XXXVI. Fin de saint Volfang de Ralisbonne
La même année que mourut saint Mayeul, mourut aussi saint Volfang, évêque de Ralis-
(1) Martyr. R. Il mai.
{2) Eloc. c. 6, p. 773, c.
(3) VitaBurch. corn.
An de J.-C. 904.]
bonne, après vingt ans d'épiscopat. Il rétablit dans son diocèse l'observance régulière chez les chanoines , les moines et les religieuses (1 ). Voyant à Ratisbonne même le relâchement des moines de Saint-Emmeran , il disoil souvent : Si nous avions des moines, le reste ne nous manqueroil pas. Et comme on lui disoit qu'il n'y avoit partout que trop de moines, il répondit avec larmes : A quoi sert la sainteté de Ihabit sans les œuvres? Les moines réglés ressemblent aux bons anges, les relâchés aux mauvais. Le désordre venoit de ce que depuis long-temps les évêques de Ratisbonne étoient aussi abbés de Saint-Emmeran, et s'approprioient les revenus de ce monastère, réduisant les moines à pourvoir eux-mêmes à leur subsistance. Pour y remédier, saint Volfang fit venir de Saint-Maximin de Trêves un saint moine, nommé Ramould , qui avoit été avec lui chapelain de l'archevêque Henri , et le fit abbé de Saint-Emmeran (2).
Quelques-uns du couscmI de l'évéque trouvoient mauvais qu'il ôlàt à ses successeurs un revenu dont ses prédécesseurs avoienl joui ; mais il leur répondit : Je ne veux pas me charger au-delà de mes forces, c'est bien assez d'être évêque, sans vouloir encore faire les fonctions d'abbé; loin de dissiper les biens de Saint-Emmeran, je veux les employer aux usages pour lesquels ils ont été donnés. Ainsi l'abbé Ramould rétablit la régularité dans ce monastère, ayant de quoi fournir abondamment, non-seulement à la subsistance des moines, mais à l'hospitalité et aux aumônes. Saint Volfang rétablit de même la régularité chez les religieuses et chez les chanoines (3).
H prêchoit souvent son peuple, qui venoit l'écouter avec un grand empressement. Son discours étoit simple et intelligible, mais fort et touchant; il pénétroit au fond des cœurs, et faisoit couler des ruisseaux de larmes. Quand il visitoit son diocèse, il avertissoil soigneusement les curés de leurs devoirs , entre autres de conserver la pureté de vie, et de ne pas s'imaginer, comme quelques-uns, que la sainte communion les purifiât de leurs péchés sans pénitence précédente. Ayant appris qu'il y en avoit qui, faute de vin, célébroient la messe avec de l'eau pure, ou avec quelque autre boisson, il les en reprit sévèrement, et pour leur ôter tout prétexte, leur fit fournir du vin de son cellier pour cet usage (4/.
L'empereur Othon II, pour affermir la foi dans la Bohême, voulut établir un évêché dans un lieu de cette province qui dépendoit du diocèse de Ratisbonne; et pour cet effet, il envoya des députés à saint Volfang le prier de prendre des terres en Bohême , en récompense de cette diminution de son diocèse. Saint Volfang assembla son conseil, qui s'opposoit