avoient été chassés ne pouvant souffrir, ils firent donner du poison à l'évêque Ethelvolde , comme il mangeoit avec les hôtes. 11 se leva et se jeta sur son lit, se croyant frappé à mort. Puis il dit en luimême : Où est la foi ? Jésus-Christ n'a-t-il pas dit de ceux qui croiroient en lui : S'ils boivent un poison mortel , il ne leur nuira point ; dés lors il ne se sentit plus de mal , il se trouva guéri , et pardonna à celui qui l'avoit empoisonné.

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