‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1152 sur 2407 · LXI. Archevêché de Gnesne · texte numérisé non relu

LXI. Archevêché de Gnesne

L'empereur Othon reçut encore en Italie cette triste nouvelle , et à son retour ayant appris les miracles qui se faisoient au tombeau de saint Adalbert de Prague , il résolut d'y aller faire ses prières (2). Ce saint martyr étoit enterré à Gnesne, alors la capitale de Pologne, dont le duc Boleslas avoit racheté ses reliques. Il vint au-devant de l'emperereur , et le reçut avec tout l'honneur possible. L'empereur voyant de loin la ville de Gnesne , se mit nupieds pour y arriver , et fut reçu par l'évêque Ungar, qui le mena dans l'église, où il implora l'intercession du saint martyr, avec beaucoup de larmes. Pour l'honorer davantage il érigea à Gnesne un archevêché , au lieu qu'elle n'étoit pas même ville épiscopale, mais du diocèse de Posnanie.

L'empereur y mit pour premier archevêque Gaudence, frère de saint Adalbert, et lui donna trois suffragants, savoir : les évêques de Sals- Colberch , de Cracovie et de Vrotisla, ou Breslau , en Silésie. Mais comme Ungar, évêque de Posnanie, ne consentit point à cette érection, il le laissa sous la dépendance de l'archevêque de Magdebourg, dont il étoit suffragant. Cette

(1) Sup. n. 54. Fragm. Saec. 6, Act. Ben.

(8) Ditm. lib. 4, p. 43. p. 871.

érection est marquée par les auteurs du temps comme irrégulière, étant faite sans le consentement de l'évêque diocésain et du métropolitain.

Quant à l'èvêché de Prague, dès l'année neuf cent quatre-vingt-dix-sept , incontinent après la mort de saint Adalbert (1) , Boleslas, duc de Bohême, envoya prier l'empereur, de donner un évêque à cette église désolée , de peur qu'elle ne retombât dans le paganisme dont elle venoit de sortir, déclarant qu'il n'y avoit personne en toute la Bohême digne de remplir cette place. L'empereur et toute sa cour jetèrent les yeux sur un de ses chapelains nommé Thietdag, qui, bien que Saxon de naissance, savoit parfaitement la langue sclavonne. L'empereur l'envoya donc à l'archevêque de Mayence , lui ordonnant de le sacrer évêque de Prague, ce qui fut fait le septième de juillet neuf cent quatre-vingt-dix-huit; son clergé et son peuple le reçurent avec joie , et il fut intronisé au coin de l'autel de Saint-Vitus, patron de la cathédrale.

Aurelour de Pologne, l'empereur Othon, vint à Magdebourg , où il célébra le dimanche des Ramaeux l'an mifde Notre Seigneur. Le lendemain lundi, il tint un concile avec les évêques, où il pressa Gisilier de renoncer à l'archevêché de Magdebourg et se contenter de Mersbourg , son premier siège (2). Ce prélat employa l'argent au défaut des raisons, et fit mettre l'aflaire à l'assemblée plus nombreuse, qui se devoit tenir à Quedlimbourg pour la fête de Pâques. Mais la maladie l'empêchant de s'y trouver , il envoya s'excuser par un de ses clercs, nommé Rotman, et par Valtard prévôt de l'église de Magdebourg ; et il fit encore remettre l'affaire au concile qui se tiendroit à Aix-la-Chapelle en présence de l'empereur. Gisilier y vint en effet avec ceux qui le favorisoient , et le légat du pape, archidiacre de l'église romaine, le pressa encore jusqu'à trois fois de faire juger sa cause ; mais il eut l'adresse de la faire remettre à un concile général qui devoit se tenir à Rome ; car l'empereur se préparoi t d'y aller.

Tandis que ce prince étoit à Aix-la-Chapelle, il eut la curiosité de faire ouvrir le tombeau de Charlemagne , d'où il tira la croix d'or qui pendoit à son cou , une partie des vêtements qui se trouvèrent encore en entier , et remit le reste avec beaucoup de respect (3).

(1) Act. Ben. p. 870.

(2)Chr.Saxo.lOOO,DUm.

lib. 4, p. 43.

(3) Chr. Ademari, p.169 Ditm. p. 44.

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