‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1156 sur 2407 · IV. Autres conciles en Allemagne · texte numérisé non relu

IV. Autres conciles en Allemagne

Le cardinal Frédéric arriva aussi en Allemagne, revêtu des ornements du pape, a vit les chevaux enharnachés d'écarlate, pour montrer qu'il le représentoit (1). On tint le concile à Polden le vingt-deuxième de juillet; mais l'archevêque de Mayence et ceux de son parti, qui n'y étoient qu'à regret, y firent beaucoup de bruit. Le légat, assis entre Lievezon, archevêque de Hambourg, et l'évéque Bernouard, exhorta d'abord doucement les èvêques à la paix; et, ayant ainsi obtenu du silence, il fit lire la lettre du pape à l'archevêque de Mayence, qui demanda conseil aux èvêques, ses confrères, et principalement à l'archevêque de Hambourg. Celui-ci lui conseilla de satisfaire révêque d'ilildesheim, au jugement du concile. Là-dessus on ouvrit les portes de l'église, plusieurs laïques entrèrent, faisant grand bruit, criant aux armes et menaçant terriblement le légat et l'évéque Bernouard. Ils ne s'émurent ni l'un ni l'autre, et quoiqu'ils eussent des troupes plus nombreuses, s'ils eussent voulu en venir aux armes, ils se contentèrent d'apaiser doucement le tumulte, et les autres èvêques furent d'avis de remettre l'affaire au lendemain, se rendant caution pour l'archevêque de Mayence, qu'il y viendroit et exéculeroit ce qui stToit juste. Mais il se retira secrètement dès le grand matin, et le légat l'ayant demandé en plein concile, le suspendit de toute fonction épiscopale , jusqu'à ce qu'il se représentât devant le papi^ au concile qui se devoit tenir à Rome à INoël, et qu il dénonça à tous les èvêques.

Le cardinal, étant retourné en Italie, rendit compte de sa légation au pape et à l'empereur, qui, fort indignés de ce qui s'étoit passé, ordonnèrent à tous les èvêques d'Allemagne de se rendre auprès d'eux vers No^l, non-seulement pour le concile, mais pour servir l'empereur à la guerre, avec tous leurs vassaux. Peu de temps après, le cardinal Frédéric obtint l'archevêché de Ravenne, vacant par la démission de I^on ou Néon , qui avoit succédé à Gerbert, et qui, peu après, étoit tombé en paralysie (2). Frédéric lui assigna de grandes terres pour sa subsistance.

En Allemagne, l'archevêque de Mayence ayant insulté de nouveau l'évéque d'Hildeshcim (3) , on tint un concile à Francfort , après l'Asomption de la Sainte-Vierge, où se trouvèrent les trois archevêques de Mayence, de Cologne et de Trêves , avec quatre èvêques. Mais dans ce concile on ne jugea rien définitivement, à cause de l'absence de Bernouard , qu'une indisposition avoit empêché de s'y trouver. On convint seulement que ni lui ni Villigise n'exerceroient aucun droit sur l'abbaye de Gandesem , jusqu à l'octave de la Pen-

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