Sup. a
(2) P. li:l.
(3) To. 6, Conc. p. 743, posl. Couc. Ucm. in Un.
(4) Mabill. Saec. 5. Ben.
p 780, c. 8. IVIabill. Elog.
S. Odil. Sa^c. 6, p.633.Yita ibid. p. 6U1.
jeune homme, dont il conçut de grandes espérances. Dès-lors ils se lièrent d'une telle affection, que, peu de temps après, Odilon quitta Brioude, et vint à Clugny prendre l'habit monastique. Il fit si promptement de si grands progrès dans la perfection, que saint Mayeul le jugea digne de lui succéder. Ce fut vers l'an neuf cent quatre-vingt-onze, comme il paroît par plusieurs chartes des années suivantes, où il est nommé comme abbé. L'acte de son élection est semblable à celui de saint Mayeul , et marquer la résistance que l'on craignoit de la part d'Odilon (1). Cet acte est souscrit par saint Mayeul, puis par Rodolfe, roi de Bourgogne; par BoUcharcl, archevêque de Lyon ; Hugues , évêque de Genève ; Henri de Lausanne , Hugues de Màcon , Vaultier d' Autan, et quelques autres prélats ou seigneurs, et cent soixante et dix-sept moines, tant étoit nombreuse la communauté de Clugny. Cet usage de faire assister aux élections des abbés, tant de personnes constituées en dignité, avoit quelque fondement dans la règle de saint Benoit, et servoit à rendre ces actes plus authentiques. Saint Mayeul ne laissa pas d'élire regardé comme abbé jusqu'à sa mort, ce qui paroît par plusieurs chartes.
Loin de se relâcher dans sa vieillesse, il s'eicitoit à servir Dieu avec une nouvelle ferveur (2). Deux ans avant sa mort, sentant diminuer ses forces, il ne vouloit plus paroître en public , et se tenoit enfermé dans le monastère , ou dans quelqu'une des maisons qui en dépendoient. Là, il ne laissoit pas de donner aux frères des avis salutaires; maisils'occupoit principalement à la prière ou à la lecture; souvent il pleUroit quand il pensoit aUx hommes spirituels qu'il avoit connus, qui faisoient fleurir la religion, et combattoient vigoureusement pour la défense de l'Eglise. Par ce souvenir , il se trou voit destitué de toute consolation en ce monde, et désiroit plus ardemment d'être avec Jésus-Christ. Il étoit en cet état, quand le roi Hugues le pressa de venir à Saint-Denis ; et, quoiqu il sentit sa fin très-proche , il ne laissa pas de Se mettre en chemin, croyant ne pouvoir mieux achever sa course que dans une si bonne œuvre. Mais étant en Auvergne à un monastère de son ordre, nommé alors Silviniac, aujourd'hui Souvigny, à deux lieues de Moulins, et du diocèse de Clermont, il fut attaqué d'une maladie qu'il jugea mortelle, et mourut tranquillement le vendredi, lendehiain de l'Ascencension , onzième de mai , l'an neuf cent quatre-vingt-quatorze , après avoir gouverné l'abbaye de Clugny quarante-un ans. Il y fut enterré dans l'église de Saint-Pierfe (3). Le roi Hugues assista à ses funérailles, et fit de grands présents à son tombeau , où il se fit quantité de miracles ; depuis, on y dressa un
(1) To. 6, Spicil. p. 425.
(2) Vita C. 19.
(3) Sup, liv. LV , n. 36.
HISTOIRE DU CHRJSTIAMSME.
[ Ande J.-C. 994.
autel, oi on leva le corps. L'Eglise honore sa mémoire le jour de sa mort (1).