‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1158 sur 2407 · V. Saint Héribert de Cologne · texte numérisé non relu

V. Saint Héribert de Cologne

Héribert, archevêque de Cologne, arriva enfin, et fut reçu avec grande joie par l'empereur, dont il étoit un des principaux confidents (1). Il étoit né à Wormes, de parents nobles, et avoit été élevé dans l abbaye de Gorze: le roi Othon 111 le prit auprès de lui , pour être son chancelier, et on voit par diverses lettres qu'il exerçoit celte charge, tantôt pour Villigise, archevêque de Mayence, archichancelier de Germanie; tantôt pour Pierre, évéque de Côme, archichancelier d'Italie, selon les lieux où l'empereur se trouvoit. L'évêché de Virtzbourg étant venu à vaquer en neuf cent quatre-vingt-cinq, ce prince voulut obliger Héribert à le prendre; mais il le fit donner à Henri , son frère cadet, et demeura attaché à l'empereur qu'il accompagnoit en ses voyages. L'archevêque de Cologne étant mof t le quatorzième de juillet neuf cent qaalfevingt-huit , le clerijé et le peuple âemctirëtehi assez long-temps divisés au sujet de l'élection ; enfin un dés élus renonça à son droit, et proposa d'élire le chancelier Héribert. Totiê en convinrent; on envoya une députation en

(1) Vita ap. BoU. lOraart. to. 7, p. 4«7.

HISTOIRE DU CHRISTIANISME

An de J.-C. lOOi.

Italie pour le demander à Tempercur, qui ! raccorda avec joie, et lui en écrivit de sa main, car il Tavoit laissé à Ravenne pour apaiser une sédition. Il obéit avec peine, et, ayant reçu du pape le pallium, il se rendit à Colop^ne, où il fut sacré la veille de Noël, Tan neuf cent quatre-vingt-dix-neuf. Tel étoit donc Héribert, archevêque de Cologne.

L'empereur, consolé de son arrivée et de celle de ses autres serviteurs qui luiamenoient du secours, témoignoit de la joie à l'extérieur (1), mais il gémissoit en secret pensant à ses péchés, et dans le silence de la nuit il veilloit en prière et répandoit beaucoup de larmes; souvent il jeùnoit toute la semaine, excepté le jeudi ; et il faisoit de grandes aumônes (2). En marchant avec l'archevêque, ils s'entretenoient de ce qu'ils pourroient faire pour le salut de leur àme; ils convinrent que celui des deux qui retourneroit sain et sauf en Allemagne, fonderoit un monastère en l'honneur de la Sainte- Vierge ; et l'empereur donna , pour cet effet , plusieurs terres à l'archevêque, qui depuis exécuta ce dessein par la fondation de la célèbre abbaye de Duit, prés de Cologne.

Page 1