‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1151 sur 2407 · LX. Fin de sainte Adélaïde · texte numérisé non relu

LX. Fin de sainte Adélaïde

La même année de la mort du pape Grégoire, l'empereur Othon III, déjà fort affligé de cette perte, en flt encore deux autres qui lui furent plus sensibles (1). La première fut de sa tante IVlathilde, sœur d'Othon II, abbesse de Quedlimbourg, qui, en l'absence de l'empereur, son neveu, avoit eu grande part au gouvernemenl du royaume de Germanie. L'autre perte fut de l'impératrice Adélaïde, aïeule de l'un et de l'antre.

Après la mort de son fils unique, l'empefcur Othon II, elle eut beaucoup à souffrir de la part de sa bru, rimpératriceThéophanie, Grecque et emportée, mais qui mourut devant elle (2). Adélaïde si-^nala sa piété par la fondation d'un grand nombre de monastères; car elle en bâtit autant qu'elle posséda de royaumes avec les trois empereurs son époux , son fils et son petil-fils. En Saxe , elle donna de grands hiens aux monastères de filles, par les conseils de Tabbesse Mathilde, sa fille «nique; el enviroft douze ans avant sa mort, elle fonda la ville et le monastère de Sabe ou Schelen, dans le diocèse de Strasbourg; et elle y mit pour abbé Eccemagne, qu'elle avoit continuellement auprès d'elle, pour lui enseigner les saintes lettres. Elle fit de grandes libéralités à quantité d'autres communautés de chanoines et de moines ; et au lieu d'employer l'or et les pierreries à se parer, elle en ornoit des croix et des évangiles, ou en faisoit des aumônes.

(1) Chr Saxo. ann. 999. (2; Yila bibl. Clun. p. 356

HISTOIRE DU CHRISTIANISME

[An de J.-C. 009

Andc/.-C. 100.]

La dernière année de sa vie , elle alla dans le royaume de Bourgogne, pour mettre la paix entre les vassaux du roi Raoul, son neveu. Etant à Saint-Maurice en Valais, elle apprit que Francon, évéque de Wormes, étoit mort à Rome ; et elle le regretta pour sa vertu , craignant même pour l'empereur, son petit-fils , auprès duquel il étoit (1). De là elle alla à Genève, puis à Lausanne, et enfin à Orbe, d'où elle envoya des présents à quantité d'églises , à Saint-Benoît-sur-Loire, à Clugny, à Saint- Martin de Tours , pour rétablir l'église brûlée depuis peu. Elle se recommanda aux prières d'Odilon, abbé de Clugny, dont elle baisa l'habit, et lui déclara qu'elle neleverroit plus; ensuite elle retourna à Salse ; et y étant attaquée de la fièvre, elle mourut après avoir reçu r extrême-onction et le viatique le seizième de décembre neuf cent quatre-vingt-dix-neuf, âgée d'environ cinquante-huit ans. Elle fut enterrée au même lieu, et sa vie fut écrite par Tabbé Odilon , avec un livre séparé de ses miracles.

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