XXIII. Preuves contre Arnoul
Ràtbod , évêque de Noyon , demanda qu'on examinât d'abord le serment de fidélité d' Arnoul , parce que plusieurs disoient qu'il suffisoil poursa condamnation, et que, d'ailleurs, les Lorrains le révoquoient en doute. Ilfutdonc
(1) Hist. Epist. Autif. C.
47; U)id. p. 446.
I (3) Conc.Rem.cll.
(3) C. S. Sup. I. XXXVIL' n. 49.
lu dans le coilcile (1). Ensuite le prêtre Adalger étant entré, dit : C'est Dudon, vassal de Charles , qui m'a engagé dans cette trahison» Je lui demandai pourquoi entre tant d'autres on choisissoit un prêtre comme moi pour trahir mon seigneur et mon évêque, à cause dé Charles , avec lequel je n'avois aucune liaison. Il me dit que je connoissois la foiblesse et la sottise de la plupart des hommes, me flattant d'avoir de l'esprit et du courage. Enfin , que c'étoit mon maître, c'est-à-dire l'archevêque Arnoul, qui le vouloit et qui le lui avoit or-» donné. Je voulus m'en éclaircir par moï-métûê et l'apprendre de la bouche de l'archevêque i et c'est son commandement et mon afiection pour lui qui m'ont précipité daris ce malheur. Pour donner un prétexte honnête à ma conduite , je fis serment à Charles , mais ce fut par ordre de l'archevêque que je pris les clefs dé la ville et que j'en ouvris les portes. SI quelqu'un de vous ne m'en veut pas croire , qu'on fasse l'épreuve par le feu , Teau bouillante oii le fer chaud.
Alors, sur la réquisition d'Odon, évêque de Sentis , on lut dans le concile l'acte d'excommunication prononcé par l'archevêque Arnoul contre ceux qui avoient pillé la ville et l'église de Reims (2). Guy, évêque dé Soissons , dit ensuite : Nous nous étions assemblés à Sentis , nous tous qui sommes suffragants dé Reims, pour nous plaindre de la désolation dé l'église notre mère. On disoit que notre métropolitain étoit en la puissance des ennemis avec son clergé et son peuple ; toutefois , on parloit beaucoup de la trahison dont on l'accusoit. Ainsi, d'un commun accord, nous prononçâmes anathème contre les coupables. On lut encore cet acte dans le concile de Reims, puià Seguin, archevêque de Sens, dit : Cet écrit est-il venu à la connoissance d' Arnoul (3) ? On répondit qu'oui, et Séguin ajouta : S'est-il abstenu de la communion de ceux qu'il savoit être si justement condamnés? Au contraire, dit-on, il les a admis à tout ce qui est de la communion des fidèles.
Seguin reprit : Je ne puis assez admirer son audace. Il a lui-même excommunié ceux qui l'avoient pillé, jusqu'à ce qu'ils fissent restitution et s'humiliassent devant l'église de Reims. Cependant quelques-uns de nos frères m'ont dit qu'on n'a point fait, ou très-peu dé restitution, et qu'on n'a fait aucune pénitence publique. Or, on ne la peut faire secrète pour un péché public. Ensuite il cita le chapitre dixième du douzième concile de Tolède, contre ceux qui violent la franchise des églises. li dit encore : Soit, Arnoul les a absous ; comment l'a-t-il pu faire sans son clergé, qui étoit présent quand il les excommunia? Car il est écrit dans le concile de Carthage, chapitre vingt-troisième : Que l'évêque n'examine au-
Ci) G. 12, 14«
(3) Sup. n. 19, c. 15,
HISTOIRE DU CHRISTIANISME
[ AndeJ.-C.QQl
AndeJ.-C. 991.]