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XXXIII. Démission de saint Udalric

Cependant , saint Udalric , évéque d'Augsbourg , fit son dernier voyage de Rome, quoiqu'il sentit ses forces diminuer de jour en jour, en sorte qu'après avoir fait un peu de chemin en chariot à son ordinaire, il fallut le mettre sur une espèce de litière où il étoit couché (2).

(1) Vila Sœc. 5, Acl.SS. Ben. p 7i, 8.

. (1) Sup. 1. LV, n. 27.

(2) Vita Saîc. 5, Ben. n.

.il, p. 447. Sup 1 LV, D.44.

Ayant fait ses prières à Rome, reçu des indulgences et pris congé du pape , il passa à Rayenne; et, sachant que l'empereur Othon y étoit, il envoya l'avertir de son arrivée ; et, sans attendre la réponse , il vint à la porte de la chambre. L'empereur courut le recevoir, n'ayant qu'un pied chaussé , et fit appeler l'impératrice Adélaïde. Ils s'entretinrent quelque temps familièrement ; et l'évêque . profitant de cette occasion , pria Fempereur de donner à son neveu Adalbêron l'administration du temporel de son évêché d'Augsbourg pendant ce qui lui restait de vie , afin qu'il eût plus de liberté de s'appliquer à la prière et à ses fonctions spirituelles , le priant de donner à ce neveu , après sa mort , le titre même et la chaire épiscopale. L'empereur lui accorda ce qu'il demandoit , lui donna plusieurs livres d'or , et pourvut à la commodité de son voyage jusqu'à la frontière de la province. Adalbêron accompagnoit l'évêque son oncle , et quand ils furent arrivés à Augsbourg , il assembla tous les vassaux et les serfs de l'évêque , et se fit prêter serment de fidélité en sa présence (1). Saint Udalric commença dès-lors à porter un habit semblable à celui des moines, dont il pratiquoit déjà la règle ; mais Adalbêron portoit publiquement la férule ou bâton pastoral, pour ôler toute espérance à ceux qui prétendoient à cet évêché.

L'empereur Othon étant revenu d'Italie, on tint un concile à Ingelheim, l'an neuf cent soixante-douze , où saint Udalric fut appelé avec son neveu Adalbêron (2). Les évéques furent indignés de savoir qu'il portoit publiquement le bâton pastoral, et disoient que, s'étant attribué contre les canons les honneurs de l'épiscopat du vivant de l'évêque , il s'étoit rendu indigne de l'être jamais. Adalbêron , l'ayant appris , n'entra point dans le concile le premier jour ; et Udalric y étant , on examina son affaire. Comme il avoit la voix trop foible pour se faire entendre , on fit venir un de ses clercs, nomme Gérard, à qui on demanda ce que désiroit son maître. Il répondit en latin , car on ne parloit point autrement dans le concile , quoique composé d'Allemands , et parla ainsi : Le désir de mon maitre est d'attendre la mort en menant la vie contemplative et pratiquant le règle de saint Benoît, comme vous pouvez connoître par son habit. Il ajouta d'autres discours pour expliquer les intentions de saint Udalric , et enfin se prosterna aux pieds de l'empereur et des évéques , les priant de ne le pas refuser. Quelques évéques prenoient le parti d' Adalbêron, et toutefois, après de longues disputes , ils convinrent tous qu'il seroit exclus de l'épiscopat, s'il ne juroit qu'il n'avoit point su que c'étoit une hérésie d'en usurper la puissance en prenant le bâton. Ils appeloient hérésie le mépris formel des canons.

(i) C. Si.

HISTOIRE DU CHRISTIANISME

I An de J.-C. , W

Le lendemain , Adalbéron vint au concile avec son oncle , et fit le serment qu'on lui demandoit. Gérard demanda réponse au nom de son maître sur la demande de faire ordonner évéque son neveu, et d'embrasser la vie monastique. Quoique cette proposition ne plut pas aux évéqucs , ils ne voulurent pas la rejeter ouvertement dans le concile. Mais, par un commun avis , les plus habiles d'entr'eux prirent Udalric en particulier , et lui dirent : Vous qui savez si bien les canons et qui avez toujours vécu sans reproche , vous ne devez pas donner occasion à un tel abus , que , du vivant d'un évoque , on en ordonne un autre à sa place ; autrement , plusieurs bons évéques seront exposés à de grands inconvénients de la part de leurs neveux et de leurs clercs. Il vaut mieux aue vous demeuriez en place. A l'égard d' Adalbéron , nous vous promettons

3u'après votre décès nous n'ordonnerons point 'autre évéque d'Augsbourg. Udalric se rendit à leurs avis, et , du consentement de tous les évéques, l'empereur chargea Adalbéron de prendre soin de son oncle , et de gouverner sou$ lui révéché.

Ce concile fut tenu en automne , et l'année suivante neuf cent soixante-treize (1), après la fêle de Pâques , qui fut le vingt-troisième de mars, le saint évéque, accompagnéd' Adalbéron, alla passer quelques jours à Dilingue chez le comte Rivin, son neveu. Là, Adalbéron s'étant fait saigner, et ayant ensuite soupe avec l'évéque, mourut subitement la même nuit. Il fut regretté non-seulement de son oncle , mais de tout l^ diocèse, pour ses bonnes qualités. Car il étoit instruit , appliqué au service de Dieu , libéral et bienfaisant.

XXXrv.lMorl d'Othon !•'. Othon U, empereur.

Peu de temps après , saint Udalric apprit la mort de l'empereur Othon, arrivée le mercredi d'avant la Pentecôte , septième jour de mai neuf cent soixante-treize. Il avoit assisté à matines et à la messe , et fait ses aumônes à l'ordinaire (2). Etant à vêpres, après \e Magnificat^ Il se trouva mal : les seigneurs qui étoient λrésenls le firent asseoir sur un banc. Il pencha a tête comme s'il fût déjà passé ; on le fit revenir, on lui donna le corps et le sang de Notre-Seigneur, et, après l'avoir reçu, il expira tranquillement. Il avoit régné trente-six ans comme roi de Germanie , et onze ans comme empereur, et est connu sous le nom d'Othon le grand. Le lendemain matin, son ûls Othon II , déjà couronné empereur par le pape , fut de nouveau élu par tout le peuple, qui lui flt serment de fidélité , pais il flt porter le corps de son père à Magdeoourg, où il fut enterré

(2) Yitis lib. a, in fin.

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