‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1072 sur 2407 · I. LV, n. 46. (3) Boll. 1, Mart. t · texte numérisé non relu

I. LV, n. 46. (3) Boll. 1, Mart. t

(S) Baron, an. 07». Ei Act. SS. Ben. Sibc.5, p.Sii.

encore, dit-on, que dix-huit ans. H fonda, l'an neuf cent trente-cinq, le monastère de Cellcneuve, en Galice, et y mit pour abbé Franquilan, qui avoit déjà gouverné un autre monastère. Rudesinde fit , depuis ce temps , sa résidence à celui de Celleneuve, dont on croit que les moines étoient son clergé, et le soulageoient dans ses fonctions.

Sisenand , parent de Rudesinde , étoit alors évéque d'Iria, dont le siège fut depuis transféré à Compostelle. Comme il négligeoit ses fonctions , ne s'adonnant qu'aux jeux et aux vanités du siècle, ses désordres le rendirent odieux , non-seulement à son clergé et à son peuple, mais aux grands et au roi Sanche le gros, qui, après l'avoir averti plusieurs fois, le mit enfin en prison, et ^ du consentement du clergé et du peuple, lui substitua Rudesinde, c'cjî-à-dire qu'il l'obligea à prendre soin de cette église, et à suppléer à l'absence de son pasteur ; mais Rudesinde n'en fut jamais pasteur titulaire , et dans tous les actes qui restent de lui il ne se nomme qu'évéque de Dume. La Galice étant alors attaquée par les Normands, et le Portugal par les Arabes, Rudesinde , en l'absence du roi , assembla des troupes, marcha contre les ennemis, chassa les Normands de Galice, et repoussa les Arabes dans leurs frontières ; après quoi il rentra victorieux à Compostelle aux acclamations du peuple.

Le roi Sanche étant mort, l'évéque Sisenand rompit ses fers, sortit de sa prison , et la nuit de Noël vint trouver Rudesinde comme il dormoit, le menaçant, l'épée à la main, de le tuer s'il ne quittoit la ville et ne lui cédoit la place. Rudesinde le reprit avec beaucoup de gravité, et lui prédit qu'il mourroit bientôt de mort violente; pour lui, il sortit sur-le-champ de Compostelle, et se retira au monastère de Saint-Jean deCabrère, qu'il avoit fondé. Cependant, la cinquième année du règne de Ramir III , c'est-à-dire l'an neuf cent soixanteonze, cent bâtiments norniands, sous la conduite de leur roiGondred, abordèrent en Galice, y firent de grands ravages autour de Compostelle, et tuèrent l'évéque Sisenand. Rudesinde eut soin de lui donner un succ^'sseur (1).

Il continua de vivre dans son monastère de Celleneuve , où l'on dit même qu'il renonça à sa dignité, prit l'habit monastique, et se soumit à l'obéissance de l'abbé Franquilan , après la mort duquel il fut lui-même élu abbé de ce monastère (2). Il en gouverna plusieurs autres en Galice et en Portugal ; et ayant établi Mamillan pour son sua'esseur à Ck'lleneuve, il mourut âgé de soixante-dix ans le jeudi premier jour de mars neuf cent soixante-dixsept. On raconte un grand nombre de miracles faits à son tombera u.

Segnorine, sa parente, étoit abbesse deBaste

(1) Sampir. p. 70.

<S) ViU D. 0.

Au de J.-C. UTô. 3

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