XLI. Sainte Adélaïde, impératrice
On vit un exemple illustre de son autorité dans la reconciliation du roi Othon II avec 1 impératrice Adélaïde sa mère, que sa vertu
V- ^^JPP^^'* <^nlre les saintes de ce siècle. Elle etoit fille de Raoul II, roi de Bourgogne, et ^?^"'\<*fi roi Conrad le pacifique et de Bouchard, evêque de Lausane, depuis archevêque de Lyon (2). Dès l'âge de seize ans elle épousa Lothaire, fils de Hugues, roi d'Italie, et en eut Emme, qui épousa Lothaire, roi de France. Adélaïde demeura veuve après trois ans de mariage , et fut cruellement persécutée par Rerenger, nouveau roi d'Italie, et Guille, sa lerame. On lui coupa les cheveux; elle fut souvent battue à coups de pied et de poing, et enlermeedans une obscure prison, avec une seule servante. S'en étant sauvée de nuit comme par miracle, elle fut conduite au roi Othon I", qui, étant veuf de son côté, l'épousa, et elle ne lui servit pas peu à conquérir le royaume d'Italie. Depuis elle remercioit Dieu souvent de lui avoir envoyé ces persécutions , pour la préserver des tentations que son état de veuve eût pu lui attirer dans une si grande jeunesse.
Après la mort d'Othon le grand , elle gouverna avec beaucoup de sagesse et de bonheur pendant le bas âge de son fils Othon II. Mais lorsqu'il fut devenu grand , des gens mal intentionnés lui donnèrent de la jalousie de l'impératrice sa mère, qu'ils lui rcpréseiUèrent comme une princesse ambitieuse qui se vouloit attribuer toute l'autorité, et ne savoit pas en user. Elle crut devoir cédera l'envie, et se
retira en Bourgogne chez le roi Conrad, son Jrere, qui faisoit sa résidence à Vienne. Tous les gens de bien étoient affligés de sa diso^ràceet enfin le roi Othon son fils , se repentit de l'avoir ainsi traitée, et envoya au roi Conrad, son oncle, et à l'abbé Mayeul , le prier de le réconcilier avec sa mère, et de l'amènera Pavie pourceteffet. Elle y vint parleur conseil; le saint abbé l'accompagna , et représenta au roi Othon le devoir d'honorer ses parents, par l'exemple de Jésus -Christ même. Le jeune prince en fut si touché , qu'il se jeta aux pieds de sa mère ; elle se prosterna de son côté , ils répandirent beaucoup de larmes , et demeurèrent toujours unis.