‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1155 sur 2407 · III. Concile en faveur de saint Bernouard · texte numérisé non relu

III. Concile en faveur de saint Bernouard

Le pape Sylvestre assembla donc un concile de vingt èvêques , dix-sept d'Italie , et trois d'Allemagne. L'empereur et le duc Henri y assistèrent , avec tout ce qu'il y avoit à Rome de personnes constituées en dignité. Après qu'on eut lu l'Evangile et quelques canons, le pape donna la bénédiction , on s'assit , on fil silence j puis l'évéque Bernouard expliqua son affaire , se plaignant principalement que depuis son départ l'archevêque de Mayence avoit tenu un synode dans son diocèse, c'est-à-dire dans le monastère de Gandesem , malgré ses protestations. Le pape demanda au concile si l'oii devoll letiir pour synode une assemblée que cet archevêque avoit tenue avec ceux qu'il a\oH ameaéf dam une église que les èvêques d'Hîldeiheim avoient toujours possédée ; Yu principalement que l'évéque étoit absent, et »' étoit venu ptaindre au saint-siège pour le même sujet. Le concile demanda permission

de délibérer en particulier; et le pape l'ayant accordée , les èvêques romains sortirent seuls. Puis le concile déclara que ce synode étoit un acte schismatique, et qu'on devoit rejeter, selon les canons, ce qui avoit été fait.

Alors le pape prononça ainsi : Par l'autorité des apôtres et des pÎTcs, nous cassons ce qui , en l'absence de notre confrère Bernouard, a été fait à Gandesem, dans son diocèse, par l'archevêque Villigise et ses complices. Puis il ajouta : ^Otre frère Bernouard demande-t il qu'on lui rende linvestiture querarchexêque lui a ùtée ? Le concile répondit : Il n'est point nécessaire; mais puisqu'il le demande instamment, rendez-lui, s'il plait à l'empereur. Le pape donna donc à l'évéque sa férule ou bâton pastoral, disant: Je vous rends et vous confirme la possession du monastère de Gandesem, avec ses dépendances; et je défends à qui que ce soit de vous y troubler, sinon en tant que les canons le permettent.

Enfin on résolut d'écrire à l'archevêque de Mayence, pour le blâmer d'une telle entreprise, et l'exhorter à se désister de sa prétention. On convint aussi d'indiquer un concile des èvêques de Saxe, et d'envoyer un légat du pape pour y présider. Le lieu fut marqué à Polden, près de Brandebourg , et le jour vingt-unième de juin : on nomma pour légat Frédéric, prêtre cardinal de l'église romaine, et depuis archevêque de Ravenne, Saxon de naissance et jeune, mais d'une grande probité. Avant que de partir pour retourner en Saxe, l'évéque Bernouard avec le pape réduisit à l'obéissance de l'empereur la ville de Tibur , qui s'étoit encore révoltée. Y étant entrés , ils persuadèrent aux habitants de se rendre à discrétion, et à l'empereur de leur pardonner. Mais les Romains, indignés de ce que les Tiburtins avoient fait leur paix, se révoltèrent à leur tour, poussés par un nommé Grégoire, que l'empereur chérissoit, et qui le voulut prendre en trahison. On ferma donc les portes de Rome, on ne laissolt entrer ni sortir personne , et il y eut même quelques-uns des amis de l'empereur de tués. L'évéque Bernouard fit confesser les gens du palais , et leur donna le viatique à la messe î puis les ayant exhortés , il marcha à la tête , portant la sainte lance, que les empereurs allemands regardoient comme leur sauvegarde (i). Mais les rebelles jetèrent les armes et demandèrent la paix ; l'empereur leur fit une harangue, où il leur reprocha leur ingra-» tilude , et la sédition fut apaisée. L'empereur et le pape ne laissèrent pas de sortir de Rome le dimanche de la Sexagésime , que cette année cent un étoit le seizième de février, et campèrent assez proche. L'évéque Bernouard prit congé de l'empereur avec beaucoup de larmes de part et d'autre ; et il s'en retourna chez lui chargé de présents et de reliques.

(1) Ditmar. lib. i, p. 44. Sup. Ut. lv, n. 18.

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