‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1114 sur 2407 · XXII. Plaîntef contré Vârcîievôqae Arnoul · texte numérisé non relu

XXII. Plaîntef contré Vârcîievôqae Arnoul

Brunori , évêque de Langres , dit : Personne n'est plus intéressé que moi en cette affaire. C'est moi qui en reçois plus de reproches. On dit que j'ai précipité Arnoul dans ces malheurs^ parce que, contre l'avis de tous les gens de bien, je me suis rendu sa caution, tantj'avois d'obligations au roi Lothaire, tant j'étois touché de la parenté. Et quoique je susse qu'Arnoul avoit surpris Laon, et étoit l'auteur de toute la faction , j'essayai de le ramener à son devoir en lui procurant cette dignité , c'est-àdire l'archevêché de Reims. Mais voyez comme il m'a rendu le mal pour le bien. Par sa prison feinte, il a fait véritablement prisonniers le comte Gilbert^ mon frère unique, le comte Guy, mon consin, et les autres dont l'amitié me faisoit honneur; il m'a laissé en péril de mort, et a encore l'impudence de nier ce qu'on ne peut cacher. Il est certain qu'il s'est obligé par serment, en présence des évêques, du clergé et du peuple , de servir les rois selon son pouvoir contre Charles; de ne donner aucun secours à leurs ennemis, et de ne violer ce serment pour aucun serment précédent. Charles n'étoil-il pas ennemi , lui qui s'efforçoil d'envahir le royaume ? Roger et Manassés n'éloient-ils pas ennemis, eux qui avoient pris à main armée son clergé et son peuple dans son église? Il en a fait ses confidents elles premiers de ses amis : il les a enrichis des biens de ceux qui l'avoient élu et fait archevêque.

Godesman, évêque d'Amiens, pria Brunon de s'expliquer sur ce qui avoit été dit du péril de se rendre coupable du sang d' Arnoul , si on le condamnoit (1). Brunon répondit : J'ai encore une raison particulière de l'épargner, que vous taisez par discrétion , c'est qu'il est fils du roi Lothaire, mon oncle. Il conclut qu'il falloit examiner le procès , et qu'il seroit aisé d'obtenir grâce des princes pour éviter l'effusif>n du sang. Qu'on fasse donc entrer, ajoutat-il, le prêtre qui a ouvert les portes de Reims , et qu'il dise comment la cnose s'est passée.

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